Ces pillards qui nous gouvernent

Une histoire vraie pour imager mon propos.

Mon domicile principal est à Sète, ville portuaire du Languedoc-Roussillon. J’y ai passé mon enfance. J’ai connu ce port actif avant l’indépendance algérienne, puis en léthargie après. C’est la pêche alors, entrainée par l’énergie des pêcheurs « pieds noirs », qui devint l’activité dominante, le golfe du Lion étant à cette époque particulièrement poissonneux. Ensuite vint le tourisme en Languedoc-Roussillon, avec la mission Racine et les stations nouvelles. Mais Sète passa à côté de cette industrie touristique, pour des raisons politiques (volonté du parti communiste alors aux manettes) mais aussi physiques du fait de la présence en cœur de ville d’une pêche industrielle particulièrement polluante.

Je m’en suis largement expliqué, je considère que nous devons tous penser à nous-mêmes en tant qu’individus, mais aussi nécessairement au groupe en tant que membres du groupe, c’est notre destin d’homme.

Ainsi au début des années 1980, réfléchissant en tant que membre de la collectivité Sétoise, avec un confrère architecte (Jean-Robert Mazaud) dont l’apport fut déterminant, nous avons proposé un projet de tourisme ambitieux que nous avions nommé « Atolis ». Ce projet était terrestre. Il se heurta immédiatement au rejet constructif de l’époque, baptisé « refus de la bétonisation », qui perdure.

Dès 1984, j’en concluais que, ne pouvant bâtir directement sur terre un outil touristique, la ville devait s’engager dans l’industrie touristique à travers ses plans d’eau portuaires, largement en déshérences.  J’établissais alors un plan qui fut taillé en pièce par les pêcheurs, actifs, riches et jaloux de leurs privilèges sur les plans d’eau. Ils n’envisageaient pas, à cette époque, que leur activité puisse s’étioler et dépérir par la baisse de la ressource.

C’est ainsi que Sète, contrairement à une ville comme La Rochelle, rata à cette époque sa transition entre l’industrie maritime de pêche, de transport et le développement de l’industrie touristique.

Plus récemment, en 2007, lors du transfert du port de l’Etat vers La Région Languedoc-Roussillon, je trouvais en Yves Marchand, ancien maire de Sète, un partenaire pour défendre mes projets d’organisation du port. Lui militait pour que le port soit transféré à la ville de Sète et non à La Région (il avait raison).

Enfin, en 2010, je présentais plus précisément un projet de port de plaisance visant à engager la ville vers l’industrie touristique indispensable pour son avenir, et, tout récemment, je lui ajoutais l’idée d’une mise en zone piétonne de l’espace clef de ce développement : link

Vous vous demandez probablement quel rapport il y a entre cette histoire et le pillage de nos gouvernants. Nous y venons.

Décidé à tenter de reconquérir la ville qu’il a perdue dans les années 1990, Yves Marchand se représente aux élections municipales de 2014. Il décide de m’associer et d’associer ma vision du port à sa campagne. Je ne m’y oppose pas, jusqu’à qu’il me fasse savoir qu’il veut bien mes projets, mais pas de moi comme responsable de leur mise en œuvre s’il est élu…

En clair, il s’approprie ma propriété intellectuelle. Je lui fais savoir, très formellement, que je ne lui reconnais pas ce droit. Il passe outre et annonce publiquement son projet pour la ville, qui est le mien, lors d’une réunion publique, le 17 Mai.

Vous vous demandez toujours ce que vient faire cette affaire, d’une part dans ce blog, d’autre part dans le thème général du pillage par les élus. Et bien figurez-vous que ce garçon est un élu plutôt honnête, que pourtant il considère que sa « mission » lui autorise tout, y compris le droit de piquer les idées des autres. C’est ça l’incroyable, l’inacceptable, pourtant si courant partout et tous les jours dans ce beau pays. Les créateurs, les entrepreneurs, leurs idées ne sont pas respectés par les politiques, même par ceux qui ne sont pas foncièrement malhonnêtes.

 

Précisions

D’abord pas d’erreur d’interprétation. Il n’y a pas d’argent en jeu. Le projet que je porte est le projet d’un citoyen mis bénévolement au service de la collectivité. C’est dans ce cadre de bénévolat et exclusivement dans ce cadre que je souhaite porter à son terme ce projet que je crois essentiel. Rajoutons que les choses n’auraient pas été différentes s’il s’était s’agit d’un projet rémunérateur.

Explication

Nos politiques, carriéristes, pensent que, pour être élu ou rester élu, il faut avoir des idées. Face à cette obligation fantasmée, quand ils n’ont pas d’idée, ils les volent. Ceci n’est pas négligeable et peut tout à fait être comparé à la nécessité qui leur apparait de dépenser notre argent pour être aimé. C’est-à-dire qu’ils imaginent leur mandat comme une espèce de fonction qui viserait à tout savoir, tout comprendre, tout maîtriser, où nous serions le troupeau dont ils seraient les bergers. Pas étonnant que nous finissions à l’abattoir. Les voilà prêts à voler à ce titre notre argent et nos idées, que nous reste-t-il ? Rien.

 

Conclusion

A une époque où la démocratie se cherche un nouveau souffle cette attitude est suicidaire. Rapporté à l’ensemble du pays elle génère le fatalisme, l’apathie, qui nous envahissent. Les élus infantilisent l’électorat. Dépossédés de tout, qui sommes nous ?

Nous avons besoin de démocratie participative, de partager avec les élus la responsabilité de notre destin, pas de faux magiciens qui nous volent pour nous épater. Les jeunes qui arrivent ont besoin d’élus qui les soutiennent dans leurs projets, qui leur donnent confiance en eux, d’élus sages et en retrait qui libèrent la créativité de ce pays. Pas de voleurs d’idées. Pas de voleurs d’énergie économique, de revenus gagnés durement, avec pour excuse une égalité bidon ou comme paravent l’intérêt collectif. Nous ne sommes pas à la charge ou en remorque de leur « supèriorité ».

Heureusement, il y a internet.

L’avenir de ces profils d’élus est compté. Demain, la démocratie directe s’imposera, le respect des biens des citoyens, matériels ou intellectuels, sera la règle, c’est incontournable.

Le pillage a besoin de l’ombre, internet c’est la lumière, parfois un peu trop crue diront certains mais toujours préférable.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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