J’étais là…

C’était un de ces mot d’ordre actuel. Plus ou moins présent sur le net. Lancé par on ne sait qui. Il m’intéressait évidemment.

 

Le principe étant de se trouver au même endroit, au même moment, sans autre lien que celui d’obtenir une masse d’énergie et de pensée tendue vers un refus, un souhait, une revendication.

Pas de contact entre présents, pas de signe particulier ni de volonté de manifestation, une simple présence.

C’est ainsi que, lorsque j’ai eu connaissance du fait que tous avaient prévu d’être là, sur le parvis du Ministère des Finances, à Bercy, d’y venir tous les deuxième Jeudis du mois, de 18H à 19H, la première fois étant le Jeudi 12 Septembre 2013, j’ai eu envie d’y être.

Qui a lancé cette idée, je l’ignore, et je dirais peut importe.

Je ne peux pas dire si j’étais seul, simplement il ne paraissait pas y avoir grand monde. Je pense m’être trompé dans l’exactitude du lieu. Bercy s’étend sur deux trottoirs, le bâtiment enjambe la rue de Bercy, j’étais côté Ouest, il aurait peut-être fallu que je sois côté Est. Quoiqu’il en soit, si d’autres personnes étaient là, tout contact étant interdit, cela n’aurait pas changé grand-chose à ma situation et à mes pensées.

Donc j’arrive sur le parvis à 18H pétante. Dans cet espace très minéral, relativement vaste, il y a un banc, un seul. Je m’y assois. Hélas, un léger crachin rapidement m’importune et m’amène à me réfugier sous l’arche du bâtiment du Ministère enjambant la rue.

Sous cette arche l’impression est étrange. J’avais jadis ressenti fortement à Rome, devant la basilique Saint Pierre, l’impression de domination, de puissance, de richesse et d’arrogance qui émane de cet édifice. Il en dit plus long sur la papauté que tous les livres édités à ce sujet.

Sous l’arche de Bercy, rien de tout cela, c’est bien pire. Les deux parois, de part et d’autre de la rue, sont terriblement verticales et sombres, le sous-plancher du bâtiment qui les relie est noir. Tout cela donne l’impression d’être au fond d’un gouffre, lorsque l’on regarde en l’air. Finalement, pour le contribuable qui est là, l’impression se confond avec sa réalité…. Le gouffre est prégnant.

Il se trouve que, curieux de découvrir ce que sont les contrôles fiscaux, un journaliste m’avait proposé une rencontre sur place.

Bien nous en a pris. D’abord cet homme sympathique m’a aidé à occuper l’heure que nous devions passer sur les lieux.

Puis, et c’est beaucoup plus amusant, il m’a sans doute évité une épreuve d’intimidation de la part de notre police nationale.

Parce que, figurez-vous qu’il y avait sur place une camionnette de policiers, dédiée à cette opération, qui a quitté les lieux en même temps que nous.

De cette camionnette, fonçant droit sur nous, jaillirent deux policiers en civil, la PJ sans doute. Ils se présentèrent et nous demandèrent ce que nous faisions là. Personnellement, j’aurais répondu « en quoi cela vous regarde » et paf, je tombais dans le piège. J’aurais immédiatement été amené à la camionnette (panier à salade), subi l’épreuve du contrôle d’identité, et probablement sermonné.

Au lieu de cela, le journaliste a pris la parole et a simplement dit que nous avions rendez-vous sur place pour converser en privé, ce qui avait l’avantage d’être la stricte vérité, et a mis nos pandores dans un tel embarras qu’ils firent immédiatement demi-tour.  Merci donc à ce journaliste. Que l’épisode serve de leçon.

Pendant ce temps, un autre éminent policier en civil, pas du même service, des Renseignements Généraux sans doute, interrogeait une personne présente.

La morale de cette histoire est que si les français viennent en masse à cette « trottoir-partie » mensuelle, la police « bunkerisera » Bercy.  

L’histoire est pleine de dictateurs périssant dans leur bunker, en gros c’est l’usage quasi exclusif de ce type de configuration.

On peut rêver, nous pauvres esclaves pillés depuis ce site stratégique, et imaginer qu’il devienne la prison de nos bourreaux une fois par mois.

Peut-on être condamné pour « rêve interdit » ? Je l’ignore.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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