Le temps et la guerre

Les conflits naissent de la conviction d’antagonistes persuadés chacun d’avoir raison, au point d’en venir aux mains.

Actuellement la France est coupée en deux, d’un côté les fonctionnaires persuadés d’être indispensables, de l’autre les travailleurs indépendants, entrepreneurs et professions libérales qui pensent que ce sont eux qui font marcher la machine.

Les fonctionnaires les regardent de haut, arguant de leur désintérêt pour les choses de l’argent, ce que réfutent les autres, les accusant au contraire de se vautrer dans la monnaie dont ils prétendent être les seuls producteurs.

Tout cela ne date pas d’aujourd’hui, ce qui n’empêche pas d’essayer d’y voir plus clair. Pour moi, le fauteur de trouble est le temps.

Le premier problème est l’élasticité du temps.

Vous avez probablement déjà observé cette chose étrange qui fait que si dans votre journée vous avez cent tâches à accomplir, elle ne sera pas plus remplie que si vous n’en avez que dix. Par un mystère que je n’ai pas la capacité d’expliquer, celui qui a peu de choses à faire se retrouve le soir débordé et épuisé par la tâche, voir démoralisé. Alors que celui qui est en surcapacité, jusqu’à un certain seuil va s’organiser, être porté par l’action et être heureux à la fin de sa journée, dont chaque seconde aura été remplie.

Cette élasticité du temps va renvoyer dos à dos nos deux intervenants. Chacun persuadé d’être aussi méritant que l’autre, ils vont s’étriper à coup de fatigue, d’engagements et de responsabilité qu’ils se jettent à la figure.

Le deuxième problème est la valeur du temps.

Une idée stupide, fortement répandue, consiste à imaginer que les revenus pourraient être divisés par le temps. Alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne de diviser dix choux par deux carottes, tous s’accordent à diviser les revenus par le temps passé. Or ce sont deux unités que rien ne permet de multiplier ou de diviser.

Le temps ne peut pas avoir de valeur en lui-même. Ramener un salaire ou un revenu à la durée de leur captation est une erreur catastrophique. Le salaire ou le revenu ne peut que dépendre de la valeur ajoutée qu’il confère à ce à quoi il participe. Cette division inopportune du revenu par le temps est génératrice de conflits stupides, puisque sans rapport avec la réalité. Là encore nos candidats à l’affrontement se jettent à la figure le résultat de ces divisons irréalistes.

Le troisième problème est l’usage du temps

Une autre idée stupide, elle aussi largement répandue, consiste à imaginer que seul le temps inutile, perdu, apporterait d’intenses satisfactions. C’est ainsi que, de façon totalement irrationnelle, la plus grande part des gens en arrive à considérer qu’ils perdent leur temps à leur travail alors qu’ils auraient de bien plus grandes satisfactions s’ils étaient inactifs. Au boulot, ils rêvent de vacances ou de retraite. C’est un grand malheur pour eux. Ils se désespèrent de leur activité qui, quoiqu’ils fassent, va remplir leur vie en beaucoup plus grande quantité que les vacances ou la retraite (sauf pour quelques irréductibles vieillards qui finiront décharnés et acariâtres). Chacun ici s’insulte quant à sa performance en terme de vacances ou de retraite et oublie de valoriser son temps de travail.

Le quatrième problème est l’appropriation du temps

Je suis toujours surpris par cette idée que l’on pourrait être propriétaire du temps. Il y a des phrases qui me déroutent : « il a fait son temps », « je n’ai pas de temps à perdre », prenez votre temps »Comment peut-on imaginer une minute que ce que l’on nomme le temps, ce glissement perpétuel de la vie vers le néant, pourrait être notre propriété?

Nous ne sommes pas intégrés au temps, il est extérieur à nous, il s’impose à nous, sans que nous ayons aucun droit sur lui. Certains pensent même qu’il n’existe pas, qu’il n’est qu’une vue de l’esprit, j’ai assez tendance à le croire.

Conclusion

Tout ça pour vous dire que les motifs sont nombreux d’errer dans la relativité du temps et de s’y trouver des excuses pour se crêper le chignon en se donnant facilement bonne conscience. Les socialistes aiment le temps, passionnément, « l’air du temps » fauteur de guerre.

Alors que les chiffres de l’économie, eux, sont irréfutables. Avec eux il n’est pas possible de croire que l’on a été actif si l’on a rien rapporté, que l’on a travaillé si l’on a rien foutu, que l’on serait mieux au chômage qu’au boulot, que le temps nous appartient gratuitement.

C’est sans doute pour cela que nos amis fonctionnaires et socialistes n’aiment pas l’économie, elle ne permet pas le conflit qu’ils adorent, elle ne permet que la compétition qu’ils détestent.

Dans la compétition économique le vainqueur est le meilleur, à la guerre ce n’est que le plus fort qui gagne.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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