LE POUVOIR : CE DRAME

Avec vous, lecteurs que je ne connais pas, un lien s’est toutefois créé. Nous conversons. Certains participent par leurs commentaires, d’autres sont plus réservés, d’autres encore sont en opposition frontale. Quoiqu’il en soit notre « degré d’intimité » me permet, je pense, d’aller, de temps en temps, un peu plus loin que la misère fiscale.

Dans ce billet, je vais vous donner mon opinion sur le pouvoir. Il s’agit de mes émotions personnelles, sans prétention.

Toute ma vie professionnelle j’ai du composer avec le pouvoir. J’ai eu l’opportunité de le posséder officiellement, mon réflexe a été de le refuser. Ce n’était pas un principe réfléchi, mais un simple réflexe dont je ne tire aucune vanité.

Au début, comme tout un chacun, j’ai trié les hommes en deux camps, ceux qui cherchent le pouvoir et les autres.

Jusqu’à ce que je m’aperçoive que nul n’échappe au pouvoir.

L’exemple en est la queue au guichet de la SNCF ou de la poste:

– Il y a d’abord le guichetier, qui détient le pouvoir effectif sur tous, tout le temps de sa prestation. Mais il le perd, au moment où il quitte sa fonction.

– Il y a celui qui arrive au guichet. Il a une part de pouvoir car, tout en restant l’obligé du guichetier, il a pris le pouvoir sur ses successeurs dans la queue, jusqu’au moment où il quitte le guichet.

– Il y a enfin celui qui est dans la queue et qui subit le pouvoir du guichetier et de celui qui est au guichet, sans autre possibilité qu’attendre. Ce que les deux autres lui font bien sentir. Mais, il sait qu’il est sur le point d’avoir, lui aussi, le pouvoir.

Ainsi l’on constate deux choses : le pouvoir est éphémère, mais tous le possèdent à un moment donné et à un degré donné.

Or, le pouvoir est frustration et seulement frustration. En effet, l’avoir d’une part responsabilise et d’autre part laisse supposer que l’on va le perdre. Ne pas l’avoir affecte l’idée d’être. Dans tous les cas, c’est l’insatisfaction.

Il me semble que les hommes peuvent se définir par leur rapport au pouvoir, puisqu’ils ne peuvent l’éviter. Eviter le pouvoir n’est pas possible, le garder ne l’est pas non plus. Tout comme la vérité, le pouvoir n’existe que ponctuellement, à chaque situation.

Or, au fond d’eux, les hommes arrivent à se convaincre, soit qu’ils sont des hommes de pouvoir, soit qu’au contraire ils n’en sont pas. Les premiers chercheront la possession constante du pouvoir, les autres, avec la même constance, le fuiront. Les deux seront malheureux, puisque le pouvoir, éphémère et fugitif, s’emparera d’eux ou les quittera quoiqu’ils fassent.

Les sages seront ceux qui, ayant compris l’inconstance et l’omniprésence du pouvoir, ni ne le rechercheront, ni ne le fuiront. Ils l’assumeront s’il se présente, ils ne développeront aucune frustration s’il s’absente.

Ayant ainsi réfléchi, la plupart des situations qui me surprenaient ne me surprennent plus.

Si ce billet peut vous apporter la même sérénité, j’en serai heureux.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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