Le dilemme du président : Désastre démocratique ou désastre économique ?

Si l’on revient sur les interventions de E Macron, en ne s’intéressant qu’aux dispositions à caractère fiscal, on s’aperçoit qu’à aucun moment il n’est question de réduire les dépenses de l’Etat.

Les annonces du 10 décembre au coût total estimé de 10 milliards € sont :

– la suppression de la hausse de la CSG pour les pensions inférieures à 2.000 €

– la suppression de la taxe carbone,

– la hausse de la prime d’activité pour les petits salaires

– la défiscalisation de la prime de 1.000€ de fin d’année pour les salariés,

Les annonces du 25 avril au coût estimé de 7 à 10 milliards € sont :

– la réduction de l’impôt sur le revenu de 5 milliards € pour 12 millions de contribuables

– la ré indexation des pensions de retraite sur l’inflation (coût 2 milliards €) qui est en fait une sous indexation des retraites supérieures à 2.000 € car la sous indexation n’avait été décidée que pour deux ans (2019 et 2020) et a été disqualifiée par le conseil constitutionnel pour 2020,

– la réduction de 120.000 fonctionnaires est ajournée,

et il ne faut oublier la suppression de la taxe d’habitation totalement non financée dont le coût est estimé à 10 milliards € (il s’agissait d’une mesure purement démagogique destinée à permettre à E Macron de gagner les élections de 2017).

On remarque d’ailleurs, qu’à l’exception de la hausse de la prime d’activité et de la réduction du nombre des fonctionnaires qui sont des mesures de dépenses, les autres ne sont que des mesures d’annulation (immédiate ou rétroactive) d’impôts c’est à dire que l’Etat renonce à percevoir certains impôts.

Le problème est qu’avec un budget 2019, à l’origine largement déficitaire, ces nouvelles mesures, vont fortement amplifier le déficit alors qu’aucune mesure d’économie n’est prévue. Le gouvernement n’aura donc pas d’autre choix que de se livrer à son activité favorite : le bonneteau fiscal pour tenter de récupérer sur certains contribuables ces nouvelles « dépenses » et emprunter pour le surplus !

Après avoir beaucoup tabassé les ménages, le gouvernement veut désormais s’attaquer aux niches fiscales des entreprises qui (sic) « doivent se montrer solidaires ».

Le problème est que cet argument, totalement démagogique, est en parfaite contradiction avec les règles du droit commercial car l’objet social d’une entreprise n’est pas d’être solidaire. Le gouvernement affecte « d’oublier » aussi qu’en cas d’alourdissement de leurs impôts, les entreprises les répercutent toujours sur le client final parce qu’une entreprise, contrairement à un Etat, doit impérativement ajuster ses prix et ses coûts.

Néanmoins, on sait que la règle en politique est de prendre l’argent où l’on peut et peu importe si les entreprises françaises subissent déjà les impôts les plus lourds et ont les marges les plus faibles de l’Union Européenne ! Les chômeurs attendront pour retrouver un emploi …

Clairement, on sent que, dans un accès de pure démagogie, E Macron cherche à caresser l’électeur dans le sens du poil alors que tout le monde sait que les comptes publics sont mauvais et que la seule issue passe impérativement par la réduction des dépenses publiques.

Le problème qui se pose à lui est le suivant : Une politique de redressement des comptes publics et de la compétitivité passe nécessairement par la fin de la dérive budgétaire et des déficits constants car l’amélioration des revenus des français passe par une forte diminution de la pression fiscale (et non pas par une augmentation des salaires qui aurait un effet inflationniste sur les prix des marchandises et des services).

La diminution de la pression fiscale peut passer entre autres par :

– la réduction du nombre des fonctionnaires, la suppression du statut de la fonction publique sauf pour les domaines régaliens, des avantages discrets et exorbitants de la haute fonction publique (détachement, cumuls de retraites, pantouflage …), le blocage voire la réduction des rémunérations de certains fonctionnaires,

– la réduction du mille feuille administratif et du nombre d’élus (nationaux et locaux),

– la réduction des allocations chômage et des durées d’indemnisation, la réduction du nombre des aides sociales, le report de l’age de la retraite à 65 ans, la suppression des régimes spéciaux de retraite, l’obligation pour les fonctionnaires de cotiser au chômage et à la retraite,

– la fin du monopole de la sécurité sociale et la suppression des 35 heures avec une durée hebdomadaire du travail fixée par accord d’entreprises, en établissant la liberté d’embauche et de licencier pour l’employeur, et de 90% du code du travail (comme en Suisse),

– la simplification du Code Général des Impôts, la suppression des niches fiscales et des tribunaux administratifs (l’Etat serait soumis aux règles de droit commun),

– la privatisation des entreprises publiques, la suppression du monopole étatique dans les secteurs concurrentiels et des subventions aux organismes sans utilité économique avérée,

– la suppression du financement public des syndicats,

On notera qu’aucune de ces mesures n’a été envisagée par E Macron mais on sait aussi qu’engager de telles réformes mettra aussitôt la population dans la rue. Pire, si l’on organisait un référendum à leur propos, ces mesures seraient rejetées massivement et surtout par ceux qui ont intérêt au maintien du système et notamment les fonctionnaires, les bénéficiaires des régimes spéciaux, des situations de rente et des régimes sociaux !

Cela explique que E Macron ait essayé de rétablir les comptes en augmentant la pression fiscale sous prétexte d’écologie car il pensait que celle-ci faisait consensus ; avec le succès que l’on sait.

Ce constat amène nécessairement à la question suivante : Un président est-il légitime à poursuivre des réformes malgré l’opposition de la population ou doit-il s’incliner et faire ce que veut cette dernière alors que l’on sait qu’il se trouvera toujours une majorité de la population pour vouloir l’augmentation de la dépense publique, le recrutement de nouveaux fonctionnaires, le rétablissement de l’age de la retraite à 60 ans, l’augmentation des dépenses sociales ; c’est à dire toujours plus d’avantages et toujours moins d’efforts. Même si, pour cela, il faut creuser les déficits et emprunter massivement sur les marchés tout en sachant que cette voie mènera au mieux à reporter sur les générations futures des dettes insupportables et au pire à la faillite pure et simple ….

Interpréter la volonté populaire ou la respecter ressort en principe de la mission du politicien dans le cadre de son mandat. Autrement dit, un politicien responsable doit-il nécessairement se soumettre à la volonté de la majorité même s’il sait que celle-ci se trompe ? Mais, n’est-ce pas tromper l’électeur que de lui laisser croire que ce qu’il veut est bon bien que ce soit mauvais ?

Cela reviendrait donc à s’incliner devant la majorité ou plus exactement devant la plus forte minorité, ou encore devant la plus agissante, la plus motivée, la plus nuisible, la plus violente … et n’est ce pas qu’est en train de faire E Macron qui a abandonné ses timides réformes pour se soumettre à la « volonté populaire » et ne plus rien faire du tout !

Peut-on parler de lâcheté ou de lucidité lorsqu’un dirigeant accepte de renoncer à son programme du fait d’une opposition populaire et, au contraire, devrait-on parler de trahison s’il refuse de faire ce que veut la population parce qu’il sait que ce qu’elle veut n’est pas conforme aux intérêts du pays ?

Clairement, Macron se trouve face au dilemme du politicien et que l’on peut résumer comme suit :

– promettre des efforts, la réduction des dépenses et des aides sociales ainsi que des temps difficiles avec l’assurance de n’être ni élu ni réélu,

– promettre la facilité et faire l’inverse avec l’assurance d’une contestation massive et de ne pas être réélu,

– être élu et ne rien faire avec l’assurance d’être réélu même si cela aboutit, à la fin, à la faillite du pays.

Car cela revient à expliquer à la population qu’il faut désormais faire l’inverse de ce que l’on a toujours fait depuis 40 ans avec l’argent public réputé gratuit et inépuisable mais qui … n’existe pas.

La question apparaît à ce jour pratiquement insoluble avec une France en plein déni de sa situation économique réelle et qui profite pour l’instant des facilités bancaires de la BCE. La France est actuellement dans la situation de la personne surendettée qui continue à dépenser tant que le crédit ne lui est pas coupé.

Il semble bien que E Macron, au-delà de ses discours emphatiques mais creux qui n’abusent personne, ait transformé, du fait du mouvement des gilets jaunes, sa toute petite intention réformatrice et très peu libérale du début de mandat en étatisme bon teint ; ce qui veut dire que la « start up nation » tant vantée est passée à la trappe tout comme le redressement du pays.

Finalement, on est passé des grands principes au misérable bricolage budgétaire …tout comme F Hollande !

Le dérapage budgétaire apparaît inévitable et il va exactement à l’encontre de toute possibilité de redressement du pays ! Aucune réforme d’envergure telle que les ont faites les autres pays de l’Union Européenne ne sera d’ailleurs esquissée !

Ce faisant, E Macron a choisi la troisième option du dilemme du politicien ; c’est à dire celle de celui qui préfère le (futur) désastre économique pour ne pas être confronté au désastre démocratique (présent).

Bien cordialement à tous !

La reproduction de cet article n’est autorisée qu’à la condition de le rependre dans sa totalité, d’en rappeler l’auteur et le site de publication originel.

 

 

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, titulaire d’un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis un ancien avocat en droit fiscal et droit des sociétés. Je partage ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, intransigeant sur les libertés individuelles, j’ai un ennemi : l’étatisme qui détruit le tissus économique et social.

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5 réflexions au sujet de « Le dilemme du président : Désastre démocratique ou désastre économique ? »

  1.  » la volonté populaire » comment accepter qu’environ seulement 0,5 % de la population manifestant et que des sondage d’environ 1.000 personnes soient l’expression/volonté populaire ?

  2. Dommage qu’il n’y ait pas plus de lecteurs de témoignage fiscal, je pense que les gens préfèrent Le Monde, l’Humanité et les ONG révolutionnaires qui attaquent l’Etat français en justice mais perçoivent des subventions de ce même état sans notre autorisation/consentement (je pense à OXFAM, pilotée en France par Cécile Duflot, qui perçoit 27 millions de subventions). Le total des subventions versées par nos administrations est de 40 milliards par an et ne figurent jamais dans un programme électoral, vous avez dit bizarre, idem pour les subventions à la Presse et aux syndicats et j’en passe. Ce pays est fout et la faute en revient principalement aux énarques qui se sont appropriés notre travail, nos propriétés et nos libertés. La révolution gronde

  3. Macron taxe sur taxe esclavage des francais ruine de La france escroc voleur
    Il ne pense pas à une réforme fiscale réelle?! Au contraire plus on ruine les francais mieux ça vaut c est un ignoble personnage et comme l à deja dit le
    Dr segatori c est un grand malade mental
    Quant à elle c est une Cougar pedophile Qui si ca se passait aujourd hui serait en prison.??!! Çe n est pas moi qui le dit çe sont des psychiatres psychanalystes qui sont bien d accord avec leur confrère italien segatori?! Mais revenons à des faits plus prosaïques qui nous concernent tous comment se fait il que macron ne réforme pas la fiscalité trouvez vous normal qu un couple Qui travaillé. Acheté un appartement avec emprunt bancaire avec remboursement sur 10 15 20 ans ou plus pour l habiter se retrouve à payer une taxe d habitation ainsi que un impôt
    Foncier alors qu il est propriétaire de çe bien que seules les ordures ménagères devraient être remboursées en tant sue serviçe rendu à çe couple ét que
    Propriétaire de son bien pour l habiter il faut encore qu il paie alirs qu il chez
    Lui que la déclaration des droits de l homme 1789 indiqué clairement les quatre
    Rubriques de nos droits à savoir sûreté propriété liberté et résistance à l oppression?!donc encore une esçroquerie de l etat?! La redevance audio une
    Esçroquerie de plus que l on fait payer meme a des centenaires qui n y voient plus ét Qui n entendent plus croyez vous qu ils envisageraient de la supprimer alirs que Darmanin va manger pour 200 € le repas c est lui Qui l a dit?! Encore une fois çe n est pas moi. Que dans les ehpads les pensionnaires qui ont travaillé toute une vie ne peuvent pas payer plus de deux à trois mille euros par mois Quand des
    Milliards s envolent au luxembourg en évasion fiscale?! Trouvez vous étonnant la réaction des gilets jaunes ? Pas moi?! Surtout quand un policier sordide. Glisse
    Sa matraque télescopique dans les pantalons d un gilet jaune à terre je n inventé
    Pas il suffit de regarder les vidéos de çe matraquage?! Ils dont tous en train de devenir dingues?!ce sont des fous c est comme l administration fiscale c est
    La traque permanent çe sont vraiment de grands malades comme leur chef de La macron ie?! Vivement le retour qu calme mais apparemment çe n est pas pour demain matin hélas. ??!!!

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