La mort lente mais inéluctable de l’immobilier : les raisons

Avant de développer le sujet il est bon de rappeler trois évidences :

            Elu est devenu un métier, certes prenant et difficile, mais aujourd’hui lucratif et presque stable du fait de l’organisation des partis politiques.

            Urbanisme et immobilier sont les actes sociaux les plus visibles, les plus marquants, éventuellement les plus valorisants.

            Tout salaire, bénéfice ou honoraire ne peuvent être prélevés que sur un acte d’enrichissement, qu’il soit immédiat ou à terme. Tout le monde comprend que s’ils sont prélevés sur une perte ils l’amplifient inexorablement.

Ceci posé, voici l’enchainement de la mort programmée et pratiquement achevée de l’immobilier.

Le neuf

Tout élu souhaite conserver ses indemnités qui, pour la plupart, sont leur seul moyen de vivre confortablement au delà du plaisir et des prébendes que procure le pouvoir.

Pour atteindre ce but ils doivent, en plus de serrer plusieurs centaines de mains inconnues par jour, démontrer à leurs électeurs combien ils sont des décideurs qualifiés et avisés.

L’urbanisme et l’immobilier leur apportent la visibilité à ce sujet. C’est pourquoi ils en maîtrisent la chaine, dès le foncier par les plans d’urbanisme, jusqu’aux réalisations ultimes par leurs propres outils – Sociétés d’HLM ou d’Economie Mixte – ou par la connivence des acteurs privés soucieux d’obtenir les autorisations de construire que ces mêmes élus sont seuls habilités à délivrer.

Il n’est pas d’élu qui n’ait dans son bureau, ou à proximité immédiate, la vue aérienne ou le plan de l’espace qu’il administre, qui est pour lui sa propriété intellectuelle, son terrain de jeu.

En fonction de ces paramètres de base, chacun comprend que l’élu n’autorisera rien sur son territoire sans avoir la conviction que les modifications visibles qu’apporteront ses autorisations lui seront comptabilisées favorablement par les électeurs.

Ici prend place la pensée unique de l’électorat qui, par exemple, fait dire aux électeurs qu’ils sont opposés aux hypermarchés où ils se rendent trois fois par semaine, mais que par contre ils sont favorables aux espaces naturels où ils ne vont jamais ou très rarement. Là nous sommes au cœur de l’apparence et de l’hypocrisie qui rendent la démocratie si fragile.

Quoiqu’il en soit, tenu par l’émotion — même perverse – de ses électeurs, l’élu va la privilégier. Ainsi, tout acte, ou non acte, d’urbanisme ou de construction sera d’abord et avant tout un acte de séduction électorale.

Il est peu probable, même si cela arrive épisodiquement, que cet acte de séduction électorale puisse aussi être économiquement viable. En effet, d’instinct sensible aux plus-values, la population considère comme un sport national de s’y opposer. Elle condamnera systématiquement — comme elle condamne l’hypermarché — l’acte constructif qu’elle soupçonne d’être bénéficiaire.

Voilà donc notre acte constructif ou d’urbanisme privé de bénéfice, condamné à travailler à perte par ceux qui sont les seuls habilités à l’autoriser.

Amen. La messe est dite. Nous arrivons au troisième théorème : tout salaire, bénéfice ou honoraire prélevés sur une perte l’amplifient inéluctablement.

Les pertes sur l’immobilier neuf, à la charge des acquéreurs ou des opérateurs sont aujourd’hui colossales. Lorsqu’elles vont surgir les dégâts seront considérables.

L’ancien

Ici, le problème est identique mais beaucoup plus simple.

Par sa seule présence, évidemment impossible à dissimuler, le foncier ou le bâti immobilier sont synonymes de richesse. En ces temps d’égalitarisme, toute décision politique qui porte atteinte à l’économie de cette pseudo-richesse est acclamée par les électeurs. Sauf évidemment les propriétaires, mais avant de les soumettre à des pertes volontaires — la plupart du temps par l’impôt ou le blocage des loyers — les élus s’assurent de leur minorité politique.

Conséquences globales

Jusqu’à ce jour, l’accumulation des pertes sur l’immobilier neuf ou ancien ont eu tendance à se reporter en fin de chaine, c’est-à-dire sur l’acquéreur. Créant par la même un surcoût injustifié, antiéconomique : une bulle.

Mais, aujourd’hui, ces surcoûts ne sont plus supportables, même avec la défiscalisation ou les prêts à 1% d’intérêts. La raréfaction de l’offre raisonnable est la règle. Urbanisme, construction et immobilier ancien sont durablement sinistrés, et seront même complètement morts sous peu. Les nouvelles générations n’ont plus accès à l’immobilier.

Encore un dégât du néo-libéralisme vont stupidement et malhonnêtement dire ceux-là même qui génèrent factuellement cette situation. Comme la majorité leur emboitera le pas, ce n’est pas demain que les choses vont s’arranger, que l’acte constructif et l’immobilier vont se libéraliser. Or, ces activités ont besoin de libéralisme, exclusivement de libéralisme.

Bien cordialement. H. Dumas

PS : Plus largement, avant d’accepter de percevoir quelque émolument ou rétribution que ce soit, chaque français devrait se poser la question suivante : cette somme est-elle ma part en retour sur ma participation à un acte économiquement bénéficiaire pour la France ?

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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4 réflexions au sujet de « La mort lente mais inéluctable de l’immobilier : les raisons »

  1. 2016 a été l’année où l’immobilier a été le plus dynamique de l’histoire de France (depuis Clovis, pas de Gaulle). Expliquez moi ça ?

    1. C’est aussi l’année du redressement économique, du renouveau de l’Education Nationale, de l’exceptionnelle réussite de l’organisation de notre santé tout particulièrement de nos hôpitaux, du succès des énergies alternatives, du confort de vie par le chauffage électrique et les transports en commun, de la victoire de notre diplomatie au Moyen Orient, de la paix, et bientôt…. du centenaire de la méthode Coué.

  2. ah !! on voie la patte de l’architecte

    4 eme raison( ou raisins de la colères)
    –>sarko disait , je veux une France de propriétaire , il copiait sur le modèle américain!!
    bien sur,c’est ce que veux la gauche également -pas pour notre bonheur mais pour le leur et leur amis banquiers & no “tables”

    numérus clausus des notaires ..explosés
    les taux d’intérêts a zéro
    les livrets idem + pour ne pas avoir la banqueroute vu qu’ils ne peuvent délivrer les taux promis aux épargnants ..
    la pression fiscale au + haut!!
    2018 –>crise obligataire
    2020–<nouvelle crise des subprime ( version bonifiée)

    on ponctionne ce qui reste de toute Facon les riches sont partis ou hors d'atteintes , les banques se renflouent, les épargnants pleurent, les propriétaires sont mis hors de chez eux et les nouveaux hlm prévus par le plan walls sont occupés par les migrants ( mieux lotis que os sdf).
    http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/le-vrai-du-faux/2015/09/16/29003-20150916ARTFIG00326-rsa-apl-cmu-ces-aides-dont-beneficient-les-migrants-en-france.php

    allez chers amis franciscain, soyez bon et partagez vos richesses et faites pénitences… games of trônes ( saison 06)

  3. Tout à fait vrai !
    Le “système égalitariste” mis en place, au lieu de favoriser la valorisation de l’individu, ne fait qu’attiser la suspicion, la jalousie et les haines !
    De ce fait, les français sont pour les réformes mais exclusivement celles qui leurs favorables et pour les autres seulement si elles s’appliquent aux autres !

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