Archives pour la catégorie Zap du Net

Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

Aujourd’hui c’est ma première fois

Une lettre intéressante de Nicolas. Je vous la livre sans commentaire. Vous vous ferez vous même le votre.
Premier contrat que je refuse pour raisons fiscales.

Comme je suis un méchant capitaliste informaticien indépendant qui fait bien son travail, j’ai franchi tête la première et sans me méfier la limite de la tranche d’IR à 30%, pour plonger avec surprise dans celle à 41%.
Je suis officiellement riche! 

Du coup, quand ce nouveau client m’a contacté pour un petit contrat de quelques dizaines d’heures, je me suis pour la première fois posé la question: Mais est-ce que ça en vaut la peine?
Je travaille déjà à temps plein pour un autre client, 40h par semaines. Le choix se pose donc entre travailler en plus le samedi pour un revenu supplémentaire, ou laisser couler et passer ce temps avec mes filles ou à entretenir mon jardin.

Sur 50€/h que m’aurait donné ce nouveau client en échange de mon service, j’aurais payé environ 15€ de cotisations sociales, et surtout 15€ de plus au titre de l’IR. Pour un revenu final de 20€ de l’heure supp. Même pas 50%. En échange de 50% de mon temps libre.
J’ai donc décliné.

Mon cher compatriote, je sais ce que tu te dis: «Ben mon sal…, non seulement tu es riche, mais en plus tu refuses des heures à 20€, t’est gonflé! C’est pas grave, ce ne sera pas perdu pour tout le monde…»
Sauf qu’en fait, si. Vu l’état du marché du dev en France en ce moment, il est plus que probable que ce contrat ne trouve pas preneur et finisse offshore. Du coup, sur les 1000€ qu’il coûte, tu comptais récupérer 600€ pour financer ta sécu, ta CAF, ton transport, etc.
Résultat, tu en auras 0. Et moi j’aurai mes samedis.

Allez, je te laisse, je vais profiter du soleil pour m’occuper de mon jardin.

La France, ce pays désemparé dirigé par des clowns par Nathalie MP

C’est triste à dire, mais si je veux trouver une nouvelle preuve toute fraîche du pipeau permanent que nous joue le gouvernement, il me suffit de me rendre sur le compte Twitter du ministre de l’économie Bruno Le Maire. Inutile de faire défiler les tweets très longtemps, ce que je cherche s’affiche généralement dans la première dizaine.

Cette semaine n’a pas fait exception, car que vois-je en date de mercredi dernier ? Une vidéo de notre ami Bruno à l’Assemblée nationale (tweet ci-dessous, 33″) en train d’affirmer avec beaucoup d’emphase et les gestes décidés qui vont avec qu’en matière de fiscalité il n’y a qu’une chose à faire :

« C’est de baisser les impôts des Français, les baisser, les baisser et les baisser ! » 

Vidéo intégrée

Bruno Le Maire

@BrunoLeMaire

Il y a une seule direction à retenir en matière de fiscalité : baisser les impôts des Français !

427 personnes parlent à ce sujet

Ah ah ! Baisser les impôts ! J’approuve ! Au niveau olympique où nous en sommes, c’est un minimum, mais encore faudrait-il songer à baisser les dépenses. Eh bien, là encore, Bruno est d’accord et nous le fait savoir par tweet interposé :

« Pour que les impôts baissent durablement, il faut que la dépense publique baisse durablement. »

Bruno Le Maire

@BrunoLeMaire

Deux idées simples pour la fiscalité de notre pays. La première, c’est que les impôts doivent baisser. La deuxième : pour que les impôts baissent durablement, il faut que la dépense publique baisse durablement

552 personnes parlent à ce sujet

Il faut dire que chez lui, ce discours orthodoxe sur les comptes publics est une habitude qu’il nous sert avec aplomb et fierté aussi souvent qu’il le peut depuis qu’il est en poste à Bercy.

Résultat concret, depuis que le gouvernement a pris conscience via la révolte des Gilets jaunes que la fiscalité sur les carburants et la fiscalité en général devenaient intolérablement trop élevées et le pouvoir d’achat intolérablement trop bas pour une vaste majorité de Français ni riches ni pauvres, il n’a de cesse avec ses collègues ministres et les députés de la majorité de trouver comment il pourrait augmenter les recettes fiscales. Logique !

C’est ainsi que depuis quelques semaines, nous avons droit à d’intenses cogitations gouvernementales et apparentées sur :

· le retour de l’ISF,
· l’augmentation des droits de succession,
· la taxe d’habitation pour les 20 % les plus riches (à partir de 2 500 € mensuels),
· l’introduction d’une tranche supérieure dans le barème de l’impôt sur le revenu,
· la taxation de la plus-value lors de la cession de la résidence principale,
· la suppression de certaines niches fiscales,
· l’obligation pour les patrons d’entreprises dont le siège social est en France d’être personnellement domiciliés fiscalement en France,
· et la marotte de Bruno Le Maire : la taxation française des GAFA.

.
J’espère que je n’oublie rien ; l’imagination fiscale de nos idéologues technocrates est si fertile ! Mais à part ça, il faut « baisser les impôts, les baisser, les baisser et les baisser ». Il est vrai qu’Emmanuel Macron se montre réticent sur certains de ces points, ISF et niches fiscales notamment, mais comme par ailleurs il estime que le débat est ouvert… Le pire n’est pas totalement incertain.

Des hausses d’impôts, donc.

Reformulons : Un alourdissement du poids mortel qui pèse sur l’économie française et qui l’empêche depuis de nombreuses années de donner sa pleine puissance en matière de compétitivité, croissance, emplois et salaires. Et qui pourrait presque expliquer à lui tout seul le mécontentement social qui gronde, même si cet élément explicatif n’a pas encore fait son chemin dans les consciences françaises.

Pas du tout ! rétorque immédiatement Bruno Le Maire, vous n’avez rien compris, il s’agit de « justice fiscale » et justement, les Français sont en grande demande de justice fiscale.

Par souci de justice intellectuelle, peut-être conviendrait-il aussi d’ajouter que le gouvernement est surtout en grand besoin de combler quelques fossés budgétaires. Les premiers aperçus des comptes de l’Etat(*) en 2018 indiquent que le déficit serait de 76,1 milliards d’euros contre 67,8 en 2017 tandis que le ralentissement de la croissance qui se profile pour 2019 risque de plomber un peu plus des comptes déjà fortement malmenés par les mesures d’urgence prises pour calmer la colère des Gilets jaunes.

Dans ces conditions, difficile de voir dans les discours musclés de Bruno Le Clown Le Maire, sur la rigueur budgétaire qu’il compte mettre en oeuvre, autre chose qu’un sinistre blabla sans queue ni tête, un faire-semblant de savoir-faire et d’efficacité qui ne seront jamais obtenus tant que la lourdeur de notre Etat-providence n’aura pas été clairement identifiée comme la cause de nos déficiences criantes en matière d’emploi et de pouvoir d’achat.

Quant aux Français, dont la charge fiscale toutes catégories confondues est la plus élevée du monde relativement à la production annuelle, nul doute qu’ils apprécieraient certainement de voir l’étau se desserrer. Tout se passe comme si on l’avait oublié, mais c’est l’augmentation des taxes sur les carburants qui concerne potentiellement tout le monde qui a fait déborder le vase, pas la suppression de l’ISF.

Il est vrai que depuis, rapport Oxfam sur les inégalités et discours sur l’importance du symbole en politique aidant, la petite musique de la restauration de l’ISF comme marqueur indispensable de la justice fiscale de ce pays a porté. Les Français soutiennent cette mesure à 77 %, en accord avec presque tout l’échiquier politique (vidéo 01′ 54″) :

Entre des Français travaillés au corps depuis des décennies – à l’école, à l’université, dans la presse et dans pratiquement tous les partis politiques – pour adhérer sans faiblir à notre modèle social hyper redistributif censé nous protéger tout en gommant les inégalités, et un gouvernement obligé d’en passer par les exigences de l’Union européenne en matière de comptes publics, il ne reste guère que la solution de taxer plus, avec « plus » signifiant « les riches », histoire de faire basculer dans la case « justice sociale » les hausses d’impôts rendues indispensables par la fuite en avant des dépenses publiques.

Cependant, à lire deux sondages parus récemment, il me semble qu’aujourd’hui, les Français sont plus en proie à un désarroi ravageur que véritablement sûrs d’eux quant à la politique économique qu’il faudrait mener.

Le premier, réalisé par l’institut Elabe pour Les Echos les 5 et 6 février 2019, montre que si le couple exécutif n’est pas au mieux de sa forme – euphémisme, on parle de 27 et 26 % de cote de confiance pour Macron et Philippe respectivement – c’est l’ensemble de la classe politique qui atteint un plus bas (20 %) depuis un an (schéma ci-contre).

Le second sondage, réalisé par Odoxa les 6 et 7 février 2019 pour Le Figaro, concerne le référendum qu’Emmanuel Macron envisage d’organiser pour clore le Grand débat. Première remarque, les Français y sont majoritairement favorables, quoique sans enthousiasme exagéré (55 %) mais seules 27 % des personnes interrogées déclarent qu’elles participeront au débat et seules 32 % d’entre elles pensent qu’il débouchera sur des mesures utiles pour le pays.

A la forte défiance vis-à-vis de tous les politiciens s’ajoute comme une sorte de résignation pessimiste et sans espoir. Comme une façon de dire : on a déjà tout vu, on a déjà vécu mille réformes en tout genre, les 35 heures qui devaient donner du travail à tout le monde, les emplois aidés, le service civique, le tiers payant, la politique de la ville, la démocratie participative… et pourtant rien n’y fait.

Encore plus parlant à mon sens, la mesure qui se détache pour figurer dans la question du référendum porte sur le pouvoir d’achat (71 %). Le sondeur précise entre parenthèses : salaire minimum, pension de retraite. On peut donc supposer que les personnes interrogées espèrent que le SMIC et les pensions pourraient être augmentés par référendum conformément au formatage économique des esprits évoqué plus haut. Pure pensée magique : le pouvoir d’achat ne se décrète pas, il se crée par le travail ; et le travail se crée par les investissements et les innovations des entrepreneurs.

Mais les autres questions suggérées (mesures fiscales dont rétablissement de l’ISF, mesures à propos de l’immigration, mesures institutionnelles et mesures sur l’environnement) sont reléguées tellement loin derrière le pouvoir d’achat, que j’ai la nette impression d’être surtout face à un cri du coeur : nous voulons vivre mieux !

Nous voulons vivre mieux, mais nous ne savons plus comment faire et nous ne faisons plus confiance à personne. On nous vante notre modèle social depuis 40 ans et pourtant nos fins de mois sont difficiles, trop de nos enfants passent directement de l’école au chômage, trop d’entre nous sont sans travail, trop vivent chichement de minima sociaux dont ils n’arrivent plus à se passer.

La France m’apparaît plus que jamais comme un pays déprimé et sans repères, accroché sans satisfaction à la béquille débilitante de son modèle social, et pourtant incapable de s’en séparer.

A sa décharge, elle est gouvernée depuis des décennies par des imbéciles prétentieux, aussi accrochés à leurs postes qu’incapables de courage et de vérité.

Et c’est ainsi que la distribution de l’argent des autres et la démagogie délétère de la « justice sociale » continuent de plus belle, précipitant inéluctablement déclassement et chômage de masse.

La France, ce pays désemparé dirigé par des clowns.

sur le web:  https://leblogdenathaliemp.com/2019/02/09/la-france-ce-pays-desempare-dirige-par-des-clowns/

CES 500 HAUTS FONCTIONNAIRES QUI SE SUCRENT UN MAX.

On comprend très bien pourquoi la haute fonction publique est arc-boutée contre toute politique de maîtrise et de réduction de la dépense publique.

Par Thierry Benne.
Un article de l’Iref-Europe

Même en restant au cœur de la fonction publique, l’opinion publique n’a aucune idée de l’importance des primes accordées aux fonctionnaires qui peuvent parfois dépasser 140 % de leur traitement indiciaire (au total = 100 + 140 ; donc pas moins de 240 % du traitement indiciaire correspondant !), ce qui bien évidemment relègue la grille des rémunérations de la fonction publique et même les échelles-lettres dans la catégorie des accessoires.

D’ailleurs ces primes qui ne cessent d’augmenter d’année en année s’avèrent le moyen le plus commode pour contourner le blocage du point d’indice qu’on impose à la masse des fonctionnaires ne percevant pas ou presque pas de primes. Quant aux emplois supérieurs, ils peuvent atteindre, primes comprises, des sommets de rémunération tels que :

  • à Bercy 150 hauts fonctionnaires gagnent bien davantage que leurs ministres-
  • Vincent Jauvert (auteur de Les intouchables d’État dont nous avons largement rendu compte en ces colonnes) recense toutes administrations et tous corps confondus pas moins de 500 hauts fonctionnaires qui gagnent davantage que le président de la République lui-même.

Or ces agents et quelques autres, qui figurent souvent sur des listes furtives (les ministres eux-mêmes ont le plus grand mal à les obtenir de leurs propres services), comptent parmi les plus prompts à vouloir encadrer étroitement les rémunérations des plus brillants de leurs homologues privés. Ces derniers encourent pourtant constamment le risque de la révocation en répondant chaque année de leur gestion devant des actionnaires ; de plus, leurs rémunérations présentent pour le contribuable l’immense avantage de ne pas peser sur les prélèvements publics.

L’HEURE EST AUX PROPOSITIONS

Nos lecteurs savent que si il reconnaît volontiers le bien-fondé de certaines de leurs revendications notamment contre le matraquage fiscal en vigueur depuis plusieurs années, l’IREF est très loin d’épouser l’ensemble des doléances des Gilets jaunes.

Mais puisque l’heure est aux propositions, que le sujet de l’organisation et le fonctionnement du secteur public est au cœur des débats et qu’il fait partie des thèmes présentement encore « autorisés », notre Institut est fier d’apporter aux débats sa contribution sous forme de six articles issus à la fois du bon sens, de la logique, du dévouement et du désintéressement qu’on peut légitimement attendre de quelqu’un qui par goût, par conviction et par dévouement au bien commun, a choisi l’exercice de fonctions publiques :

Article 1

Aucun fonctionnaire, ni autre salarié d’un ministère ou d’une instance rattachée à ce ministère ne peut prétendre à une rémunération effective supérieure à celle du ministre ayant directement ou indirectement autorité sur lui.

Article 2

Aucun fonctionnaire, ni autre salarié d’un organisme public indépendant et non rattaché à un quelconque ministère ne peut prétendre à une rémunération effective supérieure à celle du président de la République.

Article 3

Aucun fonctionnaire, ni autre salarié d’une collectivité publique territoriale ou hospitalière ne peut prétendre à une rémunération effective supérieure au plafond national fixé chaque année par spécialité ou type d’emploi dans la loi de finances.

Article 4

Les primes attachées à un emploi public ne peuvent jamais excéder les deux tiers du traitement indiciaire de référence ou du traitement de base hors prime pour cet emploi.

Article 5

Les rémunérations visées s’entendent toutes primes, indemnités et autres accessoires compris, à l’exclusion des défraiements qui font l’objet de factures ou autres justificatifs produits en bonne et due forme.

Article 6

Chaque année à l’occasion de la présentation du projet de loi de Finances pour l’année suivante, la Cour des comptes établit une liste nominative des 1 000 emplois non électifs les mieux payés de la République classés par ordre décroissant avec l’identification de leurs titulaires, de leurs fonctions et de leur employeur, l’indication des rémunérations en cause, à la fois pour l’année passée et la précédente, et du pourcentage d’évolution résultant. Cette liste annuelle et certifiée par la Cour sera annexée au « Rapport sur l’état de la fonction publique et les rémunérations ».

LES HAUTS FONCTIONNAIRES DEVRONT CONTRIBUER AU REDRESSEMENT

Il est certain que ces propositions feront grincer quelques dents au sein de la haute fonction publique, qui objecte usuellement qu’une rémunération élevée est nécessaire pour garantir la compétence et l’indépendance d’un fonctionnaire qui a le plus souvent pouvoir de décision à des niveaux élevés.

On n’épiloguera pas sur cette approche finalement assez mercantile, mais on sait que l’Histoire abonde d’exemples qui démontrent que les gens les mieux payés ne sont pas forcément les plus intègres, ni les plus occupés, alors que des tas d’incorruptibles privilégient pour la plupart la vertu par rapport au niveau de leurs appointements et parfois même, pour les lanceurs d’alertes, à leur carrière (cf. le prix élevé de la vérité tout particulièrement chez les militaires, tant sous l’actuelle présidence pour le Général d’Armée de Villiers que sous la précédente pour le Général de Corps d’Armée Soubelet).

En sens inverse, on signalera que la réitération des observations de la Cour des comptes quant à des indemnités substantielles illicitement perçues pendant plusieurs années par de très hauts fonctionnaires de Bercy fait douter pour certains hiérarques bien en poste de leur désintéressement, de leur parfaite intégrité, comme de leur dévouement à la chose publique.

On objectera également qu’on trouve dans le privé des gens ayant des rémunérations très inférieures et qui, en ne percevant que leur dû, parviennent à remplir parfaitement des missions comparables en toute compétence, en toute indépendance, avec une parfaite intégrité et en plus à la satisfaction générale.

Mieux encore, il se trouve que ces salariés sont soumis pour la conservation de leur emploi et sur toute leur carrière à un challenge quotidien, auquel échappent la plupart des hauts fonctionnaires bénéficiant des plus hautes rémunérations (cf. par exemple la scandaleuse et récente nomination de l’ancienne directrice de l’INA après sa condamnation pour frais de taxis abusifs, alors qu’elle disposait d’un véhicule de fonction) ou occupant des fonctions éminentes (cf. la récente accession aux fonctions d’Avocat général référendaire à la Cour de cassation du juge personnellement impliqué et blâmé dans l’épouvantable scandale judiciaire d’Outreau !).

En réalité, on comprend très bien pourquoi la haute fonction publique est arc-boutée contre toute politique de maîtrise et de réduction de la dépense publique : elle en vit et elle en vit le plus souvent très bien, la discrétion de chacun assurant la sécurité de tous.

Dès lors, toute recherche d’économie véritable par le pouvoir politique est immédiatement ressentie comme un crime de lèse-majesté par une classe de privilégiés qui, depuis des décennies, tire de la dépense l’essentiel de sa puissance et de ses privilèges. Force est de constater en outre que cette caste a une fâcheuse tendance à considérer l’intérêt de ses propres finances et de ses propres parcours avant celui du bien commun et des finances publiques dont elle a pourtant directement ou indirectement la charge. Raison de plus pour :

  • remettre de l’ordre dans les rémunérations publiques où priment l’incohérence, les passe-droits et les privilèges d’un autre âge (cf. aussi parmi les abus les plus criants que l’IREF a déjà dénoncés, les salaires et indemnités affolants de certains personnels des Assemblées parlementaires) ;
  • réviser de fond en comble une grille et des échelles de salaires qui ne veulent plus dire grand chose ;
  • porter dans la dépense publique le fer là où se trouve le mal.

Plutôt que de passer et repasser systématiquement le rabot de l’injustice sur les endroits de moindre résistance ou supposés tels (les retraités, les familles, les automobilistes par exemple). Surtout quand on découvre un beau jour dans les rues de France, comble de la surprise, que malgré leur grande patience, de nombreux citoyens ne sont pas du tout prêts à accepter indéfiniment n’importe quoi d’une oligarchie vorace, plus attentive à ses avantages qu’aux réalités et aux intérêts du pays.

—Voir aussi:  http://www.temoignagefiscal.com/bercy-lempire-du-mal-et-la-citadelle-de-tous-les-abus/

et aussi  http://www.temoignagefiscal.com/wp-admin/post.php?post=6955&action=edit

Un article de l’Iref-Europe

LE RÊVE DE BERCY BIENTÔT RÉALISÉ: VOUS SUIVRE A LA TRACE POUR VOUS TAXER.

Comment la France se dirige vers une société «zéro cash»

Par William Plummer

ENQUÊTE – D’année en année, les règlements en espèces reculent au profit des différents moyens de paiements dématérialisés. En ce sens, un rapport a été remis à l’État en juillet dernier préconisant la suppression progressive de la circulation du liquide en France.

Cela fait bien longtemps que plus aucun euro ne traîne dans les poches de Yoann. Cet étudiant orléanais de 23 ans a troqué, depuis plusieurs années déjà, son porte-monnaie contre divers moyens de paiements dématérialisés. Dans un premier temps, il s’est mis à utiliser exclusivement sa carte bleue. Puis, il y a un peu plus d’un an, Yoann a entendu parler du paiement par mobile. En quelques étapes simples, il a enregistré ses coordonnées bancaires sur son smartphone. Depuis, il effectue tous ses achats (inférieurs à 300 euros) en le posant sur les bornes de paiement des commerces, grâce à une puce présente, de base, dans son iPhone. «Mon téléphone a complètement remplacé ma carte bancaire classique. Je la transporte très rarement avec moi», explique-t-il. Les types d’achats? «Absolument tout. Que ce soit au supermarché, à la boulangerie, dans les bars, à La Poste ou chez l’opticien… En fait, partout où le sans contact est possible.» Et Yoann n’est pas le seul, loin de là, à s’être converti à ces nouvelles formes de transactions.

LIRE AUSSI –Banques et distributeurs alliés dans le paiement mobile

De nombreux Français se tournent aujourd’hui vers des systèmes de paiements dématérialisés. Entre 2012 et 2017, l’usage du sans contact en France a été multiplié par mille, passant de 1,17 million à 1,23 milliard de transactions, d’après le groupement d’intérêt économique des cartes bancaires (CB). Le montant des échanges a lui aussi explosé, passant de 12 millions à 12,4 milliards d’euros. Et cette tendance s’accélère: les transactions ont doublé rien qu’entre 2016 et 2017. «On assiste à un réel effet de transformation des paiements. C’est-à-dire que les achats dans les commerces de proximité qui, hier, étaient faits en cash sont aujourd’hui de plus en plus souvent réalisés en sans contact», constate Loÿs Moulin, directeur du Développement du Groupement des Cartes Bancaires CB.

Nul doute que la dynamique des paiements dématérialisés va s’amplifier. Pour 2018, le réseau CB devrait comptabiliser plus de 2 milliards de transactions sans contact dans l’Hexagone, soit une augmentation de plus de 70% par rapport à 2017. Et le système gagne également du terrain du côté des professionnels de la vente. «Le sans contact devient une norme commune et logique pour tous les terminaux de paiements. La quasi-totalité des TPE que nous distribuons ou remplaçons sont désormais équipés de cette technologie. C’est une demande systématique de nos différents clients», explique Romain Thérond, de la société Synalcom spécialisée dans la vente et maintenance de terminaux de paiement. Et cette transition est rapide. En juin 2017, 38% des commerçants étaient équipés d’une borne permettant l’utilisation du sans contact. Un an après, ils sont déjà 53%.

Le «sans contact» de plus en plus utilisé par les Français
Les Français sont de plus en plus nombreux à effectuer leurs transactions sans contact Entre 2012 et 2017 l’usage du «sans contact» en France a été multiplié par mille, passant de 1,17 million à 1,23 milliard de transaction

Outre les boulangeries, supermarchés et autres commerces de proximité, ces terminaux ont investi des lieux plus atypiques… Depuis deux ans, pour promouvoir les dons à destination du patrimoine, des bornes ont été installées dans des sites historiques. Notamment au Château de Fontainebleau, à Oradour-sur-Glane ou sur les remparts de Carcassonne. Plus récemment, depuis janvier, le diocèse de Paris teste le panier de quête sans contact dans trois paroisses de la capitale. Lors de la messe dominicale, les fidèles n’ont plus qu’à passer leur carte bleue sur un panier connecté, en choisissant au préalable le montant du don sur un écran tactile. «Tous ceux qui s’occupent des paroisses savent que la monnaie se fait aujourd’hui plus rare. Ainsi, avec la disparition programmée des espèces nous avons réfléchi à un système qui colle à l’évolution des usages», raconte Christophe Rousselot, directeur du développement des ressources financières du diocèse. Compte tenu du succès du service, 250 paniers connectés vont être déployés dans une trentaine d’autres paroisses de la capitale.

Un panier connecté déployé dans l'une des églises de la capitale. Photo de Yannick Boschat

«On assiste à la marginalisation des espèces»

Peu à peu, le paiement dématérialisé conquiert tous les pans de la société. Face à ce changement majeur, l’usage du liquide, lui, tend en toute logique à diminuer. Entre 2016 et 2017, les transactions en espèces ont ainsi chuté de 3% et cette dynamique ne devrait pas freiner dans les années à venir. Au contraire. «Il est indéniable que les nouveaux moyens de paiements qui se développent ont une emprise directe sur le futur des échanges en monnaie fiduciaire. Il faut donc s’attendre à une diminution assez nette de l’utilisation du cash. Mais la vraie question est: à quel rythme?», s’interroge Erick Lacourrège, directeur général des services à l’économie de la Banque de France. «Dans tous les pays du monde, peu importe leur stade de développement, on assiste à la marginalisation des espèces. Or, ces dernières ont rythmé nos échanges depuis 28 siècles. Même si ce terme est galvaudé: on est en train de vivre une véritable révolution», explique, quant à lui, Cyril Chiche co-fondateur de Lydia, une application de paiements mobile qui rencontre un vif succès en France.

Paradoxalement, les émissions nettes de billets progressent alors que l’utilisation du liquide est en chute. Autrement dit, les Français restent attachés à la monnaie, mais ce, à des fins de thésaurisation. «Selon les types de populations, garder de la monnaie sous son matelas ou dans la lessiveuse – comme on a coutume de le dire de façon imagée – ce n’est pas une vision de l’esprit, c’est une réalité de comportement», commente Erick Lacourrège.

«Des réflexions sont déjà en cours dans plusieurs pays de l’OCDE sur une possible e-monnaie banque centrale»

Erick Lacourrège, directeur général des services à l’économie de la Banque de France

Lucide à l’égard de ce bouleversement sociétal, l’institution réfléchit dès à présent au futur du cash mais aussi à sa forme. «Des réflexions sont déjà en cours dans plusieurs pays de l’OCDE sur une possible e-monnaie banque centrale, c’est-à-dire l’équivalent des billets garantis par la banque centrale mais en dématérialisés. Toutefois, la Banque de France et l’État français ne peuvent décider seuls dans le sens où nous disposons d’une monnaie commune avec 18 autres pays», dévoile Erick Lacourrège.

15% de personnes fragiles financièrement en France

Si la transition se fait pas à pas, certains souhaiteraient voir disparaître les billets et les pièces bien plus rapidement. Le rapport CAP 2022, publié fin juillet et réalisé par des économistes, des dirigeants et des hauts fonctionnaires, suggère d’aller vers une société «zéro cash». «En supprimant progressivement la circulation d’espèces, on simplifiera les paiements, correspondant aux modes de vie déjà préconisés par les Français, tout en permettant une lutte plus efficace contre la fraude et le grand banditisme», préconise le texte. Le comité semble convaincu qu’une telle réforme pourrait être source d’économies importantes. Que ce soit pour les banques ou pour l’État, le cash a en effet un coût. Et celui-ci n’est pas négligeable. D’après une étude menée par le cabinet McKinsey, en 2009, les établissements bancaires doivent dépenser pas moins de 2,6 milliards d’euros pour gérer et alimenter les distributeurs. En conséquence, le comité d’action publique – mandaté par l’exécutif – conseille de «supprimer les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans» et, par ailleurs, «rendre obligatoire l’acceptation des paiements dématérialisés pour tous les achats, sans montant minimum». En somme, fin des modes de paiements archaïques et place au nouveau monde.

«De nombreux signes convergent pour avancer que l’argent liquide est un instrument de plus en plus marginalisé»

Gabriela Guibourg, chef du département d’analyse financière de la Banque de Suède

Si les pouvoirs publics souhaitent s’engager dans ce virage radical, ils pourraient être tentés d’aller voir ce qui se passe chez certains de nos voisins européens. Les pays scandinaves sont particulièrement avancés dans le domaine de la dématérialisation. En Suède, de plus en plus de commerces n’acceptent aujourd’hui plus le liquide. Désormais, que ce soit pour acheter un ticket de métro ou même pour utiliser des toilettes publiques, il n’y a plus d’autre choix que de sortir sa carte bleue ou son téléphone pour régler. Entre 2010 et 2018, la part des achats en espèces dans les commerces est passée de 40% à 13%. Les retraits sur la même période ont diminué de moitié. Et plus du tiers des Suédois estiment ne plus avoir besoin d’espèces. «De nombreux signes convergent pour avancer que l’argent liquide est un instrument de plus en plus marginalisé», analyse auprès du Figaro Gabriela Guibourg, chef du département d’analyse financière de la Banque de Suède. Là-bas, la monnaie fiduciaire en circulation pèse autour de 1% du PIB. Dans les pays de l’Union européenne, ce chiffre oscille entre 8% et 10%.

 

Toutefois, cette progression inéluctable de la dématérialisation n’est pas une aubaine pour tous. «Il existe un groupe – des seniors, des sans-papiers, des handicapés mentaux – qui souffre de la disparition rapide de l’argent. Une solution doit être trouvée pour ces personnes marginalisées par la numérisation de la société», admet l’experte suédoise. Nul doute que la question de l’exclusion se posera aussi en France. D’autant plus que, dans l’Hexagone, 10% à 15% de la population est considérée comme fragile financièrement. «Pour cette catégorie sociale, avoir de la monnaie permet de mieux contrôler son budget, ses dépenses», commente Erick Laccourège. Par ailleurs, la disparition du cash soulève une autre problématique. Celle des libertés. «En payant avec votre carte ou avec votre téléphone, tous les paiements seront tracés. C’est-à-dire que votre banque pourra être au courant de tous vos comportements d’achats» (et le fisc), met en garde Philippe Herlin, économiste spécialiste des moyens de paiement. Un point non négligeable à l’heure où la question de la protection des données personnelles est au cœur des débats.

Sur le Web: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/01/04/20002-20190104ARTFIG00129-comment-la-france-se-dirige-vers-une-societe-zero-cash.php?fbclid=IwAR0RAG_fIFmlQi1v7NfkskebGriVWb9Ra6wpDPXN

Lettre aux Français : Débattons de tout… mais ne changeons rien ! par Nathalie MP

Et dire que tout a commencé parce qu’un Premier ministre « plus technocrate que moi tu meurs » a décidé soudain avec obstination et sans aucune raison routière valable de faire passer la limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes secondaires !

Et dire que l’immense impopularité de cette mesure est arrivée à le convaincre qu’il agissait avec un courage politique jamais vu dans ce pays et qu’il était sur la bonne voie de la réforme profonde dont la France avait besoin !

Et dire que ce même Premier ministre s’est arc-bouté férocement sur le maintien de la hausse des taxes sur les carburants, y compris contre l’avis du Président qui avait prévu de revenir dessus dès son discours du 27 novembre 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Et dire que ces hausses ont finalement été annulées une dizaine de jours plus tard, non sans nous offrir en prime un joli petit cafouillage entre Matignon et l’Elysée qui semble devenir la marque de ce gouvernement déboussolé !

Et dire que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner concède maintenant que « si le 80 km/h ne sert à rien, nous pourrons revenir au 90 km/h » alors que des tests non concluants avaient déjà eu lieu au préalable !

Et dire que le gouvernement, après quelques petits doutes vite balayés, est en passe de renouveler avec ardeur et satisfaction sa stupide bévue sur la limitation de vitesse avec le prélèvement à la source, mesure prétendument moderne mais parfaitement inutile pour relancer l’économie et complètement aberrante dans le cadre actuel de notre fiscalité archi-complexe !

Et dire que pour Gérald Darmanin, grand promoteur de cette affaire, non seulement tout va très bien, non seulement il n’y a aucun bug à l’horizon, mais le prélèvement à la source est aussi « une avancée sociale très importante » ! Et là, attention, perle digne du Meilleur des Mondes (vidéo ci-dessous, 01′ 26″) :

Le prélèvement à la source est « une faveur positive de l’administration, quelque chose de plus simple, plus clair, plus net, que les Français attendaient depuis longtemps » !

Soyez heureux, chers Français, ou plutôt chers contribuables, l’administration censée être à votre service consent à vous faire quelques petites faveurs ! Comme se servir directement dans vos comptes en banque, histoire d’accélérer le pompage du « pognon », plutôt que commencer par simplifier la fiscalité elle-même et réfléchir à la pertinence de notre modèle social.

Et dire qu’Emmanuel Macron, véritable apprenti sorcier pour nous faire « penser printemps » à partir d’une dose d’été et d’une dose d’hiver, n’hésite pas à souffler le chaud et le froid  sur une opinion publique de plus en plus à cran en fustigeant d’abord (non sans quelques bonnes raisons) le « pognon de dingue » englouti sans grand résultat dans ce fameux modèle social puis, se croyant désopilant de finesse et de drôlerie, en clamant partout que l’Urssaf est notre amie !

Et dire qu’il vient de récidiver à l’occasion de la galette de l’Elysée en louant le « sens de l’effort » des boulangers et en déplorant qu’il ne soit pas plus partagé par les Français, au moment précis où un boulanger est poursuivi pour avoir ouvert sa boulangerie 7 jours sur 7 !

À ce propos, il faut savoir que c’est la fédération de la boulangerie soutenue par ses membres qui attaque l’artisan pour concurrence déloyale en lui opposant un arrêté préfectoral de 1972 qui oblige à fermer une journée par semaine. On voit que rien n’est simple.

Mais le Président, tout à sa volonté de printaniser la France, ne devrait-il pas s’attacher à dépoussiérer les textes en vigueur de tous ces arrêtés fort peu startupeurs au lieu de lancer des réformes soi-disant « courageuses » qui conjuguent spectaculairement impopularité et inutilité au regard de la transformation nécessaire de la France dans le sens d’une amélioration de l’emploi et du pouvoir d’achat ?

Et dire qu’Emmanuel Macron n’avait pas plus tôt proposé un grand débat national pour tenter de répondre à la demande d’écoute et d’expression des Gilets jaunes, qu’on apprenait l’existence d’une Commission nationale du débat public fort discrète (mais qui existe depuis 1995) et qu’on nous informait que sa présidente depuis 2018, Chantal Jouanno, bénéficiait du confortable salaire de 14 700 € bruts mensuels pour un travail somme toute assez plan-plan. Un salaire de ministre, en quelque sorte.

Autrement dit, en espérant faire retomber la fièvre des Gilets jaunes et la défiance des nombreux Français qui les soutiennentle gouvernement leur met sous le nez exactement ce contre quoi beaucoup d’entre eux vitupèrent à juste titre depuis le début : notre République est gangrenée de comités « Théodule » en veux-tu en voilà remplis de grasses sinécures en veux-tu en voilà.

Quant aux élus, rien ne les arrête, pas même la situation sociale extrêmement tendue que nous vivons depuis ces derniers mois. Quand ils ne sont pas pris la main dans le sacen train de se servir indûment dans le fromage républicain, ils sont très actifs pour renforcer leurs privilègesconserver leurs niches fiscales ou trouver les astuces juridiques propres à alourdir la pression fiscale déjà exorbitante qui pèse sur « les autres ».

Que de bourdes ! Et que de satisfaction dans la bourde ! Les élites qui nous gouvernent « déconnent » sans interruption et sans remord.

De quoi vous refroidir de participer à ce débat. Du reste, selon un sondage Opinion Way pour Le Point, 52 % des Français ne comptent pas s’y impliquer et 67 % pensent qu’il ne résoudra pas la crise des Gilets jaunes.

En général de tels débats sur l’avenir d’un pays sont tranchés dans une élection qui fixe le programme qui a remporté le plus de suffrages – pour autant qu’il soit appliqué en l’état, naturellement. Mais ici, rien de tel.

On ne peut s’empêcher de se demander comment le gouvernement compte s’y prendre pour « tirer toutes les conclusions » (dixit Macron) de ce qui sera dit dans les cahiers de doléances et au cours des débats. Une variété d’opinions et d’idées va s’exprimer, « nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie » (toujours dixit Macron).

Mais il n’est que de lire le début de sa Lettre aux Français pour comprendre qu’en dépit des multiples questions qu’elle suggère pour animer le débat national, les conclusions seront fermement restreintes à une « certaine idée de la France » qui fait que depuis très longtemps, il est entendu que notre modèle social est intouchable car moralement supérieur à tout ce qui existe par ailleurs :

« La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. »

« Chez nous », poursuit-il, la santé, l’éducation, la justice, etc. sont accessibles à tous, la retraite est payée par ceux qui travaillent et les accidents de la vie comme le chômage peuvent être surmontés grâce à la solidarité de tous.

Notons que ce faisant, Emmanuel Macron parle exactement comme les auteurs de la récente note du think tank Terra Nova sur l’héritage. Pour ces derniers, il faut engager une réflexion sur la façon de rendre supportable une fiscalité plus élevée que celle de nos voisins car c’est :

« la contrepartie indispensable du niveau plus élevé de services collectifs et de l’exigence plus forte d’égalité qui caractérisent la société française. » (note, page 12)

.
Parce que chez les autres, chez les Allemands, les Néerlandais ou les Britanniques, les accès à l’éducation, à la justice, à la santé… seraient limités ? Parce que chez eux, le chômage ne pourrait être surmonté ?

A regarder les statistiques sur les dépenses publiques, les impôts et le chômage d’une part et le degré de paix sociale d’autre part, il semblerait pourtant que la révolte des Gilets jaunes, c’est « chez nous » qu’elle a lieu, pas chez les autres ; et il semblerait également que nos voisins aient une nette préférence pour des citoyens protégés par leur travail plutôt que des citoyens au chômage indemnisé.

Il semblerait bien, et c’est assez dérangeant, que sans avoir ce vertueux modèle social que le monde entier nous envie, ces pays réussissent en tous points mieux que nous sans charger leurs citoyens du poids d’une dette accablante dès la naissance et de prélèvements obligatoires les plus élevés du monde développé tout au long de leur vie.

Sur tous ces sujets, l’exemple des Pays-Bas dont je vous ai parlé récemment (mais ce n’est pas le seul) apporte un démenti aussi formel que terrible aux prémisses de la lettre présidentielle.

Il n’empêche. Requinqué à l’idée que le grand débat va permettre de dégager des recettes fiscales nouvelles du côté des riches et des entreprises au nom de la « justice sociale » voulue par les Français, le ministre de l’économie Bruno Le Maire continue à balader son sourire niais de plateau télé en matinale radio en affirmant partout la partialité collectiviste du gouvernement.

Dernière idée en date : après la possible ré-instauration de la taxe d’habitation pour les 20 % de foyers les plus aisés (par exemple, un célibataire gagnant plus de 2500 € par mois, vous parlez d’un « riche » !) et après avoir acté dans la loi Pacte la publication des rémunérations, il souhaite obtenir une stricte limitation des écarts de salaire au sein d’une même entreprise.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que le grand débat national débouchera sur une véritable fiesta socialiste. Le gouvernement a d’ailleurs déjà préparé le terrain en ouvrant largement les vannes du déficit et de la dette en abandonnant certains impôts sans réduction concomitante des dépenses publiques.

Cependant, alors que chacun est sollicité pour faire remonter ses doléances et ses idées sur l’avenir du pays, il serait dommage que les libéraux soient absents du débat. C’est pourquoi je vous suggère de ne pas laisser le monopole des propositions aux étatistes en participant massivement au Cahier des Doléances que j’ai ouvert dans ce blog !

 

sur le web:  https://leblogdenathaliemp.com/2019/01/16/lettre-aux-francais-debattons-de-tout-mais-ne-changeons-rien/#more-48560