J’adore les élections

Cet espace dans la vie sociale, dont en connait la date longtemps à l’avance, me ravit.

Dans les mois qui précèdent, les idées entrent en ébullition. Des grandes théories aux basses intrigues, tout s’expose. Chacun auprès de son public, vaste ou restreint, développe ses arguments, ses rêves, ses utopies ou son pragmatisme.

Le présent s’estompe au profit d’un futur auquel les protagonistes finissent par croire dur comme fer.

Puis, la date approchant, les théories se transforment en visages. Anciennes et nouvelles, les tronches alors s’exposent aussi. Elles sont évidemment « de circonstance », souriantes sur les documents, au marché lors des distributions de tracts, elles se font sérieuses, voir soucieuses à l’occasion des meetings ou des passages à la télévision.

Enfin, l’électeur finit par s’accaparer la tête de son choix. Alors, il n’entend plus ce qu’elle dit, mais ce qu’il pense qu’elle dit.

Un immense quiproquo s’installe où chaque individu se figure qu’à l’occasion de la mise en boite de son petit bulletin, la fée démocratie va exaucer tous ses vœux. L’intensité de la situation n’échappe à personne, pas même à ceux qui sont fermement décidés à ne pas aller voter.

Des centaines de milliers de français ne pensent plus qu’à l’élection à venir, le jour prévu pour le vote leur paraissant devoir ouvrir un nouveau monde. Un monde où leur vie va basculer, évidemment vers le paradis qui sera issu de leur vote.

Bien sûr, il y a les pessimistes qui dénoncent l’échec à venir, déjà patent pour eux, de cette élection, qu’ils décrivent comme une mascarade. Se faisant, ils participent, même négativement, à l’hystérie ambiante.

Arrive le jour J. L’excitation est à son paroxysme. Chaque joueur a misé, y compris les abstentionnistes, vient l’heure du résultat, du tirage.

Peu de surprise, en règle générale sont élus ceux qui étaient donnés gagnants. Ceux qui ont joué les perdants se demandent pourquoi ils se sont déplacés.

Embrassades pour les vainqueurs, grise mine pour les vaincus.

C’est fini, le cirque plie bagage.

Ce sont les jours qui suivent qui sont les plus désopilants. Il ne se passe rien, strictement rien. Tout ça pour ça ?

C’est le constat auquel arrivent les électeurs, les vaincus, mais aussi les vainqueurs.

Car, et c’est cela que je trouve le plus extraordinaire, tous avaient fini par croire que les élections allaient changer les choses. Evidemment il n’en est rien.

Les vaincus retournent à leur anonymat, les vainqueurs déjà en place continuent leurs petites occupations, les nouveaux venus se demandent quoi faire.

La population retourne faire face à l’ordinaire de sa vie de tous les jours. Finis, pour quelque temps, les rêves d’une nouvelle vie dans un nouveau monde.

C’est justement ce calme, identique à celui qui suit une immense beuverie, le mal de tête en moins, qui me ravit.

C’est aujourd’hui que la démocratie me plait, quand elle a évacué les violences, autorisé les espoirs, les royaumes individuels rêvés dans des collectivités qui seraient faites sur mesure pour chacun, quand elle abandonne ceux qu’elle a fait rêver. Ils sont là, hébétés, gagnants ou vaincus, constatant que rien ne changera, que tout cela n’était que fantasme.

Ils avaient pris la démocratie pour la révolution, alors que non seulement elle ne l’est pas, mais sa seule fonction est justement de l’empêcher.

Ainsi donc, il ne se passera rien. Parce que la politique n’existe pas. Il n’existe que la paix ou la guerre. Le noir ou le blanc. Le plus ou le moins. Le jour ou la nuit.

En réalité : les faibles ou les forts. La démocratie, utopie éphémère, permet de garder les choses en leur état. L’inversion des rapports de force s’appelle la révolution.

N’imaginez pas que je plaide pour la révolution, pas plus que je ne rejette la démocratie. Je ne suis sur cette terre qu’un observateur de passage, indifférent aux spasmes du groupe.

Ma certitude de ne pouvoir échapper, en tant qu’homme, à mon appartenance au groupe, m’a amené à accepter ses sautes d’humeur, ses pulsions, ses angoisses existentialistes, au même titre que j’ai dû accepter les miennes en tant qu’individu.

C’est donc sans aucun cynisme que je constate ce calme embarrassé de l’après élection, cette période d’hébétude qui lie dans la même surprise vainqueurs et vaincus. J’aime en profiter, car je sais qu’elle ne dure pas.

Dès demain, la pantomime va recommencer, nous prenant tous dans sa farandole.

Bien cordialement. H. Dumas

PS 1 : Demain, deuxième Jeudi du mois, nous serons, à 18H, une poignée devant Bercy, pour nous recueillir sur les lieux de la disparition tragique de nos économies. Nous serons là, l’ancien ministre n’y sera plus. On a les satisfactions que l’on peut. Venez partager ce petit bonheur.

PS2 : Si vous avez un peu de temps, lisez le texte auquel mène ce lien : http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/displayArticle.php?articleId=191

RAPPEL :  MOBILISONS NOUS.  SIGNEZ LA PETITION. 

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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