Le viol fiscal

Récemment, chez des amis, on m’interrogea sur mes déboires avec le fisc. Je n’aime pas trop en parler en société, l’incrédulité que je lis dans les yeux de mes interlocuteurs me peine.

Ils n’arrivent pas à imaginer que l’on puisse se retrouver, sans aucune raison, paralysé dans la gestion de son entreprise, saisi de tout ses biens et acculé à la ruine. D’autant que les faits ne sont jamais faciles à expliquer. Les redressements fiscaux iniques sont toujours basés sur des affirmations du fisc invérifiables, donc, en gros, c’est parole contre parole, seuls les initiés savent que le fisc ment.

Le pire est que votre ruine n’est pas crédible. Jusqu’au denier jour on essaie de faire face aux factures, de manger, de se chauffer et de se soigner, la misère arrive d’un seul coup, elle emporte tout. Plus de possibilité de se déplacer, de s’assurer, de manger, de se loger, de parler aux autres, de dire ce qui se passe puisque la disparition est concomitante avec le dernier billet de 50 Euros.

Le moment de ce dernier billet est repoussé le plus longtemps possible, mais il est inexorable. Ce jour là, tout le monde vous croirait, mais tous ont l’esprit ailleurs, vous avez disparu de leurs radars, vous n’êtes plus dans la société.

L’intimité économique

Ce qui m’a sauté aux yeux à l’occasion de la réunion amicale que j’évoque, que je n’avais pas perçu aussi bien avant, est l’absolue intimité de la vie économique des individus.

Je veux dire que ces amis qui me sont chers, que je connais depuis des dizaines d’années, ne m’ont jamais parlé, précisément, de l’aspect économique de leur vie.

Certains prétendent qu’il est des pays où tous parlent librement de leurs revenus, de leur patrimoine, de l’organisation économique détaillée de leur vie, je ne le crois pas.

Je crois plutôt que, dans le monde entier, quelque soit le niveau de la société ou de la tribu dont on fait partie, l’économie individuelle est un secret que chacun porte en lui. Ce secret est nécessaire, bien plus, vital.

L’économie ne peut pas s’exposer, elle est la vie tout comme le sexe. Comme lui elle à besoin d’un minimum d’intimité, quoique puissent en dire ceux qui plaident pour l’exhibition générale de l’économie personnelle l’intimité est la règle.

Le viol fiscal

Lorsque le fisc exige de tout connaître de votre intimité économique, il pratique le viol. Il est possible que cette affirmation étonne, moi-même j’ai été surpris en faisant ce constat. Puis, j’ai réfléchi, et je suis allé sur Wikipédia à viol, et j’ai lu.

J’ai appris que le viol est caractérisé par une invasion de l’intimité sexuelle imposée, que très souvent il ne donne lieu à aucune complication physique mais que le ravage psychologique est terrifiant.

Le contrôle fiscal est exactement comparable, il ne finit pas toujours par un redressement destructeur, mais la pénétration des agents du fisc dans notre intimité économique crée des ravages psychologiques irréversibles.

Tout comme anciennement le viol sexuel, le viol fiscal laisse le violé désemparé et sans recours social.

Wikipédia nous apprend les mythes qui protégeaient les violeurs :

« –1- « Il ne s’est rien produit » : Un certain nombre de mythes promeuvent l’idée que les -femmes accusent souvent les hommes à tort de viol.

-2- « Elle l’a voulu ou elle a aimé » : Ce sont les mythes prétendant qu’une femme qui dit « non » pense « oui » ; que la violence est sexuellement excitante pour les femmes ; que la victime aurait pu résister si vraiment elle n’était pas consentante.

-3- « Elle l’a mérité » : Ce sont les mythes comme « Elle était habillée de manière trop sexy » ou « Elle marchait seule la nuit ». »

La transposition fiscale est aisée :

-1- Le contrôle fiscal est tout à fait normal. Rien de spécial, c’est un droit légitime de la société. Celui qui s’en plaint le fait à tort. Nul n’a à être choqué de devoir exposer son intimité économique.

-2- Le contribuable honnête rêve d’être contrôlé, puisque c’est pour lui l’occasion de démontrer sa probité. Il ne peut qu’être satisfait de dévoiler son intimité économique.

-3- Le contribuable contrôlé et redressé ne l’a pas volé. Depuis le temps qu’il exposait sa fortune, il fallait bien qu’il s’attende à un contrôle. Il a provoqué le fisc.

La démarche collective est la même pour dénier le viol fiscal que pour dénier le viol sexuel.

Le viol arme de guerre

Le viol, hier partout dans le monde et aujourd’hui encore dans de nombreux endroits, est une arme de guerre.

La force déstabilisatrice du viol est telle qu’elle contamine non seulement celui ou celle qui en est victime, mais ses proches et plus globalement la société toute entière.

Alors là, on touche à la réalité du viol fiscal, à sa constante, à sa vraie raison d’être.

Le viol fiscal déstabilise totalement l’économie. Contrairement à la propagande qui l’accompagne, il n’a pas pour objectif de réguler la collecte de l’impôt, de poursuivre les délinquants par ailleurs peu nombreux et parfaitement repérables sans l’armada fiscale et ses dizaines de milliers de contrôles et de contrôleurs, il n’est qu’une arme de guerre de ceux qui haïssent l’économie pour détruire ceux qui l’aiment et en font profession.

Ce n’est pas par hasard que les collectivistes qui haïssent l’économie, qui veulent sa disparition, sont les supporteurs inconditionnels des contrôles fiscaux, des viols fiscaux.

Effectivement, le viol fiscal est probablement l’arme fatale qui peut réduire à néant l’économie d’un pays.

Cette découverte m’a sidéré.

Les conséquences pour moi et pour ma famille de notre viol fiscal sont indescriptibles, l’attitude de la société à notre égard est conforme à ce qu’elle était pour les personnes violées sexuellement par le passé.

Je suis KO de ce constat, c’est pire que tout je que je pouvais imaginer. Le défi est énorme, la déviance invisible du viol fiscal va nous tuer tous.

Conclusion

Il y a un combat à mener pour faire comprendre ce qu’est le viol fiscal, pour le poursuivre, le condamner et tenter de l’éradiquer.

Si tous les violés du fisc pouvaient comprendre et conceptualiser ce qui leur est arrivé, prendre conscience que ce n’est pas à eux d’avoir honte mais aux violeurs, peut-être pourrait-on redonner à notre pays du goût pour l’économie et le sortir de la misère vers laquelle ces violeurs fiscaux nous précipitent.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (2 votes, moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

3 réflexions au sujet de « Le viol fiscal »

  1. Comment voulez vous qu’un Humain vous comprenne…cela est…inhumain…mais toléré…de plus, cela n’arrive qu’aux autres…et de plus, pour les autres, vous serez toujours un voleur…veuillez m’excuser, mais je crois savoir de quoi je parle…après 25 ans, mon image(pour eux reste bloquée) et leur regard, toujours aussi…inquisiteur…il n’est pas possible de leur reprocher cela…car cela ne leur arrivera jamais………je l’espère de tout cœur pour eux…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *