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Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

La France est un pays socialiste : la preuve par les chiffres par Olivier Maurice

 

Que les Économistes atterrés se rassurent : la France n’est pas tombée dans l’aliénation au grand capital, ni même au petit : la France est bel et bien un pays socialiste.

Soit vous achetez un petit manuel expliquant « comment utiliser un tableur » et vous vous mettez à analyser les chiffres à la source, histoire de vous faire une idée par vous-même.

La simple analyse de l’évolution du pouvoir d’achat des Français telle que fournie par l’INSEE qui cumule ces chiffres depuis 1949 en dit long sur les choix politiques qui aboutissent à la situation économique désastreuse que nous déplorons tous : chômage chroniqueperte de vitesse dans l’économie mondiale …

L’INSEE et la comptabilité publique définissent le pouvoir d’achat comme la composition des revenus disponibles, à savoir :

  • Les salaires (versés aux employés du privé comme du public)
  • L’EBE (excédents brut d’exploitation) qui est le revenu des indépendants au sens large (professions libérales, chefs d’entreprises, artisans, commerçants, exploitants agricoles … )
  • Les intérêts et dividendes qui sont les revenus provenant de placements financiers et industriels (actions, obligations…)
  • Les prestations sociales en espèces (retraites, indemnités chômages et maladies, allocations …)

Ils y retranchent les charges (impôts et cotisations sociales) et y ajoutent les transferts sociaux en nature (la valorisation des services publics gratuits ou à tarif réduit).

Un petit travail très simple que tout un chacun pourra refaire par lui-même permet très simplement de vérifier si oui ou non comme l’affirment Thomas Piketty et tant d’autres, les revenus du capital ne font qu’augmenter, le capitalisme sauvage et débridé crée partout des inégalités grandissantes, etc.

Commençons par considérer l’évolution relative des revenus provenant de l’activité économique dans le pouvoir d’achat des Français.

LA FRANCE N’EST JAMAIS DEVENUE UN PAYS CAPITALISTE

Première constatation : la thèse que l’on entend partout sur l’explosion du capital est donc bien une pure faribole, du moins en France. La part des revenus financiers (intérêts et dividendes) est restée anecdotique depuis la fin de la guerre et après avoir très faiblement augmenté à la fin du XX° siècle, est en diminution depuis le début du XXI°.

On comprend également très bien ce qu’il s’est passé pendant les « trente glorieuses » : la France des professions libérales, des exploitations agricoles, des petits commerçants et des artisans s’est réduite drastiquement pour être remplacée par la France des fonctionnaires et des salariés.

Les uns ne remplaçant pas complétement les autres (preuve assez claire que quand les gens gèrent leur propre affaire ils s’investissent mieux que quand ils sont salariés) le complément s’est opéré par la mise en place de l’État providence.

Puis le monde s’est figé vers 1981 : les proportions des indépendants sont restées identiques, jusqu’au récent bug du RSI de 2008 qui a de nouveau fait se détourner les Français de l’entreprenariat et de l’exploitation individuelle et familiale.

La France n’est jamais devenue un pays capitaliste : non seulement les revenus du « grand capital » qui étaient déjà très faibles à l’issue de la guerre sont restés proportionnellement faibles, mais ceux du « petit capital » n’ont fait que diminuer, ce qui traduit bien deux faits que nous constatons tous : le très faible développement industriel et les difficultés persistantes que rencontrent les petites entreprises.

Inutile d’essayer même de parler de ce qui s’est passé dans les pays anglo-saxons où quasiment tout le système social a été bâti sur le développement du système financier (retraite par capitalisation, assurances privées, etc…) La France est sur ce sujet en retard d’au moins 40 ans et accumule des dettes là où d’autres dégagent des excédents.

Pourquoi cette stagnation ?

LES IMPÔTS ET CHARGES N’ONT FAIT QU’AUGMENTER

La mise en place du système social par l’État-providence s’est accompagnée d’une hausse continue des charges qui s’est accélérée à la fin des années 70 (bizarrement, on a appelé cet accélération du gonflement de l’État une « crise »).

S’ensuit le bond en 1989 dû à l’augmentation de la CSG par le gouvernement Jospin pour tenter de rattraper le fait que les impôts n’avaient pas augmenté aussi vite que les cotisations sociales, puis la timide tentative des quinquennats Chirac 2 et Sarkozy pour réduire le niveau des prélèvements, tentative qui a très vite été réduite à néant dès 2012 par un nouvel emballement des prélèvements.

Donc si vous avez l’impression que l’État vous en prend de plus en plus, ce n’est pas une impression, c’est bien la réalité.

Il faudrait ajouter l’explosion de taxes indirectes, des charges patronales, des impôts sur les sociétés qui n’ont fait qu’augmenter. Non seulement les impôts augmentent, les cotisations sociales augmentent, mais les prélèvements obscurs augmentent également, chaque gouvernement semblant faire un concours avec le précédent pour trouver de nouveaux moyens afin de remplir les caisses désespérément vides.

À quoi sert donc tout cet argent ?

UN PAYS SOUS PERFUSION D’AIDES SOCIALES

La France a quasi achevé la réalisation de la grande fiction socialiste à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Les chiffres déjà hallucinants de l’INSEE, qui nous disent que pour 2 euros de pouvoir d’achat, 1 provient de l’argent des autres, sont encore pires que ce qu’indique le graphique : en effet les revenus d’activités ne sont pas taxés de la même manière que les prestations sociales (les données de l’INSEE n’indiquent pas la répartition des impôts sur les différentes formes de revenus), les transferts sociaux ne l’étant pas du tout.

De plus, il ne faut pas oublier qu’environ un tiers des salaires (33,5% en 2014) sont ceux de fonctionnaires ou d’agents de la fonction publique, donc également payés avec l’argent des autres.

Le pouvoir d’achat provenant des résultats économiques (dividendes, excédents bruts d’exploitation et salaires du privé) n’est plus qu’une aiguille dans la botte de foin des prélèvements, des impôts et de la redistribution en prestations sociales, en services publics gratuits et en salaires de fonctionnaires.

Ce pays est devenu un immense laboratoire de brassage d’argent opéré par l’État.

LA FRANCE EST BIEN UN PAYS SOCIALISTE

Donc que les Économistes atterrés se rassurent : la France n’est pas tombée dans l’aliénation au grand capital, ni même au petit : la France est bel et bien un pays socialiste. Que Piketty se rassure aussi : avec une courbe en croissance constante des prélèvements obligatoires, on ne voit vraiment pas comment pourraient se développer de quelconques inégalités.

En complément de mon précédent billet, la France de 2017 semble donc bien se situer au point d’inflexion qui marqua l’URSS de 1953 : celle où il devient plus rentable de vivre des prestations sociales et des largesses de l’État-providence plutôt que de travailler un peu pour soi et beaucoup pour les autres.

Ce que montrent surtout ces courbes, c’est qu’il va bientôt devenir impossible d’augmenter encore la charge de l’État-providence qui pèse sur les revenus d’activités. La France devra donc le plus vite possible se réformer en profondeur afin de sortir de l’utopie du paradis des prolétaires.

Il ne sera bientôt plus possible de continuer à promettre aux uns simplement parce qu’il n’y aura bientôt plus assez à prendre aux autres.

Que les Économistes atterrés se rassurent : la France n’est pas tombée dans l’aliénation au grand capital, ni même au petit : la France est bel et bien un pays socialiste.

Il y a deux moyens de se faire une idée sur l’état économique de la France : soit vous suivez la ligne qui commence en CM2 (où l’on vous explique que l’âge industriel a vu la naissance de nouvelles classes sociales : bourgeoisie industrielle, classes ouvrières et classe moyenne) et qui se termine chez les Économistes atterrés.

Soit vous achetez un petit manuel expliquant « comment utiliser un tableur » et vous vous mettez à analyser les chiffres à la source, histoire de vous faire une idée par vous-même.

La simple analyse de l’évolution du pouvoir d’achat des Français telle que fournie par l’INSEE qui cumule ces chiffres depuis 1949 en dit long sur les choix politiques qui aboutissent à la situation économique désastreuse que nous déplorons tous : chômage chronique, perte de vitesse dans l’économie mondiale …

L’INSEE et la comptabilité publique définissent le pouvoir d’achat comme la composition des revenus disponibles, à savoir :

Les salaires (versés aux employés du privé comme du public)
L’EBE (excédents brut d’exploitation) qui est le revenu des indépendants au sens large (professions libérales, chefs d’entreprises, artisans, commerçants, exploitants agricoles … )
Les intérêts et dividendes qui sont les revenus provenant de placements financiers et industriels (actions, obligations…)
Les prestations sociales en espèces (retraites, indemnités chômages et maladies, allocations …)
Ils y retranchent les charges (impôts et cotisations sociales) et y ajoutent les transferts sociaux en nature (la valorisation des services publics gratuits ou à tarif réduit).

Un petit travail très simple que tout un chacun pourra refaire par lui-même permet très simplement de vérifier si oui ou non comme l’affirment Thomas Piketty et tant d’autres, les revenus du capital ne font qu’augmenter, le capitalisme sauvage et débridé crée partout des inégalités grandissantes, etc.

Commençons par considérer l’évolution relative des revenus provenant de l’activité économique dans le pouvoir d’achat des Français.

LA FRANCE N’EST JAMAIS DEVENUE UN PAYS CAPITALISTE

Première constatation : la thèse que l’on entend partout sur l’explosion du capital est donc bien une pure faribole, du moins en France. La part des revenus financiers (intérêts et dividendes) est restée anecdotique depuis la fin de la guerre et après avoir très faiblement augmenté à la fin du XX° siècle, est en diminution depuis le début du XXI°.

On comprend également très bien ce qu’il s’est passé pendant les « trente glorieuses » : la France des professions libérales, des exploitations agricoles, des petits commerçants et des artisans s’est réduite drastiquement pour être remplacée par la France des fonctionnaires et des salariés.

Les uns ne remplaçant pas complétement les autres (preuve assez claire que quand les gens gèrent leur propre affaire ils s’investissent mieux que quand ils sont salariés) le complément s’est opéré par la mise en place de l’État providence.

Puis le monde s’est figé vers 1981 : les proportions des indépendants sont restées identiques, jusqu’au récent bug du RSI de 2008 qui a de nouveau fait se détourner les Français de l’entreprenariat et de l’exploitation individuelle et familiale.

La France n’est jamais devenue un pays capitaliste : non seulement les revenus du « grand capital » qui étaient déjà très faibles à l’issue de la guerre sont restés proportionnellement faibles, mais ceux du « petit capital » n’ont fait que diminuer, ce qui traduit bien deux faits que nous constatons tous : le très faible développement industriel et les difficultés persistantes que rencontrent les petites entreprises.

Inutile d’essayer même de parler de ce qui s’est passé dans les pays anglo-saxons où quasiment tout le système social a été bâti sur le développement du système financier (retraite par capitalisation, assurances privées, etc…) La France est sur ce sujet en retard d’au moins 40 ans et accumule des dettes là où d’autres dégagent des excédents.

Pourquoi cette stagnation ?

LES IMPÔTS ET CHARGES N’ONT FAIT QU’AUGMENTER

La mise en place du système social par l’État-providence s’est accompagnée d’une hausse continue des charges qui s’est accélérée à la fin des années 70 (bizarrement, on a appelé cet accélération du gonflement de l’État une « crise »).

S’ensuit le bond en 1989 dû à l’augmentation de la CSG par le gouvernement Jospin pour tenter de rattraper le fait que les impôts n’avaient pas augmenté aussi vite que les cotisations sociales, puis la timide tentative des quinquennats Chirac 2 et Sarkozy pour réduire le niveau des prélèvements, tentative qui a très vite été réduite à néant dès 2012 par un nouvel emballement des prélèvements.

Donc si vous avez l’impression que l’État vous en prend de plus en plus, ce n’est pas une impression, c’est bien la réalité.

Il faudrait ajouter l’explosion de taxes indirectes, des charges patronales, des impôts sur les sociétés qui n’ont fait qu’augmenter. Non seulement les impôts augmentent, les cotisations sociales augmentent, mais les prélèvements obscurs augmentent également, chaque gouvernement semblant faire un concours avec le précédent pour trouver de nouveaux moyens afin de remplir les caisses désespérément vides.

À quoi sert donc tout cet argent ?

UN PAYS SOUS PERFUSION D’AIDES SOCIALES

La France a quasi achevé la réalisation de la grande fiction socialiste à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Les chiffres déjà hallucinants de l’INSEE, qui nous disent que pour 2 euros de pouvoir d’achat, 1 provient de l’argent des autres, sont encore pires que ce qu’indique le graphique : en effet les revenus d’activités ne sont pas taxés de la même manière que les prestations sociales (les données de l’INSEE n’indiquent pas la répartition des impôts sur les différentes formes de revenus), les transferts sociaux ne l’étant pas du tout.

De plus, il ne faut pas oublier qu’environ un tiers des salaires (33,5% en 2014) sont ceux de fonctionnaires ou d’agents de la fonction publique, donc également payés avec l’argent des autres.

Le pouvoir d’achat provenant des résultats économiques (dividendes, excédents bruts d’exploitation et salaires du privé) n’est plus qu’une aiguille dans la botte de foin des prélèvements, des impôts et de la redistribution en prestations sociales, en services publics gratuits et en salaires de fonctionnaires.

Ce pays est devenu un immense laboratoire de brassage d’argent opéré par l’État.

LA FRANCE EST BIEN UN PAYS SOCIALISTE
Donc que les Économistes atterrés se rassurent : la France n’est pas tombée dans l’aliénation au grand capital, ni même au petit : la France est bel et bien un pays socialiste. Que Piketty se rassure aussi : avec une courbe en croissance constante des prélèvements obligatoires, on ne voit vraiment pas comment pourraient se développer de quelconques inégalités.

En complément de mon précédent billet, la France de 2017 semble donc bien se situer au point d’inflexion qui marqua l’URSS de 1953 : celle où il devient plus rentable de vivre des prestations sociales et des largesses de l’État-providence plutôt que de travailler un peu pour soi et beaucoup pour les autres.

Ce que montrent surtout ces courbes, c’est qu’il va bientôt devenir impossible d’augmenter encore la charge de l’État-providence qui pèse sur les revenus d’activités. La France devra donc le plus vite possible se réformer en profondeur afin de sortir de l’utopie du paradis des prolétaires.

Il ne sera bientôt plus possible de continuer à promettre aux uns simplement parce qu’il n’y aura bientôt plus assez à prendre aux autres.

 

sur le web  https://www.contrepoints.org/2018/04/21/314503-la-france-est-un-pays-socialiste-la-preuve-par-les-chiffres?

LA FRANCE, NOUVEAU PAYS COMMUNISTE D’EUROPE OCCIDENTALE. par Olivier Maurice

La France est-elle entrée sur la Route de la servitude, pour reprendre l’expression chère à Friedrich Hayek ? Est-elle en train de se soviétiser ?

Par Olivier Maurice.

Le 10 mai 1981 voyait pour la première fois un socialiste élu président de la république Française. Dans la foulée était constitué le gouvernement d’union de la gauche chargé de mettre en place 110 propositions pour changer la France.

Le 7 novembre 1917 se déclenchait la révolution d’Octobre, Lénine et Trotski ouvraient le congrès des soviets des députés ouvriers et paysans. La Russie devenait le premier pays socialiste de l’Histoire.
Bien… depuis que je me suis mis en tête qu’il pourrait peut-être y avoir un quelconque parallèle entre les deux événements et leurs conséquences, tout le monde autour de moi n’a eu de cesse de me répéter que je me fourvoyais complètement : l’URSS était un pays communiste, tout le monde le sait, et la France est un pays capitaliste, libéral, bourgeois… tout le monde le sait aussi.

Ma manie de vouloir comparer les deux tient donc sans aucun doute d’une étrange obsession schizophrène à voir du rouge partout.

LES VOYANTS AU ROUGE

Le problème, c’est qu’effectivement, j’ai tendance à voir de plus en plus de voyants rouges, surtout depuis que la France est devenue championne du monde des prélèvements obligatoires, depuis qu’elle a été rétrogradée dans le classement des économies mondiales, voire même classée derrière les pires régimes socialistes d’Amérique du Sud …

Donc, qu’à cela ne tienne : je me suis plongé dans les chiffres, persuadés que ceux-ci me prouveraient de façon incontestable si je me fourvoie ou non.

Les derniers chiffres de l’économie française sont ceux de 2017, 36 ans après l’élection de François Mitterrand. Un rapide calcul nous projette donc à Moscou en 1953, l’année de la mort de Staline et celle de l’avènement de Nikita Khrouchtchev, 36 ans après la révolution rouge.

(éloignons au passage toute similitude possible entre la boulimie de communiquer sur des réformes en profondeur tout en ne changeant rien de Khrouchtchev, et sur celle de notre président actuel pour nous concentrer sur des éléments factuels)

Je me suis donc livré à l’exercice qui consiste à comparer les chiffres de l’économie Française en utilisant la méthode employée par l’URSS de 1953.

Je vous passe les calculs qui sont décrits en fin d’article pour ceux qui ne manqueront pas de chercher des noises et des erreurs afin d’essayer de disqualifier des chiffres qui ne vont certainement pas leur plaire (artifice n°37 de la dialectique de Schopenhauer : « réfuter en dénonçant la preuve », dernière tentative avant l’ultime stratagème : « injurier »)

Point n° 1 : l’État providence

URSS 1953 France 2017
Mesures sociales et culturelles 22,8% 22,9%
Administration et Justice 2,5% 2,1%
Activités délocalisées 12,6% 11,4%

En % du PIB

La proximité des chiffres se passe de commentaire : la place occupée par les politiques publiques de la France de 2017 est bien identique à celle de l’URSS de 1953 : même proportion du PIB consacrée aux mesures sociales et culturelles, même taille de l’administration centrale et mêmes dépenses satellites distribuées par les collectivités locales.

Les partisans de l’État providence peuvent donc se féliciter : la France suit bien à la lettre le schéma de son illustre modèle : il n’y a aucune différence dans les moyens alloués à la politique sociale de l’URSS et celle de la France, 36 ans après le lancement du programme destiné à réaliser enfin les promesses d’égalité et de jours heureux pour tous les travailleurs.

Point n° 2 : l’État stratège

  URSS 1953 France 2017
Économie d’État 33,8% 4,5%
Économie privée 6,8% 32,8%

En % du PIB

En regardant les chiffres portant sur les activités économiques publiques et privées, je me suis dit que ça y était : j’avais enfin trouvé la preuve que tout le monde me disait, je m’étais effectivement fourvoyé : l’économie de la France est privée et non publique : la France ne serait donc pas un pays socialiste !

Sauf que je me suis rappelé qu’en 1983, devant la menace de l’effondrement rapide de l’économie nationalisée les deux années précédentes, avait eu lieu le « tournant de la rigueur ». La version officielle étant de couper court à la relance de la consommation, c’est-à-dire de cesser d’endetter la France par des politiques publiques de dépenses destinées à relancer la consommation.

Or, depuis 1981, ce n’était pas du tout à une relance keynésienne dont la France avait droit, mais bien à une politique de nationalisation pure et dure de l’outil de production. Et ce qui l’a remplacé en 1983, sous couvert de « rigueur » imposée soit disant par l’horrible Europe libérale (déjà), c’est bien une politique de dépenses publiques, politique qui a n’a cessé de creuser une dette atteignant 36 ans plus tard la valeur d’une année de PIB.

Si les proportions entre économie privée et économie d’État sont inversées entre l’URSS de 1953 et la France de 2017, c’est qu’elles sont la traduction d’une décision délibérée de la Nouvelle Internationale Socialiste de 1951, qui avait renoncé aux nationalisations massives au profit du Keynésianisme, la France ayant juste vérifié en frôlant le gouffre en 1983 que cette décision des instances internationales du socialisme était bien justifiée.

Ah me voilà rassuré : la dette contractée par l’État français est bien la preuve que celui-ci suit depuis 36 ans l’orthodoxie socialiste et qu’il a bien conservé la maîtrise totale de la stratégie économique du pays, ainsi que le stipule d’ailleurs la description de ses attributions :

« Le ministre de l’Économie… définit les mesures propres à promouvoir la croissance et la compétitivité de l’économie française… Il est compétent pour le financement des entreprises en dette et en fonds propres … Il exerce la tutelle des établissements des réseaux des chambres de métiers et de l’artisanat et des chambres de commerce et d’industrie. »

Point n° 3 : l’État obèse

URSS 1953 France 2017
Mesures sociales et culturelles 22,8% 22,9%
Administration et Justice 2,5% 2,1%
Activités délocalisées 12,6% 11,4%
Défense 19,4% 1,9%
Dette Publique 2,1% 19,9%
État (hors économie) 59,4% 58,2%

En % du PIB

Sur le dernier point, aucune hésitation : la taille de l’État français (hors économie) est bien identiquement disproportionnée, tout comme elle l’était en URSS. En y regardant de plus près, l’État français semble même plus opulent que son homologue soviétique, ayant rogné jusqu’à l’os sur la fonction régalienne de défense, afin de compenser le poids astronomique de la dette contractée par sa politique économique et sociale.

CONCLUSION : TOUT VA BIEN !

Que les partis de gauche (et de droite) se rassurent donc : la France est en bonne voie dans la soviétisation, elle tient parfaitement le cap qu’elle s’était fixé « d’instaurer une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Exit le déclinisme : tout se passe exactement comme prévu !

La seule question qui me reste est la suivante : il a fallu aux citoyens de la Russie (et des pays satellites de l’URSS) de 1953 qu’ils attendent 36 ans de plus pour voir s’effondrer en 1989 le paradis des prolétaires, nous faudra-t-il donc attendre 2053 pour que s’écroule le meilleur système que le monde entier nous envie ?

SOURCES

Estimation du PIB de l’URSS : univ. de Berkley

Affectation des chiffres français selon le plan soviétique :

Mesures sociales et culturelles : Budget de l’État (Culture, Écologie, développement et mobilités durables, Égalité des territoires, logement, Enseignement scolaire, Immigration, asile et intégration, Médias, livre et industries culturelles, Recherche et enseignement supérieur, Régimes sociaux et de retraite, Santé Solidarité, insertion et égalité des chances, Sport, jeunesse et vie associative), Sécurité sociale, régimes de retraite et assurance chômage, soit 510 Md€.

Défense : Budget de l’État (Défense, Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation), soit 43,1 Md€.

Administration et Justice : Budget de l’État (Administration générale et territoriale de l’État, Conseil et contrôle de l’État, Direction de l’action du Gouvernement, Gestion des finances publiques et des ressources humaines, Justice, Pouvoirs publics, Sécurités), Contrôle et exploitation aériens, Publications officielles et information administrative, soit 47,4 Md€.

Dette Publique : Budget de l’État (Engagements financiers de l’État, Remboursements et dégrèvements), déficit budgétaire de l’État français, soit 443,3 Md€.

Activités délocalisées : Budget de l’Etat (Actions extérieures de l’État, Crédits non répartis, Outre-mer, Politique des territoires, Relations avec les collectivités territoriales), budget des collectivités territoriales, soit 254,1 Md€.

Economie centralisée : Budget de l’État (Agriculture, pêche, alimentation, forêts et affaires rurales, Aide publique au développement, Économie, Travail et emploi), opérateurs d’État (ODAC), soit 100,5 Md€. Afin d’être le moins polémique possible, je n’ai pas comptabilisé dans l’économie centralisée les parts d’entreprises où l’État est actionnaire, mais uniquement les établissements entièrement publics : agences normatives, fonds d’investissements, instituts et autres comités Théodule.

sur le web  https://www.contrepoints.org/2018/04/10/313664-la-france-est-elle-en-voie-de-se-sovietiser

En 2017, la France toujours en tête – pour taxer et dépenser ! par NATHALIE MP

Lundi 26 mars dernier, l’INSEE a publié ses chiffres provisoires concernant les comptes publics 2017. Ô merveille, le déficit public est repassé nettement, et pour le première fois depuis des siècles, sous la barre fatidiques des 3 % demandés par l’Union européenne ! La Macronie ne se tient plus de joie. A entendre les ministres concernés (tweets ci-dessous), cette bonne nouvelle est le résultat simple et direct du pur génie macronien insufflé dans tous les recoins du pays : la confiance est de retour, les dépenses baissent et l’économie repart !

Pour la 1ère fois depuis longtemps, la France atteint son objectif de sortie des 3% de déficit en 2017. Excellente nouvelle due à nos efforts pour moins dépenser et aux recettes du nouvel élan économique inspiré par @EmmanuelMacron ! https://twitter.com/inseefr/status/978142732437860352 

 C’est une première depuis 10 ans, le déficit public de la France passe sous la barre des 3% : il est à 2.6% du PIB.
« C’est la preuve que la stratégie de redressement des comptes publics définie par le président de la République est la bonne. » @BrunoLeMaire

Politiquement, la nouvelle d’un déficit ramené à 2,6 % du PIB est importante pour Emmanuel Macron. Si le déficit public restait sous les 3 % encore cette année comme c’est prévu au budget 2018, la France pourrait enfin sortir de la procédure européenne de déficit excessif. Le Président s’en trouverait tout requinqué et nettement plus crédible qu’auparavant pour essayer de convaincre ses partenaires de l’UE d’engager la « refondation historique » dont il rêve, notamment la création d’un budget de la zone euro susceptible de financer des projets d’investissement communs – une opération très keynésienne de dépenses publiques supplémentaires qui n’est pas forcément du goût de tout le monde en Europe.

Mais de toute façon, on n’en est pas encore là, car si la contrainte des 3 % est à nouveau respectée par la France, il faut bien voir deux choses : premièrement, un déficit public de 2,6 % reste un déficit élevé qu’il faut financer par de la dette ; et deuxièmement, lorsqu’un déficit diminue, ce peut être par baisse des dépenses – solution saine, ou par hausse des prélèvements – solution dangereuse, surtout quand on est déjà au top niveau.

Or justement, il y a beaucoup à dire sur ces deux points à propos des comptes 2017 publiés lundi par l’INSEE. Le génie reconnu d’Emmanuel Macron dans le champ de la communication heureuse et printanière risque de ne pas suffire pour faire oublier que chez nous, dépenses, impôts et dette continuent à augmenter sans entrave malgré toutes les déclarations inverses du gouvernement.

Avant d’entrer dans le détail, voici quelques précisions techniques. Les comptes publics définitifs de 2017 ne seront publiés que le 30 mai prochain, tout comme le PIB effectivement réalisé. Le PIB que l’INSEE utilise pour l’instant dans ses ratios de dette, de dépenses et de déficit pour 2017 est une estimation basée sur le PIB 2016 et les taux de croissance calculés trimestriellement.

D’autre part, l’INSEE a effectué un certain nombre de révisions dans les comptes des années passées, ce qui explique plusieurs petites différences entre le tableau récapitulatif des comptes publics que je vous propose en fin d’article et mes tableaux antérieurs.

• Parmi ses communicationsl’INSEE a indiqué que la dette publique atteignait 2 218,4 milliards d’euros à fin 2017, soit presque 66 milliards de plus que l’année précédente. Par rapport au PIB,  elle s’élève à 97 % contre 96,6 % en 2016 et 95,6 % en 2015. Le déficit est réduit mais reste élevé, donc la dette continue à augmenter lentement mais sûrement vers les 100 % du PIB. On en déduit directement que l’objectif de 96,8 % inscrit dans le budget 2018 sera difficilement tenable puisque c’est à nouveau un déficit de 2,6 % qui est prévu pour cette année.

Notons également qu’il existe des organismes publics dont la dette importante n’est pas comprise dans ces chiffres : 47 milliards d’euros à la SNCF par exemple, ainsi que l’actualité récente nous l’a rappelé. La situation réelle est donc encore plus dégradée qu’on pourrait croire.

Ce résultat est mauvais et préoccupant. On en parle moins que des 3 % de déficit, mais le pacte de stabilité de l’Union européenne demande aussi aux Etats de limiter leur endettement à 60 % du PIB, histoire de ne pas se retrouver dans une inextricable situation de faillite à la grecque.

Or nous voici hélas très endettés, sans perspective de désendettement à court terme, dans un contexte de grande satisfaction du fait du passage sous les 3 %. Des revendications éparses sur l’utilisation de la « cagnotte » ainsi constituée ont même commencé à se faire entendre.

En réalité, il n’y a aucune « cagnotte », aucun surplus, mais seulement un déficit moins important que prévu. Il serait extrêmement dangereux de se mettre à dépenser l’équivalent de ces sommes complètement fantômes. C’est pourtant souvent ce qui se passe, tant il est vrai que la France reste la meilleure dès qu’il s’agit de taxer et dépenser plus, ainsi que les comptes 2017 nous le confirment encore une fois.

• Dans le tableau ci-dessous publié par l’INSEE (cliquer pour agrandir), on observe en effet que les dépenses publiques ont progressé de 31,1 milliards pour atteindre 1 291,9 milliards d’euros en 2017, en augmentation de 2,5 % par rapport à 2016. L’inflation ayant été de 1 %, leur dérive réelle est de 1,5 %, soit environ le double de l’année précédente.

On observe surtout que seul le poste « intérêts » de la dette est en baisse (en raison du contexte de taux bas), mais on peut difficilement y voir la maîtrise des dépenses dont se vante le gouvernement. Si l’on n’en tient pas compte, la dérive atteint 2,7 % (1,7 % hors inflation).

En revanche, on retrouve dans ces chiffres tous les cadeaux électoraux lâchés par Hollande et Valls avant la présidentielle de 2017, notamment le dégel du point d’indice des fonctionnaires qui se manifeste dans la ligne « rémunérations ». Quant aux prestations sociales et aux subventions, elles continuent à caracoler allègrement.

Les dépenses 2017 sont également marquées par le remboursement (5,3 milliards en 2017) que le trésor a dû verser aux entreprises suite au prélèvement indu de la taxe à 3 % sur les dividendes. Pour le gouvernement, c’est un élément exceptionnel dont il ne faut pas tenir compte pour apprécier vraiment la situation des dépenses en 2017. Mais même sans ça et hors charge d’intérêt, la dérive est de 2,3 % (1,3 % hors inflation). Et il reste encore 5 milliards à rembourser à ce titre en 2018.

Autre point à noter, qui n’est guère flatteur pour notre rigueur budgétaire, la contribution de la France au budget de l’UE est en baisse de 4 milliards d’euros. Si on annule cet effet, tout en conservant les 2 retraitements précédents, les dépenses augmentent de 2,6 % (1,6 % hors inflation).

Au total, par rapport au PIB, les dépenses publiques passent de 56,6 % en 2016 à 56,5 % en 2017. C’est l’épaisseur du trait, le niveau est encore extrêmement élevé, incontestablement parmi les plus élevés du monde, mais c’est probablement ce petit 0,1 point en moins qui permet à nos deux ministres de Bercy de s’extasier sur la baisse des dépenses et la stratégie comptable d’Emmanuel Macron.

• Si les dépenses augmentent, les recettes s’envolent : elles progressent de 47,8 milliards soit 4 % (3 % hors inflation). C’est ainsi que dans un contexte de dépenses incontrôlées, on peut quand même enregistrer une baisse du déficit.

La reprise de la croissance mondiale a donné des ailes à l’économie française, ce qui a logiquement généré des rentrées fiscales et sociales supplémentaires. Les cotisations sociales encaissées en plus cette année permettent d’ailleurs à la composante « administrations de sécurité sociale » des comptes publics(*) de sortir du déficit avec un excédent de 5,1 milliards d’euros.

Le gouvernement s’attribue la paternité de cette évolution positive en parlant de confiance retrouvée et de mesures prises en faveur de l’emploi et des entreprises. Disons que ces éléments ont certainement eu leur part, mais seulement leur part, d’autant qu’on ne parle que des 6 mois qui ont suivi l’élection présidentielle. C’est un peu court pour retourner une économie encadrée comme la nôtre en dehors de toute aide extérieure. Et on n’avait pas remarqué que les réformes – code du travail essentiellement, étaient si bouleversantes que ça.

Ce qu’on remarque en revanche, c’est que la taxe additionnelle à l’IS instaurée pour les grandes entreprises dans le but de compenser le gros raté de la taxe à 3 % sur les dividendes a rapporté 4,9 milliards d’euros. Il est désagréablement ironique de constater que l’Etat profite à plein de ses bourdes et des solutions absurdes qu’il a mises en place pour essayer de les réparer. Absurdes, et immorales, car Bruno Le Maire a tout simplement imaginé de faire payer les victimes pour éponger la désespérante incurie de l’Etat.

Une absurdité et une immoralité qu’il revendique d’ailleurs, si ce n’est que pour lui, il s’agit d’une stratégie responsable et d’un engagement tenu (vidéo ci-dessus) :

« Nous avons pris un certain nombre de décisions, qui étaient difficiles, de réduction de la dépense publique, de surtaxe à l’impôt sur les sociétés pour compenser l’annulation de la taxe sur les dividendes, et c’est ce qui nous a permis d’être sous les 3 %. (…) Et nous avons tenu nos engagements européens. »

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Le passage sous les 3 % est certes tenu, mais à quel prix ! On a vu que par rapport au PIB, les dépenses stagnaient à 56,5 %, ce qui est déjà énorme, mais côté recettes, les prélèvements obligatoires formés par les impôts et les cotisations sociales passent purement et simplement de 44,6 % à 45,4 % du PIB, point le plus haut jamais atteint.

(Voir dans le tableau ci-dessus l’ensemble des grandeurs importantes des comptes publics français depuis 2005.)

C’est sur l’emploi et la croissance économique que cette dérive incontrôlée se paiera finalement. On ne peut soustraire indéfiniment au secteur marchand des sommes toujours plus importantes qui seront gaspillées en lubies sociétales et en inefficacité administrative alors qu’elles seraient si nécessaires au titre de l’investissement privé.

Le gouvernement se félicite de ses bons résultats, mais le trio infernal dépenses-impôts-dette ne s’est pas infléchi en 2017 et le PLF 2018 n’est pas encourageant pour la suite. Reste à « penser printemps » et compter sur la croissance mondiale pour nous tirer vers le haut, tout en croisant les doigts pour que le relèvement des taux d’intérêt ne soit pas trop brutal.

La « vérité sur les comptes de la nation » comme dirait Gérald Darmanin (photo de couverture), c’est que nous étions déjà les champions du monde des dépenses et des prélèvements, et que nous voilà à battre nos propres records.

 

Sur le web  https://leblogdenathaliemp.com/2018/03/28/en-2017-la-france-toujours-en-tete-pour-taxer-et-depenser/

La fraude fiscale ou le prétexte de l’hydre étatique par Jean-Philippe Delsol

 

Pour réduire la fraude fiscale, dont il dit lui-même que les « chiffres ne sont pas vérifiés », le ministre Gérald Darmanin serait sans doute mieux avisé de simplifier et clarifier la loi fiscale, de rendre l’impôt plus raisonnable et moins spoliateur.

Il ne suffit pas que les dépenses publiques représentent en France 56,5% du PIB et que les prélèvements fiscaux français, de 45% du PIB, soient désormais les plus élevés de tous les pays développés. L’Etat évoque une fraude fiscale de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an pour accroître son emprise sur les particuliers et les entreprises.

Au 31 mars de cette année, toutes les sociétés ont dû déclarer au greffe du tribunal de commerce leurs bénéficiaires économiques ultimes et chaque changement de ces bénéficiaires justifiera une nouvelle formalité. Même pour les sociétés civiles immobilières qui détiennent un patrimoine personnel ! Chaque fois, il faut payer 54,42€, ce qui est une forme de nouvelle imposition. Mais surtout, c’est un moyen pour l’Etat de disposer de données supplémentaires sur chacun. Pour mieux identifier les potentiels fraudeurs, le projet de loi examiné ce 28 mars au conseil des ministres favorisera l’échange d’informations entre administrations et leur travail sur les données des contribuables. L’Etat se permet ainsi ce qu’il reproche aux GAFA.

Il est vrai qu’il est capable déjà de violer la confidentialité à laquelle est tenue l’administration fiscale et à laquelle a droit tout contribuable. Ce 28 mars, dans une émission sur France 3 intitulée Pièces à conviction et qui ressemblait plus à un Piège à conviction, l’ancien ministre Christian Eckert a exposé sans vergogne que de son temps M. Bernard Arnault avait fait l’objet d’un contrôle et d’un redressement. Mais pour surmonter cet obstacle qu’est encore la confidentialité, le projet de loi susvisé propose d’instituer le name and shame, consistant à désigner publiquement les fraudeurs.

Ce projet de loi propose d’autres mesures pour lutter contre la fraude fiscale et notamment le renforcement des sanctions et l’instauration à Bercy d’une nouvelle police fiscale. Celle-ci rassemblera une cinquantaine de fonctionnaires et viendra concurrencer le département qui, au sein du ministère de l’Intérieur, suit ces affaires de délinquance. S’il peut être concevable de renforcer les effectifs de lutte contre la fraude fiscale, il ne paraît guère approprié de recréer entre services une guerre comme celle qui empoisonne depuis toujours la police et la gendarmerie ou d’alimenter des polémiques comme celles qui se perpétuent entre le RAID et le GIGN.

Le gouvernement souhaite en sus sanctionner les « tiers complices de fraude fiscale et sociale », qu’il appelle des officines (cabinets d’avocats, sociétés de conseil…) ayant élaboré des montages frauduleux ou abusifs. Certes, il va des soi que les conseils ne peuvent pas impunément être complices de la fraude de leurs clients. Il n’y a pas besoin d’une loi nouvelle pour les en punir. Quant aux avocats leur déontologie renforce encore leur devoir de respect de la légalité. Cette mesure est extrêmement dangereuse en ce sens qu’elle risque de priver les citoyens de conseils objectifs et indépendants. La fiscalité n’est pas toujours blanche ou noire, et elle est de plus en plus grise par la faute du législateur et de l’administration dont les lois et règlements sont de plus en plus obscurs. Le rôle des conseils est d’essayer d’interpréter le droit et de le faire progresser avec prudence et discernement. Seront-ils muselés à l’avenir par peur d’évoquer la possibilité de prendre des décisions susceptibles ultérieurement d’être considérées irrégulières ? Un exemple récent est celui des apports d’actions de sociétés à une autre société avec soulte en sursis d’imposition qui a été permis par la loi pendant 25 ans, sur la base de directives européennes, jusqu’à ce qu’en 2016 l’administration considère, à tort du point de vue de la quasi-totalité des spécialistes de la question, qu’il s’agit d’un abus de droit, assorti de 80% de pénalités, et engage des centaines de redressements pour des montants parfois considérables. Sous l’emprise de la nouvelle loi, les avocats qui ont mis en œuvre ces schémas en toute bonne foi seraient également poursuivis !

Cet exemple technique souligne l’insécurité créée par la loi, qui sera augmentée par la destruction d’une relation de totale confiance entre les contribuables et leurs conseils. D’une certaine manière, l’Etat cherche par ce projet de loi à prendre la main sur les conseils, à en faire des agents de l’Etat, comme il encourage déjà les entreprises à soumettre elles-mêmes leurs opérations de Crédit Impôt Recherche au contrôle de l’administration et les petites entreprises à demander à être contrôlées (article L. 13 CA et L.13 C du livre des procédures fiscales).

Pour réduire la fraude fiscale, dont il dit lui-même que les « chiffres ne sont pas vérifiés », Gérald Darmanin serait sans doute mieux avisé de simplifier et clarifier la loi fiscale, de rendre l’impôt plus raisonnable et moins spoliateur.

sur le web    https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/La-fraude-fiscale-ou-le-pretexte-de-l-hydre-etatique?utm_source=2018-04-03&utm_medium=lettre-fr&utm_campaign=lettre-fr&utm_content=article4839

LA CONVOITISE DES BIENS D’AUTRUI par Belle garrigue

« ON TROUVERA TOUJOURS UNE MAJORITÉ DE GENS DISPOSÉS À CONFISQUER UNE PARTIE DES BIENS D’AUTRUI ; IL SE TROUVERA TOUJOURS DES HOMMES POLITIQUES POUR APPUYER CETTE REVENDICATION, POUR SE FAIRE AINSI ÉLIRE, POUR TROUVER DES ALIBIS MORAUX ET “SCIENTIFIQUES” À CETTE SPOLIATION ; ET ON TROUVERA MÊME DES EXPERTS POUR LEUR APPORTER LEUR CAUTION. » — PASCAL SALIN

LA CONVOITISE DES BIENS D’AUTRUI

Pascal Salin dans « La tyrannie fiscale » décrit ainsi le fonctionnement du système politique dans les pays occidentaux où les élections rythment la vie des Etats-providence. Le sport pour les politiciens, une fois élus, consiste à conserver le pouvoir par le développement de clientèles électorales. Diviser l’électorat en sous-groupes, promettre à chacun des avantages sur le dos des autres afin d’atteindre une majorité hétéroclite, telle est l’équation.

Pour ce faire, les politiciens vont jouer sur les sentiments humains les plus vils (jalousie, envie, haine…) pour s’attirer les votes et convoiter la propriété d’autrui. L’objet n’est donc pas de faire naître la motivation individuelle pour obtenir un bien similaire par l’effort, mais de ne plus voir autrui jouir de son bien, de le déposséder, de le spolier, de le voler sous de fallacieux prétextes en le faisant bouc émissaire des maux de la société.

Restez avec moi...

Taxer, c’est voler.

Dans les sociétés tribales, de tels actes étaient le quotidien pour survivre. La garantie des droits de l’homme et du citoyen était totalement absente du raisonnement social. C’était la loi du plus fort qui s’est ensuite exprimée au sein des peuples avec des guerres devenues de plus en plus destructrices par le dévoiement des progrès de la science et de l’industrie. Si une certaine conscience morale générale est apparue pour faire cesser en partie les affrontements physiques entre peuples, le raisonnement sur la convoitise n’a pas cessé au sein de chacun des peuples.

Avec la montée en puissance des états-providence, il s’est développé, outre la guerre économique entre eux, une nouvelle forme de guerre : la guerre électorale où les bulletins de vote sont les armes de la convoitise. Le principe est le même : les vainqueurs soumettent les vaincus à leur vision fiscale et législative de la société en utilisant la force de la légalité sans se préoccuper de la légitimité de leurs décisions. Un vol, légal ou illégal, reste un vol, une agression et c’est illégitime.

DU VENT, TOUJOURS DU VENT

Les partis dit « démocratiques » empruntent d’ailleurs des termes guerriers dans leur langage électoraliste : bataille, victoire, conquête d’un fief, défaite, stratégie, campagne, combat… Ils s’organisent comme des armées pour étendre et appliquer leurs idéologies sur des territoires, avec des militants comme loyaux soldats, au nom de la majorité obtenue dans les urnes.

Entre deux élections, l’arbitraire de ce résultat conduit finalement aux pires agressions morales avec le monopole d’un gouvernement. On peut s’interroger comment des citoyens civilisés peuvent accepter finalement de voir une telle violence morale (législation et fiscalité) s’instaurer comme principe de base de fonctionnement de la société.

Sancho pensa ?

Don Quijote y Sancho Panza.

On trouvera la réponse dans le psychisme de chaque individu, car les élections se gagnent sur des promesses qui ne sont jamais tenues : le contrat social tacite issu de la démocratie n’est que du vent et l’électeur, à la manière d’un Sancho Panza, fait confiance à un Don Quichotte.

Mais toutes les guerres finissent toujours très mal pour tout le monde, initiateurs comme peuples. Combien de temps faudra-t-il que tous les Don Quichotte abandonnent leurs idéologies pour retrouver la raison et que les Sancho Panza se prennent en charge ? Car une société ne peut pas s’épanouir sur le pillage d’une partie de la population par l’autre partie.

A l’instar des exactions au cours des guerres, la fiscalité et la législation minent progressivement la population et l’observation objective de l’état-providence conduit à une destruction progressive du tissu social et de l’économie. La démocratie agit comme un fléau de déstructuration des valeurs nobles que portent l’individu à travers sa liberté et sa responsabilité individuelle.

SI TU VEUX LA PAIX, NE FAIT PAS LA GUERRE

Certes après la guerre, la paix peut avoir une chance de survenir. Mais que celle-ci est bien lointaine lorsque celui qui est chargé d’organiser la paix est dans l’agression permanente. Indéniablement, il y a eu une incompréhension initiale sur les termes et les objectifs, car la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 n’a jamais évoqué le moindre régime politique, ni un quelconque système d’organisation d’élections entre les citoyens, elle a juste posé les principes que toute autorité doit respecter.

Pourquoi l’ensemble des citoyens devraient se conformer à une même morale idéologique douteuse qui ne respecte pas les principes énoncés ? Car la DDHC est claire : elle n’évoque pas plus d’organisation étatique au-dessus de la Société des citoyens. Se voulant universelle, la DDHC se contente d’évoquer la Nation, qui a au moins l’avantage de se réduire à des citoyens ayant quelques points culturels en commun.

Le choix des mots est important sur le plan juridique, comme la chronologie de lecture des articles de la DDHC est fondamentale pour comprendre qu’une organisation (association) politique (article 2) n’a aucune légitimité à réduire la liberté d’un individu (article 1) que s’il en abuse par agression d’autrui. Ainsi l’unique raison d’une souveraineté collective d’intervenir dans le quotidien des individus, a fortiori l’intérêt général, est d’institutionnaliser la non-agression entre les citoyens tout en limitant l’agression du pouvoir aux seuls citoyens agresseurs.

Beyond Democracy

Dépasser la démocratie – http://francais.beyonddemocracy.net/

Qui ne veut pas vivre en paix ? Celui qui agresse trouvera toujours des agresseurs en face de lui. Pour qu’il existe une souveraineté collective, une unanimité contractuelle librement consentie doit exister entre ses membres.

La démocratie telle qu’elle est pratiquée en France (mais aussi dans beaucoup de pays dit développés) ne conduit jamais à l’unanimité puisqu’elle consiste à l’agression idéologique de fractions du peuple à travers les élections. Qui vise à la paix ne peut se satisfaire de la démocratie quelle qu’elle soit.

Il est à rechercher l’instauration d’une Société plus complexe qui applique les articles de la DDHC et amène toute association politique à respecter le principe de non-agression. Ce régime existe, c’est la Panarchie. Il reste à l’expliquer et à faire comprendre comment dépasser la guerre électorale.

Merci aux hommes de l’état de nous démontrer, jour après jour, qu’ils ont mis en place le droit de l’état et l’abus de pouvoir à travers le détournement du principe de la démocratie et en abusant de la guerre électorale. Nous préférons l’ordre spontané et la Panarchie au sein de la société, seuls garants de la paix et de la responsabilité entre les citoyens.

Belle garrigue

sur le web:  https://vu-dailleurs.com/2018/02/22/la-guerre-electorale/