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Les enragés de l’impôt par Simone Wapler.

En France, le pays au 360 impôts et champion mondial de la fiscalité, les élus cherchent encore à  à aggraver les choses.

À l’image de Jacqueline Gourault, favorable à la création d’un impôt universel sur le revenu, ministres et parlementaires sèment le trouble en multipliant les propositions sur la fiscalité.

Ce gouvernement, comme tous les précédents, rassemble des enragés pris d’une frénésie taxatrice. Il oublie aussi que les Gilets jaunes des débuts ont envahi les ronds-points parce qu’ils avaient eux aussi la rage de l’impôt.

Comment en sommes nous arrivés là ? Par idéologie. L’impôt, en France est devenu idéologique.

Nous sommes champions du monde de la pression fiscale, nous sommes champions de la dépense publique. Faut-il rappeler que dépenses publiques et pression fiscale sont liées ?

Notre taux de chômage est l’un des plus élevé de l’OCDE, notre croissance est atone. Le niveau de notre Éducation nationale ne cesse de baisser et est inférieur à celui de nombreux autres pays. La mobilité sociale est faible. Faut-il rappeler que niveau d’éducation et mobilité sociale sont liés ?

Voici quelques images pour étayer ce constat.

Poids de la dépense publique rapportée à la taille de l’économie dans les pays de l’OCDE

Source OCDE

Remarquez à quel niveau se situe la Suisse, pays le plus prospère d’Europe qui ne me semble pas dénué de routes, de chemins de fer, où les cadavres de gens mal soignés n’encombrent pas les rues et les chemins, où les vieillards ne meurent pas de faim et les mendiants ne pullulent pas.

Taux de chômage des pays de l’OCDE

Pour ceux qui pensent que davantage d’État, c’est malgré tout la solution au chômage, voici une autre perspective qui vous montre que plus la dépense publique augmente, plus le chômage augmente.

Mobilité sociale

Comme vous le constatez, la France est aussi un cancre en matière de mobilité sociale. Ce n’est pas un manque de moyen. Nous avons, proportionnellement au nombre d’élèves, davantage d’enseignants, de personnel administratif et d’encadrement que l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Y aurait-il une relation de cause à effet entre pression fiscale et ces lamentables résultats ?

Oui ! C’est ce que démontre une étude de l’OCDE qui n’est pas un organisme sur lequel souffle le vent d’un  néo-turbo-méga-libéralisme échevelé. Au-delà d’un certain seuil de dépenses publiques, tout devient superfétatoire, inutile, stérile…

Cette étude n’est pas une théorie reposant sur une idée fumeuse d’économiste payé par les contribuables et par conséquent favorable à toujours plus d’interventionnisme. C’est une étude empirique. Elle compare ce qui existe. Des faits1.

Les gouvernements des pays membres de l’OCDE dépensent en moyenne 40 % de leur PIB pour fournir des biens et services publics et effectuer des transferts sociaux.
[…]
L’ampleur du secteur public a suscité beaucoup de recherches portant sur la relation entre la taille du gouvernement et la croissance économique.
[…]
Ce papier est une enquête empirique sur les effets de la taille et de la composition des dépenses publiques sur la croissance de long terme.
[…]
Les principales conclusions de cette analyse sont que […]  les plus gros États sont associés aux plus faibles croissances de long terme. Les plus gros États ralentissent également les rattrapages de productivité.

Pensez-vous que l’examen rationnel de tout cela calmerait nos enragés de l’impôt ? Pas du tout ! Parce que l’impôt en France ne se jauge pas à son efficacité ni à son utilité. Il est d’abord et avant tout idéologique et clientéliste :

Ce sont désormais les deux seules finalités de l’impôt en France. Nos enragés de l’impôt de droite comme de gauche font assaut d’ingéniosité pour prendre le pouvoir en s’appuyant sur une majorité d’assistés qu’ils abreuvent de subventions comme de prestations sociales.

La révolte fiscale qu’était initialement celle des Gilets jaunes a prestement été récupérée. Ce mouvement qui désormais occupe les pavés chaque samedi signe l’échec complet de notre État-providence et de notre démocratie. Ils semblent eux aussi être devenus des enragés de l’impôt pour les autres.

Comme système de gouvernement, la démocratie se bafoue elle-même à chaque instant. Toute manifestation dans les rues qui entrave la circulation, tout blocage des routes, toute grève de fonctionnaires qui empêchent ma libre circulation sont foncièrement antidémocratiques, non seulement parce qu’ils attentent au droit du citoyen mais parce qu’ils autorisent des minorités à brimer la majorité. Il paraîtrait évident que, dans une démocratie digne de ce nom, chacun ait les moyens de s’exprimer sans léser son voisin.
— Vladimir Volkoff, Pourquoi je suis moyennement démocrate, 2002

Les enragés de l’impôt passent leur temps à réfléchir à la meilleure façon d’opprimer une minorité pour distribuer leurs larcins à une majorité qui les soutiendra. C’est le syndrome Robin des Bois — qui n’oubliait pas de se payer au passage et vivait de sa redistribution.

Les enragés de l’impôt feraient mieux de réfléchir à comment baisser le poids du curseur de 57 % à 40 % afin de rejoindre les pays les plus prospères.

Quant à leurs électeurs, les enragés de l’interventionnisme étatique, ils devraient avoir honte en relisant la définition de Bastiat :

L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Le Figaro du mardi 26 février 2019 :
et aussi:  http://www.temoignagefiscal.com/liste-des-impots-et-taxes-en-france-prenez-votre-souffle-et-votre-temps-calez-vous-bien-sur-votre-fauteuil/
sur le web: https://www.contrepoints.org/2019/03/01/338331-les-enrages-de-limpot?fbclid=IwAR1mxY08k60kVLqSHtHBsKezHGGKRhyP91BEFFaN7SMlfbjwDvPgxNXCFws

Très cher exil fiscal par Etienne Lefebvre

Les départs cumulés de foyers aisés sous le quinquennat précédent ont sérieusement rogné les recettes budgétaires. A méditer pour l’issue du grand débat.

Le rapport sur l’exil fiscal réalisé par Bercy que nous publions ce mercredi ne donne aucune indication sur l’effet des mesures Macron (réforme de l’ISF, flat tax) qui viennent à peine d’entrer en vigueur. Les chiffres consolidés par l’administration portent sur l’année 2016, et permettent plutôt d’affiner le bilan du quinquennat précédent.

Pour autant, les leçons à en tirer sont précieuses alors que les propositions se multiplient pour taxer davantage les plus aisés, au nom de l’équité fiscale. La première leçon est justement qu’avant de rayer d’un trait de plume une réforme, comme la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI) , il faudrait un minimum de recul pour en observer d’abord les impacts.

Près de 20.000 départs en cinq ans

La deuxième leçon est que l’on peut en revanche analyser les effets des hausses d’impôts votées à la fin du quinquennat Sarkozy et au début du quinquennat Hollande, pour mesurer les risques d’une politique poussant trop loin la progressivité et la concentration de l’impôt. Entre 2012 et 2016, près de 20.000 foyers déclarant plus de 100.000 euros de revenus sont partis à l’étranger, le rythme annuel ayant été trois fois plus important qu’avant le choc fiscal. L’accélération des départs a été encore plus prononcée pour ceux déclarant plus de 300.000 euros de revenu fiscal.

Si l’exode n’est pas massif, et qu’il faudrait mesurer les mouvements dans l’autre sens, le flux de départs a été important, et l’impact budgétaire non négligeable : ce sont des centaines de millions d’euros de recettes fiscales annuelles qui se sont évaporées, sans parler des créations de valeur réalisées sous d’autres cieux. Le constat est sensiblement le même pour l’ISF : 200 millions d’euros de recettes annuelles perdues sur dix ans, des investissements effectués ailleurs, des pertes de contrôles d’entreprises familiales, etc.

Ces données confirment que la taxation accrue des plus aisés, si elle est au coeur du débat politique, ne peut en aucun cas résoudre les problèmes budgétaires de la France. Sauf à augmenter la pression fiscale des classes moyennes supérieures, qui ont déjà payé le plus lourd tribut ces dix dernières années…

Sur le WEB  https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0600641013572-tres-cher-exil-fiscal-2242242.php#xtor=EPR-3038-%5Bnl_ideesdebats%5D-20190206-%5BProv_paywall%5D-1990358

L’ENA OU LA FABRIQUE DE MÉTASTASES DE LA FRANCE.

 » Spoil System » : éjecter l’ENA du pouvoir »
par Hervé Azoula

Organiser un grand débat pour réformer la France ne sert strictement à rien, l’ENA est devenue le premier problème auquel il faut s’attaquer pour casser la dynamique négative. Tant que l’on n’a pas compris que le poisson pourrit par la tête et que c’est par la tête qu’il faut le régénérer, on passe à côté de la solution.
C’est la paire de lunettes que l’on porte sur le nez que l’on voit généralement le moins bien, l’escalier qu’il faut commencer à balayer par le haut et non par le bas.
Avant toute action, il faut donc réformer cette pieuvre qui gouverne la France. Ce n’est que du bon sens.

Si on veut redynamiser la France, il faut oublier la devise de l’ENA : « attendre ». Pourquoi ne pas utiliser les bonnes pratiques qui fonctionnent bien aux Etats Unis ? Ce système, nommé « Spoil System » en anglais traduit par « système de dépouilles » en français, dit qu’à chaque majorité présidentielle, ce sont environ 4.000 à 5.000 têtes qui peuvent tomber à chaque changement de Président. Ce système permet de renouveler les politiques et surtout de mettre à la disposition du parti dominant toute la puissance publique nécessaire pour effectuer les changements. C’est un mixage du monde privé vers le public, qui favorise les personnes reconnues pour leurs compétences plutôt que par leurs écoles. Il existe aux Etats Unis des garde-fous pour que l’intérêt privé ne puisse pas prendre le contrôle de l’Etat. Par exemple, le Congrès dispose d’un arbitrage sur un tiers des membres nommés par le Président.

Notre système élitiste a fabriqué et raffiné de décennie en décennie des générations entières de non communicants et d’incompétents pour diriger la France. Cela est non seulement dépassé, mais de plus devient extrêmement dangereux. Une source unique de pouvoir est porteuse de danger et il semble évident que les talents venus d’horizons professionnels et culturels différents répondent mieux à la complexité du monde d’aujourd’hui. Il faudrait en France un véritable « Spoil System » et non pas un système à la française où l’on change uniquement 180 à 300 hauts fonctionnaires à chaque élection présidentielle. L’absence de changement de cette « élite » depuis plusieurs décennies a contribué à mettre la France en bas de tous les classements, sauf dans le domaine des impôts où elle est de très loin en tête !
L’ENA n’est ni de droite ni de gauche, elle se situe là où se trouve son intérêt afin de placer les nouvelles promotions et les amis et surtout pour garder le pouvoir stratégique. Les énarques et les grands Corps de l’Etat sont partout et sont nommés par les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique. Les politiques passent, les énarques restent et ce sont eux qui dirigent la France ! On les trouve dans les cabinets ministériels, les principales directions du ministère de l’Economie et des Finances, les administrations, les ambassades, les entreprises publiques et privées industrielles, les grands organismes financiers publics comme la Caisse des Dépôts et Consignations et également dans les grandes banques comme la BNP ou le Crédit Lyonnais.
On nous serine constamment que les énarques ne représentent en moyenne que 36% des effectifs de la haute administration. Ce chiffre n’est pas représentatif de la réalité. On nous donne des moyennes, alors qu’il faudrait prendre l’écart type des vrais décideurs. En effet, il existe trois couches étanches de fonctionnaires issus de l’ENA et tout sépare les énarques supérieurs des énarques ordinaires. C’est la noblesse d’Etat ! Ils ont passé le même concours, fait les mêmes études, mais les carrières seront totalement différentes à la sortie. Les premiers classés à l’ENA entreront dans les Grands Corps : Conseil d’Etat, Inspection des Finances et Cour des Comptes. Ce sont les Corps les plus prestigieux et on se bouscule pour y entrer compte tenu des avantages exceptionnels procurés par ce titre. Les énarques et les grands corps de Bercy, de Matignon, de l’Elysée ou des cabinets ministériels, ont bien plus de poids dans la décision finale que ceux qui sont dans des ministères moins décideurs, d’où l’importance d’utiliser l’écart type au lieu de la moyenne. La première couche représente à elle seule la quasi-totalité du pouvoir. Cette « élite » qui décide et dirige sans partage la France, finit par se prendre pour la France. C’est le jockey qui se prend pour le cheval !
Tout cela est révélateur de la crise et de l’urgence de la réforme de cette caste franco-française : sourde, figée, aveugle, fourbe, incompétente, qui nous enfonce chaque jour un peu plus et qui confond l’intérêt général avec son intérêt en général.
Bien avant l’élection d’Emmanuel Macron, j’ai écrit une tribune spécifiant que le Président de la République ne devait plus être un énarque. En effet, comment un Président issu de l’ENA pourrait-il scier la branche sur laquelle il est assis en décidant de mettre en place un système qui l’obligerait à se séparer de plusieurs milliers de hauts fonctionnaires de l’ENA ? C’était malgré tout une promesse de campagne et c’est la raison pour laquelle on a mis en place un « Spoil System » à la française dans lequel on a remplacé moins de deux cents haut fonctionnaires pas tous venus de l’ENA d’ailleurs ! Pour éviter que la situation reste encore figée pendant des décennies, c’est au citoyen de prendre son destin en main en imposant par le vote sur le législatif l’unique solution pour changer la France : le « Spoil System » à l’américaine.
C’est une condition indispensable et non pas une option.

Aujourd’hui c’est ma première fois

Une lettre intéressante de Nicolas. Je vous la livre sans commentaire. Vous vous ferez vous même le votre.
Premier contrat que je refuse pour raisons fiscales.

Comme je suis un méchant capitaliste informaticien indépendant qui fait bien son travail, j’ai franchi tête la première et sans me méfier la limite de la tranche d’IR à 30%, pour plonger avec surprise dans celle à 41%.
Je suis officiellement riche! 

Du coup, quand ce nouveau client m’a contacté pour un petit contrat de quelques dizaines d’heures, je me suis pour la première fois posé la question: Mais est-ce que ça en vaut la peine?
Je travaille déjà à temps plein pour un autre client, 40h par semaines. Le choix se pose donc entre travailler en plus le samedi pour un revenu supplémentaire, ou laisser couler et passer ce temps avec mes filles ou à entretenir mon jardin.

Sur 50€/h que m’aurait donné ce nouveau client en échange de mon service, j’aurais payé environ 15€ de cotisations sociales, et surtout 15€ de plus au titre de l’IR. Pour un revenu final de 20€ de l’heure supp. Même pas 50%. En échange de 50% de mon temps libre.
J’ai donc décliné.

Mon cher compatriote, je sais ce que tu te dis: «Ben mon sal…, non seulement tu es riche, mais en plus tu refuses des heures à 20€, t’est gonflé! C’est pas grave, ce ne sera pas perdu pour tout le monde…»
Sauf qu’en fait, si. Vu l’état du marché du dev en France en ce moment, il est plus que probable que ce contrat ne trouve pas preneur et finisse offshore. Du coup, sur les 1000€ qu’il coûte, tu comptais récupérer 600€ pour financer ta sécu, ta CAF, ton transport, etc.
Résultat, tu en auras 0. Et moi j’aurai mes samedis.

Allez, je te laisse, je vais profiter du soleil pour m’occuper de mon jardin.

La France, ce pays désemparé dirigé par des clowns par Nathalie MP

C’est triste à dire, mais si je veux trouver une nouvelle preuve toute fraîche du pipeau permanent que nous joue le gouvernement, il me suffit de me rendre sur le compte Twitter du ministre de l’économie Bruno Le Maire. Inutile de faire défiler les tweets très longtemps, ce que je cherche s’affiche généralement dans la première dizaine.

Cette semaine n’a pas fait exception, car que vois-je en date de mercredi dernier ? Une vidéo de notre ami Bruno à l’Assemblée nationale (tweet ci-dessous, 33″) en train d’affirmer avec beaucoup d’emphase et les gestes décidés qui vont avec qu’en matière de fiscalité il n’y a qu’une chose à faire :

« C’est de baisser les impôts des Français, les baisser, les baisser et les baisser ! » 

Vidéo intégrée

Bruno Le Maire

@BrunoLeMaire

Il y a une seule direction à retenir en matière de fiscalité : baisser les impôts des Français !

427 personnes parlent à ce sujet

Ah ah ! Baisser les impôts ! J’approuve ! Au niveau olympique où nous en sommes, c’est un minimum, mais encore faudrait-il songer à baisser les dépenses. Eh bien, là encore, Bruno est d’accord et nous le fait savoir par tweet interposé :

« Pour que les impôts baissent durablement, il faut que la dépense publique baisse durablement. »

Bruno Le Maire

@BrunoLeMaire

Deux idées simples pour la fiscalité de notre pays. La première, c’est que les impôts doivent baisser. La deuxième : pour que les impôts baissent durablement, il faut que la dépense publique baisse durablement

552 personnes parlent à ce sujet

Il faut dire que chez lui, ce discours orthodoxe sur les comptes publics est une habitude qu’il nous sert avec aplomb et fierté aussi souvent qu’il le peut depuis qu’il est en poste à Bercy.

Résultat concret, depuis que le gouvernement a pris conscience via la révolte des Gilets jaunes que la fiscalité sur les carburants et la fiscalité en général devenaient intolérablement trop élevées et le pouvoir d’achat intolérablement trop bas pour une vaste majorité de Français ni riches ni pauvres, il n’a de cesse avec ses collègues ministres et les députés de la majorité de trouver comment il pourrait augmenter les recettes fiscales. Logique !

C’est ainsi que depuis quelques semaines, nous avons droit à d’intenses cogitations gouvernementales et apparentées sur :

· le retour de l’ISF,
· l’augmentation des droits de succession,
· la taxe d’habitation pour les 20 % les plus riches (à partir de 2 500 € mensuels),
· l’introduction d’une tranche supérieure dans le barème de l’impôt sur le revenu,
· la taxation de la plus-value lors de la cession de la résidence principale,
· la suppression de certaines niches fiscales,
· l’obligation pour les patrons d’entreprises dont le siège social est en France d’être personnellement domiciliés fiscalement en France,
· et la marotte de Bruno Le Maire : la taxation française des GAFA.

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J’espère que je n’oublie rien ; l’imagination fiscale de nos idéologues technocrates est si fertile ! Mais à part ça, il faut « baisser les impôts, les baisser, les baisser et les baisser ». Il est vrai qu’Emmanuel Macron se montre réticent sur certains de ces points, ISF et niches fiscales notamment, mais comme par ailleurs il estime que le débat est ouvert… Le pire n’est pas totalement incertain.

Des hausses d’impôts, donc.

Reformulons : Un alourdissement du poids mortel qui pèse sur l’économie française et qui l’empêche depuis de nombreuses années de donner sa pleine puissance en matière de compétitivité, croissance, emplois et salaires. Et qui pourrait presque expliquer à lui tout seul le mécontentement social qui gronde, même si cet élément explicatif n’a pas encore fait son chemin dans les consciences françaises.

Pas du tout ! rétorque immédiatement Bruno Le Maire, vous n’avez rien compris, il s’agit de « justice fiscale » et justement, les Français sont en grande demande de justice fiscale.

Par souci de justice intellectuelle, peut-être conviendrait-il aussi d’ajouter que le gouvernement est surtout en grand besoin de combler quelques fossés budgétaires. Les premiers aperçus des comptes de l’Etat(*) en 2018 indiquent que le déficit serait de 76,1 milliards d’euros contre 67,8 en 2017 tandis que le ralentissement de la croissance qui se profile pour 2019 risque de plomber un peu plus des comptes déjà fortement malmenés par les mesures d’urgence prises pour calmer la colère des Gilets jaunes.

Dans ces conditions, difficile de voir dans les discours musclés de Bruno Le Clown Le Maire, sur la rigueur budgétaire qu’il compte mettre en oeuvre, autre chose qu’un sinistre blabla sans queue ni tête, un faire-semblant de savoir-faire et d’efficacité qui ne seront jamais obtenus tant que la lourdeur de notre Etat-providence n’aura pas été clairement identifiée comme la cause de nos déficiences criantes en matière d’emploi et de pouvoir d’achat.

Quant aux Français, dont la charge fiscale toutes catégories confondues est la plus élevée du monde relativement à la production annuelle, nul doute qu’ils apprécieraient certainement de voir l’étau se desserrer. Tout se passe comme si on l’avait oublié, mais c’est l’augmentation des taxes sur les carburants qui concerne potentiellement tout le monde qui a fait déborder le vase, pas la suppression de l’ISF.

Il est vrai que depuis, rapport Oxfam sur les inégalités et discours sur l’importance du symbole en politique aidant, la petite musique de la restauration de l’ISF comme marqueur indispensable de la justice fiscale de ce pays a porté. Les Français soutiennent cette mesure à 77 %, en accord avec presque tout l’échiquier politique (vidéo 01′ 54″) :

Entre des Français travaillés au corps depuis des décennies – à l’école, à l’université, dans la presse et dans pratiquement tous les partis politiques – pour adhérer sans faiblir à notre modèle social hyper redistributif censé nous protéger tout en gommant les inégalités, et un gouvernement obligé d’en passer par les exigences de l’Union européenne en matière de comptes publics, il ne reste guère que la solution de taxer plus, avec « plus » signifiant « les riches », histoire de faire basculer dans la case « justice sociale » les hausses d’impôts rendues indispensables par la fuite en avant des dépenses publiques.

Cependant, à lire deux sondages parus récemment, il me semble qu’aujourd’hui, les Français sont plus en proie à un désarroi ravageur que véritablement sûrs d’eux quant à la politique économique qu’il faudrait mener.

Le premier, réalisé par l’institut Elabe pour Les Echos les 5 et 6 février 2019, montre que si le couple exécutif n’est pas au mieux de sa forme – euphémisme, on parle de 27 et 26 % de cote de confiance pour Macron et Philippe respectivement – c’est l’ensemble de la classe politique qui atteint un plus bas (20 %) depuis un an (schéma ci-contre).

Le second sondage, réalisé par Odoxa les 6 et 7 février 2019 pour Le Figaro, concerne le référendum qu’Emmanuel Macron envisage d’organiser pour clore le Grand débat. Première remarque, les Français y sont majoritairement favorables, quoique sans enthousiasme exagéré (55 %) mais seules 27 % des personnes interrogées déclarent qu’elles participeront au débat et seules 32 % d’entre elles pensent qu’il débouchera sur des mesures utiles pour le pays.

A la forte défiance vis-à-vis de tous les politiciens s’ajoute comme une sorte de résignation pessimiste et sans espoir. Comme une façon de dire : on a déjà tout vu, on a déjà vécu mille réformes en tout genre, les 35 heures qui devaient donner du travail à tout le monde, les emplois aidés, le service civique, le tiers payant, la politique de la ville, la démocratie participative… et pourtant rien n’y fait.

Encore plus parlant à mon sens, la mesure qui se détache pour figurer dans la question du référendum porte sur le pouvoir d’achat (71 %). Le sondeur précise entre parenthèses : salaire minimum, pension de retraite. On peut donc supposer que les personnes interrogées espèrent que le SMIC et les pensions pourraient être augmentés par référendum conformément au formatage économique des esprits évoqué plus haut. Pure pensée magique : le pouvoir d’achat ne se décrète pas, il se crée par le travail ; et le travail se crée par les investissements et les innovations des entrepreneurs.

Mais les autres questions suggérées (mesures fiscales dont rétablissement de l’ISF, mesures à propos de l’immigration, mesures institutionnelles et mesures sur l’environnement) sont reléguées tellement loin derrière le pouvoir d’achat, que j’ai la nette impression d’être surtout face à un cri du coeur : nous voulons vivre mieux !

Nous voulons vivre mieux, mais nous ne savons plus comment faire et nous ne faisons plus confiance à personne. On nous vante notre modèle social depuis 40 ans et pourtant nos fins de mois sont difficiles, trop de nos enfants passent directement de l’école au chômage, trop d’entre nous sont sans travail, trop vivent chichement de minima sociaux dont ils n’arrivent plus à se passer.

La France m’apparaît plus que jamais comme un pays déprimé et sans repères, accroché sans satisfaction à la béquille débilitante de son modèle social, et pourtant incapable de s’en séparer.

A sa décharge, elle est gouvernée depuis des décennies par des imbéciles prétentieux, aussi accrochés à leurs postes qu’incapables de courage et de vérité.

Et c’est ainsi que la distribution de l’argent des autres et la démagogie délétère de la « justice sociale » continuent de plus belle, précipitant inéluctablement déclassement et chômage de masse.

La France, ce pays désemparé dirigé par des clowns.

sur le web:  https://leblogdenathaliemp.com/2019/02/09/la-france-ce-pays-desempare-dirige-par-des-clowns/