Le pilote : fou ou très ordinaire ?

Le Mardi 24 Mars 2015, un Airbus de la compagnie allemande Germanwings s’écrase à 10H48 sur les Alpes du Sud.

Dans la soirée, la boite noire enregistrant les conversations dans le cockpit est retrouvée. Elle est immédiatement acheminée au BEA.

Dès le Mercredi matin, il est clair que le BEA a pu écouter l’enregistrement et sait exactement ce qui s’est passé. Probablement ne sait-il pas les motifs qui ont guidé la folle décision du co-pilote.

Hollande est immédiatement informé, c’est évident. Il ne pipe mot. Il se contente d’aller moissonner l’émotion suscitée par cet accident. Où est le respect dû aux 149 morts ?

Jeudi midi, le procureur de Marseille, maîtrisant sa colère, a la charge de dévoiler ce que tous les initiés savent depuis 24 heures. Il se sent humilié.

Peu de procureurs assument leur charge professionnelle sans désordre psychologique lourd. En effet, ils passent leurs temps à accuser des délinquants dont ils perçoivent évidemment la détresse intellectuelle, qui sont plus proches de la maladie cérébrale que de la volonté de nuire à la société. Cette tâche, déjà moralement éreintante, est compliquée par des ordres hiérarchiques dont la cohérence n’est pas la première vertu, tant leurs motivations sont plus tournées vers la politique politicienne qu’attachées à la justice.

En fin de semaine, le voile est levé sur cet accident, le pilote est déclaré fou, il est l’assassin fou de 149 personnes. Pas de responsable, il est fou.

Ici commence la réalité de cette catastrophe, notre devoir de mise en perspective, notre responsabilité collective.

Quel poids réel représente ces 149 morts pour le groupe social ? La compassion due touchera-t-elle durablement la société dans son ensemble ou sera-t-elle circonscrite aux proches et à ceux qui partagent les mêmes émotions, les voyageurs aériens ?

Ce sont les victimes et elles seules qui devraient animer notre pensée. Mais alors, la simple folie du co-pilote ne suffit plus, il faut chercher plus loin.

Ce garçon, qui s’enferme dans le cockpit et entame calmement une descente mortelle, pense-t-il a ses passagers ? Non évidemment.

Habituellement, les pilotes pensent-ils à leurs passagers ou les imaginent-ils comme du bétail, se moquant de leur méconnaissance aéronautique en comparaison d’eux, les initiés. Pour faire simple, le conducteur de bus parisien qui vous brasse sans ménagement dans les embouteillages, vous obligeant à des prouesses de marin par force 7 pour rester debout dans le bus, pense-t-il à ses passagers, ou les considère-t-il comme du bétail ?

La plupart du temps, notre statut d’usagers nous ramène, pour les professionnels, au rang de paquet à traiter. Notre condition d’homme ne les émeut pas plus que ça.

Cela tient à deux dérives suicidaires, le collectivisme et le corporatisme. Deux dérives qui annihilent le respect dû à l’individu pour privilégier l’irresponsabilité et les connivences de groupe. Sur ce point, ce garçon n’est pas fou, il n’est que très ordinaire.

Ce garçon reste calme jusqu’au bout. On remarque qu’il ne prend pas les commandes, il se contente de déclencher une descente automatique. Il est donc le spectateur de l’action qu’il a commandée. Il s’agit d’une sorte de roulette russe, l’issue est inconnue, bien que probablement fatale, mais…

La proximité de ce comportement avec les exploits de l’extrême que l’on peut visionner à longueur de journée sur le net est évidente. Sur ce point ce garçon est très ordinaire, bien que particulièrement déraisonnable quant aux chances de s’en sortir, mais pas beaucoup plus que les « hommes-volants ».

Ce garçon a fait part de son souhait de notoriété. Pour parler clairement il cherche le buzz. Quoi de plus ordinaire ? La notoriété est un piège mortel, aussi bien pour ceux qui l’atteignent que pour ceux qui la recherchent. Chercher le buzz, quoi de plus ordinaire ? N’est-ce pas la démarche constante, dans le pire de Daech, dans le comique d’Hollande et de Sarkozy ?

La folie de ce garçon me parait toute relative. Par contre sa bêtise et son manque de personnalité, d’originalité, sautent aux yeux. C’est un con. Mortel, comme tous les cons.

Ce drame devrait nous déciller sur un point essentiel : comment la société peut-elle engendrer un type si ordinaire, complètement imperméable à la compassion, à l’empathie ?

Comment les antagonismes (voir J.L. Vullierme) peuvent-ils avoir envahi notre société au point que tous sont contre tous, chacun roulant strictement pour lui ou son camp, au mépris du respect individuel et de l’estime dus aux autres.

Le pire

Je ne vois pas de différence entre la psychologie ordinaire, devenue suicidaire par trop de banalité, de ce pauvre type et celle des contrôleurs fiscaux qui sont venus descendre volontairement mon aéronef personnel. Sauf que dans mon cas il n’y a que deux morts, moi et mon épouse, contre 149 dans cet airbus, dont, et c’est le pire, de très jeunes gens.

Bien amicalement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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2 réflexions au sujet de « Le pilote : fou ou très ordinaire ? »

  1. DEPRESSION GRAVE ET SES MEDICAMENTS

    Voilà le sujet. Ce n’est ni un oubli du médicament, ni une dose trop forte, mais un effet paradoxal exceptionnel alors que cette sorte de nouveaux antidépresseurs soulagent 37 millions de personnes au monde, avec pas même cet effet paradoxal dans une douzaine de cas.

    En fait toutes les maladies psychiatriques graves s’accompagnent d’une perte de l’instinct de survie; d’où la fréquence des suicides. L’idée suicidaire d’un déprimé sous médicaments ne part pas avec les autres signes de la dépression.

    Les Prs Philippe EVEN et Bernard DEBRE ont attiré l’attention des médecins et du public sur ces effets catastrophiques, quoique rares, de cette sorte de médicaments contre la dépression, dans leur livre : Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Les pages 507 à 525 donnent tous les détails et toutes les polémiques à ce sujet, surtout les pages 518 à 525.

    Dans le livre : Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Les pages 507 à 525 donnent tous les détails et toutes les polémiques internationales à ce sujet surtout les pages 518 à 525.

    Extraits :  » La firme XYZ est condamnée à verser 6 million dollars à une famille du W….. Le patient sous ce médicament a tué sa femme, sa fille et sa petite-fille avant de se suicider; Joseph W……blesse 20 personnes en tue huit et se suicide sous médicament. C’est établi depuis 2.002.

    Les ISRS, par ailleurs très efficaces sur des millions de personnes, sont interdits en Angleterre et aux USA pour quelques cas de suicide avec autrui.

    Toujours rien en FRANCE et en EUROPE. Les vrais responsables de cet accident sont le service médical de la LUFTHANSA qui devrait mieux surveiller le mental des pilotes.

    Mais c’est difficile car une fois la dépression bien soignée, il ne reste plus aucun signe. On pourrait réaliser une PDS mesurant la fluoxétine ou tout autre ISRS.

    Selon la justice allemande, les enquêteurs ont retrouvé au domicile d’Andreas Lubitz des formulaires médicaux « d’arrêts maladie détaillés, déchirés« qui attestent d’une « maladie existante et de traitements médicaux correspondants. »

    Ces arrêts maladie concernaient aussi « le jour des faits », soulignant que le copilote était donc en arrêt maladie le 24 mars 2015, le jour où il avait crashé l’A320 dans les Alpes françaises avec 150 personnes à bord.

    Plus aucun commandant de bord ne devrait accepter un co-pilote sans en connaitre le dossier médical. Tout comme les compagnies ne prennent pas à bord certaines personnes fichées chez les américains ou certains malades graves sans un accompagnement médical ou sanitaire.

    Ces pilotes sont plus dangereux encore que les djihadistes. Je ne vois qu’un moyen d’éviter ces drames, c’est une puce implantée qui peut être désactivée par les services LUFTHANSA ou AIR FRANCE.

    La mise en place d’équipes de pilotes devrait comporter l’échange réciproque des deux dossiers médicaux et le droit de refuser sans explication ce que AIR FRANCE ou LUFTHANSA ou tout autre compagnie voudrait organiser pour les mettre ensemble .

  2. Je ne vois pas de différence entre la psychologie ordinaire, devenue suicidaire par trop de banalité, de ce pauvre type et celle des contrôleurs fiscaux qui sont venus descendre volontairement mon aéronef personnel.

    Bjr,

    Si si il y a une grosse différence: les contrôleurs fiscaux prennent leurs pieds à écraser, rabaisser les contribuables sous le prétexte de l’impôt.

    Leurs primes annuelles sont au prix de drames humains.

    Ils ne respectent rien ni l’être humain ni la Loi!

    Hé oui ils se prennent pour des chasseurs à l’affût de toute victime, eux qui se prennent au dessus des lois car ils nourrissent des parasites.

    Faut bien des êtres abjects pour procéder à la sale besogne…même les soldats du Reich avaient compris ça avec la milice française.

    @+

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