L’erreur historique que je ne pensais pas vivre un jour

A 70 ans j’ai, toute ma vie, vécu avec l’image des français partant, en liesse, à la guerre de 1914, qu’ils pensaient gagner en huit jours parait-il.

Après quatre ans de guerre et des millions de morts il fallut que des amis sympathiques sortent les français du merdier dans lequel ils s’étaient mis tout seul, pour un problème qui ne les concernait pas.

En 1939, la problématique n’était guerre différente, la joie collective en moins.

Comment ce pays avait-il pu ainsi — dans une joie collective totale la première fois – déclarer des guerres globales qu’il était à l’évidence incapable de mener et de gagner ? C’est la question de bon sens que les gens de ma génération se posaient au fur et à mesure qu’ils perdaient les guerres coloniales de leur époque, qu’ils n’avaient pas déclarées et qu’ils regrettaient de subir.

Là, aujourd’hui, sous mes yeux, cette âme de va-t’en guerre française s’exprime une nouvelle fois, j’en suis abasourdi.

Reprenons les faits

Trois délinquants minables de droit commun perdent la raison et se rendent coupables de meurtres horribles.

La notoriété des victimes, leur coefficient de sympathie, et le déroulement de cet assassinat heurtent la morale et la sensibilité de tous les français.

Cependant, il est évident que les assassins de Charlie Hebdo ne sont pas plus coordonnés aux tensions mondiales actuelles que les pieds nickelés de Sarajevo ne l’étaient en leur temps à celles qui existaient entre la Serbie et l’Autriche.

Qu’au lendemain de cette action indicible, chaque français soit terriblement affecté par tant de sottise et tant d’horreur est  parfaitement naturel. Qu’au fond de leur cœur tous aient une pensée profonde, réelle, intense pour ceux qui ont été lâchement assassinés et pour leurs proches, dont le malheur est évidemment immense, est certain.

Une responsabilité historique

Qu’un Président de la République, englouti dans le marigot de son incompétence, en profite pour se refaire la cerise est une faute dont il portera historiquement la responsabilité.

Tout comme ses prédécesseurs de 1914, il récupère et canalise à son profit une émotion collective qui aurait dû rester individuelle. Certes, dans ce grand bain public elle sera diluée et plus facile à assumer pour chacun. Mais à quel prix ?

La France, à partir de cet après-midi, pour un temps et une intensité indéterminés, devient le lieu où tout fanatique des délires en vigueur au Moyen Orient se devra  d’agir.

Face à cette situation, délibérément créée par le Président de La République, quels moyens a-t-il pour assumer ?

Actuellement aucun.

Il expose donc la France, seule et démunie, à un risque maximum de guerre dans le seul but de canaliser à son profit une indignation forte et légitime.

Alors que son rôle d’homme d’Etat aurait dû être de relativiser la portée politique réelle de cet acte crapuleux, d’aider chacun de nous à vivre personnellement son indignation et ses craintes pour l’avenir, il nous met en première ligne d’un conflit qui ne nous regarde que modérément.

Tous les pays qui viennent à cette manifestation construisent ainsi adroitement le paratonnerre que nous serons demain pour eux.

Notre avenir

Il est simple, nous sommes, grâce à Hollande, en première ligne de la guerre du 21ème siècle. La guerre des attentats lâches et mortels, jusqu’alors cantonnée au Moyen Orient.

Nous devrons donc vivre dans un pays policier instable et fatalement injuste, ou périr au hasard dans un pays resté libre mais victime désignée, symbolique.

Peut-être est-ce notre destin puisque, dans le fond, pour notre mémoire collective vivante c’est quand même la troisième fois en un siècle que nous endossons ce statut.

Hollande a gagné sa page des livres d’histoire, mais je la lui laisse. Le prix que nous aurons à payer pour lui, et le texte qui remplira cette page, vont lui gâcher le plaisir.

Je suis conscient de ne pas être dans l’air du temps, je me vois obligé de réclamer mon droit à la liberté d’expression, le temps que la suite des évènements soit connue de nous tous. Permettez-moi de garder ma peine pour moi.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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