La médiatisation est en route

Le 24 Septembre 1789, le banquier Necker, après avoir ruiné la France en introduisant le crédit à outrance, faisait voter la « taxe patriotique ». Cela n’empêcha pas la faillite de la révolution, fit le lit de Napoléon dont la notoriété initiale est liée à son pillage systématique de nos voisins, pour remplir les caisses désespérément vides de l’Etat français.

Les faillites de l’Etat sont une constante de l’histoire de France. Elles sont toujours précédées de l’inutile pillage des « riches ». Nous sommes aujourd’hui dans ce schéma. Demain sera votée une version moderne de la « taxe patriotique » par le parlement, elle nous a été annoncée. Les dégâts seront stupides, injustes et considérables.

En 2012, ces dégâts ne peuvent échapper à une exposition médiatique, les situations de désespoir qui vont voir le jour seront inévitablement diffusées, notre société est exhibitionniste.

C’est ainsi que le Lundi 27 Août, j’ai reçu le mail suivant :

« Bonjour,

Je suis journaliste pour l’émission « Complément d’enquête » sur France 2 et je prépare un reportage sur les contrôles fiscaux. J’ai eu votre mail par l’intermédiaire de contribuables associés. J’aurais souhaité vous contacter pour en parler si vous avez quelques minutes à m’accorder. Pourriez vous me dire comment vous joindre?

Merci d’avance

Cordialement

Séverine Lebrun

Journaliste à « Complément d’enquête »

Bureau : +33 (0)1 56 22 45 12

Fax : +33 (0)1 56 22 43 06

e-mail : severine.lebrun@francetv.fr »

J’ai immédiatement téléphoné à cette journaliste. Je suis tombé sur une personne ouverte, qui m’a paru intelligente et efficace, sûre de son objectif. Sa recherche se résumait à trouver un contribuable redressé, dont le redressement entrainait pour lui de très graves conséquences et une profonde souffrance. Finalement, une recherche simple, ce type de cas étant monnaie courante. A la suite de notre conversation téléphonique, je lui ai adressé, le Mardi 28 Août, le mail suivant :

« Bonjour,

J’ai, en partie, résolu mes problèmes de mail depuis l’Italie.

Voici donc le lien pour le billet essentiel de mon blog

http://www.temoignagefiscal.com/article-au-nom-des-parias-102668660.html

Le contrôlé fiscal est un bouc émissaire dont la souffrance ou le suicide paraissent normaux à la majorité, qui croit en la justice fiscale.

Or la justice fiscale n’existe pas.

Bien pire, une terreur fiscale est organisée par Bercy.

Montrer une souffrance sans évoquer l’injustice qui la génère ne peut qu’aboutir à la légitimer cette souffrance et à creuser l’incompréhension entre français.

Je suis prêt à vous rencontrer à Paris les 6 ou 7 Septembre.

Bien cordialement. H. Dumas »

Depuis pas de nouvelle.

Plus de mille lecteurs suivent chacun de mes billets, ma hantise est de ne pas les trahir. Or, je ne crois pas à la compassion automatique face à une souffrance.

Je connais parfaitement l’horreur indicible de l’injustice fiscale et l’occasion de la dénoncer publiquement peut paraître séduisante. Mais je crois que ce serait une lourde erreur. Je crois que Bercy n’attend que ça.

En effet, la compassion est liée à la notion d’injustice. Les spectateurs de la lapidation d’une femme adultère sont émus, mais ils n’ont pas de compassion, car ils croient que le châtiment est juste. Pour que la compassion s’exprime, il faudrait qu’ils comprennent, comme nous le comprenons, le droit à la liberté et à l’égalité pour la femme. Alors, non seulement leur compassion s’exprimerait, mais ils entraveraient la lapidation.

Aujourd’hui, la majorité des français croit en la justice fiscale, ils pensent que celui qui est l’objet d’un redressement fiscal le mérite. Donc ils approuvent les sanctions dont il est l’objet, qu’elles qu’en soient les conséquences, y compris si elles sont mortelles.

Un long travail explicatif est nécessaire, comme celui que j’ai entrepris depuis deux ans sur mon blog, pour que la majorité des français puisse, au moins, ne pas ignorer que le fisc est injuste, que les redressements fiscaux sont, la plupart du temps, un vol, un sur-impôt illégitime.

Exposer des drames fiscaux liés à des contrôles fiscaux, sans avoir au préalable initié les spectateurs à l’injustice de ces contrôles, à leurs abus de droit, à leur violence illégale, est contre productif et ne peut que creuser le fossé de l’incompréhension entre les français à ce sujet.

Je n’exposerai donc pas mes problèmes personnels à la télévision, mais, évidemment, je reste disponible pour parler de la folie des contrôles fiscaux, de cet espace de non-droit où certains, comme moi et bien d’autres, perdent injustement le travail de toute une vie.

Avant de clore ce billet, je voudrais saluer l’Association « Contribuables Associés ». Je me permets de vous conseiller de les aider par vos dons. Ils font un énorme travail. Ils ne sont pas trop branchés « contrôles fiscaux », mais ils traquent systématiquement les dépenses inutiles de l’Etat et nul doute que, sans eux, la faillite actuelle serait encore plus profonde.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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