Courage Fillon

Depuis quelques mois je me suis remis à l’anglais. Je pars de loin. La chose est laborieuse, peu performante, probablement sans espoir. Mais, chaque soir de ce dur labeur j’ai deux ou trois occasions de franche rigolade. Je vous donne la combine qui vise les mots à la prononciation ambiguë. J’écoute consciencieusement l’un de ces mots — ou une phrase en incluant un — puis je vais le répéter au traducteur vocal de Google. Alors là, les résultats sont à minima aléatoires, la plupart du temps comiques sans rapport avec ce que je crois avoir dit.

Donc, courage Fillon (sacrée phonétique).

Je ne sais pas qui s’occupe de la communication de ce pauvre Fillon, mais aussi nul que ça tu meurs.

D’abord une petite histoire.

Il y a une dizaine d’années je crée une société dont je confie la gérance, non rémunérée, à mon épouse. Au bout d’un mois et après la signature de trois ou quatre lettres, elle me dit qu’elle ne veut plus être gérante pour une société où elle n’est pas impliquée, que je n’ai qu’à me débrouiller seul, elle ayant assez de boulot à la maison. Comme elle n’a pas tort, je me débrouille seul.

Mais, et c’est là tout le piquant de l’affaire, j’oublie de modifier la gérance dans les statuts, elle reste donc gérante, fictive, toujours non rémunérée.

Soudain l’URSSAF et autres prédateurs sociaux lui adressent une facture de cotisations personnelles au titre de gérante de ladite société, plus les majorations pour non déclaration.

J’explique alors à l’URSSAF et compagnie que ce qui compte n’est pas la déclaration mais la situation factuelle, que donc mon épouse étant, du fait de ma négligence bureaucratique, une gérante fictive non rémunérée elle n’ouvre pas motif à cotisations. Je rectifie évidemment les statuts de la société.

Les prédateurs m’affirment que ce n’est pas la situation factuelle qui compte mais la situation déclarative, l’exact contraire de ce que prétend la justice dans l’affaire Fillon. J’ai perdu toutes les procédures liées à cette affaire. Il n’y eut pas d’enquête cherchant la vérité des faits. A l’époque, la justice pensait comme l’URSSAF, le contraire de ce qu’elle affiche aujourd’hui..

Moralité : la loi, contrairement à l’idée communément répandue, ne supprime pas l’injustice naturelle de la vie, elle se contente de la déplacer au profit de ceux qui ont le pouvoir.

Quand à Fillon. Il est cuit.

Notre justice « colbertienne », donc centralisée et injuste, n’a pas le pouvoir de juger en son âme et conscience au cas par cas. Elle ne peut juger qu’en fonction de la jurisprudence passée ou à venir. Donc elle condamnera Fillon ou s’enfermera dans un piège insoluble pour elle.

Et oui, nous avons structurellement la justice la plus con du monde qui se croit égalitaire alors qu’elle n’est que stupide, indépendamment de la volonté des magistrats.

Alors Fillon.

Il meurt de cette justice évidemment, mais surtout de sa communication foireuse.

Pourquoi n’a-t-il pas assumé publiquement ses revenus, compris ceux attribués déclarativement à son épouse dans le cadre de son foyer fiscal ?

Sauf à continuer à cultiver l’égalitarisme, les responsabilités et la charge de travail de cet homme justifient parfaitement le montant total de ses rémunérations, épouse et enfants compris.

S’il n’a pas communiqué ainsi, c’est qu’il n’était pas prêt à défendre ce pourquoi il demandait nos voix. Il était donc prêt à se plier à l’égalitarisme soi-disant majoritaire.

Il n’était donc pas ma tasse de thé, plutôt un usurpateur.

Bon vent M. Fillon

Bien cordialement.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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3 réflexions au sujet de « Courage Fillon »

  1. Attendons de voir la mise à mort, cela relèvera du grand spectacle égalitariste

    Je noterai au passage que les gains de Mme FILLON étaient parfaitement connus des organismes sociaux et fiscaux, ce qui met beaucoup de monde au courant ayant un intérêt plus ou moins proche de nuire au candidat.

  2. Bjr,
    La gauche a dû l’enfoncer, ses « amis » des ripoux-blicains sans doute aussi mais cet homme a volé les contribuables et dont moi…
    Quand on demande aux Français d’être exemplaires et que soi-même on l’est pas, ça vous retombe dessus!
    Il est normal que nos politocards se fassent remonter les bretelles par ceux à qui ils demandent de se serrer la ceinture!
    @+

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