L’amnistie générale pour les tortionnaires

Jean Marc Ayrault ouvre « la boite de Pandore de la fiscalité ». Cela fait la une des journaux. On nous prend vraiment pour des cons.

La fiscalité, donc les comptes de la France, comme tous les comptes se compose de deux paramètres : les recettes et les dépenses. Comment peut-on envisager de réfléchir aux recettes sans avoir pris position sur les dépenses ?

A-t-on entendu parler des dépenses à venir ? De la façon de les aborder ? Les partenaires sociaux ont-ils été convoqués pour les définir, les contenir, les diminuer ? Pas que je sache.

Alors de quoi vont-ils parler lors de ce « chantier » de la fiscalité : des recettes, exclusivement des recettes. Or, peu importe la répartition du poids de l’impôt, il finit toujours par être, d’une façon ou d’une autre, supporté par tous.

Si un grand chantier devait être mis en œuvre sur la fiscalité, c’est par les dépenses qu’il faudrait commencer. Si l’on commence à l’envers, c’est qu’il ne s’agit ici que d’un écran de fumée.

Ceci établi, quel est le but de cet écran de fumée.

Le gouvernement est face à un désastre fiscal. Le pays est surendetté. Les entrepreneurs sont objectivement ruinés, en partie du fait de l’impôt, plus surement du fait de contrôles fiscaux délirants qui ne sont que des actes de pirateries, des vols même pas déguisés ruinant ou faisant fuir les entrepreneurs.

Dans un premier temps, c’est par la propagande que les élus ont tenté de camoufler ce pillage. Ainsi furent jetés en pâture, en tant que boucs émissaires, les « fraudeurs fiscaux ». En dehors de deux ou trois trafiquants de drogue invétérés, personne ne s’est reconnu dans cette description apocalyptique des « fraudeurs fiscaux ».

Bien plus, les contribuables se sont révoltés à la vue de cette caricature qui n’avait pour but que de justifier des prélèvements exorbitants, la plupart du temps indus, et surtout des contrôles fiscaux iniques, injustement confiscatoires.

Cette révolte est toujours bouillonnante, malgré le redoublement de la propagande. Il faut dire que l’épisode Cahuzac n’était pas piqué des hannetons. Une huile de cette importance jetée directement sur le feu fiscal ne pouvait qu’embraser la situation.

C’est ainsi que le gouvernement et Bercy, qui ne font qu’un, se trouvent en position plus que délicate. Le feu couve.

Amnistie avant explosion

Les chances d’arrêter l’explosion sont nulles. Pour cela il faudrait diminuer drastiquement les dépenses, mais, hélas, ceux qui en profitent sont majoritaires. Or, en démocratie, la majorité est reine, même si elle n’est pas fatalement la mère de la sagesse. Donc, impossible de diminuer les dépenses sans mettre la moitié du pays dans la rue. D’un autre côté, augmenter les recettes va jeter dans la rue l’autre moitié.

Alors, sauve qui peut avant la guerre civile.

En bidouillant l’organisation des recettes fiscales, les responsables du carnage fiscal actuel pensent faire table rase du passé, se refaire une virginité avant la grande explication. Ils croient qu’à recettes égales, il suffit de présenter différemment la facture pour que tout le monde soit content.

En réalité, ils cherchent l’amnistie. Pas l’amnistie judiciaire, ça ils l’ont depuis toujours, les magistrats n’ont jamais cessé de couvrir toutes leurs exactions. Ce qu’ils veulent c’est l’amnistie populaire.

Ils nous prennent pour des benêts.

C’en est même gênant. Ils pensent que, tout retournés par la réorganisation des recettes, nous oublierons ceux qui nous ont amené où nous sommes. Vous imaginez ça ?

Ils se prennent pour des prestidigitateurs. Ils nous font regarder ailleurs pendant qu’ils nous font les poches. Plus tard, ils prétendront que les problèmes viennent d’avant, avant la modification des prélèvements, qu’ils ne sont donc pas responsables.

C’est ça l’amnistie populaire qu’espèrent trouver nos tortionnaires. Mais ce n’est pas possible. Ils peuvent se le tortiller comme ils veulent, c’est trop tard. Ils ont tué les entrepreneurs, pillé les fortunes indispensables à l’économie, pour se vautrer dans l’irresponsabilité et la partouze consumériste. Ils n’arriveront pas à nous faire prendre leurs vessies pour des lanternes. Il faudra qu’ils rendent gorge, c’est la morale qui le veut.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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