La notion de collectivité

Lorsque, dans notre société, on est sincèrement libéral, il faut accepter d’être montré du doigt, déclaré responsable de toutes les difficultés actuelles, traité d’égoïste.

La pensée libérale est si dévalorisée qu’il est légitime de se demander si l’aboutissement de« la crise » ne va pas être une de ces poussées de collectivisme qui engloutissent régulièrement des générations entières ici ou ailleurs sur la planète.

Alors, pourquoi cet attrait indéniable des français, peuple réputé indépendant, pour le collectivisme ?

Nous savons tous que l’homme est grégaire. Inutile d’imaginer la possibilité de vivre seul, sur une île déserte, ce serait la mort à très brève échéance.

L’idée du groupe est donc incontournable, elle est un réflexe animal. Ce principe posé, n’oublions pas que le groupe est composé d’individus, l’oubli serait fâcheux.

La confusion :

Un constat simple, que tout le monde a fait pour lui-même ou en observant les autres : plus l’homme est prospère plus il tente de s’éloigner du groupe plus il réclame la liberté, au contraire, plus il doit affronter des contraintes plus il compte sur l’aide du groupe.

Alors, essayons d’y voir clair. Nous considèrerons comme acquis que le groupe existe à partir de deux.

– 1°- Quand le groupe est-il essentiel ?

– Evidemment pour la reproduction.

– Pour affronter la phase d’extrême fragilité que représente l’enfance.

– Pour se protéger de l’environnement terrestre, pas vraiment favorable pour l’homme dont les aptitudes physiques sont particulièrement réduites.

– Pour affronter l’autre phase d’extrême fragilité que représente la vieillesse.

– Mais aussi pour accéder au progrès, ce point est évidemment essentiel. En effet, l’homme meurt et chaque nouveau-né recommence tout à zéro. Il ne peut donc y avoir de progrès qu’intergénérationnel. Celui qui sait doit enseigner la totalité de son savoir au nouveau venu, pour qu’à son tour celui-ci puisse, éventuellement, rajouter à ce savoir acquis, puis le transmettre. Donc, pas de progrès sans le groupe.

Conclusion, le groupe est essentiel tout le temps. Et oui, n’en déplaise à tous ceux qui s’imaginent être seuls le centre du monde.

– 2°- Les paradoxes.

C’est que le groupe est une notion, pas une personne. Tout comme la forêt n’existe qu’à travers les arbres, le groupe n’existe qu’à travers les individus. La forêt est si puissante qu’elle interfère sur le climat, le groupe est si puissant qu’il génère sa propre intelligence, sa propre personnalité, mais elles nous sont inaccessibles.

Le groupe est éternel, infini, alors que l’homme qui le compose est mortel, fini.

La mémoire du groupe dépasse évidemment celle des individus qui le composent.

Cependant, le groupe ne vaut que par la qualité et la diversité de ses membres.

Le groupe est un mystère. Sa formation, sa vie, éventuellement sa disparition ponctuelle (ne touchant que des sous-groupes) sont le fait de milliards de contraintes individuelles qui se surajoutent. Le groupe n’est pas accessible à la compréhension individuelle.

– 3°- L’énigme.

Tout un chacun peut faire ces constats simples. Donc chacun devrait  accepter d’être à la fois un individu et un membre du groupe, sans pour autant provoquer de conflit ni à l’intérieur du groupe ni à l’intérieur de sa propre personne.

Mais voilà, chaque jour qui passe voit se lever un ou plusieurs fous persuadés qu’ils ont la recette miracle qui va leur permettre de comprendre le groupe et, de fait, de le contraindre. Mais le groupe ne peut être ni contraint ni compris.

Comment cette folie peut-elle, siècles après siècles, se répéter à l’infini et toujours finir en apocalypse ? C’est ça l’énigme.

Ces décideurs zélés ont tous le même comportement, d’abord tuer la mémoire du groupe, effacer ses connaissances pour les remplacer par leur dogme.

Incendier le savoir acquis, puis, inventer de nouvelles règles auxquelles ils ont la folie de croire que le groupe obéira.

Qu’elle bêtise, n’ont-ils pas compris que le groupe a sa vie, qu’ils n’auront pas plus d’incidence sur lui que le moustique sur le volcan en éruption.

Par contre, les individus qui composent le groupe, eux, payent très cher toutes ces manœuvres visant à briser l’évolution naturelle des choses. Ils sont éreintés à chaque nouvelle expérience.

– 4° – Le libéralisme.

En ce qui me concerne, il s’agit simplement d’une attitude.

Elle consiste à considérer :

– Que les liaisons qui fondent le groupe doivent être laissées le plus libres possibles. Chacun ne pouvant trouver que la place qui lui est impartie.

– Que la mémoire du groupe doit être respectée.

– Que l’avenir ne peut pas être inférieur au passé, l’évolution structurelle du groupe en étant la garante, à l’exclusion de toute autorité polluante.

Elle consiste à dénoncer:

– Ceux qui tentent de détruire le passé.

– Ceux qui veulent imposer un dogme pour contraindre l’intelligence naturelle du groupe. Alors que, comme tout un chacun, ils ne la comprennent pas.

– Ceux qui n’ont pas assimilé que la puissance du groupe, sa bonne santé, est directement liée à la liberté des individus qui le composent. Qu’elle n’est en aucun cas une simple addition de forces individuelles, mais une alchimie mystérieuse de la seule présence dans le groupe des individus en ce qu’ils sont, tout simplement.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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