Bonne nouvelle, le clientélisme est un délit.

Comme toujours, les prostituées sont en première ligne. Ah, le sexe…

Entre nous, je connais des grandes fortunes dont l’origine est à base de petites annonces coquines, et il n’est pas besoin de gratter bien profond pour voir apparaître la sexualité comme étant le moteur principal de l’humanité.

Cependant, la prostitution reste une infamie. Cela tient au fait que, tout particulièrement en ce domaine, le consentement n’est jamais sûr.

Or, seul le consentement donne la légitimité à une action, à un échange, impliquant un ou plusieurs êtres humains.

Tous les conflits tournent autour du consentement.

Chacun est libre de sa pensée et de son corps dans la limite de son consentement et de celui de ceux que ses actions impliquent.

Ceci posé, le doute du consentement est tel dans la prostitution que les sociétés tentent — vainement tant les forces en jeu sont puissantes — de l’interdire.

C’est dans ce contexte que nos députés, en quête aussi de revenus supplémentaires, viennent de voter l’infraction de clientélisme.

C’est à dire que le client de la prostituée, celui qui paie ce service qui pourtant a peut-être été mis librement à sa disposition, sera verbalisé.

Gageons que la chose ne va pas être triste.

Avant l’acte le client ne l’est pas encore, après l’acte il ne l’est plus. La maréchaussée devra le prendre sur le fait, la main dans le sac en quelque sorte, en cas de doute les tribunaux seraient rapidement engorgés d’audiences qui ne manqueraient pas de piquant.

Il faudra une grande proximité entre les sites de prostitution et les « verbalisateurs ». Ils seront sans doute équipés de véhicules banalisés sous la forme de bosquet ou autre camouflage astucieux.

On peut même imaginer qu’ils chercheront la complicité des prostituées pour organiser cette proximité. Comme les femmes de petite vertu sont aussi souvent peu regardantes sur la morale, il ne faut pas exclure qu’elles s’associent aux forces de l’ordre pour vendre leurs clients. Ainsi, elles seraient réglées de leur prestation, plus d’une prime de lanceuse d’alerte de la part de la police. Enfin, nous verrons…les ragots remonteront sans doute sur le sujet.

La partie positive est le délit de clientélisme, enfin reconnu.

Car, si la prostitution est un sport national répandu, c’est une aiguille dans la botte de foin du favoritisme.

Prenons le député lambda, il passe deux jours par semaine à l’assemblée nationale, la plupart du temps en commission bidon, puis le reste du temps, soit cinq jours, à labourer sa circonscription et à recevoir ses électeurs.

Que croyez vous que ceux-là lui demandent ? Des faveurs évidemment.

Des faveurs interdites bien sûr. Différentes physiquement de celles que procurent les prostituées, mais bien plus graves socialement et moralement. Des faveurs qui, petit à petit, défont le lien social basé sur l’équité.

Et s’il n’y avait que les députés, ce serait un moindre mal. Mais il y a aussi tous les autres élus, tous les fonctionnaires qui occupent des places décisionnelles. Notre pays n’est fait que de passe-droits, de privilèges, de cochonneries sociétales découlant du clientélisme que pratiquent à outrance et à longueur de journée tous ceux qui ont un pouvoir dans ce pays, même minuscule.

Ce nappage corruptif est si dense, si ancré dans notre démocratie, qu’il ne se voit plus.

Ce délit de clientélisme est un vrai bonheur.

Il va suffire de mettre un compteur et une caméra à l’entrée des bureaux de tous ceux dont nous venons de parler et d’aligner d’un bon PV des familles tous ceux qui y rentreront.

Car, que peut-on faire d’autre chez son député que d’aller lui demander une faveur ?

Quelle transaction utile à la société peut-on imaginer se dérouler chez le député ou chez quelque élu que ce soit ? Non, des faveurs, uniquement des échanges de faveurs chez ces gens là.

Donc, ayons une pensée émue pour les prostituées qui essuient les plâtres, mais réjouissons-nous à l’idée que le délit de clientélisme enfin reconnu nous ouvre des horizons d’assainissement remarquables.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (4 votes, moyenne : 4,50 sur 5)
Loading...

2 réflexions au sujet de « Bonne nouvelle, le clientélisme est un délit. »

  1. Bsr Henri,
    Regardons « notre » président en scooter qui a devancé cette loi, à partir de maintenant il ira ou fera venir à domicile 😉
    Hop le tour est joué!

  2. Bonsoir…Pour être complet sur le sujet n’oublions pas les proxénètes,(dont personne ne parle, et pour cause, ils sont des indics de première pour la police)… qui vont » organiser » le marché pour qu’il reste lucratif..et donc rendre le plus discret possible les lieux de rencontres ….afin que la clientèle ne s’évapore et leurs revenus avec…Quelques gogos se feront verbaliser ..et la morale sera sauve…. mais la vie continuera comme avant car beaucoup de filles auront intérêt « à tenir compte » de l’avis de leurs protecteurs…un investissement ça demande un minimum d’attention….quand même.
    Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *