Le capital : ces fous qui le haïssent

Lorsque, autour de moi, j’entends parler du capital, la plupart du temps les bras m’en tombent tant ce qui est dit me catastrophe.

Pour clarifier le débat posons la question : le capital, c’est quoi ?

La réponse est simple : c’est le total des possessions, c’est ce qui établit les hiérarchies dans le monde vivant.

Les structures vivantes qui accumulent du capital sont reconnues plus performantes que celles qui n’en accumulent pas, elles sont aussi plus pérennes.

Ainsi, l’abeille ou la fourmi sont plus « civilisées » que la cigale imprévoyante, leurs sociétés sont considérées comme très avancées dans le monde animal.

L’homme fait la différence sur la planète non par quelque impulsion divine, mais parce qu’il a su accéder au capital dans des registres très étendus et de façon constante.

C’est ainsi qu’il a acquis un capital économique évidemment, mais aussi intellectuel, culturel, affectif, moral, philosophique, ce qui lui a permis de distancer à ce jour tous les autres êtres vivants. Rien de plus cependant.

Ce vaste et diversifié capital est la résultante d’actions personnelles ou collectives, mais il n’est la propriété de personne. Il fluctue au rythme des capacités de chaque homme ou de chaque groupe, indépendamment de leur volonté, uniquement en liaison avec les actions qui le favorisent ou celles qui le défavorisent.

Qu’il soit économique ou intellectuel, le capital est un marqueur impartial des comportements de chacun ou de tous.

Ceci posé, il faut reconnaitre qu’il est très convoité. Son apparence est si trompeuse que ce ne sont que quiproquos autour de lui.

Au niveau individuel

Certains de ceux qui le possèdent et tout ceux qui ne le possèdent pas croient dur comme fer qu’il est leur propriété ou celle de x ou de y. Très peu ont conscience qu’il n’est qu’un marqueur, que faute de le dupliquer celui qui en a la garde le perd. Que donc sa possession est une astreinte à son service, tous les jours, sans exception.

Ainsi, celui qui le vole est toujours déçu, il le perd irrémédiablement et très rapidement.

Au niveau collectif

C’est pire, le groupe qui en bénéficie a toujours beaucoup de mal à comprendre comment et pourquoi il le détient, donc à le conserver.

Cela tient au fait que le capital, possession du groupe, prend tout un tas de formes qui se concurrencent et se croient toutes essentielles à son développement.

Mais le capital, sous toutes ses formes, s’en fout. Que les conditions de sa croissance disparaissent, il part, tout simplement. Il abandonne le groupe qui reste occupé le plus souvent à se déchirer benoîtement sur le responsable de son départ, de sa disparition.

Aujourd’hui

Bien que j’aie le plus grand respect pour toutes les formes de capital, qui d’ailleurs plus ou moins sont en synergies, je suis de caractère plus attentif au capital matériel, tout en respectant le capital intellectuel, artistique ou moral.

Il y a lieu de se faire du souci

Le capital matériel est quelques fois défini, d’autres fois il est en attente de définition, il se présente alors sous la forme de la monnaie.

Les évolutions et transformations successives du capital s’appellent l’économie. L’économie a besoin de la monnaie.

Tout particulièrement du fait de la division moderne du travail qui augmente la durée de l’instabilité du capital entre deux formes finies, où pendant cette instabilité il ne peut qu’être monnaie.

Un grave danger menace le capital, parmi tant d’autres, c’est sa disparition pendant le temps instable où il vit sous forme de monnaie. C’est pourquoi la monnaie a, de tout temps, fait l’objet de surveillances les plus strictes possibles.

Pourtant, aujourd’hui, des apprentis sorciers qui n’ont pas compris la réalité du capital matériel, de son impérieuse nécessité, fabriquent à tour de bras de la fausse monnaie.

Ce faisant, ils détruisent le capital à l’occasion de son passage, instable mais obligatoire, par l’étape monnaie.

Cette destruction se répercute sur la globalité du capital. Comme ils le font à l’échelle mondiale, les conséquences seront mondiales.

Demain, le capital va fuir une grande partie de l’humanité, les conséquences sont incalculables, elles seront terribles. Privées de capital des sociétés iront de régression en régression, jusqu’à une disparition totale probable, au profit de celles qui auront construit et respecté leur capital.

Demain ce n’est pas une façon de dire, c’est vraiment demain pour ce que l’on appelle le monde occidental.

Bien cordialement.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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3 réflexions au sujet de « Le capital : ces fous qui le haïssent »

  1. Ce qui est nouveau me semble-t-il pour réaliser du capital , est la mondialisation. Il faut penser global et agir local , alors qu’il y a un siècle il suffisait de penser local et d’agir global.

    1. De tous temps, le commerce mondial a permis au capital circulant de s’enrichir.

      Déjà à ALEXANDRIE, PTOLEMEE avait compris que la richesse constituée en capital fixe, n’a aucun pouvoir économique.

      Lire LE CHIFFRE ET LE SONGE de JACQUES BLAMONT chez O JACOB, l’oeuvre des Lagides pages 49 à 143.

  2. Permettez de lancer une discussion sur le capital.

    C’est ADAMS SMITH le premier qui a séparé les capitaux fixe et circulant.

    Il a le premier défini le capital fixe. Voici : tout ce dont le caractère distinctif est de rapporter un revenu ou un profit sans changer de maître.

    Le capital fixe consistait, pour cet auteur, dans quatre articles :

    -Toutes les machines utiles et instruments d’industrie qui facilitent et abrègent le travail.

    -Tous les bâtiments qui ne sont pas des habitations et qui sont des espèces d’instruments d’industrie tels que boutiques, magasins, ateliers, fermes, étables, granges etc…,

    -Les améliorations du sol profitables : défricher, dessécher, irriguer, clôturer, marner, fumer, bref labourage et pâturage, les deux mamelles de Sully.

    -Tous les talents utiles dont l’acquisition a engagé une dépense par celui qui les acquiert en éducation, en apprentissage, en étude, en dextérité, bref, le capital humain.

    Par contre pour le capital circulant c’est l’industriel du chocolat, JUSTIN MENIER, qui a le mieux défini, le capital circulant.

    Celui-ci comprend l’argent qui circule, les monnaies, les stocks de vivres des commerçants, les matières brutes encore dans les mains des producteurs, les ouvrages encore dans les mains du manufacturier ou du marchand.

    Le capital circulant a pour caractéristique de changer de nature à chaque opération économique.

    Le capital circulant ne peut produire de l’utilité qu’en se transformant : matières premières dont les aliments, marchandises dans le commerce, monnaies. Le capital fixe ne peut produire de l’utilité qu’en se transformant en capital circulant.

    Le capital fixe produit également de l’utilité mais, lui le fait sans se transformer, ni sans perdre son identité : sol, mines, constructions, machines, outillages, navires, voitures, ustensiles, animaux servant à l’exploitation, meubles, objets d’art.

    Celui qui de nos jours a bien compris cette différence entre le capital fixe et le capital circulant, c’est BERNARD TAPIE qui s’est enrichi principalement en achetant, pour un euro, une entreprise en déficit, du capital circulant en cédant le patrimoine des biens de l’entreprise, le capital fixe que chacun avait oublié dans la direction de l’entreprise défaillante.

    Au lieu de tenter de se battre contre le monstre de BERCY qui est impitoyable, il faut parvenir à le tuer par une réforme fiscale.

    Quel serait le meilleur moyen d’y parvenir si ce n’est que par la réforme fondamentale de la fiscalité ?

    Abolir le Code général des impôts de 3.642 pages pour remplacer la totalité des impôts au nombre de 350 par un seul impôt en 2 lignes et deux mots : valeurs cadastrales déclarées, pourcentage demandé chaque année par le gouvernement selon ses besoins. Simple non ?

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