LA DICTATURE FISCALE

Dans son dernier ouvrage « Limonov », prix Renaudot 2011, Emmanuel Carrère met dans la bouche de Soljenitsyne en 1974, parlant de l’institution des auteurs russes dont il vient d’être exclu:  » …ce champs n’est pas le bon puisqu’on y consent à ne pas dire la vérité capitale, celle qui saute aux yeux sans qu’il soit besoin de littérature… » Emmanuel Carrère précise alors :  » Cette vérité capitale, c’est bien sûr le Goulag. C’est aussi que le Goulag existe avant Staline et après lui, qu’il n’est pas une maladie du système soviétique mais son essence et même sa finalité. »

Il suffit de remplacer « Goulag » par « oppression fiscale » pour transférer cette analyse particulièrement lucide à notre pays.

Oui, l’oppression fiscale est l’essence de notre système, sa finalité. Certes, la souffrance peut paraître plus légère que celle procurée par le Goulag, mais rien n’est moins sûr. L’impression de destruction est une torture psychologique à relativiser en fonction de la violence de la société où elle s’exprime. La misère entraine la mort aussi surement que la captivité. La souffrance est moins violente, mais plus longue.

Le reportage « Une pieuvre nommée Bercy », diffusé il y a quelques jours sur France 5, permet de comprendre comment, au sommet, fonctionne notre démocratie, sans frein pour les dépenses, donc sans limite pour les recettes. L’ensemble fait d’intrigues de pouvoir et non de services ou d’objectifs comptables. Une gabegie financière achète le pouvoir dans les urnes, rien ne peut l’arrêter, surtout pas Bercy dont les patrons, les Inspecteurs Généraux des Finances, sont des deux côtés du processus, en bande organisée.

Dictature physique en URSS, dictature fiscale en France, le monde est très largement soumis à toutes sortes de dictatures. Cela mérite une explication, voici la mienne : L’homme, particule de l’infini, a besoin d’un espace fini pour avoir l’impression d’être. Inévitablement, cet espace est réducteur. Il lui est moralement plus confortable de le subir que d’en être l’auteur. Les dictateurs de tout poil ont de beaux jours devant eux. La servitude qu’ils procurent est souhaitée du plus grand nombre, qui échappe grâce à elle au vertige et à la réalité de l’infini. Seule consolation pour les libertaires, le dictateur est lui-même enfermé dans la cage où il enferme les autres.

Si la dictature est relativement facile à comprendre, il est plus difficile de s’en protéger, hors la fuite. Car, en descendant vers le bas, vers l’accomplissement des tâches journalières, tous ferment les yeux. Les petites mains sont libres, les kapos se soutiennent, chacun pensant qu’en étant du bon côté il ne peut rien lui arriver. La négation est le prix à payer pour un espace délimité et apparemment protecteur. Les mensonges liés à cette fausse protection ne seront, comme en URSS, jamais avoués. Seule la faillite apportera le changement.

Travaux pratiques.

A l’occasion de deux contrôles fiscaux, j’ai filmé d’abord l’inspecteur Martino puis les inspecteurs Giugleur et Garcia, venus chez moi. Lors de ces contrôles, ils se sont montrés particulièrement partiaux, menaçants, et ont utilisé leur assermentation pour inventer de toutes pièces une « opposition à contrôle fiscal » de ma part. La conséquence étant l’exigibilité immédiate des sommes réclamées par les contrôleurs augmentées d’une pénalité de 100% !!!!

Ce sommet du harcèlement, dont je suis l’objet comme nous tous, m’a amené à créer ce blog. Evidemment, les inspecteurs ont demandé à être protégés de cette exposition publique de leurs exactions. La dictature fiscale se doit d’être opaque. Ici, comme en URSS, la vérité n’a pas sa place. Donc, la machine s’est mise en route. Sans succès au départ.

Un cabinet d’avocat, particulièrement réputé sur la place de Paris, composé d’une foultitude d’avocats et de collaborateurs aux honoraires je suppose rondelets, a été mis au service des agents, contre moi et mon petit blog. Depuis deux ans, il ne me quitte pas.

Je vous ai déjà rapporté la première passe d’armes. Il s’agissait de faire pression sur l’hébergeur et d’exiger de lui la fermeture du blog. Effectivement, il a du fermer le blog. Mais j’ai pu, sans difficulté et sans perdre ni l’adresse ni le contenu, le rouvrir sous une autre forme. Voir  TENTATIVE DE MUSELLEMENT,  REPONSE A LA MENACE D’INTERDICTION D’EXPRESSION

Alors, conformément à leur fonctionnement habituel, les services fiscaux et leur « grand » avocat, ont décidé d’instrumentaliser la justice. Cela va se faire en plusieurs étapes.

1° étape, déjà réalisée pour partie

A partir de l’idée fumeuse du droit à l’image, ils ont obtenu, en première instance, que les films des contrôles fiscaux soient retirés du blog. Nous verrons en appel.

2° étape, en cours

L’inspecteur Martino a déposé une plainte en diffamation link. C’est quand même gonflé, les juges vont devoir avaler leur dignité pour le suivre. De mon côté, j’ai déposé plainte contre luilink.

Les Inspecteurs Giugleur et Garcia ont aussi déposé une plainte en diffamation link .

C’est encore plus gonflé. Là aussi j’ai déposé de mon côté une plainte contre eux link.

L’objectif de Bercy, du SNUI, est de mettre ce blog sous pression, de le menacer de lourds dommages et intérêts et amendes qui le fermeraient sans avoir l’air d’une censure.

La justice risque de suivre, ce sera alors la preuve que l’oppression fiscale est« l’essence du système, même sa finalité ».

Cordialement. Henri Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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