Le hasard, maître de la vie

Je m’adresse à ceux qui sont, comme moi, convaincus que tout n’est que hasard. Dès sa naissance, l’homme est pris dans le tourbillon du hasard. S’il en prend conscience, il perçoit son insignifiance et accède ainsi à la liberté. Les grands choix de sa vie, de sa morale, sont libres du fait de cette insignifiance, c’est elle qui fait sa grandeur et sa responsabilité. Ceux qui prétendent le contraire sont soit des naïfs, soit des charlatans se proposant d’exploiter les naïfs. Une fois ce concept assimilé, tout devient possible. La répartition des richesses liée à la géographie, au climat, à la santé, à l’énergie, à toutes ces choses que le hasard distribue à sa guise, ne peut pas être modifiée autrement qu’à l’aide du hasard. Je parle là de la distribution initiale, je ne parle pas du plaisir de travailler, de se cultiver, de chercher à comprendre l’instant, d’aimer, de donner, de recevoir, l’ensemble pour progresser (peut-être) ou tout simplement pour exister. Je parle de la grande redistribution sociale. Celle dont on nous rabat les oreilles à longueur de journée. Celle pour qui (soi disant) nous devons redonner la plus grande part de nos revenus. Celle au nom de qui nos dirigeants s’octroient des avantages considérables, alors que les résultats qu’ils obtiennent sont inversement proportionnels à ces avantages indus. Le loto coopératif. Je propose que la redistribution soit, comme la distribution initiale, placée sous le signe du hasard. Actuellement le loto réalise 1,5 M€ de CA. Il redistribue, pas toujours, un gros lot, plus des broutilles. L’Etat se sert copieusement au passage. Alors imaginons, l’Etat ne prélève plus rien sur le loto, que nous appellerons « coopératif ». Nous avons donc 1,5 M€ de CA annuel, soit pour environ 150 tirages : 10 m€ par tirage à répartir. Si nous limitons la grille à 4 numéros, il y a actuellement environ 600 gagnants par tirage pour ces 4 numéros. Si à ces 600 gagnants nous répartissons 60% de la mise, soit 6 m€, chacun touchera 10.000 €. Les 40% restants seront répartis aux gagnants de rang inférieur. Maintenant, prenons pour hypothèse que ce loto, devenu transparent et débarrassé des prélèvements de la pieuvre étatique, rencontre un franc succès. Imaginons qu’il soit multiplié par 10. C’est donc, trois fois par semaine, 6.000 gagnants qui toucheront 100.000 €. Sur l’année, c’est 90.000 personnes qui percevront chacune 100.000 €. Sous réserve que mes calculs soient justes, ce que mes compétences de mathématicien ne me permettent pas d’affirmer, il y a là une vraie redistribution, du même type que la distribution initiale, c’est-à-dire liée au hasard, mais dont la performance laisse rêveur, par rapport à tous les échecs en cours des redistributions planifiées ou volontaristes. La somme de 100.000€ permet un vrai départ dans la vie économique pour ceux que cela passionne et qui en ont les compétences. C’est un capital crédible, prêt à fructifier. Evidemment ce hasard, comme celui de la naissance, ne va pas toujours tomber sur des individus qui sauront en profiter et le faire profiter, mais qu’importe. Ceux qui « crameront » leur gain ne feront que le remettre dans le circuit, sans avantage pour eux, c’est leur problème. Pour éviter les tricheries, ou les fantasmes de gain déstabilisateurs du système, chacun ne pourra disposer que d’une mise par tirage. Moralité : Un Dimanche, d’hiver même pas commencé, froid et pluvieux n’empêche pas d’imaginer la chaleur dont le hasard peut assurer le retour, si on le respecte et si on lui fait confiance. Pourquoi ne laisser au hasard que sa part d’ombre et de malheur ? De quel droit nous nous accaparerions ses effets positifs et nous ne lui laisserions que la maîtrise du malheur ? L’acceptation du hasard, dans toutes ses composantes, est le début de la sagesse, la limitation de la frustration et des haines qu’elle véhicule. Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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