Ainsi donc, c’est la guerre

Cet homme monstrueusement assassiné, c’est la guerre.

Il semblerait que d’un côté il y ait nous les gentils, les humains, le cœur sur la main, la civilisation quoi, de l’autre les barbares, les assassins, les monstres assoiffés de sang qu’il nous faut, à coup de bombes, tuer jusqu’au dernier.

C’est possible que ce soit comme ça. C’est possible aussi que ce soit autrement.

Tous les jours je constate que la vérité n’est pas fatalement du côté des apparences, que le gentil inspecteur des impôts œuvrant pour le bien public et son bras séculier le juge plein d’humanité sont en réalité de sombres crapules organisées en bande pour mentir et piller les gens ordinaires qu’ils font au préalable passer pour des tricheurs, alors qu’il ne s’agit la plupart du temps que d’entrepreneurs qui se défoncent jour après jour pour survivre et qui ne correspondent en aucune manière au tableau que brossent d’eux ces gentils pillards au dessus de tout soupçon.

En 1973, je me suis fâché avec un ami que mes propos avaient choqué.

Je prétendais alors que nous allions avoir, dans les années qui suivaient, une guerre qui nous opposerait aux arabes. Je lui expliquais que la cause en serait le pétrole. Je trouvais que le pétrole aurait dû être déclaré patrimoine mondial et, après paiement des frais d’extraction, être distribué dans tous les pays en fonction du nombre d’habitants, à charge pour eux d’en faire éventuellement commerce ensuite.

J’affirmais qu’il était illégitime de le payer à quelques uns qui par chance étaient assis dessus.

Ma conviction tenait au fait que la manne de cette matière première, contrairement à ce qu’avait été pour nous le charbon, n’était pas bénéfique à tous les peuples concernés par sa présence mais captée par une minorité qui nous singeait tout en laissant leurs populations dans l’ignorance et la misère.

Je ne nous trouvais pas très honnêtes dans cette affaire, largement voleurs déguisés, je trouvais probable que cela se voit rapidement.

En 1973, une chose est sûre, je me trompais de 40 ans. En 2013 la même théorie aurait-elle été plus pertinente ?

Est-ce à dire que ces barbares sanguinaires pourraient être  autre chose que des monstres psychotiques qui ne pensent qu’à tuer et à mourir ? Qu’ils tenteraient de régler des comptes que nul n’envisage de régler pacifiquement ? Je ne sais pas.

Je suis pris au dépourvu par la violence physique, je suis un non violent. Je reproche à la violence d’être une fausse solution, d’entraîner la violence comme chacun le sait, d’être un cercle vicieux infini.

Pour tout vous dire, je la trouve inopérante parce que limitée, limitée par sa consommation d’énergie qui ne manque pas de fragiliser le violent quand il est dans sa phase inévitable de récupération.

Nous savons tous que la violence est stupide. Cependant, notre histoire fait de nous des sortes de champions du monde d’assassinats guerriers mal venus de critiquer les autres, mais bon.

Par contre, pour moi, la force intellectuelle est illimitée. L’esprit qui tente de convaincre a le temps pour lui, il opère dans le calme. S’il a raison, tôt ou tard, il en fera la démonstration et tous l’accepteront.

Alors, mon réflexe par rapport à cette guerre est la suspicion.

Je cherche à ne pas me faire balader par des clichés ou des émotions dont la violence ne m’épargne pas.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire cette guerre, je dis qu’avant il est urgent de connaître les vrais motifs de l’ennemi potentiel, que ce n’est qu’à cette condition que, si on doit la faire, nous pourrons peut-être la gagner.

Si les motifs de l’ennemi sont moins stupides que ce que l’on nous laisse supposer, alors il n’est pas impossible que la discussion doive s’engager en lieu et place du bain de sang à venir.

Dans tous les cas – est-ce le hasard, une malédiction, ou une logique politique ? – c’est encore un socialiste qui déclare pour notre compte un conflit dont le terme paraît lointain, difficile et pas piqué des vers.

Je pense aussi à cet homme mort inutilement, vraie victime de tout et de rien, je pense à ses parents qui perdent ce fils, à ses proches, à ses amis, il va leur falloir beaucoup de courage pour ne pas crier vengeance.

Quant à ses ravisseurs, stupides parmi les stupides, avaient-ils une autre solution, poursuivis par des milliers de militaires, que de se débarrasser de lui et de se fondre dans la population ?

Personne ne m’empêchera de penser que la réaction à ce rapt ignoble aurait pu être plus intelligente.

Bien cordialement. H. Dumas.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « Ainsi donc, c’est la guerre »

  1. Bjr,
    Il y a en France un autre terrorisme, le terrorisme fiscal qui peut aussi tuer celui est visé.
    Tué socialement voire physiquement vu que certains fragilisés mettent fin à leur vie.
    Ceux-là nos gouvernants crachent dessus.
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    Pour les terrorisme d’Irak et de Syrie, il faut les écraser car ni la parole ni l’intelligence ne peuvent les ramener à la raison.
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    @+

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