Zap du Net

Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

Les millionnaires ont quitté la France par milliers. Par Richard Krieger,

Nous savions que François Hollande n’aimait pas les riches, lui dont la retraite lui assure plus de 30 000 euros par mois. Nous devons inscrire désormais à son passif déjà colossal, le fait que sous son « règne » nos millionnaires ont préféré quitter la France plutôt que de se laisser plumer comme des pigeons.

Ces millionnaires, qui sont-ils ? Des cadres supérieurs ayant un appartement à Paris et une résidence secondaire en Bretagne, ou le propriétaire d’un grand champ de pommes de terre à l’ile de Ré ? L’heureux possesseur d’une Aston Martin DB5 (la voiture de James Bond) ou bien un jeune patron de start-up qui a su revendre son « business » à un grand groupe financier ?

Cela peut être tout cela. Tous ces heureux propriétaires d’un actif net supérieur à 1 million d’euros sont par définition classés dans les millionnaires. Pour évaluer la richesse, on prend en compte les biens mobiliers et immobiliers, les bijoux et les œuvres d’art.

Selon une étude du Crédit Suisse de 2010, la France abriterait 9 % de millionnaires, soit 2,2 millions de personnes pour environ 50 millions d’adultes, ce qui la placerait au 3ème rang mondial derrière les États-Unis et le Japon.

D’après Wikipédia :

– Les « riches » sont les millionnaires qui possèdent entre 1 et 5 millions de dollars de fortune ;
– Les « très riches » sont les millionnaires qui possèdent entre 6 et 20 millions de dollars de fortune ;
– Les « supers-riches » sont les millionnaires qui possèdent entre 20 et 30 millions de dollars de fortune ;
– Les « ultras-riches » sont les millionnaires qui possèdent plus de 30 millions de dollars de fortune.

Les conseils en gestion de patrimoine s’accordent à dire qu’en dessous de 5 millions, le jeu de l’expatriation n’en vaut pas la chandelle.

Alors, si l’analyse ci-dessous faite par le blog canadien visualcapitalist dit vrai, c’est donc 12 000 millionnaires français qui se sont exilés avec leurs capitaux entre 2015 et 2016, en progression de 20%. 
En prenant par exemple l’hypothèse – raisonnable – d’une moyenne de 5 millions d’actifs net par exilé, et en imaginant que ceux-ci transfèrent la moitié de leur patrimoine hors de France, cela représenterait 12 000 X 5 millions d’euros x 0,5 soit 30 milliards qui sont partis s’investir en dehors de France en une année.

Cette émigration des millionnaires a pour conséquence :

– la diminution pour la France de ses ressources : pour maintenir une charge fiscale égale, il faut augmenter le prélèvement des contribuables restants et/ou réduire ses services publics. Par ailleurs, le cas échéant, il y a la disparition des activités économiques qu’exerçait ou finançait la personne qui s’exile, entrainant in fine une destruction de l’emploi local ou national ;

– pour l’État d’arrivée, le nouvel impatrié va apporter une ressource budgétaire supplémentaire par ses impôts, et éventuellement de nouvelles activités économiques, particulièrement quand l’expatrié est un entrepreneur.

Forts de ces informations, nous verrons si Emmanuel Macron saura ralentir ou stopper, par sa politique, cet exode des Français qui ont compris que la France vivait totalement sous l’emprise de Bercy et qu’il n’y avait plus rien à espérer. Rendez-vous pris en 2018 pour le suivi de cette étude qui interpelle.

Le classement 2016 des 5 principaux pays exportateurs de leurs millionnaires

Le classement des 5 principaux pays destinataires

Source : http://www.visualcapitalist.com/millionaire-migrants-countries-rich-people-flocking/

Sur le web:      https://entrepreneurs-pour-la-france.org/Nos-combats/Emploi-et-chomage/Les-millionnaires-ont-quitte-la-France-par-milliers  

France, Danemark, Finlande : un sacré podium ! PAR JEAN NOUAILHAC

Cet article vient en complément de mes précédents.
On le trouve dans « Le Point » de ce jour.
Ces trois pays européens se partagent régulièrement les titres de champion du monde et champion d’Europe des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques.
Pour la France, dans ces deux compétitions, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. D’abord la mauvaise : malgré des efforts considérables et une conscience professionnelle digne d’éloges, nos énarques-inspecteurs des finances que le monde entier nous envie n’ont pas réussi à gagner le titre de champion du monde des prélèvements obligatoires, selon les calculs de l’OCDE rendus publics ce jeudi 23 novembre.

C’est le Danemark qui a remporté le cocotier avec le score magnifique de prélèvements obligatoires (P.O.) de 45,9 % du PIB pour l’année 2016. Rappelons que ces P.O. rassemblent tous les impôts, taxes et charges sociales que subissent les habitants des pays considérés. Dans cette compétition qui réunit les 35 pays les plus riches du monde, la France tire néanmoins son épingle du jeu, avec un taux de 45,3 % de prélèvements obligatoires, ce qui lui donne une seconde place amplement méritée au tableau d’honneur des pays les plus matraqueurs.

Champions

Dans la vedette capitonnée qui n’arrête pas de faire actuellement des allers et retours sur la Seine, entre le paquebot de Bercy et l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’examen du budget 2018 par les députés, nos énarques-inspecteurs des finances de service faisaient grise mine ce jeudi noir, et on peut les comprendre : eux qui se croient les plus doués et les plus grands spécialistes du monde dès qu’il s’agit d’impôts et de prélèvements sociaux, se faire doubler par des Danois, quelle incongruité ! Quelle injustice !

Ce taux français de 45,3 % est en effet très élevé et très difficile à obtenir, car il représente 11 points de plus que la moyenne des pays de l’OCDE, ce qui veut dire que les Français paient près de 250 milliards d’impôts, de taxes et de charges sociales de plus que la moyenne des pays riches. Et que, par curiosité, pour être dans la moyenne de la seule zone euro, il faudrait que la France ramène son déficit annuel des 83 milliards (prévus en 2018) à 33,5 milliards d’euros et qu’elle réduise ses dépenses publiques de 190 milliards. Autant dire qu’à Bercy, c’est hors de question !

Cœur vaillant

Heureusement, pour nos énarques-inspecteurs des finances, la crème de la crème, l’élite de l’élite dans l’Hexagone, il y a une bonne nouvelle : les Français restent officiellement champions d’Europe des dépenses publiques pour l’année 2016, avec 56,2 % du PIB, devant la Finlande avec 56,1 %. Ce titre de champion d’Europe nous avait échappé ces dernières années, la Finlande semblant indéboulonnable, mais à cœur vaillant rien d’impossible. Nos magnifiques spécialistes de Bercy l’ont finalement emporté d’une courte tête avec un écart de 0,1 % dans un véritable sprint au finish, comme au sommet d’un col du Tour de France !

Avec ces 56,2 % de dépenses publiques selon les experts d’Eurostat, notre vénéré pays peut s’enorgueillir également d’avoir remporté la palme au niveau mondial des économies développées. « S’il faut mettre de côté quelques pays à l’économie très administrée, comme le Venezuela, le Zimbabwe ou la Corée du Nord, il n’y a aucun autre pays de l’OCDE où les dépenses publiques soient supérieures », a précisé François Écalle, ancien membre de la Cour des comptes et animateur du site internet Fipeco, spécialisé dans les finances publiques. Nos chers et même très chers énarques-inspecteurs des finances peuvent être fiers : ils ne sont dépassés dans le monde que par des pays comme le Venezuela, le Zimbabwe et la Corée du Nord, tandis qu’en Europe, ils sont à la lutte à couteaux tirés avec le Danemark et la Finlande… Finalement, c’est un peu comme dans le sport : on a les compétiteurs qu’on mérite !

sur le  web:       http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-france-danemark-finlande-un-sacre-podium-26-11-2017-2175236_2428.php

Quand l’immobilier concentre toutes les frustrations anticapitalistes Par Ferghane Azihari.

La hausse des prix de l’immobilier est, pour une bonne part, due au dirigisme. Paradoxalement, elle nourrit une hostilité à l’économie de marché.

 Par Ferghane Azihari. 

En 1960, les Français consacraient en moyenne 10% de leurs revenus à leur domicile. Cette part s’élève aujourd’hui à 18% avant impôts, tous statuts confondus.

Selon l’INSEE, les ménages modestes ont vu leurs dépenses d’habitation progresser de plus de 50% ces 15 dernières années. À la lecture de ces chiffres, on peut se demander, comme le fait d’ailleurs l’économiste Patrick Arthus pour le compte de Natixis, si les dysfonctionnements du marché de l’immobilier ne seraient pas à l’origine du sentiment d’appauvrissement des Français, et ceci en dépit de l’amélioration du niveau de vie global ces dernières décennies.

Ce sentiment est renforcé par notre tendance à nous concentrer beaucoup plus sur ce qui coûte le plus cher et à négliger les secteurs porteurs de gains en pouvoir d’achat. Le logement constituant un besoin fondamental, le sentiment d’appauvrissement est renforcé.

LES DÉPENSES POUR LE LOGEMENT ONT EXPLOSÉ

Cette tendance ne se limite pas à la France. L’American Enterprise Institute, un think tankconservateur basé à Washington, a comparé l’évolution des prix entre plusieurs secteurs aux États-Unis. Surprise : le logement fait aussi partie des postes de dépenses ayant explosé.

La difficulté des ménages à trouver un logement abordable n’est pas seulement un problème pour le niveau de vie. Elle a également un véritable effet sur le plan politique en conditionnant notre perception du système économique. Comme l’explique Kristian Niemietz, chercheur à l’Institute of Economic Affairs basé à Londres :

Le marché du logement n’est pas n’importe quel marché. Les loyers et les remboursements des prêts immobiliers constituent le principal poste budgétaire pour la plupart des gens. Un marché du logement dysfonctionnel affecte gravement nos niveaux de vie, il a la possibilité d’annuler tous les avantages obtenus dans d’autres secteurs de l’économie. Et il a un plus grand impact que les autres secteurs sur la question de savoir si le ‘système’ est de notre côté ou non.

Avec le marché de l’emploi, le marché du logement est celui qui cristallise les ressentiments anti-capitalistes. Il constitue un nouveau front pour la lutte des classes, en mettant en scène de vils propriétaires disposant d’un pouvoir souverain sur de pauvres locataires dépourvus de capital immobilier.

LE BOUC ÉMISSAIRE DE SPÉCULATION IMMOBILIÈRE

La cherté du logement qui étrangle les ménages est imputée à la « spéculation immobilière », ce qui alimente la défiance vis-à-vis de l’économie de marché et augmente la demande en faveur d’une plus grande intervention des pouvoirs publics (logements sociaux, contrôle des loyers etc.).

Au Royaume-Uni, par exemple, le parti travailliste capitalise sur la flambée des prix du logement et ses répercussions sur les populations pour étendre le contrôle du gouvernement sur la société : logements sociaux, contrôle des loyers…

Pourtant, l’explosion des prix dans l’immobilier a des causes réglementaires avant toute chose.

L’ENCADREMENT RÉGLEMENTAIRE DE L’URBANISME

Dans la quasi-totalité des pays occidentaux, le développement de l’urbanisme est strictement encadré par des restrictions foncières mises en oeuvre dans le cadre d’une politique de planification des sols. La planification des sols permet à une poignée de bureaucrates de limiter la quantité de zones constructibles et les possibilités de surélévation, ce qui raréfie logiquement l’offre immobilière en gonflant artificiellement les prix.

Les motivations officielles font appel à des impératifs esthétiques et de spécialisation pour favoriser la « bonne » articulation des activités résidentielles, commerciales, industrielles etc.

Outre le fait qu’aucun bureaucrate n’est capable de déceler la « bonne » articulation (notion subjective), la théorie des choix publics – qui analyse le comportement, les intérêts et les incitations des parties prenantes à la décision publique – suggère au contraire des motivations clientélistes. La planification des sols servirait surtout à acheter les faveurs des promoteurs et propriétaires immobiliers installés et qui n’ont pas intérêt à favoriser l’abondance de l’offre immobilière sous peine de dégrader la valeur de leur patrimoine.

À l’image des corporations de métier, la réglementation crée donc des rentes sur lesquelles il sera difficile de revenir, au détriment d’un marché accessible au plus grand nombre.

 

sur le web  https://www.contrepoints.org/2017/11/22/303697-limmobilier-concentre-toutes-frustrations-anticapitalistes

L’impôt, religion du ressentiment par Nicolas Baverez

Impôts inutiles, niveau confiscatoire, extrême concentration. La loi de finances pour 2018 ne met pas un terme à l’arbitraire et au délire fiscal français.

PAR NICOLAS BAVEREZ

10 % des ménages acquittent les trois quarts des prélèvements fiscaux et sociaux. © PHILIPPE HUGUEN/AFP

L’échec de la mobilisation contre les ordonnances réformant le Code du travail a déplacé la contestation vers le budget. Dès lors que la poursuite de la hausse des dépenses et du déficit de l’État ainsi que le maintien des effectifs de la fonction publique ne laissent guère de place à l’antienne sur le manque de moyens, les attaques se concentrent sur la fiscalité et la dénonciation des « cadeaux aux riches ».

La loi de finances pour 2018 est cependant très loin de mettre fin à l’exception fiscale française. La transformation de l’ISF en IFI laisse subsister un impôt sur le capital immobilier, à la fois inutile au plan fiscal (le coût de perception sera supérieur aux recettes alors même qu’il s’ajoute aux prélèvements sur les plus-values, les transmissions et aux taxes foncières), injuste au plan social (il pèsera en priorité sur les fortunes moyennes), inefficace au plan économique (il biaise l’allocation des actifs et crée une menace d’élargissement de son assiette dissuasive pour le retour des ménages et des capitaux exilés). Le coût politique est élevé pour une demi-réforme qui assure la survie d’un impôt responsable de la fuite de dizaines de milliers d’entrepreneurs et de fortunes, du départ de 150 milliards d’euros de capital productif, de la perte de 12 à 15 milliards de recettes fiscales annuelles, d’une amputation de 0,3 % de la croissance depuis 2010.

Police des mœurs et des esprits

Le niveau confiscatoire de l’impôt va de pair avec son extrême concentration : 10 % des ménages acquittent les trois quarts des prélèvements fiscaux et sociaux. À la démagogie de la dérive des dépenses répond celle des exonérations. Alors que l’impôt sur le revenu n’est plus payé que par 46 % des ménages, seuls 20 % continueront à être soumis à la taxe foncière, qui ne va pas manquer de s’envoler. La majorité des citoyens se trouve ainsi coupée du financement des charges de la nation et des collectivités, vivant de l’impôt qu’elle juge toujours insuffisant, tandis que la partie de la France qui travaille meurt de son niveau inégalé dans les pays développés.

Troisième spécialité de la fiscalité française, sa prétention à contribuer à l’édification d’un homme nouveau en pesant sur les comportements des citoyens, réputés irresponsables, et en leur dictant leur manière de manger, se soigner ou s’informer. Le Code des impôts s’est transformé en police des mœurs et des esprits, au gré des humeurs des gouvernants. Ainsi le diesel et le tabac, après avoir été encouragés, sont-ils diabolisés, tandis que les sodas s’apprêtent à être surtaxés selon leur teneur en sucre.

La France est le seul pays développé où les contribuables sont tenus d’indemniser l’ÉEtat et l’administration fiscale pour leur incompétence et leurs violations du droit

L’exubérante irrationalité de la fiscalité française est illustrée par les avatars de la taxe de 3 % sur les dividendes, mise en place en 2012 pour compenser la sanction des règles applicables au précompte. En dépit de son illégalité, soulignée dès l’origine, et de l’ouverture d’une procédure en manquement de la Commission européenne en 2015 puis d’une cascade de condamnations, elle a été maintenue, collectant 10 milliards de recettes. Son invalidation définitive par le Conseil constitutionnel, le 6 octobre, ouvre aux entreprises le droit à un remboursement intégral dont le sous-provisionnement frappe la loi de finances pour 2018 d’insincérité. Pis, au lieu d’envisager de réaliser des économies ou de céder des actifs, le gouvernement entend financer cette charge par une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés. La France est ainsi le seul pays développé où les contribuables sont tenus d’indemniser l’État et l’administration fiscale pour leur incompétence et leurs violations du droit.

Les travaux de France Stratégie présentent le point ultime de l’arbitraire et du délire fiscal. Ils envisagent de taxer les loyers que les propriétaires sont censés se verser à eux-mêmes et proposent, afin de rembourser une dette publique sortie de tout contrôle, que l’État confisque une partie des terrains et des immeubles construits pour exiger des propriétaires le paiement du loyer correspondant. Soit la systématisation des biens nationaux et la création d’une nouvelle forme de ces assignats qui conduisirent à la banqueroute des deux tiers en 1797.

Dogme

La fiscalité, en France, n’est plus un instrument de politique économique mais un dogme. D’où une incapacité politique à baisser les impôts, à laquelle répond l’incapacité économique de diminuer les dépenses et de les réorienter vers l’investissement. Et ce faute d’avoir le courage de rationaliser les transferts sociaux, qui culminent à 34 % du PIB, et d’effectuer les indispensables gains de productivité dans la fonction publique, au risque de s’aliéner certaines clientèles électorales…

Marx soulignait qu' »il n’y a qu’une façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts ». Ce que Marx a rêvé, la France le fait. L’impôt en France détruit la croissance et les emplois, ruine l’attractivité du pays, livre nos entreprises aux capitaux étrangers et nos talents à leurs concurrentes, entretient la défiance, sape la citoyenneté et détruit l’ÉEtat. La France se relèvera quand l’impôt cessera d’être une religion de l’envie et du ressentiment pour redevenir un outil de politique économique assurant en priorité la couverture des charges publiques au service de l’intérêt général.

sur le web  NICOLAS BAVEREZ

Paradise Papers: une étonnante fake news de la presse subventionnée par ERIC VERHAEGHE.

Le Monde titre aujourd’hui sur les « Paradise Papers », une enquête à partir de documents confidentiels sur l’optimisation fiscale dans les paradis caribéens. Une jolie façon de nourrir la confusion entre fraude fiscale et optimisation fiscale dans l’esprit du grand public.

Dans la foulée des Panama Papers, qui avaient révélé il y a dix-huit mois l’ampleur de la fraude fiscale dont bénéficient les Bahamas, Le Monde, et plusieurs autres titres internationaux ayant pignon sur rue, publie une enquête sur l’optimisation fiscale. Une fois de plus, ce sont des documents confidentiels qui appuient ces révélations.

Regrettable confusion entre fraude et optimisation

On s’amusera quand même du tapage qui est fait autour de ces informations dont on connaît déjà le principe juridique. Certains font mine de découvrir que des entreprises, des institutions (comme la couronne d’Angleterre) ou des particuliers ont recours à des mécanismes parfaitement légaux pour échapper à l’impôt. Cette hypocrisie fait sourire puisque, s’agissant de la France, ces mécanismes sont discutés chaque année au Parlement avec toute la transparence que permettent les procédures parlementaires. Personne ne se souvient d’avoir lu la moindre ligne, dans Le Monde, dénonçant ces montages juridiques décidés par le législateur.

On regrettera simplement que Le Monde donne désormais dans la fake news et nourrisse une confusion perfide entre optimisation fiscale, qui est probablement immorale mais parfaitement légale, et fraude fiscale.

Les amis du Monde sont pourtant les premiers optimisateurs

On se demande d’ailleurs pourquoi s’embêter à courir jusqu’au Bahamas pour dénoncer des faits bien connus de tous. Il suffit de franchir la frontière luxembourgeoise pour découvrir la mécanique du rescrit fiscal qui a permis à de nombreuses entreprises transnationales de bénéficier d’une imposition proche de zéro.

On ne peut oublier ici que le Premier Ministre luxembourgeois qui a industrialisé ce mécanisme s’appelle Jean-Claude Juncker. Mais il est probablement difficile pour Le Monde d’expliquer que l’Union Européenne, dont il paraît qu’il faut se féliciter, est aujourd’hui conduite par un expert en optimisation fiscale.

C’est ballot, tout de même, d’avoir, pendant des mois, expliqué que l’euroscepticisme était l’antichambre du fascisme. Le Monde aurait gagné en crédibilité en rappelant que les faits qu’il dénonce aujourd’hui ont été théorisés par ceux qu’il nous enjoignait de soutenir pour faire barrage au Front National et à toutes ces horreurs. Vérité un jour, erreur le lendemain.

Le naufrage populiste de la presse subventionnée

Au demeurant, n’importe quelle publication Internet non subventionnée n’aurait pu se permettre de nourrir une telle confusion entre optimisation et fraude sans s’exposer à l’ire des subventionnés. Ceux-ci n’auraient pas manqué de « décoder » les fake news propagés par ces morveux de la Toile et les procès en diffamation auraient plu comme à Gravelotte.

C’est le privilège des rentiers de la presse que de proclamer avec force trompettes et tambours des fake news malsaines pour la vie démocratique. Car le lecteur moyen, en parcourant le Monde, ne fera aucune différence entre ceux qui fraudent et ceux qui appliquent les lois: tous dans le même sac, tous pourris. Le Monde propage aujourd’hui ce qu’il prétendait détester hier.

Le sujet tabou de la taxation du capital

S’il est légitime d’informer sur l’optimisation fiscale, on regrettera que tous les médias qui ont évoqué le sujet aient présenté leurs révélations en insinuant qu’il y avait fraude dans ces mécanismes, redisons-le, transparents – en France, en tout cas. Or, l’optimisation fiscale pose une fois de plus la question de la doctrine de l’incitation fiscale en vigueur notamment en France: on crée des niches pour orienter l’action des agents économiques dans un sens ou dans un autre.

S’agissant de l’optimisation fiscale, elle est largement liée à la surtaxation du capital, sujet qui mériterait d’être mis sur la table si la presse subventionnée avait pour ambition d’informer les lecteurs. Mais, manifestement…

le site de l’auteur http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2017/11/06/paradise-papers-une-etonnante-fake-news-de-la-presse-subventionnee/