La répression fiscale marqueur de la société

L’impôt est la jauge de la liberté économique et politique d’une société, la répression fiscale son marqueur le plus fiable.

Souvenons-nous que la révolution de 1789 a été la conséquence d’un esclavage de la population imposé par la force des armes, de la justice d’Etat, de la politique, dont le moyen final était l’impôt.

C’est ainsi que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 dit ceci en son article 20 :  » Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte. »

A côté de la propriété privée, une fiscalité juste paraissait aux hommes des lumières un élément essentiel de la liberté.

A contrario, une fiscalité oppressante est une entrave évidente, quels que soient les motifs avancés, à la liberté des hommes.

Dans ce cadre, la répression fiscale est le marqueur de la liberté. Aujourd’hui, quand M. Sapin en fait son cheval de bataille il avoue implicitement qu’il est un oppresseur, puisque le système auquel il adhère est basé sur l’oppression fiscale.

Voyons les choses librement, en penseur libéral.

Qu’est-ce qui empêche que l’impôt soit laissé à la discrétion des contribuables ? Que chacun paie ce qu’il pense devoir et pouvoir payer ? Qu’ensuite l’Etat limite ses dépenses aux sommes qu’il a perçues ?

Certains diront que si les contribuables décident eux-mêmes de leurs impôts, ils décideront tout simplement de ne pas en payer.

Ce sont sans doute les mêmes qui pensaient, il y a cinquante ans, que le consommateur qui se servirait lui-même partirait sans payer, que donc un vendeur devait être présent à chaque transaction. Ceux-là n’ont pas vu arrivé la grande distribution, ils étaient aveugles à l’honnêteté de la majorité, peut-être handicapés par leur cupidité personnelle.

Quelles sont les novations qui, aujourd’hui, peuvent permettre la mise en place d’une imposition volontaire ?

Ce sont les progrès, inimaginables il y a peu, de la communication.

Première étape:

– Il n’y a aucun problème aujourd’hui pour que le jour fixé des contributions volontaires, chacun connaisse, en temps réel, la contribution versée par tous les autres. Ainsi, au lieu d’être mystérieux, l’impôt volontaire serait largement public.

Reconnaissons que dans ces conditions il serait difficile d’accumuler de la richesse sans, en contrepartie, participer à hauteur raisonnable à l’impôt volontaire. En dehors de quelques avares relevant plus du psychiatre que du contrôle fiscal, chacun serait bien obligé de payer en fonction de son train de vie.

Cependant, la participation à l’impôt étant volontaire le contribuable pourrait la faire coïncider avec sa trésorerie en choisissant le moment opportun pour lui de payer.

Celui qui tenterait de se soustraire à l’impôt volontaire en paierait le prix fort en terme d’acceptation sociale et donc de possibilité de revenus.

Deuxième étape :

–  Les hommes de l’Etat, comme pour le téléthon, seraient obligés de séduire les contribuables pour les amener à payer le plus possible cet impôt volontaire.

Notre société de jeux et de communication est parfaitement rodée à cet aspect ludique des grandes souscriptions.

Un contribuable séduit serait un contribuable heureux.

Il n’est pas douteux que, s’il n’est pas volontaire, l’impôt est l’arme de la dictature.

La première chose que fait Daech après avoir conquis un espace est d’y instaurer un impôt obligatoire. Idem pour le racket des mafias. Il en est de même, mais astucieusement et apparemment légal, moral, caché derrière la mythique redistribution, dans nos démocraties qui de ce fait n’en sont pas.

Actuellement, le seul impôt consenti est l’impôt indirect, puisque celui qui consomme ne peut ignorer que dans le coût de ce qu’il achète est inclus l’impôt indirect. Cependant là aussi nos hommes de l’Etat trichent puisqu’ils dissimulent cet impôt, alors qu’il devrait s’afficher sur chaque transaction en clair pour que chacun sache quel est la part d’impôt qu’il paie à cette occasion.

Conclusion

La bonne santé morale d’une société peut se mesurer à sa répression pénale. Il y a peu à espérer de sociétés accumulant prisons et miradors. Ce sont les signes de l’oppression morale, de la dictature, de l’esclavage intellectuel. Peu de prison, peu de condamnation sont un signe de bonne santé plus qu’un signe de faiblesse.

De la même façon, la santé économique et politique d’une société peut se mesurer  à sa répression fiscale. Il y a peu à espérer d’une société qui multiplie les contrôles fiscaux, les armées de contrôleurs fiscaux, qui met en place une justice d’exception chargée de condamner lourdement ses citoyens à des peines fiscales. Ce sont les marqueurs de l’esclavage fiscal. A contrario, une fiscalité juste serait consentie, elle correspondrait à des dépenses maîtrisées, elle n’impliquerait pas de défaillances contribuables, elle rendrait la répression inutile.

En réalité, notre pays, corrompu, est évidemment une dictature, en témoigne les scores annoncés, années après années, par Bercy face à ce que cette administration appelle la « fraude fiscale », qui n’est en réalité que l’expression chiffrée de la dictature dans laquelle nous vivons. Plus le chiffre de la fraude fiscale est élevé, plus la dictature est forte.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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