Enfin, ça bouge.

C’est ce que je me dis chaque fois, puis, je suis obligé de me rendre à l’évidence, non, ça ne bouge pas.

Comment pourrait-il en être autrement, face à la propagande insensée dont sont victimes tous les habitants de ce pays ?

Hier donc, une journaliste me téléphone. Une professionnelle au demeurant charmante dont les besoins sont les suivants : « Je cherche une personne qui a eu un redressement fiscal, qui a l’impression qu’il est injustifié, qui accepterait de témoigner une minute et demie ». La messe est dite.

Je me permets de lui expliquer qu’il ne lui serait sans doute pas venu à l’idée de chercher en Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid, un homme de couleur qui lui aurait, en une minute et demie, expliqué pourquoi il trouvait sa situation injuste. Ou encore, avant le génocide au Rwanda, de proposer à un Tutsi d’exposer son cas devant une assemblée d’Hutus pendant une minute et demie.

Car nous en sommes là.

Comment faire face à 99% de français qui sont journellement les victimes de la propagande de l’Etat qui leur indique que leurs problèmes sont dus aux fraudeurs fiscaux, mais que les contrôleurs de Bercy veillent au grain et ont, heureusement pour eux, des résultats remarquables.

Qui, face à ce déferlement de propagande, pourrait comprendre, en une minute et demie, toute l’injustice du contrôle fiscal ? La mort économique distillée à petit feu, l’absence totale de droit pour le contrôlé, les pouvoirs exorbitants du contrôleur appuyé par le syndicat unifié des impôts, le droit au pillage revendiqué par l’Etat, la cupidité qui motive les professionnels engagées dans la prétendue défense des contrôlés, le saccage des forces vives de ce pays, etc…

Le résultat d’une participation à une telle émission ne peut qu’être catastrophique pour la cause des contrôlés fiscaux. Les téléspectateurs, dans leur grande majorité, auront déjà condamné le récipiendaire avant même la fin de sa minute et demie de prestation, s’il n’est pas carrément flingué par le journaliste qui présentera l’émission.

Si l’information existait

Le sujet est suffisamment grave et lourd de conséquences pour qu’une émission régulière en traite. Nous avons proposé aux différentes chaines cette émission, sans succès à ce jour.

Elle devrait, effectivement, se baser sur des sujets réels, mais ceux-ci devraient permettre d’ouvrir une discussion adaptée au cas imagé, par exemple l’opacité du déclanchement d’un contrôle, la difficulté de conserver une preuve du débat oral et contradictoire, l’invraisemblable pression du fait que la notification est exécutoire dès son émission etc…

Le débat devrait être de haute tenue et regrouper des professionnels, des psychologues, des politiques, des historiens, des intellectuels, voire des contrôleurs fiscaux s’il en existe susceptibles de parler librement,  etc…

Alors, peut-être serait-il possible de faire comprendre aux français, à condition que le temps ne soit pas limité et que l’émission soit programmée régulièrement, à quel point la fiscalité française et l’économie de ce pays sont de purs actes de folie, un suicide collectif.

Chacun comprend facilement qu’un héritier qui piocherait inconsidérément dans la caisse du patrimoine familial, sans prendre la peine d’abonder par son travail et son intelligence à l’entretien ou à l’augmentation de ce capital, finirait dans la misère, quand bien même la majorité de sa famille soutiendrait ses divertissements qui pourraient être de qualité.

Et pourtant, personne ne veut comprendre que ce qui est évident pour un groupe familial l’est pour tout autre groupe quelle que soit son échelle, ville ou nation.

Pendant ce temps

La destruction systématique des boucs émissaires que sont les contrôlés fiscaux, indistinctement accusés de fraude fiscale, continue.

Ces français plutôt globalement travailleurs, innovants, courageux, sont exterminés journellement de la façon la plus horrible qui soit.

Leurs révoltes et leurs souffrances arrivent, très atténuées, à la connaissance de la presse. Elle subodore un marché, mais elle n’imagine pas, pas encore, de s’évader de la propagande, ce ne serait pas immédiatement porteur.

La question est la suivante

La presse, donc la population, fera-t-elle son aggiornamento en ce qui concerne l’Etat, son rôle, ses dépenses et conséquemment l’impôt qu’il est en droit de lever ? L’Etat ne peut être, dans une société libre, qu’une assurance collective contre l’injustice inhérente à l’intérieur du groupe ou venant de l’extérieur. Il ne peut pas être un opérateur économique, répétons le : « L’Etat est la force, l’économie est le consentement ». La force ne peut pas avoir droit de cité dans l’économie.

Or, l’assurance est une formule mathématique de répartition d’un risque possible par une cotisation liée au risque. L’impôt, qui ne devrait être qu’une assurance, ne peut qu’être égal pour tous et lié au risque couvert. Tout le reste n’est que foutaise ruineuse.

Tout cela pourrait-il être évoqué volontairement et publiquement par la presse, avant qu’elle y soit tenue du fait de la faillite et de la ruine de ce pays ? C’est toute la question.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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2 réflexions au sujet de « Enfin, ça bouge. »

  1. Bjr,

    Ces impôts et taxes à gogo ont pour effet de nourrir trop de parasites.

    Comme l’on sait, les parasites se gavent et se multiplient: toujours plus.

    Les parasites encouragent, complices, à l’attitude gestapiste de l’administration fiscale et de ses agents.

    Donner du pouvoir même petit à un humain, voilà ce qu’il en fait: rabaisser son prochain.

    @+

  2. En une minute 30, je peux livrer mon expérience. La première surprise de mon redressement, finalement annulé tant il était extravagant, était que la notification était bourrée de fautes de calculs : plus de 50 erreurs dues à l’usage de post-its, à l’heure d’EXCEL.

    La seconde extravagance effaçait l’imputabilité de la totalité des frais de mon cabinet médical (loyers, appareils, salaires et charges sociales de ma secrétaire, etc. J’avais exercé et payé des taxes professionnelles et autres frais, sans avoir un cabinet médical déductible !

    Troisième extravagance contradictoire avec la seconde, le vérificateur ajoute à mes honoraires obtenus donc sans cabinet, des ‘honoraires dissimulés’ (sic) en fait de simples virements de compte à compte. Comment peut-on avoir des recettes sans cabinet médical ?

    Tous mes comptes bancaires étant saisis, j’ai ainsi fermé mon cabinet que j’ai vendu alors que, pour le fisc, il n’existait pas de cabinet médical.

    Les exactions commises par les agents des impôts sont assez peu connues du grand public à l’exception de ceux qui ont lu les ouvrages de ROBERT MATTHIEU, un ancien vérificateur avec son livre LE RACKET FISCAL. La seule solution à ce problème des abus est que la totalité des impôts actuels doit être abolie. Il devrait ne plus rien germer des esprits imaginatifs de BERCY d’autres que des idées raisonnables. L’impôt doit être unique, pratique. Il doit être défini de façon scientifique. Voici une définition scientifique de l’impôt unique : la mise en valeur et les frais généraux d’exploitation du capital national. Voilà la définition à laquelle sont parvenus des philosophes, physiocrates, économistes et surtout l’industriel MENIER (Chocolats MEUNIER). Je cite en recommandant le livre THEORIE ET APPLICATION DE L’IMPOT SUR LE CAPITAL (1875) d’EMILE MENIER, Edit. PLON, une réflexion approfondie, hors de toute polémique actuelle. Les premières idées de cet impôt scientifique sont venues de JOHN LOCKE lu par JOHN LAW, lire les deux magnifiques ouvrages d’EDGAR FAURE sur LAW et sur TURGOT, de TURGOT (ouvrage perdu, retravaillé par CONDORCET l’aide du Ministre de LOUIS XVI en presence d’ADAM SMITH qui en a fait la PROPERTY TAX aux USA. Probablement la source du développement extraordinaire de ce pays, enfin avec le livre exemplaire de MENIER, celui, un peu brouillon, de MAURICE ALLAIS (L’IMPOT SUR LE CAPITAL ET LA REFORME MONETAIRE de la France Edit. HERMANN frères). Sans ces lectures préalables à une discussion les critiques seront contredites.

    DOCTEUR JEAN DOREMIEUX

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