L’Education Nationale cultive la bêtise et son corollaire la haine.

L’Education Nationale —  que nous appellerons E.N. dans ce billet – est un fiasco sociétal gravissime. Tout le monde en a plus ou moins conscience et chacun y va de son analyse. Dans ces conditions : pourquoi s’en priver ?

Ce billet part du postulat suivant : l’équilibre et la paix sociales ne sont possibles que si chacun est estimé et placé à sa vraie valeur dans la société. Cela suppose aussi que lui-même s’estime et cherche à se placer à la hauteur de cette vraie valeur.

Nous dirons, pour faire bref, que Socrate avait déjà résumé cela, il y a déjà deux mille cinq cents ans, par la formule « connais-toi toi-même ». Donc, rien de bien nouveau.

Notons

L’estimation personnelle de sa valeur, de son intelligence, nul ne peut la faire seul, isolé.

C’est de la confrontation avec les situations et les autres intelligences qu’émerge petit à petit la connaissance de ses propres capacités.

Ce constat de valeur, vital pour l’individu, mais aussi pour le groupe auquel il appartient, a lieu dès le plus jeune âge. C’est entre 10 et 18 ans que le petit homme connait intuitivement sa réalité.

Peu importe alors les conditions de son environnement. Cette analyse intuitive aura lieu, quelle que soit sa race, sa bonne fortune, sa personnalité ou la société dans laquelle il vit.

A 18 ans, il sait. Ce qu’il sait alors touche au plus profond de sa personnalité, est définitif, tout le reste plus tard ne sera qu’habillage.

Ceux qui, par exemple, se sont mis au tennis ou au golf vers 30 ans voient, lorsqu’ils sont confrontés à des joueurs formés entre 10 et 18 ans, ce que sont les capacités instinctives d’adaptation et leurs limites temporelles. Ils peuvent, à cette occasion, évaluer ces capacités, mais aussi comprendre que l’environnement n’est pour rien dans l’affaire. Assimiler au moment propice ne veut pas dire pouvoir profiter ultérieurement de l’acquis, mais seulement qu’il est un temps pour acquérir, qu’ensuite cela n’est plus possible.

Revenons à notre petit homme, s’il n’a pas été privé des confrontations nécessaires, à 18 ans il sait qui il est.

C’est ici, et un peu avant, que l’E.N. intervient et casse la baraque. Tout particulièrement sur deux points fondamentaux : la perturbation des confrontations et le sélecteur unique.

Les confrontations

C’est leur multiplicité qui permet d’étalonner l’intelligence individuelle —  que nous visons en premier lorsque l’on parle de valeur sociétale —  qui permet à l’homme de s’adapter aux situations les plus différentes et les plus invraisemblables (cette intelligence individuelle que découvre, soudain, nos responsables politiques comme parade au terrorisme, alors qu’ils la dénigrent face aux difficultés économiques où ils n’ont de cesse de lui préférer la bêtise collective).

J’affirme ici :

  • Que l’E.N., en captant tous les jeunes de 10 à 18 ans dans un espace clos, aux règles uniques, perturbe gravement leurs possibilités de confrontation à la vraie vie, déséquilibre leurs facultés de se jauger, de se connaître eux-mêmes.
  • Que, pour les jeunes privés de cette diversité des confrontations, non seulement les conséquences du manque de confrontations variées sont définitives mais qu’elles génèrent une évaluation d’eux-mêmes falsifiée

Bien sûr, cela n’a pas d’incidence sur les petits hommes séduits par l’érudition que la compétition à ce sujet à l’école va motiver. Mais, ce sera l’anéantissement des autres, de ceux qui ont besoin d’un autre type de confrontation moins intellectuelle ou plus physique, plus pragmatique.

Le sélecteur unique

La variété des confrontations apprend à ceux qui ont la possibilité d’y accéder que l’intelligence peut être évaluée par diverses sources de sélection.

Ce point est essentiel. Pour se connaître, s’évaluer, il faut d’abord repérer le secteur dans lequel on est le plus à l’aise. Ce n’est pas en courant le cent mètres que le musicien découvrira son intelligence musicale.

Or, l’E.N. s’est scandaleusement appropriée la sélection sociale. C’est cette appropriation qui, de son point de vue, légitime l’obligation scolaire, actuellement ravageuse. C’est aussi cette appropriation qui fabrique l’intégralité de la pyramide sociale au mépris de l’intelligence pure. Pyramide construite actuellement sur l’érudition qui n’est qu’une apparence, mais est cependant le fond de commerce de l’E.N.

Conclusion

En  privant les petits français de leur droit à la confrontation variée par leur exposition obligatoire, jusqu’à 18 ans, à la seule confrontation scolaire, en érigeant l’érudition comme seul critère de sélection sociale, l’E.N. cultive la bêtise.

En effet, ceux qui sont piégés par son monopole éducatif en sortent trop tard pour être efficients à s’étalonner sur d’autres confrontations. C’est ainsi que ceux qui ont des aptitudes autres que l’érudition sont privés de leur temps d’adaptation opérationnel du fait de l’emprisonnement pratiqué par l’E.N.

Au terme du parcours, ces petits hommes qui n’ont pas pu étalonner leur intelligence de façon variée ne se connaissent pas, ils rejoignent ainsi involontairement la cohorte de ceux qui ne veulent pas se connaître, les sots dirait Socrate.

On le voit l’E.N. est bien une usine à former et entretenir une bêtise à laquelle nombre de ses victimes auraient pu échapper.

Tout cela ne serait peut-être pas si grave s’il ne s’avérait que ceux qui sont projetés vers la bêtise, alors qu’au fond d’eux-mêmes ils savent qu’il aurait pu en être autrement même s’ils ne savent pas exactement pourquoi ni comment, sont des proies faciles pour la haine.

Cette haine qui est la résultante d’une erreur de placement dans l’ordre social.

Plus que la loi libérale, dite de la jungle, j’affirme que le socialisme, sa démagogie et son bras armé l’E.N. sont les véritables vecteurs de la haine qui s’empare de notre société.

Ce n’est pas l’inégalité naturelle qui attise la haine, c’est l’inégalité artificielle résultant de l’interférence d’un tiers dans le classement sociétal de chacun de nous, même si ce tiers agit ou croit agir justement au nom de l’égalité.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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