La France en apesanteur

Pendant les fêtes de fin d’année nous avons tous rencontré ces familles ou ces amis que nous ne croisons qu’à cette occasion. Ils sont, dans le même temps, proches mais si loin. Les discussions peuvent alors être étonnantes.

C’est ainsi que, lors d’une conversation au pied du sapin, une personne, pour laquelle j’ai par ailleurs de l’estime, m’a posé la question suivante : « Comment savez-vous qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat ? »

Dans le fond, c’est vrai, je ne suis pas caissier du trésor public, comment le sais-je ? Ou encore, comment ne le sait-elle pas ?

Lisant chaque jour la presse ou des blogs économiques, j’ai l’impression que cette information est naturelle. Mais, à la réflexion, elle ne l’est pas.

Des millions de personnes ignorent de combien la France est en déficit depuis quarante ans. Il suffit pour cela qu’ils ne se donnent pas la peine de se renseigner à ce sujet.

C’est donc là qu’est le problème. Car, sous-jacente à cette question une angoisse était perceptible. Si l’information s’avérait exacte pour elle, cette personne se ferait certainement beaucoup de souci. Tellement de souci, qu’elle serait sans doute prête à se jeter dans les bras d’un sauveur.

Nous y sommes.

La France est en apesanteur. Pour ceux qui ont piloté un avion, la France est au terme d’une ressource, son moteur ne peut pas l’amener plus haut, elle est sur le point de décrocher, les vibrations précédant le décrochage par perte de portance sont perceptibles. Le moteur économique est à bout de ressource.

Telle la pièce d’un Euro lancée pour un pari, la France a trois possibilités pour retomber, pile, face ou la tranche.

Pile c’est la révolution Léniniste. La base prend le pouvoir. Tout le monde « il est égaux », sauf, évidemment, ceux qui ont le pouvoir. Plus de fric, plus d’entrepreneur, plus grand-chose, on a déjà vu ailleurs.

Face c’est la révolution Napoléonienne, on amuse le pays avec des campagnes extérieures, on partage le fric en famille. C’est le despotisme, éclairé ou pas.

La tranche c’est l’étape que nous avons ratée, la révolution Tatchérienne, Réganiste. On baisse les dépenses, on bosse, on fait des économies. Oui, mais c’est la tranche, autant dire peu de chance que cela arrive, c’est trop tard.

Je pense qu’aucune de ces trois hypothèses ne verra le jour. La pièce ne retombera pas sur terre. Elle va être engloutie dans l’océan de notre administration et se dissoudre par 5.000 mètres de fond.

Mais attention à l’ogre.

Vous savez, ce voisin qui a déjà absorbé et digéré ses cousins, dans ce qu’il est convenu d’appeler la réunification. Je crois que nous allons être réunifiés.

Cette guerre économique nous allons la perdre, plus fort qu’en 40. Parce que, comme en 40, la majorité des gens ne peuvent pas se préparer, se battre… ils ne sont pas au courant de ce qui se passe. Ils ne savent pas qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat. Personne ne le leur a dit !!!

C’est ce qu’ils disent, chacun en pense ce qu’il veut.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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