LA PRISE DE RISQUE

Je fais partie de ceux qui croient au libéralisme, à la libre entreprise, à la propriété privée, à la concurrence, à toutes ces choses qui font pour moi l’économie.

D’autres croient que l’économie ne peut pas être vue ainsi car, pour eux, ce serait la porte ouverte à tous les excès, la loi du plus fort, la jungle qui terrasse les plus faibles qui nuit au plus grand nombre et ne profite qu’à quelques-uns. Eux croient à la régulation de l’économie par l’Etat, espèrent une égalité économique.

Chaque camp se jette à la figure courbes et ratios, théories d’économistes de renom, résultats sincères ou volontairement trafiqués. Je propose modestie et simplicité sur le sujet, tout en  étant conscient que ce n’est pas une attitude « vendeuse ».

Pour commencer, disons que l’unité de réflexion serait l’individu. Admettons que les résultats de masse seraient, en grande partie, une simple multiplication des performances individuelles.

Le principe de base peut s’énoncer ainsi : rien ne  se passe  sans action, ou du moins rien dont l’homme puisse revendiquer la paternité. Pas de paternité, ni de maternité, sans action. Laissons le reste à Dieu ou à … »machin ». La question fondamentale, toutes activités humaines confondues, est donc la suivante : pourquoi un individu agit-il, quel est son moteur ?

Il me  semble que l’action commence par une prise de risque. Je renvois chacun sur ce sujet à ses chères études, la notion de prise de risque ayant été, depuis fort longtemps, décortiquée dans tous les sens.

Je voudrais, modestement, attirer votre attention sur le fait que la prise de risque ne se justifie que si elle permet l’accès à un résultat quantifiable de façon réelle, indiscutable. Si je prends un risque, je m’expose à la possibilité d’un échec, avec tous les problèmes matériels et sociologiques liés. Donc, au terme de mon risque, je dois pouvoir quantifier mon résultat, de façon certaine. Dans le cas contraire, si le résultat lié à ma prise de risque est contestable, nous sommes dans les sables mouvants.

Pour imager ma pensée, mettons en parallèle le sportif et le poète.

Le premier va prendre le risque de s’engager dans sa discipline, au terme de son engagement ses résultats seront quantifiables, il sera ou non champion du monde de sa spécialité. Aucun étranger à sa spécialité ne saurait revendiquer le titre à sa place. Le sport qu’il aura choisi à des règles, reconnues par tous, un arbitre se charge de les faire appliquer. Les choses sont claires, la prise de risque encadrée et planétaire, universelle, tous les hommes sont égaux face au défi. Pas de tentative « d’égalité » à postériori, qui déclarerait champion un candidat inférieur. Le sport se porte bien sous toutes les latitudes, il n’y a pas de guerre du sport, même si l’on peut constater quelques guerres des « supporters », mais ce ne sont pas des sportifs.

Le second, lorsqu’il s’engage et prend le risque de déclamer, de versifier, ne peut pas attendre un résultat quantifiable. S’il est reconnu, il le devra à une émotion. Cette émotion convaincra ses admirateurs, mais dans le même temps elle sera contestée par ses opposants. Donc, le résultat de sa notoriété débouchera sur un conflit. Ici, pas d’arbitre. A la place, des critiques. Le poète doit les résultats de sa prise de risque aux critiques. Ce résultat ne sera non seulement pas quantifiable, mais en plus définitivement contestable et contesté. La prise de risque est rare chez les poètes. La carrière du poète passe le plus souvent par des cheminements plus proches de la servitude ou de la soumission que de la prise de risque. Paradoxalement, la lutte, les conflits liés à la réussite, s’installent après le résultat et non avant.

Pour aller au terme de mon parallèle.

Il ne me vient pas à l’idée un exemple de poètes devenus sportifs, en est-il? L’inverse, oui. Tel tennisman, sportif avéré, champion incontesté, s’est transformé en poète-chanteur qui génère autant de haine que d’admiration. J’aurais pu proposer tel footballeur, qui se trouve dans la même  situation.

La prise de risque est claire et transparente pour le sportif, elle est objectivement impossible pour le poète, l’intellectuel. D’un côté le sport, universel, ouvert à tous, terre de prises de risque aux  résultats quantifiables; de l’autre la pensée, terreau des chamailleries liées à l’impossibilité de quantifier les résultats. L’un et l’autre sont inconciliables, cela n’est dû ni aux hommes qui les pratiquent, ni aux activités elles-mêmes, mais à  la perception de la prise de risque au départ.

In fine:

Je ne suis pas sûr d’avoir été très clair, mais je suis sûr que c’est là, à l’endroit de la prise de risque, que se situe le point de divergence entre l’économie libérale et l’économie d’Etat planifiée. L’économie libérale accepte la sanction par le gain ou la perte, et toutes les conséquences qui lui sont liées. L’économie d’Etat planifiée a la prétention d’égaliser le résultat.

L’une est mère de la prise de risque, de l’acceptation du résultat, donc d’une lutte pour ce résultat, mais de l’estime au vainqueur et de la paix ensuite, sous l’œil de la justice arbitre.

L’autre est mère de discorde, d’intrigues liées à la falsification des résultats. La prise de risque y est déstabilisée, puisque déconnectée d’un résultat quantifiable. Elle va alors s’engager de façon mal saine, à partir d’objectifs illusoires, visant uniquement l’onction des chefs ou des critiques.

La lutte alors ne vient pas de la confrontation à partir de règles objectives, mais plutôt des conflits de situations acquises qui ne reposent pas sur des résultats vérifiables et quantifiables par tous. La lutte liée à la prise de risque n’est pas claire et limitée à la conquête, elle s’insinue dans le résultat, à demeure, et empoisonne la collectivité. La prise de risque est dévalorisée. Or, sans prises de risques, pas d’économie

Ce sont ces émotions personnelles pour chaque homme qui font que le premier type de société fonctionne et pas le second, il me semble.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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