Bonjour Charles

Je fais suite à votre billet : http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/capitalisme/la-justice-avec-les-politiques-et-fonctionnaires-en-france.html

L’affaire Tapie possède deux caractéristiques remarquables. Sans faire état de l’amour ou de la détestation que peut générer le personnage, force est de constater deux choses :

– Il a de l’énergie

– Le Crédit Lyonnais a trahi le mandat qu’il lui avait donné. Ce fait ne peut faire l’objet d’aucune relativité, un mandat c’est sacré.

La valse mortelle qu’il danse avec la justice révèle deux points essentiels du dysfonctionnement de notre pays.

La justice :

Elle a une particularité en France, elle accepte le mensonge comme moyen de défense. Tout avocat vous dira que la barre est un lieu où le mensonge est non seulement toléré, mais conseillé. C’est la grande stupidité de notre justice, en même temps que la grande prétention de nos magistrats.

En effet la justice consiste d’abord à pourchasser le mensonge. Dans n’importe quelle affaire, elle ne peut être rendue qu’après que le mensonge ait été éradiqué.

L’avocat surpris en flagrant délit de mensonge devrait être sévèrement sanctionné. La défense, même d’un coupable ne doit rien devoir au mensonge.Or c’est l’inverse qui se passe, l’avocat menteur est encensé par ses pairs.

Contrairement à ce qu’ils essaient de faire croire, les magistrats n’arrivent pas à découvrir la vérité ainsi noyée sous des tombereaux de mensonges. Ils en sont réduits à une justice de détails, de forme, une justice totalement ridicule, de pharisiens.

 

Ce ridicule dont ils souffrent, certains sans même s’en rendre compte, les paralyse dans la sanction, ils doutent terriblement.

De ce fait, ils sont incapables de sanctionner lourdement les fautifs. Or sans sanction, pas de justice.

Dans l’affaire Tapie, il n’est pas douteux qu’ils vont reconnaître les torts du Crédit Lyonnais, mais ils vont décider que, bien que ce dernier ce soit fait illégalement plusieurs milliards sur le dos de Tapie, ce n’est pas une raison pour que celui-ci obtienne une compensation.

Cela n’aura rien à voir avec le fait qu’il s’agirait d’argent public, c’est beaucoup plus profond.

Pour illustrer mon propos je joins un arrêt récent où les magistrats reconnaissent que mon patrimoine a été occupé illégitimement, géré sans mon accord, pendant dix ans, mais que cela ne m’a pas porté préjudice !!!! link

L’Etat :

L’Etat se mêle d’économie à travers des sociétés qui lui appartiennent. Dans l’affaire Tapie c’est le Crédit Lyonnais. Pourquoi, lancé dans l’action économique, l’Etat pourrait ne pas en appliquer les règles ? En quoi aurait-il une légitimité à tricher avec les règles établies de l’économie ? Il pourrait donc engranger des bénéfices illicites, mais n’aurait pas à payer ses fautes au motif que dans ce cas il s’agirait d’argent public. C’est complètement stupide et honteusement malhonnête.

Cette perversion est particulièrement présente en effet dans l’immobilier où l’Etat ne cesse d’édicter des lois pour les autres, qu’il s’empresse de ne pas respecter quand il s’agit de lui.

En conclusion

Tapie est au cœur d’une affaire qui révèle ces disfonctionnements. Dreyfus fut avant lui la victime expiatoire de la folie bureaucratique, de la bêtise sauvage de l’Etat.

Cependant, je pense qu’il a raison de résister, peut-être pas pour lui, mais pour tous les autres.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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