Atteinte exceptionnelle à l’ordre public et au pacte républicain.

Les juges ne plaisantent plus avec la comptabilité.

L’héritière Ricci, une très chic personne du troisième âge, va aller un an au trou, fichtre.

Des magistrats, à partir de fichiers volés à une banque étrangère, dans un pays étranger, grâce à un délateur passionné et politisé — dit-il — ont donc réfléchi, démocratiquement et scientifiquement, aux conséquences économiques globales pour notre pays de la gestion de son capital par l’héritière Ricci.

Ils ont probablement abouti, de façon cartésienne et mathématique donc imparable, au fait que le même capital amputé de 70% par le fisc eut été beaucoup plus productif pour l’économie de notre pays.

Le jugement qui, évidemment, va être chiffré de façon objective et imparable, sera sans doute un grand moment de compréhension des sciences économiques, dès qu’il sera disponible.

C’est un pas en avant significatif.

En effet, nul ne peut imaginer, dans une démocratie exemplaire comme la notre, que ces magistrats auraient pu, tel des commissaires du peuple fanatiques et obtus, tortionnaires entièrement acquis à tel ou tel dogme totalitaire, priver de liberté une citoyenne  qui n’aurait pas gravement et objectivement nuit à l’équilibre économique de notre pays.

J’imagine déjà la densité des calculs comparatifs que ce jugement va nous livrer entre l’usage réel des fonds Ricci et ce que cet usage, géré par Bercy, aurait pu être pour nous tous.

Nul ne pouvant être accusé sans preuve, sur simple croyance, nous aurons réellement ces chiffres.

Des horizons nouveaux s’ouvrent à nous.

Ainsi donc, toute personne qui, par le simple usage comptable, aboutit à une perte d’avantages économiques pour le pays se rend coupable d’une atteinte exceptionnelle à l’ordre public et au pacte républicain.

Notre justice, et c’est tout à son honneur, se prépare donc à sanctionner lourdement, par des peines de prison, toute personne dont l’organisation comptable occasionne des pertes chiffrées et significatives pour le pays, tel que cela a probablement été mis en évidence dans l’affaire Ricci qui nous intéresse.

Vous imaginez comme moi l’étendu des délits potentiels sur lesquels entendent se pencher nos magistrats.

Le raisonnement ainsi outillé, le délit de gestion comptable contraire aux intérêts du pays ciblé, rien n’arrêtera notre fringante justice qui vient de se mettre en route.

Tous ceux dont la comptabilité nuit gravement aux intérêts du pays vont finir au trou.

Je connais bien des politiques, bien des fonctionnaires — tout particulièrement à Bercy — bien des entreprises pratiquant le capitalisme de connivence dont il sera aisé de faire la preuve que leurs pratiques comptables nuisent gravement, par les pertes qu’elles induisent pour tous, à l’ordre public et au pacte républicain.

Ce jugement instaure un délit d’atteinte à la rentabilité de l’argent privé ou public au détriment de la France qui, n’en doutons pas, ne sanctionnera pas aveuglément exclusivement les enfants de milliardaires. Nous ne sommes pas en URSS ou en Chine maoïste, nous sommes en France, pays de l’égalité.

Petit problème.

Il va falloir construire des milliers de places de prison pour y fourrer tous les délinquants visés par ce délit comptable.

Je pense à plus de la moitié des effectifs de Bercy, notamment à 95% des contrôleurs fiscaux qui privent indûment le pays de capitaux actifs pour les engloutir dans les pertes abyssales et improductives de notre comptabilité publique.

Tout cela ne va pas manquer d’apparaître à travers la nouvelle science juridique mise en œuvre par les magistrats de l’affaire Ricci.

Je pense aussi à tous ces élus et à leurs dépenses contraires à l’intérêt comptable du pays qui vont le payer de quelques années d’emprisonnement.

C’est une épuration comptable salvatrice vers laquelle s’engage la magistrature.

Souhaitons à ces magistrats bonne chance et bon courage et surtout l’énergie d’aller au bout de cette démarche comptable.

Dans le cas contraire leur engagement pourrait être assimilé à une justice d’exception, partisane et stalinienne, la pire des accusations.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « Atteinte exceptionnelle à l’ordre public et au pacte républicain. »

  1. Cet argument, et pire les commentaires dans le Monde ou le Figaro, m’a fait froid dans le dos. Le niveau d’inquiétude, déjà passablement substantiel, vient encore de monter d’un cran.

    On s’approche vraiment d’une chasse au « fraudeur fiscal » comme il y eut dans l’Histoire des chasses à l’homme, bouc-émissaires de leur époque.
    Et comme en ces temps sombres, on va agiter quelques gros chiffons rouges (une « Goldenberg » héritière à 18 millions d’euros, pensez donc), mais ce sont les petits, l’épicier Moshe et sa femme Rachel, qui vont morfler.

    Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé est absolument faite exprès.

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