La tentation autoritaire du pouvoir

Que penser d’un pays où …

– La constitution régissant le cadre institutionnel est un brin autoritaire et, à vrai dire, pas vraiment démocratique en ce qu’elle attribue tous les pouvoirs à l’exécutif ; c’est à dire au chef de l’Etat alors qu’elle n’accorde qu’un faible rôle au parlement doté en principe du pouvoir législatif et censé représenter les électeurs et … absolument rien au pouvoir judiciaire qui n’est d’ailleurs même pas reconnu comme un pouvoir mais une simple autorité.

– Le gouvernement gouverne et décide seul avec son administration, sous la tutelle étroite du président qui détient la réalité du pouvoir, dans le secret des ministères avec des fonctionnaires qui ne rendent compte à personne et en tout cas jamais aux citoyens et jamais au parlement ; c’est à dire à la représentation nationale. Le président n’est même pas responsable politiquement devant le parlement qui ne peut rien faire contre lui !

– L’assemblée nationale est aux ordres et ne doit jamais prendre aucune initiative ni jamais exercer aucune de ses prérogatives – elle doit juste entériner les décisions du gouvernement ou du président, le petit doigt sur la couture du pantalon ; ses membres devant se limiter à faire les propagandistes de la « bonne parole » du gouvernement et du président.

– Le président peut engager seul, sans demander l’aval du parlement, les forces armées dans un conflit étranger (Syrie ) où le pays qu’il dirige n’a rien à y faire ni aucun intérêt à défendre, ni politique ni économique,

– Le pouvoir refuse l’intrusion de la justice dans ses petites affaires louches et s’estime au dessus des lois tout en refusant tout contrôle parlementaire. Le président et son gouvernement refusent le jeu démocratique du contrôle par la chambre haute (Sénat) de ses faits et gestes dans le cadre prévu et les prérogatives prévues par la constitution. Dans une démocratie normale (RU, Allemagne, Suisse ou pays scandinaves) tout ce petit monde aurait été au minimum poussé à la démission.

– Lorsqu’un journal révèle des aspects peu ragoûtants des petites magouilles de l’entourage proche du président, la justice, visiblement aux ordres, s’empresse d’ordonner aussitôt une perquisition au siège dudit journal dans le but essentiel de connaître le responsable à l’origine … des fuites qui ont permis cette révélation !

– La presse audio visuelle publique (radio et télé) comporte 8 stations de radio et 11 chaînes de télé entièrement sous le contrôle de l’Etat et de son administration ; ce qui est une manière sûre de pouvoir diffuser à la population un message conforme à la volonté et aux vues gouvernementales. On peut appeler cela de la propagande !

– Le président nomme ou fait nommer des proches ou des camarades de promo à la tête de chaînes de télé publiques ; histoire de récompenser sans doute des amis tout en s’assurant de la conformité de la ligne éditoriale …

– Le système de radio-télé public est complété par un système de subventions massives (400 millions € par an) à la presse pour l’aider « officiellement » avec l’effet induit de la rendre plus servile vis-à-vis du pouvoir (on ne mord pas la main qui donne à manger … grassement !) et où Le président de la République propose que l’Etat rémunère certains journalistes dans les rédactions dans le cadre d’une nationalisation partielle de la presse.

– Lorsque le président va en déplacement, la presse nationale et locale est soigneusement tenue à l’écart et ne sont transmises à cette dernière que les images tournées par le service de presse du président. Au mieux, ne sont admis que certains journalises agréés ; les autres étant invités à déguerpir !?!

– Lorsque des articles portant sur des interviews du président ou des ministres font l’objet d’un rewriting qui ressemble plus à des pratiques de censure pure et simple (le texte à l’arrivée ne correspond pas au texte de départ) qu’à l’apport de simples précisions.

– Le pouvoir a fait voter une loi sur les fake news pour mieux contrôler l’information ; surtout celle qui pourrait échapper à son contrôle notamment parce qu’elle émane des réseaux sociaux,

– Le chef de l’Etat, en vertu de ses pouvoirs (art 15 de la constitution) pousse à la démission le chef d’état major des armées parce que ce dernier n’est pas d’accord avec la stratégie décidée seul par le président notamment en ce qui concerne les coupes budgétaires,

– Le président essaie, dans le cadre évident d’une opération de copinage, de nommer au poste prestigieux de consul de Los Angeles un écrivain de ses amis au mépris des règles de compétence,

– La population est soumise, dans le cadre d’une vaste campagne de propagande et d’auto promotion, à la logorrhée d’un président qui s’écoute parler pendant des heures et qui n’entend rien ni personne et exerce un pouvoir personnel et narcissique (moi ou le chaos)

– Le pouvoir fait face à une contestation populaire sans précédant à laquelle il ne répond que par le mépris, une décrédibilisation et un dénigrement manichéen puis par la force brutale avec l’usage abusif d’armes d’attaque (appelées de défense pour en réduire le rôle réel aux yeux de l’opinion publique), tout en procédant à des arrestations massives et la menace ultime de l’utilisation de l’armée réduite finalement à la surveillance de bâtiments officiels ;

– Le pouvoir demande au parlement d’entériner une loi contre les casseurs qui devrait permettre, entre autres, d’interdire purement et simplement les manifestations qui ne lui conviendraient pas et de poursuivre tous ceux qu’il estime suspects !

– Le pouvoir a fait de l’impôt et de la traque fiscale une arme de destruction massive exercée sans contrôle ni parlementaire ni même judiciaire, avec la création d’une véritable police fiscale, tandis que l’administration met en place, sous de fallacieux prétextes, des méthodes d’investigations fiscales de plus en plus intrusives et agressives tout en affectant de faire croire le contraire ; y compris des méthodes d’espionnage notamment des réseaux sociaux afin de vérifier que votre train de vie est conforme à vos revenus ….

– La détention d’armes de défense est strictement interdite car seul l’Etat a le monopole de la violence présentée abusivement, puisque exercée par cet Etat, comme légitime,

– Le gouvernement a décidé sans concertation, sur la base d’études bidonnées et malgré l’opposition des trois quarts de la population, de réduire la vitesse sur route à 80 kmh, et qui parallèlement a organisé le déploiement massif de radars en tous genres et en tous endroits et de toutes les manières avec le but avéré de piéger et de rançonner l’automobiliste ; la combinaison de la première mesure avec la seconde ayant entraîné une explosion du nombre d’amendes routières (dont les recettes sont évaluées à 1.2 Md€ par an),

– Le pouvoir s’appuie sur une administration omniprésente et toute puissante qui agit sans contrôle ; ce qui a permis la mise en place d’une caste d’Etat composée de mercenaires de l’impôt s’arrogeant tous les droits, tout en fraudant eux-mêmes !

– Le pouvoir conclut des accords secrets pour la cession d’autoroutes publiques et refuse ensuite d’en révéler le contenu. Il refuse même de déférer aux décisions judiciaires lui enjoignant de le faire.

– Le pouvoir finance les syndicats institutionnels de manière totalement opaque ; ce qui n’est quand même pas un signe de défense des intérêts des salariés !

Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour y voir un Etat totalitariste qui souhaite contrôler les médias et les informations qui y transitent !

Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour y voir un Etat totalitariste qui souhaite contrôler les citoyens et tous leurs faits et gestes !

Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour y voir un Etat totalitariste qui souhaite contrôler les députés et sénateurs du parlement !

Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour y voir un Etat totalitariste qui bafoue l’Etat de droit et viole les règles qu’il impose à ses propres citoyens !

Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour y voir un Etat totalitariste qui essaie de placer ses amis aux bons postes, (télé, diplomatie), ce qui fait immanquablement penser à une république bananière !

Vous trouvez que j’exagère ?

La consultation des liens vous permettra d’apprécier toute l’étendue de la situation ; laquelle nous montre, sans ambiguité, que nous sommes en présence d’une dérive à la fois autoritaire et corporatiste et même parfois mafieuse, du pouvoir.

Et, le pire, c’est qu’on a même réussi à faire dire aux français qu’ils seraient majoritairement favorables à ce que la direction de l’Etat soit assurée par un militaire en cas de terrorisme (ou de situation difficile) … de là à penser qu’on les prépare à une transition autoritaire … il n’y a qu’un pas !?!

Que penser alors d’un pays où le libéralisme, le libre choix sont exclus du fait de contrôles administratifs incessants, alors que, dans ce pays, le président est le garant des libertés publiques ; ce qui sous entendu que ces libertés ne sont tolérées que dans la mesure où elles ne contrarient pas le pouvoir lui-même ?

Sauf que ce pays, vous le connaissez bien, c’est le votre, c’est la France, le pays des droits de l’homme (enfin on les a énoncés clairement en 1789 ce qui a permis de mieux les violer 3 ans plus tard avec l’épisode de la Terreur) ; ce pays où le président, entouré d’une caste, d’une cour composée de gens « abstraits » « hors sol » persuadés de détenir LA vérité,  tellement pleins de leur fatuité qu’ils en deviennent dangereux, se fait appeler « Jupiter » !

Alors certes, nous sommes encore loin des dictatures brutales telles qu’on se les représente habituellement (stalinisme, nazisme, castrisme, chavisme …) mais nous glissons néanmoins lentement, progressivement vers une tendance de plus en plus autoritaire du pouvoir, vers un anti libéralisme de mauvais aloi.

Or, cet anti libéralisme des hommes de pouvoir ne constitue que la vision d’une société soumise à leur volonté sous le prétexte fallacieux de nous protéger d’un monde affreux alors qu’à bien y regarder, il ne s’agit que d’une posture destinée à mettre en place des systèmes complexes et incontournables pour mieux nous contrôler !

Il faut donc que vous soyiez conscients que ce qui se passe sous vos yeux, c’est la démocratie qui part en lambeaux. Il appartient à tout un chacun d’en être conscient et de refuser une telle évolution qui ne peut se faire qu’à notre détriment !

En abandonnant votre liberté pour la sécurité, vous n’aurez, à la fin, ni liberté ni sécurité !

Bien cordialement à tous !

La reproduction de cet article est autorisée à condition de le rependre dans sa totalité, d’en rappeler l’auteur et le site de publication originel.

 

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, titulaire d’un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis un ancien avocat en droit fiscal et droit des sociétés. Je partage ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, intransigeant sur les libertés individuelles, j’ai un ennemi : l’étatisme qui détruit le tissus économique et social.

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