La force

La force n’a pas sa place dans une société évoluée.

Je dirais même que l’évolution d’une société se mesure à sa dose d’utilisation, ou plutôt de « non-utilisation », de la force. Cette évolution, à laquelle tous aspirent, pour laquelle certains prétendent détenir les clefs, a toujours pour point de mire la paix, l’entente entre tous. L’inverse étant la barbarie, que personne bien sûr ne souhaite.

Le problème est qu’en vue de ce but respectable, les opérateurs, souvent autoproclamés, acceptent l’idée de passer par la case force. Ils appliquent à la société ce que plus personne n’a le droit d’appliquer aux petits hommes : « une bonne fessée vaut mieux qu’un long discours ».

En général, ils n’imaginent la paix qu’à partir d’une pensée unique, la leur. Dans leur esprit, toute critique de la solution qu’ils prétendent idéale pour arriver à la paix  est un acte inconsidéré, qu’ils s’autorisent à contrer ou à interdire par la force. Evidement, pour eux, il s’agit là d’utiliser la force pour le bien commun. Dans la réalité, celui qui pense différemment et prend les coups a bien du mal à percevoir l’utilité de l’emploi de la force contre lui, pour son bien.

Cette force, sans laquelle certains pensent qu’il n’y a pas de société possible, n’est pas laissée à la discrétion de chacun, elle est déléguée à l’Etat. Celui-ci en est donc le détenteur, il est censé ne l’utiliser qu’à bon escient.

Cela nous amène à trois schémas possibles.

L’Etat régalien :

Conscient de sa responsabilité, l’Etat engage son intervention à minima. Désireux de limiter l’usage de la force qui lui a été confiée, il définit pour lui un périmètre d’intervention le plus restreint possible.

En un mot, tout ce qui peut être mis en œuvre par des individus privés l’est. Ceux-ci, n’ayant pas la force à leur disposition, se voient donc obligés de négocier et de séduire pour mettre en œuvre les projets qu’ils souhaitent.

Dans cette solution, la force n’est utilisée par l’Etat que pour protéger chaque homme et ses biens, la collectivité et ses biens.

C’est la démocratie libérale. Chacun est responsable de lui-même, de ses échecs et de ses réussites, de son évolution positive ou négative, et les accepte.

Il respecte les autres, leurs biens et la libre disposition de ces biens.

L’Etat et les privilégiés :

Ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont la chance ou l’intelligence d’accéder à une situation privilégiée ont très peur de la perdre, évidemment. Or, les lois naturelles de la concurrence, de la séduction, font que d’autres s’efforcent de leur ravir cette situation enviée de tous.

Ces privilégiés ont une tendance inévitable à vouloir protéger leurs avantages, ils pensent alors que la force est le moyen approprié, le plus sûr et le moins compliqué à mettre en œuvre.

Ne disposant pas eux-mêmes de la force, ils sont obligés de circonvenir les hommes de l’Etat qui eux la possèdent.

Ce sera la dictature. Exemple chinois à gauche, égyptien à droite. Dans les deux cas, la force va être employée à réduire au silence les masses non privilégiées et à faire en sorte que ceux qui ont des privilèges les gardent et les augmentent.

L’Etat et les nécessiteux :

Ceux qui, au contraire, n’ont pas pleinement bénéficié de ce qu’ils espéraient de la vie, qui sont nécessiteux ou tout simplement déçus, qui ne se sentent pas la capacité de conquérir une place meilleure par le libre jeu de la concurrence et de la séduction, ceux-là pensent pouvoir y arriver plus facilement et plus rapidement avec l’aide de la force.

Pas d’autre solution pour eux que de se tourner aussi vers l’Etat, détenteur de la force. Ils sont évidemment plus nombreux que les privilégiés, cela coule de source, c’est le principe même du privilège d’être restreint.

Ce sera la démocratie interventionniste, le socialisme. Les nécessiteux, ou considérés comme tel, vont, profitant de leur nombre, prendre possession de l’Etat. La force de l’Etat va ainsi être employée à réduire le champ d’action des individus privés au profit d’une hypothétique égalité, dont le but ultime est évidement de faire en sorte qu’il n’y ait plus de nécessiteux. Ce type d’organisation, dont l’objectif avoué est d’entraver la liberté et les biens des individus privés au motif qu’ils sont un avantage indu, a pour conséquence inévitable de paralyser petit à petit tout le système collectif qui n’existe que par les efforts et les qualités individuelles cumulés. Les privilégiés sont mis au pas, mais aussitôt remplacés par des apparatchiks qui sont tout autant privilégiés, mais qui n’apportent rien à la société.

Conclusion:

Le débat de société tourne exclusivement autour de la force et de son usage. Tous ceux qui en appellent à l’utilisation de la force, ou de la contrainte, comme moyen de gouvernement, tous seront responsables des dérives inévitables que ce type d’organisation engendre.

La force est le mal absolu de la vie en société.

Bercy est le siège de la force dans notre social-démocratie. Bercy est le siège du mal. Cela ne doit ni nous échapper, ni nous faire peur, tant que Bercy n’a pas mis tous les français en fiches, totalement phagocyté la justice, mis sous ses ordres directs l’armée et la police. Osons affirmer nos opinons, nos idées, tant que cela est encore possible, même si cela parait parfaitement inutile. Le temps viendra où la parole nous sera confisquée, où le débat sera clos, où la force aura triomphé.

A demain à Bercy pour prier, chacun à sa façon, comme le conçoit le pape.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « La force »

  1. Bjr Henri,

    En ce qui me concerne je dis: » Le parasitisme est le mal absolu de la vie en société car c’est vivre aux crochets du Peuple. Garder de tels privilèges est anticonstitutionnel, tout faire (en employant la Force via la milice fiscale) pour les conserver est un crime envers le Peuple.
    @+

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