La politique se fera dans la rue

Ce qui se passe à Hong-Kong est révélateur, du moins ce qui nous en est rapporté dans nos journaux. Si l’on accepte que ce qui nous en est dit est vrai, une partie significative de la jeunesse espère en une démocratie réelle qui lui serait refusée par les privilégiés du système, la classe dirigeante imposée et ses affidés les acteurs économiques corrompus.

En réalité, on peut supposer que cette jeunesse de Hong-Kong espère – nous nous savons que rien n’est moins sûr – que des élections libres seraient de taille à désintégrer les alliances en place qui lui barrent le chemin vers sa soif de se réaliser.

Le phénomène se répète en de nombreux points sur la planète.

A ce jour, je n’ai pas repéré de solutions politiques proposées face à cette situation d’une génération de dirigeants politiques peu scrupuleux alliés à des responsables économiques indélicats pour conserver à tout prix le pouvoir, notamment face aux générations montantes.

Faute de solution politique le conflit se déplace dans la rue où, à terme, tous se retrouveront pour défendre l’une ou l’autre partie, en perdant de vue le plus souvent, au passage, le motif réel de leur engagement.

Ainsi l’affrontement physique et toute sa stupidité s’installent, rancœurs et vengeances deviennent les maîtres mots. Le début est connu. La fin est totalement inconnue dans ses résultats, ses effets, et sa date de conclusion.

Une chose est acquise par l’expérience, un tel dérèglement de la vie en société, communément appelé « guerre civile »,  dure toujours beaucoup plus longtemps que ne l’imaginent ceux qui l’initient ou favorisent son développement et fait énormément plus de dégâts qu’ils ne l’avaient supposé.

La France est-elle sur le point de s’engager dans ce type d’aventure sinistre ? Il me semble que oui.

Sur la classe dirigeante imposée

Personne ne doute que les dés sont pipés par l’organisation actuelle de notre démocratie. L’élection d’une potiche présidentielle au suffrage universel cache à la population le hold-up commis sur notre démocratie par l’administration centrale qui sert le monarque. Tous les autres élus ne sont que de la piétaille aux ordres…. de cette administration, dont Bercy est le rouage clef.

Le pouvoir politique est bien entre les mains d’une caste, quand bien même celle-ci le tiendrait d’un cheminement scolaire ou d’une cooptation malsaine plutôt que d’un attachement idéologique. Il ne change rien que ce soit le dogme ou l’appartenance qui amènent au pouvoir, les deux sont une entrave à la diversité, à la concurrence politique, qui sont les raisons d’être de la démocratie.

Car, contrairement à l’habitude installée, la concurrence est aussi vitale à la démocratie qu’elle l’est à l’économie. Cet élément fondamental de la démocratie, la concurrence, est constamment battu en brèche par les acteurs politiques, oublié et ignoré par les électeurs. La stupide multiplication des élus ne changera rien à la chose, ce n’est pas leur nombre qui compte mais leur liberté, leur indépendance, leur compétence et son expression et, là, c’est le désert.

Sur la jeunesse qui aspire à exister

Je ne parle pas évidemment des « pré-retraités » âgés de vingt ans qui ne souhaitent que passer leur vie dans la cour de l’école, voire, pour les plus téméraires, dans une administration ou une entreprise nationalisée, avec pour objectifs ultimes l’irresponsabilité, l’emploi à vie et la retraite assurée. Ces rêves de folie vont quand même les emmener sur les barricades pour les défendre, face à ceux qui réclament l’espace accaparé par les vieux politicards et leurs complices affairistes véreux et qui refusent le statu quo que ceux-ci leur promettent.

Ceux qui veulent vivre, qui rêvent d’infini, qui veulent façonner l’avenir conformément à leurs rêves de conquêtes, de réalisations, de compétitions, ceux-là n’ont pas d’autre solution que de descendre dans la rue, de faire connaître l’enfermement qu’ils subissent, la castration de leur imagination, de leurs espoirs d’homme, leur refus du statut de légume ou de volaille de batterie.

Sur la rue

Une fois les rêveurs dans la rue, ceux qui sont missionnés pour les casser arrivent inexorablement. Un peu les forces de l’ordre évidemment, mais cela peut poser un problème politique. Alors les affairistes corrompus vont faire alliance avec les « pré-retraités juvéniles inquiets » et vont ensemble s’associer aux forces de l’Etat afin de les légitimer.

Ici, deux solutions sont possibles : Budapest en 1956 ou Paris en 1968.

C’est-à-dire que les forces de l’ordre tirent ou ne tirent pas.

Dans les deux cas, la période qui suit est bordélique, une ou deux générations sont sacrifiées. La marche arrière est enclenchée pour un certain temps.

Quand la politique se fait dans la rue il n’en sort rien de bon, la responsabilité en incombe à ceux qui, alors au pouvoir, n’ont pas su le partager avec ceux qui arrivaient pour la plupart pleins d’idées et d’espoirs.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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