D’où vient le pognon de dingue que la France dépense ? Par Laurent Sailly

Il est temps pour les Français d’arrêter de se laisser monter les uns contre les autres. Il y aura toujours des riches et des pauvres.

Depuis plusieurs mois nous avons d’un côté le président de la République qui sait où va notre « pognon de dingue » mais se demande à quoi ça sert et, de l’autre, les Français qui ne savent pas où va notre « pognon de dingue » et se demandent qui en profite.

Dans la mêlée, les « riches » (dont je ne fais malheureusement pas partie), accusés de tous les maux, qui ne participeraient pas à l’effort collectif. Ces « riches » qui se vautrent dans le luxe et passent leur temps à chercher comment planquer le magot.

Mais voilà, les croyances populaires diffusées dans les esprits par des mouvements politiques qui rêvent du Grand soir ne résistent pas à la plus petite des analyses économiques de base que pourrait réaliser un lycéen en terminale de Sciences éco.

En France, il est de bon ton de critiquer ceux qui ont réussi. Aussi la vox populi aime désigner les « profiteurs capitalistes qui oppriment la classe populaire ». Ainsi, d’une main armée d’un marteau, ils cognent sur les fleurons de l’économie française et, de l’autre, armée d’une faucille, rêvent de décapiter les grands exploiteurs que sont les patrons de ces mêmes entreprises.

Ainsi, régulièrement, sont mis sur l’enclume populaire des sociétés comme L’Oréal, Société Générale, Vinci, Total, Véolia, Suez. Sur le billot sont souvent posées les têtes de Bernard Arnaud (LVMH – dont Christian Dior), Vianney Mulliez (groupe Auchan), Yannick et Vincent Bolloré (respectivement Havas et Vivendi), Arnaud Lagardère (groupe Lagardère) ou encore Xavier Niel (groupe Iliad – dont Free) et Patrick Drahi (groupe Altice – dont SFR).

58 MILLIARDS QUE RAPPORTENT LES 100 PLUS GRANDES ENTREPRISES FRANÇAISES

Or, en 2017, les 100 plus grandes entreprises françaises ont rapporté au budget l’État plus de 58 milliards d’euros :

  • 10 milliards d’euros en impôts sur les sociétés (17 % de l’IS)
  • 39 milliards d’euros en taxes et contributions sociales sur le travail (18 % du total)
  • 8,4 milliards d’euros des impôts de production (21 % du total)

Elles ont participé à hauteur de 13 % du PIB français pour 208 milliards d’euros et emploient plus de 2 millions de salariés (soit 13 % des emplois privés).

LES 10 % DES FRANÇAIS LES PLUS RICHES RAPPORTENT 64 MILLIARDS

Rappelons la base : « ceux qui paient l’impôt sur les revenus ont de la chance ».

En 2017, les 367 000 Français les plus « riches » (soit 1 % de la population) se sont acquittés de 30 % de l’impôt sur les revenus soit 22 milliards d’euros. Aujourd’hui 10 % des foyers fiscaux payent 67 % de la facture, c’est à dire les deux tiers ce que rapporte de l’impôt sur le revenu soit 47 milliards d’euros.

En 2001 – dernière année pour laquelle on dispose de données – les 10 % des ménages les plus aisés ont payé 4 606 euros de TVA. La part de TVA acquittée par eux est estimé à environ 17 milliards d’euros.

LES RECETTES FISCALES DE L’ÉTAT : 287 MILLIARDS

  • Dont acquittées par les 100 plus grandes entreprises françaises : 58 Md€ soit 20 % des recettes.
  • Dont acquittées par les 10 % des Français les plus « riches » : 64 Md€ soit 23 % des recettes.

En économie le risque est de s’arrêter à « ce que l’on voit », sans réaliser l’importance de « ce qu’on ne voit pas »1

Malgré ce qui est affirmé dans des déclarations démagogiques, il n’est pas possible de surtaxer ou surimposer les « riches ». Toute réforme fiscale doit d’abord s’enquérir du « consentement à l’impôt » de ceux qui y sont soumis. Nous l’avons vu avec l’augmentation de la TICPE (taxe sur les carburants). Les Gilets jaunes ont tous dit que cette mesure avait constitué la goutte d’eau.

Un renforcement de la fiscalité sur la population française la plus riche et/ou sur les 100 plus grandes entreprises françaises pourrait constituer cette goutte d’eau. Alors certes, ils ne descendront pas dans la rue, mais risquent de s’exiler, de délocaliser la production de leurs entreprises, ou de casser les initiatives individuelles.

Nous avons l’exemple sous les yeux. La mise en place de l’ISF a permis de collecter 5 milliards d’euros de recettes. Ce qu’on ne dit pas c’est que les Français qui ont voulu échapper à cet impôt non consenti ont « fait perdre » 20 milliards d’euros de recettes à l’État sur d’autres postes. Le départ massif de cette catégorie de Français représenterait une perte de recettes de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Il n’est pas possible d’obliger quelqu’un à rester dans le pays, sauf à mettre un terme aux libertés individuelles. De toute façon, l’économie française ne peut se suffire à elle-même (dépendance énergétique, produits de premières nécessités non créés en France, dépendance financière via la dette) et une telle politique fiscale engendrerait un isolement que le pays ne supporterait pas.

Il est temps pour les Français d’arrêter de se laisser monter les uns contre les autres. Il y aura toujours des riches et des pauvres. Mais il est évident que tous les Français ont droit à une vie décente et une juste rémunération de leur travail. Il est aussi évident que chaque Français doit percevoir un revenu correspondant à ses capacités, ses talents, ses vertus. Il est normal d’être justement récompensé de ses initiatives en cas de succès. Dans tous les cas, il faut les encourager.

Il faut lutter pour la liberté et l’équité. La liberté et l’équité consistent à tirer tout le monde vers le haut. Il faut éviter le syndrome Robin des bois : prendre aux riches pour redonner aux pauvres. Notre société fonctionne depuis trop longtemps en dépit du bon sens. On cherche aujourd’hui à rendre les riches moins riches et les pauvres moins pauvres (théorie égalitariste). Je vous propose de vivre dans une société où les pauvres peuvent devenir riches sans s’en prendre à ceux qui le sont déjà !

sur le web  https://www.contrepoints.org/2018/12/23/333148-dou-vient-le-pognon-de-dingue-que-la-france-depense

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3 réflexions au sujet de « D’où vient le pognon de dingue que la France dépense ? Par Laurent Sailly »

  1. Opposer les riches et les pauvres est en réalité l’arbre qui masque la forêt..!
    Le véritable problème n’est pas là….il est dans l’équité….qui n’existe plus dans le système actuel….
    Je note que les riches si ils sont trop taxés se délocalisent..belle exemple de civisme! Courage fuyons…..
    Le pauvre lui ne risque pas de se délocaliser…et critique le système..
    Quelle ingratitude insupportable pensent certains…au sommet de l’Etat.
    Donc tout ce ‘pognon de dingue’ est très mal utilisé,une certaine unanimité se faisant jour à ce sujet..
    Comble de l’ironie nous connaissons les responsables de ce gâchis…pire nous les réélisons….et rien ne change. ,chaque élection faisant naître un, voire des espoirs….s’évaporant ensuite comme la rosée de l’aurore……..
    Le simple bon sens voudrait que l’on soit plus juste dans la répartition des efforts fiscaux notamment, et de la redistribution…contrôlée.;il y a tant de fraudeurs par exemple au niveau des allocations sociales … c’est scandaleux tout simplement: mais chut…on fait des rapports qui sont soigneusement rangés dans les armoires de l’oubli..pas de vagues svp.
    Certes c’est plus facile à dire qu’a faire tellement d’intérêts divers sont en jeux… .Tellement de corporatismes s’opposent….Tellement d’égoïsmes se font jour..sans parler des ambitions visibles, et pire encore celles non visibles du grand public surtout…mais qui manipulent discrètement.. en coulisse., Le domaine de la finance. est particulièrement concerné…mais pas que lui…
    Avec tout ça comment éviter une guerre civile. tant les antagonismes sont exacerbés et que régulièrement on met de l’huile sur le feu pour les entretenir?
    La seule solution viable est de remettre à plat tout le système et d’éliminer ce qui crée des discordes sérieuses…..en faisant que l’équité et la justice soient les fondamentaux d’une nouvelle république-(ou un autre nom)
    qui ne se contente pas d’affiche sur les frontons des édifices publics .
    « .liberté ,égalité ,fraternité »…
    endroits devant lesquels le peuple passe en baissant la tête…tant il ne croit plus à ce qu’il voit ,entend….Il subit point barre.
    Mais de tout cela qui s’en soucie vraiment?
    Si nous ne réagissons pas , nous aurons au final ce que nous méritons..

  2. Moi, je comprends pas ou est passé « ce pognon de dingue », qui est confisqué au français, chaque années, depuis 10 ans, c’est 200 milliards, que l’on nous confisque chaque années depuis 10 ans, notre dette augmente toujours, notre déficit dépassera les 100 milliards, pour la première fois, les pauvres sont de plus en plus pauvre, les classes moyennes, rentre dans la pauvreté, apparement les fonctionnaires et les retraités, leurs revenus décroissent. Ou sont passé ces 200 milliards?…

  3. C’est l’affectation des ressources de l’état qui est en cause, trop de dépenses somptuaires, trop de subventions non contrôlées, trop de financements hasardeux, trop de fonctionnaires occupés soit à des tâches inutiles, soit en doublons avec d’autres services (voire encore plus) soit en attente (indéfinie[ment]) d’un poste à la hauteur de leurs excellentissimes capacités, trop d’élus qui tirent à hue et à dia les dotations dont ils ont besoins pour satisfaire leur électorat privilégié mais néanmoins nécessaire pour espérer une réélection pour continuer « la soupe est bonne », trop d’investissements mal calibrés « gr^ce » aux dépassements stupéfiants des devis que les fonctionnaires « zélés » ont été incapables d’empêcher avec des clauses fermes et définitives sous menaces (exécutoires) de très lourdes amendes , ne mettant pas en faillite les contractants mais les atteignant à doses homéopathiques au portefeuille sur quelques années , trop de bâtiments vides entretenus à grands frais ou tombants en ruines . . . c’est ça le cancer qui ronge cet état qui n’en peut mais !

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