Complots, croyances et flicage

Lorsque Louis XVI tente des alliances avec l’aristocratie européenne pour maintenir la royauté, il ne complote pas. Il croit en la royauté, en cela il ne fait qu’adhérer à un régime millénaire qui lui parait évident, il se rapproche naturellement de ceux qui croient aussi à ce système. Il ne comprend pas les motifs de ceux qui souhaitent le modifier. Il ne perçoit pas les souffrances que ce régime génère.

Il y laissera la vie, accusé de complot. Sa mort est sans doute abusive. Celle du système social qu’il représentait parfaitement naturelle, il ne pouvait que disparaître. Mais pas plus ici que plus tard ailleurs il n’est question de complot.

En ce qui me concerne, je pense que le complot, réunion de personnes structurées dans le seul but d’accéder à un pouvoir ou de le préserver, n’existe pas, jamais.

Je ne suis pas le seul à croire cela. Le pouvoir étant la résultante de conditions si multiples, impliquant ceux qui le veulent et ceux qui le subissent, que nul ne peut maîtriser dans une action comploteuse tous les paramètres du pouvoir, même par la force.

En revanche, les regroupements d’intérêts matériels ou moraux, programmés ou non, amenant à des groupes d’action visibles ou occultes, connectés ou non entre eux, sont la règle, la contrepartie de la nécessité pour l’homme de l’action de meute sans laquelle il est dépourvu face à son environnement.

Cette façon de voir les choses concernant la vie en société m’a amené à adhérer – je m’en suis déjà ouvert – aux théories de Yuval Noah Harary développées dans son ouvrage « Sapiens ».

A savoir, la croyance est le ciment qui permet aux hommes de se regrouper en masse malgré leur peu d’uniformité, leurs individualités si différentes. La croyance est la base de toute société. Ce ne sont donc ni la force ni le complot qui nous unissent, ce ne peut être que la croyance.

C’est là que tout se complique, car si la croyance est notre ciment, elle peut aussi être notre tombeau intellectuel, moral et pratique.

Deux exemples.

Les religions. Elles sont une de ces croyances intellectuelles fédératrices permettant le regroupement. La plupart sont exclusives, ne se partagent pas. Ainsi la France est en échec face à la religion musulmane. Était-il raisonnable d’imaginer à la fois le développement d’un culte aussi exclusif et son intégration ? Bien sur que non. Sauf à proposer une croyance à valorisation supérieure, nous y reviendrons.

L’égalitarisme. Il s’agit ici d’une croyance matérielle dont l’inaccessibilité est évidente. Il suffit d’en regarder objectivement le déroulement dans le temps. Comment expliquer à un jeune enfant scolarisé qu’il faut qu’il travaille pendant qu’une bonne moitié de sa classe non seulement ne fout rien, mais le nargue. Puis que, s’il travaille bien, plus tard il gagnera de l’argent qu’on lui prendra pour donner à ses condisciples actuels qui ne foutront toujours rien tout en continuant à le narguer. Difficile…

Le ciment sociétal « croyance » a tendance naturellement avec le temps à la fissure, voire à l’effondrement.

C’est à ce moment qu’il se défend en criant au complot.

Et là c’est grave, très grave. C’est cette réaction qui a entraîné la terreur et son cortège d’horreurs lors de la révolution, dont le symbole historique est Fouché, ses délations et ses fichages. C’est la même réaction qui a généré le stalinisme, la Stasi, toutes ses joyeusetés de l’égalitarisme communiste.

Le principe est toujours le même, d’abord un cri : « Mort aux comploteurs qui mettent en danger notre belle société ».  Alors qu’en règle générale c’est seulement la croyance de base initiale qui bat de l’aile, qui ne remplit plus son office de ciment social.

Lorsqu’une société arrive à ce point de sa décomposition, la fin n’est pas loin.

Les symptômes finals sont : l’affirmation d’un dogme, l’introduction de la délation massive pour motif de déviance, le fichage généralisé des individus, les sanctions aveugles contre les contestataires, le repli.

C’est exactement à ce point qu’en est la France. Voir Bercy.

Ses trois croyances basiques sont en échec, sa chrétienté, sa laïcité, son égalitarisme, d’autres tentent de prendre la place sans succès, l’écologie, la religion musulmane, le consumérisme.

En réalité il s’agit d’une situation de grand danger, propice à l’effondrement par manque de croyance fédératrice raisonnablement acceptable.

Et pourtant, il est une croyance supérieure qui permettrait à la France de terrasser ses démons actuels, de permettre à toutes les croyances de se maintenir dans le cadre de l’épanouissement de cette croyance supérieure.

Je veux parler de la croyance en soi que chaque homme peut développer sans nuire aux croyances collectives.

C’est ce ciment qui, jusqu’à aujourd’hui, a permis aux Etats-Unis d’Amérique d’absorber les différentes croyances en plaçant au-dessus de tout l’individu, la croyance en sa plénitude, sa force, son destin. Ce ciment social s’appelle le libéralisme.

La sortie pour la France sera libérale ou ne sera pas.

Bonne année. Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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7 réflexions au sujet de « Complots, croyances et flicage »

  1. Le mot croyance aurait mérité d’être défini puisqu’on en fait culturellement un contresens. C’est comme le placebo : il démontre un autre mécanisme. Si c’est une croyance efficace ou un mécanisme de cause à effet, ce n’est plus une croyance. Si l’effet placebo marche, il ouvre une voie de guérison gratuite qui relève d’un choix! Un choix à conscientiser et à perfectionner.
    Croire en soi, croire en l’Homme ou croire en Dieu, est-ce une croyance ou bien un choix qualifiable de concret dans ses effets ? Si on croit en soi, on croit dans l’homme ! … et on admet déjà que ce n’est plus une croyance puisque ce sera suivi d’effets bien réels… Avoir la foi, croire en Dieu, je constate par mon expérience que c’est la même chose que croire en soi, avec les mêmes limites individuelles dès qu’on doute : l’esprit est créateur, la science est en train de le démontrer et ça la chamboule quelque peu.
    Il ne reste plus qu’à se servir de son esprit pour essayer de demander son avis à Dieu, afin de connaitre les questions suivantes, leurs réponses et ceci sans fin, semble-t-il.
    Pour atteindre Dieu (un peu ), il faut une grosse dose d’humilité, donc de liberté : pour les humains formatés que nous sommes tous, c’est dur dur… Ce qui n’est pas inintéressant, c’est que pour un agent du fisc, c’est complètement impossible sauf s’il change de métier…

    1. Disons que croire c’est accepter un raisonnement ou un fait comme vrai.
      Le doute étant alors exclu.
      On ne peut pas croire en soi, on ne peut qu’avoir confiance en soi.
      Qu’elle paraisse rationnelle ou irrationnelle la croyance n’arrive qu’après l’exclusion du doute. Elle s’éloigne si le doute revient.
      Son ciment collectif tient justement â son éradication du doute.
      Retenons aussi, pour l’anecdote, que le doute est un des marqueurs de l’intelligence.

      1. Merci pour ces précisions.
        Pourtant, croire est plutôt individuel et quasiment toujours traversé par des moments de doutes; quand le mot croyances est plutôt utilisé pour salir le fait de croire, par opposition à la science … science qui fait pire que les religions en terme de croyances sur bien des plans !
        Vive la responsabilité individuelle qui nous ramène aux faits !

  2. J ai savoure votre analyse ne nous laissons pas détruire par çes oligarchies
    Qui n ont qu une seule chose en tête dominer l autre ils ne savent pas vivre sans écraser autrui Bercy comme les autres ca les dérange qu on leur échappe ils
    Cherchent à dominer y compris sur nos idées nos pensées notre spiritualité
    Çe sont d abominables pervers sadiques incapable de vivre par eux mêmes
    S ils ne cassent pas autrui ils ne sont pas contents macron c est la même chose
    Il veut dominer à tout prix mais comme dit Leumas dans son pastiche de la chanson de Bruel tu as fait l ENA mais quoique tu fasses tu ne seras jamais Dieu
    C est tres remarquable comme considération. Cette ambition démesurée se çroire au dessus des hommes alors qu il n est qu un pauvre type qui même dans çes
    Discours sonne creux creux de sa vie creux de son âme dépourvu de toute sensibilité le fric le fric qui permet domination et pouvoir c est atroc d être dirigé
    Ainsi dans un pays comme notre france . Meilleurs vœux à tous bravo les gilets
    Jaunes qui ont compris que le pouvoir. Appartient à tous et non pas à la caste
    De Bercy et des politiques. Tout individu m’ait libre et devrait pouvoir réaliser
    Sa vie ses désirs sans être constamment enchaîne étouffe pars tous ces individus
    Pervers qui empêchent les autres de vivre tout simplement bravo Éric drouet
    Qui se retrouve en garde à vue car il a osé dire qu il voulait aller à l Élysée
    C est superbe un homme chauffeur routier qui ose furent cela bravo encore et
    Meilleurs vœux à tous pour une année plus libre Qui nous permette de vivre
    Comme nous l entendons.

  3. J’ajouterais que le libéralisme est la condition sine qua non d’une économie prospère, aucunes nations ayant choisi d’autres systèmes ne s’en est sortie indemne, le communisme en est un triste exemple (ne parlons pas de celui des chinois qui ne sert que de prétexte à un asservissement qui ne dit pas son nom).
    Ce sont actuellement majoritairement les entreprises petites ou grandes des secteurs libres, privés qui sont le moteur de l’économie, mais à quel prix!

  4. Merci Cher Henri pour cette analyse pleine de bon sens.
    « PEUT ON ENCORE SAUVER La France RAPIDEMENT  » Je pense que NON car il y a trop de dysfonctionnements, de privilèges et de gabegies en particulier à BERCY.

    Mais un Message pour 2019 !
    Il faut plus de courage de dire ce que tu penses que de te taire.
    Donc quoi que tu rêves d’entreprendre, commences-le, l’audace a du génie, du pouvoir, de la magie, car tu ne sais jamais à quel point tu es fort , jusqu’au jour ou être fort reste la seule option . Et si tu as l’impression d’être trop petit pour pouvoir changer les choses , essayes donc de dormir avec un moustique et tu verras lequel des deux empêche l’autre de dormir.
    « Les Batailles de la vie , ne sont pas gagnées par les plus forts , ni par les plus rapides , mais par ceux qui n’abandonnent jamais. »
    Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et une bonne année 2019 pleine de changement et de succès. Régine et Richard ARMENANTE

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