Zap du Net

Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

L’impôt à la source : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas par Simone Wapler

L’impôt à la source sera en France un fiasco de plus. Le véritable impôt à la source dont tous nos gouvernants rêvent est l’inflation. Est-elle encore possible ?

L’impôt à la source est une pseudo-réforme du gouvernement Hollande qui n’a jamais été vraiment justifiée sur le fond. Je ne vois pas vraiment en quoi transformer les entreprises en collecteur d’un nouvel impôt en sus de la TVA peut s’appeler « réforme ». Mais avec un peu de communication habile, 58% des Français s’y déclaraient favorables (1). C’est d’ailleurs peu étonnant dans la mesure où 60% des Français ne paient pas cet impôt.

impôts - part de français payant l'impot sur le revenu au plus bas depuis 5 décennies

Si j’étais fonctionnaire à Bercy ou politicienne de carrière déterminée à vivre aux dépens des contribuables, j’aurai proposé de faciliter le recouvrement de l’impôt sur le revenu en imposant par la force légale (décret) la mensualisation et le prélèvement automatique. Mais je ne suis ni fonctionnaire, ni politicienne et j’écris sur les misères des citoyens soumis à la Parasitocratie, mes mauvaises idées sont donc sans conséquences nuisibles.

Le « vilain petit secret » de l’Amérique de Donald Trump…… et comment les élites mondiales vont y mettre fin… Ouvrant ainsi des opportunités de gains à trois chiffres pour les investisseurs français !Cliquez ici pour tout savoir.

Entérinée en 2015, cette procédure de prélèvement à la source aurait dû être mise en place en 2018. Son instauration a été reculée à 2019 et pour certaines catégories ce pourrait être 2020… Désormais beaucoup d’élus estiment que finalement ce n’est pas une bonne idée.

Les Echos sur ce sujet :

« Richard Ferrand, patron du groupe LREM à l’Assemblée nationale, s’en serait ouvert directement à Emmanuel Macron : le futur prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, censé entrer en vigueur en janvier prochain, risque de revenir en boomerang dans la face de la majorité. Outre le mauvais timing – les Français verront leur salaire fondre en direct sur leur feuille de paie dès janvier alors qu’ils craignent pour leur pouvoir d’achat – les obstacles techniques se multiplient. Dernier en date, le sort réservé aux salariés à domicile, si complexe que Bercy réfléchit à les exonérer de l’impôt en 2019. Au risque d’un contentieux pour rupture de l’égalité des citoyens. »

La Parasitocratie se prendrait-elle finalement au piège de sa turpitude ? Ce serait comique. Et si, comme moi, l’idée d’égalité des citoyens devant l’impôt vous fait glousser de rire, voilà notre matinée égayée (ne me remerciez pas, cette lettre est gratuite).

Dans notre belle démocratie, l’arsenal fiscal est conçu pour être inégal. Une majorité reçoit de l’argent « gratuit » et vote pour toujours plus d’avantages dispensés par les élus et financés par une minorité bien ciblée.

Ce qui se voit, au moment de glisser un bulletin de vote, ce sont les avantages. Ce qui ne se voit pas ce sont les nuisances qui en découlent. Si la majorité s’aperçoit que finalement son argent gratuit lui coûte très cher, la Parasitocratie est en danger.

La plupart des « souverainistes » enragent car ils ont perdu la main sur l’impôt le plus juteux, celui dont l’assiette est la plus large : l’inflation. Avec l’inflation, un gouvernement  sans s’encombrer de lois ou de discussions budgétaires  vole facilement tous ceux qui stockent de l’argent. C’était l’impôt à la source souverain par excellence.

Désormais, la Parasitocratie politique nationale est tributaire de la Parasitocratie financière de la Banque centrale européenne et de celle des instances européennes ayant lâché la « souveraineté monétaire ».

Comment lever l’impôt à la source, l’inflation, avec la « guerre commerciale »

De l’autre côté de l’Atlantique, Trump, comme tous les adeptes du levier du crédit et de la dette, sait que l’inflation est son amie.

Trump va peut-être réussir à lever cet impôt magique qu’est l’inflation grâce à sa « guerre commerciale ».

Sa « guerre commerciale » renchérit toutes sortes de produits et ses effets commencent à se voir dans les chiffres d’inflation.

Récemment, l’indice des prix à la production intermédiaire (les dernières étapes, juste avant le produit final) a bondi, franchissant en rythme annuel le cap des 3%.

Evolution annuelle de l'indice des prix à la production intermédiaire

Les prix du bois (effet des taxes sur les bois canadiens et chinois), des services de blanchisserie (effet des taxes sur les lave-linges) sont déjà en forte hausse.

En plus des taxes à l’importation, le rebond des prix du pétrole a renchéri les prix des transports.

Tout va bien. Les benêts applaudissent la défense des travailleurs dont les salaires n’augmentent pas.

Suivi de la croissance des salaires

[NDLR : Si l’inflation se réveille vraiment, ce sera la ruée vers l’or. Découvrez ici comment vous placer et profiter de la fiscalité très douce de cette pièce.]

Les citoyens américains ne le voient pas encore mais le prélèvement à la source de l’impôt-inflation semble bien se mettre en place.

Ce qui permet de méditer le principe de notre économiste Frédéric Bastiat :

« Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat ; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit.

[…]

Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa.

[…]

Du reste, il en est ainsi en hygiène, en morale. Souvent, plus le premier fruit d’une habitude est doux, plus les autres sont amers. Témoin : la débauche, la paresse, la prodigalité. Lors donc qu’un homme, frappé de l’effet quon voit, n’a pas encore appris à discerner ceux quon ne voit pas, il s’abandonne à des habitudes funestes, non-seulement par penchant, mais par calcul.

Ceci explique l’évolution fatalement douloureuse de l’humanité. L’ignorance entoure son berceau ; donc elle se détermine dans ses actes par leurs premières conséquences, les seules, à son origine, qu’elle puisse voir. »

Au temps de Bastiat, la Parasitocratie n’avait pas la prétention de piloter l’économie. Elle se contentait encore de taxer. Elle a depuis fait des progrès, hélas…

 

sur le web:  http://la-chronique-agora.com/impot-a-la-source/

Bruno Le Maire, un ministre en décroissance Par Jean Nouailhac

Le ministre de l’Économie n’a rien trouvé de mieux que de rejeter sur d’autres la responsabilité du sévère recul de la croissance au premier semestre.

Bruno Le Maire a commente le ralentissement inquietant de la croissance sans evoquer la hausse continue des depenses publiques. Un deni, selon notre chroniqueur.
Bruno Le Maire a commenté le ralentissement inquiétant de la croissance sans évoquer la hausse continue des dépenses publiques. Un déni, selon notre chroniqueur.

Le salarié moyen français récupère 2 jours de pouvoir d’achat en 2018 tout en restant le plus taxé de l’Union européenne

Il travaille jusqu’au 27 juillet pour financer les dépenses publiques. C’est 2 jours de moins que l’an passé et 45 jours de plus que la moyenne de l’UE.

Sa situation devrait s’améliorer significativement l’an prochain. L’écart se réduirait entre la France et les deux autres champions de la fiscalité, Autriche (9 jours) et Belgique (10 jours).

Paris, le 27 juillet 2018 – Grâce à des données calculées par EY, l’Institut économique Molinari publie pour la 9ème année consécutive son étude sur la pression fiscale et sociale réelle du salarié moyen de l’Union européenne (UE). Ce classement présente la spécificité de chiffrer la pression fiscale et sociale réellement supportée par les salariés moyens, pour l’année en cours avec une méthodologie robuste et uniforme dans toute l’UE, permettant d’appréhender l’impact réel des impôts et charges et de leurs évolutions.

JOURS DE LIBÉRATION FISCALE ET SOCIALE 2018 DU SALARIÉ MOYEN

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AU SEIN DU TRIO DE TÊTE, LA FRANCE S’ÉLOIGNE DE L’AUTRICHE ET DE LA BELGIQUE

Comme l’an passé, les 3 champions de la fiscalisation du salarié moyen sont la Belgique, l’Autriche et la France, mais l’écart s’est creusé entre la France et les deux poursuivants, dont l’ordre s’est inversé.

La Belgique est 3ème sur le podium, avec une libération fiscale et sociale le 17 juillet, 10 jours plus tôt qu’en 2017. L’ex numéro 1 (jusqu’en 2015), puis n°2 (en 2016 et 2017) est désormais 3ème avec 54,24 % de pression fiscale et sociale sur le salarié moyen.

L’Autriche devient 2ème avec une libération fiscale et sociale le 18 juillet, le même jour que l’an passé. D’une année sur l’autre la pression fiscale et sociale a légèrement augmenté, de 54,28 % à 54,32 %.

La France reste la championne de la fiscalité de l’UE pour la 3ème année consécutive. La libération fiscale et sociale intervient le 27 juillet, deux jours plus tôt que l’an passé. Cette évolution correspond à la baisse de la pression fiscale et sociale, de 57,41 % à 56,73 % liée à la mise en œuvre d’une partie des baisses de charges promises lors de la campagne présidentielle.

Avant de disposer de 100 € de pouvoir d’achat réel, le salarié moyen doit faire face à 131 € de charges et d’impôts en France, contre 119 € en Autriche et en Belgique Par comparaison, la moyenne de l’UE est de 84 €.

Dans 6 pays, plus de la moitié des revenus liés au travail sont prélevés au titre des impôts et charges : France, Autriche, Belgique, Allemagne, Grèce, Italie. Le salarié moyen n’a pas de maîtrise directe sur plus de 50 % des fruits de son travail, son influence sur la prise de décision étant, au mieux, indirecte.

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UNE PRESSION FISCALE ET SOCIALE QUI BAISSE EN MOYENNE DANS L’UE

Le taux réel d’imposition du salarié moyen de l’UE est désormais de 44,52 %, en baisse de -0,28 % par rapport à 2017.

Pour la 4ème année consécutive, la fiscalité supportée par le salarié moyen baisse (-0,75 % par rapport à 2014). En revanche elle reste toujours supérieure à ce qui était constaté en 2010 (+0,53 %).

Sur un an, 16 pays de l’UE participent à la baisse des prélèvements sur le salarié moyen et 12 constatent une hausse.

L’écart entre les 19 pays de la zone euro et les 9 pays hors zone euro cesse de s’accentuer. La zone euro bénéficiait initialement d’une fiscalité plus favorable, mais la situation s’est inversée en 2014. La zone euro ressort à 44,80 % contre 43,92 % pour les autres pays de l’UE en 2017.

DES CHARGES ET IMPÔTS QUI BAISSENT ENFIN EN FRANCE, MAIS MOINS VITE QU’AILLEURS

Pour la première fois depuis le lancement de cet indicateur, le salarié moyen français récupère du pouvoir d’achat. Son jour de libération fiscale et sociale était passé du 26 juillet en 2010, au 28 juillet en 2014 puis au 29 juillet en 2016. Les calculs 2018 montrent enfin une inversion de tendance, avec un jour de libération fiscale et sociale au 27 juillet.

Depuis le changement de gouvernement, la réforme des charges salariales a commencé à entrer en œuvre. Elle permet au salarié moyen de récupérer +244 € de pouvoir d’achat en 2018. C’est moitié moins que ce qui avait été annoncé lors de la campagne présidentielle.

L’an prochain, la baisse des charges sociales va encore améliorer la donne pour le salarié moyen, avec une économie de l’ordre de +400 € en année pleine en 2019. Mais elle n’est pas de nature à elle seule à modifier le classement de la France. Même si elle avait été opérationnelle toute l’année, la France serait restée cette année la championne de la fiscalité de l’Union européenne.

Seule la transformation du CICE en baisse pérenne de charges patronales en 2019 sera de nature à résorber l’écart constitué au fil des années entre la France et les deux autres champions de la fiscalité que sont l’Autriche et la Belgique.

LE SALARIÉ FRANÇAIS RESTE LE PLUS FISCALISE DE L’UE, AVEC DES CHARGES SOCIALES SUPÉRIEURES AU POUVOIR D’ACHAT RÉEL

Le salarié moyen français est en théorie parmi les mieux payés avec 56 815 € (6ème rang de l’UE), mais il est si fiscalisé (56,73 % de charges et impôt sur son salaire complet, 1er rang de l’UE), qu’il ne lui reste que 24 582 € en pouvoir d’achat réel (11ème rang de l’UE).

Alors que son employeur fait face à un coût du travail du même ordre que les pays du Nord de l’UE, le salarié moyen a un pouvoir d’achat intermédiaire entre celui des pays du Nord et des pays du Sud.

Pourtant mieux payé que le Suédois ou le Danois, le salarié moyen français dispose de 21 % de pouvoir d’achat en moins que le premier et de 33 % en moins que le second.

À elles seules, les charges sociales (28 039 €, 1er rang de l’UE) représentent plus que le pouvoir d’achat réel (24 582 €, 11ème rang), situation unique dans l’UE.

PLUS DE CHARGES ET D’IMPÔTS NE SIGNIFIE PAS PLUS DE BIEN-ÊTRE

L’étude montre que la pression fiscale et sociale française n’est pas synonyme de mieux vivre.

Le croisement avec des travaux de l’OCDE (Comment va la vie ?) montre que la France, 1ère de l’UE en taux d’imposition réel du salarié moyen, n’est que :

- 11ème de l’UE dans la dernière livraison de Better Life de l’OCDE (22 pays de l’UE notés),
- 12ème en termes de satisfaction vis-à-vis de la vie,
- 12ème en termes de santé perçue,
- 17ème en termes de chômage.

La qualité de vie semble meilleure dans plusieurs pays ayant une pression fiscale et sociale moindre : c’est le cas de pays à tradition sociale bismarckienne (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Belgique…), des pays beveridgiens (Royaume-Uni, Irlande…) et de tous les pays du Nord (Suède, Finlande, Danemark).

CITATIONS

Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari et co-auteure

« La fiscalité sur le salarié moyen baisse enfin en France et c’est une excellente nouvelle.

Depuis le lancement de cet indicateur de l’IEM, le jour de libération fiscale et sociale n’avait cessé de reculer, du 26 juillet 2010 au 29 juillet 2017. La France est devenue le pays fiscalisant le plus son salarié moyen, sans que les indicateurs montrent que les Français en retirent un quelconque supplément en termes de bien-être.

Pour la première fois depuis 2010, les salariés moyens récupèrent 2 jour de pouvoir d’achat supplémentaire. La baisse des charges sociales mise en œuvre par le nouveau gouvernement français va dans le bon sens, même si son ampleur est à ce jour inférieure aux promesses de campagne et aux baisses de charges et d’impôts constatées en Belgique et Autriche dans les dernières années.

À moyen terme, l’enjeu français reste d’accentuer les baisses de charges et d’impôts. Cela passe par une remise à plat du périmètre de l’action publique et, contrairement aux idées en vogue, par une rupture avec le mouvement d’étatisation de la protection sociale. L’expérience montre qu’en termes de protection sociale la centralisation n’est pas la panacée, loin de là. »

Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari, co-auteur

« Dans les dernières années, on a passé beaucoup trop de temps sur des sujets non stratégiques comme la forme idéale du bulletin de paie ou le prélèvement à la source. On a oublié trop souvent l’enjeu sociétal que constitue la baisse des charges et des impôts sur les salariés.

Nous sommes devenus au fil du temps les champions des charges et des impôts sur les salariés moyens. Conséquence, la croissance est plus faible en France que dans le reste de l’Union européenne. Le chômage reste anormalement élevé et diminue moins que partout ailleurs. Nos déficits publics ne se résorbent pas significativement et la dette s’envole.

2018 marque enfin une rupture, avec l’amorce d’une baisse de la fiscalité en France. Espérons que ce mouvement se renforcera dans les années à venir. »

James Rogers, chercheur associé à l’Institut économique Molinari, co-auteur

« En dépit des bonnes nouvelles, les salariés français et belges consacrent toujours plus de la moitié des sommes distribuées par leurs employeurs en charges et impôts.

Cela vaut la peine de se demander pourquoi ils ne reçoivent pas en retour les meilleures écoles, les meilleurs soins de santé ou les retraites les plus généreuses et pourquoi ils ne sont pas en tête des indicateurs de développement humain ou de bien être. »

À PROPOS DES AUTEURS ET DE LA MÉTHODE

Le Jour de libération fiscale et sociale est le jour où le salarié moyen arrête en théorie de payer des charges et des taxes et peut disposer à sa guise des fruits de son travail.

La particularité de cet indicateur de liberté économique est de rendre concrète la situation des salariés moyens de l’UE en intégrant la fiscalité sur le travail (charges sociales et impôt sur le revenu) et la consommation (TVA) de chaque pays. Les calculs des charges sociales patronales, salariales et des impôts sur le revenu sont faits par EY pour les 28 pays de l’UE.

L’étude est écrite par Cécile Philippe, Nicolas Marques et James Rogers de l’Institut économique Molinari (IEM).

L’Institut économique Molinari (Paris-Bruxelles) est un organisme de recherche et d’éducation indépendant. Il vise à stimuler l’approche économique dans l’analyse des politiques publiques, en proposant des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l’ensemble des individus composant la société.

Institut économique Molinari.

Sur le web:  http://www.institutmolinari.org/le-salarie-moyen-francais-recupere,3428.html

Taxer les yachts, ça ne paie plus ! par Jean Nouailhac

La France a très souvent montré le mauvais exemple en matière d’impôts : avec sa dernière taxe sur les yachts, elle bat tous les records… d’overdose fiscale !

Par 


Sept yachts seulement avaient ete concernes par la hausse des nouveaux << droits de passeport >> du rapporteur general Giraud, dont six etrangers et un seul francais
La France a très souvent montré le mauvais exemple en matière d’impôts : avec sa dernière taxe sur les yachts, elle bat tous les records… d’overdose fiscale !

Sept yachts seulement avaient été concernés par la hausse des nouveaux « droits de passeport » du rapporteur général Giraud, dont six étrangers et un seul français

L’État ne distribue que ce qu’il s’approprie Par Thierry Afschrift.

Le système de redistribution autoritaire, tribut à l’Etat-providence, est la source du pouvoir des politiciens et bureaucrates. Il n’a en réalité aucune légitimité.Ce n’est bien sûr pas par hasard qu’on parle de redistribution ou même de distribution. C’est un choix idéologique.

Les États – et leurs subdivisions territoriales et leurs autres entités publiques, comme les caisses et organismes de Sécurité sociale – partent du principe qu’ils ont le droit de « distribuer ».

Ils font comme si le patrimoine de chacun formait vraiment un Tout, un ensemble qu’ils seraient, par quelque mécanisme d’essence divine ou à tout le moins souveraine, chargés de répartir. Ils se croient investis d’un droit de fixer les termes d’un « partage » des ressources qu’ils veulent considérer comme « communes ». Or, nous savons que les biens qu’ils veulent ainsi distribuer sont, à l’origine, c’est-à-dire avant intervention de l’autorité, individuels, et que les partages ne sont pas des décisions d’autorités, mais des contrats librement consentis par des copropriétaires.

Comme toujours, l’appareil d’État ne demande qu’à accroître son pouvoir.

Décider de redistribuer les revenus, voire les biens, c’est, pour l’autorité, se reconnaître le droit de prendre à chacun ce qu’elle décide d’attribuer à d’autres. C’est un processus sans limites : si tous les biens peuvent être redistribués, c’est qu’ils sont entièrement à la disposition de l’autorité redistributrice, qui a le pouvoir de fixer de manière autoritaire le revenu de chacun.

La redistribution que nous connaissons est une redistribution autoritaire. Elle est l’oeuvre du Pouvoir.

Ce pouvoir repose sur une espèce de présomption que tout est à tout le monde, et qu’aucune propriété n’est définitivement acquise, puisqu’elle n’est qu’un élément d’un ensemble que l’autorité peut s’approprier, notamment en vertu de son pouvoir fiscal illimité. Ce pouvoir présuppose aussi que, chargé d’agir pour un « Bien Commun », notion d’origine religieuse et jamais définie, l’État le fera effectivement. On suppose aussi que la redistribution des revenus décidée par l’État sera plus juste, ou parfois dite plus efficace que celle qui résulte des activités librement choisies et des contrats librement conclus.

Certes, cette distribution étatique n’a été pleinement exercée que dans des États intégralement communistes : l’URSS naguère – ou Cuba encore aujourd’hui – pouvait ainsi décréter que l’État s’attribue le produit du travail de tout le monde et décidait, sans devoir taxer les revenus, du salaire, du logement et du travail de chacun.

Nos systèmes dits démocratiques, en fait sociaux-démocrates, ne passent pas par la confiscation totale des revenus de chacun, mais sont fondés sur la même idée de distribution des revenus globaux. Produits idéologiques de la doctrine socialiste mêlée aux dogmes chrétiens, les États d’aujourd’hui se contentent de s’approprier l’impôt ou les cotisations parafiscales, environ la moitié du revenu de chacun.

Une part de ce revenu est d’ailleurs souvent perçue à la source, auprès des employeurs, de sorte que cette quotité des recettes de l’État est, comme dans les États communistes d’antan, confisquée avant même d’être perçue. Le rêve de tout tyran, même élu, est réalisé : il ne doit plus se livrer à des rapines et ses victimes savent à peine ce qu’il leur prend. Ce sera encore mieux lorsqu’en libérant les assujettis – que ce mot est exact ! – de la corvée de la déclaration fiscale, l’État se servira sans même que ses sujets se rendent compte des revenus qu’ils n’ont pas perçus !

Dans tous les cas, les États se reconnaissent le droit de prélever ce qu’ils veulent, pourvu que, formellement, la loi qu’ils édictent le permette. En principe, ils considèrent avoir le droit de prendre n’importe quelle part du revenu de chacun pour l’attribuer suivant les critères qu’ils ont choisis souverainement.

Et ils appellent cela redistribution pour faire oublier qu’ils ne peuvent distribuer que ce qu’ils ont pris, par la contrainte, à ceux qui l’ont librement gagné.

Ils font ainsi prévaloir une distribution politique, c’est-à-dire décidée par un Pouvoir, sur une acquisition économique des richesses souvent créées.

L’État utilise la force publique pour s’approprier les richesses destinées, via la redistribution, à être attribuées à ceux qu’il a choisis. La violence est ainsi consacrée comme mode légitime d’acquisition des biens, pourvu qu’elle soit l’oeuvre de l’État.

En général, l’État tente de justifier ces prélèvements et attributions en se fondant sur un « idéal de justice » : les revenus sont censés être plus justement attribués après son intervention que selon ce qui résultait de leur acquisition initiale. Et en particulier, l’État fait valoir que la redistribution profite aux pauvres, à ceux qui ont le plus de besoins à satisfaire.

Jamais l’État n’explique toutefois pourquoi ce qu’il décide serait plus juste : ce n’est pas parce qu’une décision émane du souverain qu’elle est meilleure. Comme les autres, elle vise à satisfaire des intérêts.

LES DEUX MODES DE REDISTRIBUTION : IMPLICITE, PAR LES DÉPENSES PUBLIQUES ET EXPLICITE, PAR LES TRANSFERTS SOCIAUX

On croit souvent que la redistribution est seulement le produit des transferts sociaux, des allocations diverses payées à des bénéficiaires (assurés sociaux, bénéficiaires de HLM, chômeurs, invalides, retraités…).

En réalité, une première part de la redistribution résulte de la quasi-totalité des dépenses publiques, même lorsqu’il ne s’agit pas de transferts.

On dénonce régulièrement les constructions de bâtiments de prestige édifiés aux frais des contribuables par des présidents, des ministres, des conseils généraux ou des municipalités. Les maires, présidents de conseil général ou de région ou les ministres et chefs d’État ont le plaisir, électoralement rentable, d’inaugurer des mairies, salles de sport, musées ou autoroutes construits avec l’argent des contribuables.

Certaines constructions sont inutiles ou excessives, d’autres ont une utilité qui dépasse le prestige. Mais en tout cas, cette utilité est un avantage pour des catégories bien précises et non pour l’ensemble de ceux qui les ont financées. Pour la construction des routes, il s’agira des entreprises de construction et d’entretien, des membres de leur personnel, des habitants possédant une voiture, des habitants des lieux desservis par une autoroute sans péage, des propriétaires d’habitations qui profiteront d’une meilleure mobilité…

Ceux-ci sont les bénéficiaires, actifs ou bénéficiant d’un effet d’aubaine, de ces dépenses. Il est rare qu’ils s’identifient aux pauvres ou aux plus nécessiteux.

Il en est de même des multiples services publics prétendument gratuits ou offerts pour un prix inférieur à leur coût de revient.

Des transports gratuits ou subsidiés, des spectacles offerts ou accessibles pour un prix dérisoire, ce sont des modes de redistribution. Ils profitent, selon le cas, à ceux qui circulent le plus, à ceux qui assistent le plus à des spectacles, comme l’opéra ou le théâtre, ou à ceux qui y exercent une activité rémunérée.

Ces bénéficiaires ne sont évidemment pas les moins prospères ; l’on sait, par exemple, que le public de l’opéra est composé pour une proportion plus importante que dans la population générale, de personnes aisées.

La population apprécie de recevoir des services publics gratuits. Personne ne lui explique que des services gratuits n’existent pas. Il y a des services payés par leurs utilisateurs et il y en a d’autres, dont le coût est supporté par les contribuables. Dans ce dernier cas, ce coût est une redistribution au détriment de ceux qui paient l’impôt, et au profit de ceux, riches ou pauvres, qui utilisent ces services.

À côté de cette redistribution implicite, par les services dits publics, il y a la redistribution explicite par l’impôt et les cotisations sociales, qui financent, notamment mais pas uniquement, des politiques dites sociales, au profit déclaré de certaines catégories de la population.

Là encore, la redistribution ne bénéficie pas nécessairement à ceux qui ont le plus de besoins.

La Sécurité sociale est, à de rares exceptions près, fondée sur un principe d’universalité : elle est financée par tous – ou presque – et, ses prestations sont censées profiter à tous.

UN SYSTÈME À LA COMPTABILITÉ VOLONTAIREMENT OPAQUE

Il en résulte certes une redistribution, mais la multiplicité des régimes, tant pour les cotisations que pour les attributions et des exceptions, rend presque impossible la détermination de tous ses bénéficiaires nets, soit de ceux qui perçoivent plus qu’ils ne paient.

Les allocations familiales, financées par tous, y compris les familles pauvres sans enfants, profitent aux familles, même riches, avec enfants. La redistribution profite donc dans ce cas non pas aux familles pauvres, mais à celles qui ont des enfants, c’est-à-dire une partie des jeunes adultes, qu’elles soient misérables ou prospères.

Les prestations de santé, et bien sûr les retraites, dans un système de répartition, sont essentiellement financées par les personnes qui travaillent. Le système est surtout rentable pour ceux qui vivent vieux, quelles que soient leurs capacités économiques. C’est une redistribution des jeunes vers les vieux, ou encore des actifs vers les inactifs.

Sans doute tous ont-ils l’espoir d’en devenir bénéficiaires un jour, mais ce n’est qu’une illusion, qui ne pourra devenir réalité qu’au prix des sacrifices imposés à la génération suivante, leurs propres enfants. S’ils ont le malheur de ne pas vivre vieux, et même s’ils savent, lorsqu’ils supportent les cotisations, que leurs jours sont comptés, ils ne bénéficieront jamais des retraites mais y auront cotisé. On leur enlève le droit de choisir entre profiter de la vie aujourd’hui et économiser pour demain, et ce même si pour eux il n’y aura aucun lendemain.

Chacun, quel que soit son niveau de revenus, peut devenir bénéficiaire net, ou contributeur net, des multiples systèmes de redistribution existants. Tout est fait pour que le plus possible de personnes croient en bénéficier et pour qu’elles ne sachent jamais si, dans l’ensemble, elles y gagnent ou y perdent quelque chose.

L’État-providence neutralise toute opposition en rendant le plus grand nombre possible de gens dépendants du gouvernement ou en leur faisant croire qu’ils le sont ou qu’ils peuvent le devenir : l’assistance et le besoin s’alimentent réciproquement.

Tant qu’on ne voit pas clair – et tout est fait pour que personne ne sache si le système lui profite ou non –, la remise en cause est presque impossible parce que de multiples groupes cherchent à conserver les avantages, réels ou illusoires, qui en découlent pour eux. Il en est ainsi même si en définitive ils sont perdants : des familles de la classe moyenne conservatrice se battront pour garder allocations diverses, tarifs réduits sur des transports, retraites par répartition, bas prix pour les spectacles… sans voir que les impôts et cotisations qu’ils paient leur coûtent souvent plus que ces divers avantages.

D’autres, comme les entreprises qui profitent de subventions, savent bien que celles-ci leur sont avantageuses et feront tout pour conserver ces privilèges. Lorsque l’État ou une région offrent des subventions ou d’autres avantages pour qu’une multinationale (comme Toyota ou Disney) installe une unité de production sur son sol, c’est une redistribution au profit des actionnaires de la multinationale et des futurs salariés de celle-ci, dont le salaire est indirectement financé par les contribuables. Rien n’établit que ceux-ci, et surtout ceux-là, justifient de motifs sociaux prioritaires expliquant cette redistribution forcée.

Le Catéchisme de l’Église catholique définit le Bien Commun comme « l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection, d’une manière plus totale et plus aisée » (numéro 1906).

Une définition aussi vague permet aux autorités de lui donner le contenu qu’elles décident arbitrairement, en feignant d’ignorer qu’aucun choix ne correspondra jamais à chacun, et que la perfection qu’il s’agit d’atteindre n’est pas de ce monde.

sur le web:  https://www.contrepoints.org/2018/07/24/321019-letat-ne-distribue-que-ce-quil-sapproprie