Le peuple, ce tueur.

Un fidèle internaute m’a interpellé en me parlant intensément du droit du peuple à décider selon sa convenance.

Cela m’a laissé dubitatif, puis inquiet, finalement m’a poussé au clavier pour en parler.

Ce sympathique internaute n’est pas isolé, d’autres que lui, probablement moins sincères, mettent aussi le peuple en avant.

Alors, qu’est-ce le peuple ?

Ce sont moi et cet internaute évidemment, mais ce sont aussi mes voisins, ceux que j’aime bien et ceux que j’aime moins. Ce sont les Gilets Jaunes, mais aussi les CRS. Les justiciables et les magistrats. Les petits gars de banlieue et les énarques. Ceux qui tapent la belote et ceux qui bridgent. Ceux qui mangent chez Lulu et ceux qui grignotent chez Lasserre. Les habitants de Saint Denis et ceux qui logent à l’Elysée. Le peuple, ce sont tous les français, pas loin de ce que l’on appelait avant l’Etat nation.

Au nom des droits de quels de ses membres le peuple pourrait-il prendre la parole ? La formulation des droits du peuple ne peut satisfaire qu’une partie de ce peuple, on le sent immédiatement. De quel droit cette partie envisagerait-elle d’imposer ses vues aux autres parties ?

Soyons lucides

Le peuple est une abstraction, il n’existe pas. Il n’est qu’une croyance. Disons qu’il est la croyance contemporaine occidentale, mise accidentellement en avant à l’occasion de la lutte des classes. Le peuple pour un grand nombre remplace Dieu, il est pour eux l’absolu de l’irrationnel.

Les croyances ont ceci de particulier qu’elles n’existent que par rapport à ce qu’elles excluent. Ce sont leurs hérétiques qui leur donnent de l’épaisseur, sans eux elles se dissolvent rapidement.

Les chrétiens ont dû leur naissance aux païens, puis aux différentes variantes qu’ils ont condamnées, chez nous les cathares ou les protestants. Les musulmans actuels doivent leur existence à la fureur qui les tient en haleine face aux infidèles.

Les récents champions connus et autoproclamés du peuple étaient les ennemis affirmés de la bourgeoisie autre abstraction, Mao à l’occasion de la révolution culturelle a massacré allègrement les chinois à partir de cet axiome.

Cessons de mettre le peuple en avant, cessons de croire qu’il serait naturellement le creuset de nos espoirs, l’arbitre de nos antinomies, qu’il pourrait exprimer une vérité par l’intermédiaire de ses représentants toujours autoproclamés, y compris par le vote.

Le pape nous a déjà fait le coup de la représentativité infaillible, Mélenchon et les autres ne proposent rien de plus.

Pensons aux hommes, aux individus qui composeraient le peuple s’il existait.

Ce sont eux qui comptent. Quand en 1914 le peuple est jeté dans les tranchées, ce n’est pas cette abstraction qui souffre, ce sont des individus de chair et d’os qui meurent horriblement décimés. Ce sont leur vie et leur avis qui comptent, pas celui émis par quelques dirigeants indélicats qui guerroient par vantardise ou cupidité.

Personne ne peut s’exprimer au nom du peuple qui n’existe pas sans imaginer au fond de lui un système qui favoriserait ses ambitions et détruirait tous ceux qui n’auraient pas les mêmes.

La croyance en le peuple est une tueuse, comme toutes les croyances elle exclut puis élimine.

La vie en groupe n’est possible qu’à partir du respect de chaque individu qui compose le groupe et plus largement du respect de tous les voisins composant les groupes voisins.

Cette vérité n’a pas d’exception, elle est à la fois simple à comprendre et difficile à mettre en œuvre. Elle impose l’acceptation de l’autre, mais aussi par contrecoup de soi-même, donc la responsabilité de ses propres actes et la tolérance pour ceux des autres.

Au départ, lorsque les Gilets Jaunes faisaient part de leur souffrance, de leur souhait d’être respectés, ils étaient admirables. Quelles que furent alors leurs façons de s’exprimer, y compris les plus extrêmes.

Mais qu’ils commencent à prétendre représenter le peuple et nous imposent alors je ne sais qu’elle folie, ils ne seront plus respectables.

Seuls les hommes sont à considérer, chaque homme, lui, les siens et ses biens, doivent pouvoir vivre en paix. C’est cela une société et non comme aujourd’hui des privilégiés qui exploitent une masse soumise, quand bien même la force inverserait-elle soumis et privilégiés rien alors ne changerait.

Le respect en priorité des individus s’appelle politiquement le libéralisme.

C’est la seule société possible. Convenons que le libéralisme est pour l’instant malheureusement utopique car uniquement basé sur la liberté à l’exclusion de tout emploi de la force sans besoin d’Etat et encore moins d’hommes de l’Etat, que cela n’existe nulle part à l’échelle d’un pays.

En revanche cela existe à l’échelle d’autres groupes associatifs ou économiques, c’est donc reproductible pour un pays. Seules les entraves des politiques l’interdisent.

Les hommes de l’Etat sont si passionnés par l’usage de la force que le libéralisme n’est pas pour demain.

Sans l’usage de la force, que feraient-ils de leurs flics qui aiment tant ça, de leurs magistrats qui adorent ça, de leurs militaires qui en sont friands, de leurs fonctionnaires dont la plupart n’auraient aucune raison d’exister s’ils n’avaient à imposer la force de l’Etat, etc…

Que les Gilets Jaunes défient la force de l’Etat pour conquérir la liberté : oui. Qu’ils s’abaissent à envisager d’utiliser la force de l’Etat pour leur propre compte : non. Ce serait le désespoir total.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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5 réflexions au sujet de « Le peuple, ce tueur. »

    1. Bonsoir Fred,
      Bien sûr, je ne suis pas contre la démocratie : « le moins mauvais des systèmes ».
      Mais laquelle ? La démocratie proportionnelle, qui est impuissante ? La démocratie à majorité à deux tours qui donne le pouvoir à des 20 % ?
      Tout cela n’est souvent qu’un habillage.
      Une chose est sûre, la démocratie ne doit pas servir d’excuse à l’oppression, à justifier l’usage de la force, comme cela est déjà arrivé dans notre histoire et arrive aujourd’hui dans celle d’autres peuples.
      Il faut aussi accepter l’idée que la démocratie peut se tromper, qu’il est bon que nous gardions notre libre arbitre, qu’il puisse s’exprimer.
      Il faut donc que les pouvoirs soient équilibrés et protègent la liberté individuelle.
      Rien, pas même en démocratie, ne justifie que l’on puisse être privé de la liberté individuelle et des marques qui l’accompagnent.
      Sauf cas extrêmes et rares, le groupe ne peut avoir aucun droit sur l’individu, l’inverse est une dictature.
      Une fois cela posé, vive la démocratie, l’échange sincère mais respectueux de l’autre.
      Bien à vous.

  1. Le peuple est un conglomérat de braves citoyens, d’abrutis et d’escrocs. En effet le problème n’est pas de rassembler les citoyens dans un peuple mais que les citoyens obtiennent des contre-pouvoirs efficaces. Or la France manque gravement de contre-pouvoirs. Les Gilets Jaunes sont la démonstration de ce manque de contre-pouvoir démocratique.
    La difficulté n’est donc pas le pouvoir mais l’abus de pouvoir de certains. En effet quand un citoyen obtient un pouvoir si petit soit-il, souvent il en abuse et là commence l’injustice. Ces citoyens qui abusent du pouvoir sont si pauvres qu’ils ne possèdent que de l’argent. La vie met des pierres sur notre route Il faut donc des contre-pouvoirs pour en faire des ponts et non des murs.
    Le bruit des bottes fait mal ,mais par contre celui des pantoufles est pire encore.!!!
    Avant tout, soyons l’arme du contre pouvoir comme les Gilets Jaunes le font ….. Car le danger ne vient pas de celui qui mord , mais par celui qui lèche !
    Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. Et Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer à court terme ..
    La liberté et la justice ne s’expriment pas seulement avec un mot , mais par les actions que nous réalisons, c’est ce que les Gilets Jaunes réalisent.

    « Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes, qui vit au sein de la société , ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie . « Frédéric BASTIAT

  2. Bonsoir les gilets jaunes veulent pouvoir vivre décemment de leur travail ils
    Veulent une justice qui ne soit pas aux ordres du pouvoir ils veulent que les forces
    De l ordre les protègent et ne leur tapent pas dessus ils veulent que les politiques se comportent autrement que par le pillage d etat ils veulent arrêter ces abus de pouvoir de toutes sorte dont vous comme moi sommes victimes ils veulent pouvoir élever leurs enfants dans la dignité ils veulent plus de justice pour vivre dans leur pays la france c est tout cela qu ils veulent ils n ont pas le désir de pouvoir macronien pour écraser autrui etc etc et je leur dis bravo un peuple ie un ensemble de francais Qui puisse avoir la liberté l égalité et la fraternité et non’
    Cette scission cette division de macron pour mieux régner un peuple c est une
    Entité au duquel il peut y avoir des infividusnde diverses tendances mais ou
    L essentiel c est un rassemblement sur les idées majeures qui permettent de vivre
    Ensemble en bonne intelligence dans le respect de chacun et pas dans cet
    Écrasement progressif de nos valeurs commune de notre identite de notre histoire
    Des valeurs qui permettent par la tolérance de respecter l autre l humain c est
    Ainsi que je vois un peuple fier de son histoire prêt à se battre lorsque il est
    Attaque dans ses principes fondamentaux quand on le reespecte Quand on ne len
    Méprise pas comme c est le ca aujourdhui par l oligarchie le peuple estime qu il
    À son mot à dire dans le vote des lois avec lesquelles il va vivre il ne supporte pas
    Qu on lui impose tout ce qu on lui impots aujourdhui pour l amener dans la misère et la pauvreté c est çe qu il refusé avec macron et çe peuple de france sent très bien que Macron çe malade mental chercher à l amener où il ne veut pas aller
    Il sent de facon quasi animale qu on veut le faire disparaître l anéantir le remplacer le faire crever c est pourquoi il se bat pour les salaires mais aussi pour les retraites pour les veufs et veuves concernant les reversions les oins il a très bien compris à quel point une vis humaine pour macron c est rien ! Qu un vieux
    Pour macron il coûte cher si on pouvait le faire disparaître?! Etc etc il n a aucune conscience des besoins et des désirs d un peuple c est pourquoi je pense qu’en
    Le grand débat selon macron en fait ne servira à rien vous saurez me le dire
    Dans quelques semaines je ne suis pas mme soleil mais j entends les hommes et les femmes et les jeune et les vieux tout ce monde qui n osait plus parler et Qui
    Ose aujourdhui dire?! Je voudrais me tromper mais hélas tout ceci c est fait
    Par des bonimenteurs qui essaient de se protéger car ils ont peur de perdre pouvoir argent et tout ce qui fait qu ils veulent sans cesse nous dominiez
    Encore plus pour nous amener au 3 e conflit mondial et à l ordre mondial et
    Nous ne voulons pas de cela. Un chef d etat capable du scénario et affaire de
    Mœurs de Benalla de mensongesnet de perversion de tous ordres Quand Benalla
    Avoue un certain nombre de comportements c est vraiment incroyable d être
    Dans cette pourriture. Tant sexuelle que morale sociale etc etc. Ou comme
    Le dit le commandant Aubenas. Etat égale MAFIA bonne soirée

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