Les croyances tuent, mais exclusivement les meilleurs d’entre les hommes.

Dans son ouvrage « SAPIENS », le scientifique paléontologue Yuval Noah Harari démontre qu’il y a 100.000 ans l’Homo Sapiens que nous sommes n’était pas seul, il y avait au moins six espèces d’hominidés.

Nous avons éradiqué les cinq autres concurrents. Ce fut probablement un drame important pour la vie sur terre, au moins quant à sa diversité.

Il accompagne son affirmation d’une démonstration qui tend à prouver que tout ne fut qu’une affaire de nombre. Au-delà d’une cinquantaine de membres tout groupe de primates devient instable, va irrémédiablement vers la fragmentation et donc la composition de sous-groupes, qui en se développant subissent le même sort.

Seul l’Homo Sapiens aurait été capable de créer des groupes de plusieurs milliers d’individus, ce qui lui aurait donné la force du nombre et lui aurait permis de prendre le pouvoir sur la planète.

Cette capacité de regroupement serait basée sur sa possibilité d’élaborer des croyances abstraites ayant servi de liens de regroupement, au-delà des contraintes naturelles de liberté.

Nous savons à quel point la croyance est opposée à la raison, à l’intelligence.

Remplacer la connaissance ou la recherche par la croyance amène à l’erreur fondamentale. Ce ne sont pas les astronomes qui contrediront cette affirmation si je leur soutiens que je crois toujours en une terre plate.

Pourquoi les croyances ayant permis aux Homo Sapiens de se regrouper auraient-elles été plus intelligentes que toutes celles que nous avons ensuite eues à connaître ?

Nous pouvons donc affirmer, si nous acceptons les résultats de la théorie scientifique de M. Harari sur l’importance de la croyance, que c’est la connerie – « croyance » — qui nous a permis de dominer le monde il y a 100.000 ans.

Pour ma part, je crois non seulement cette théorie cent fois millénaire parfaitement juste, mais je constate journellement sa pertinence.

Comme disait Brassens : « sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons »

Les croyants croient, c’est à ça qu’on les reconnait :

A chaque crise cherchons la croyance qui regroupe les cons et cherchons ceux qui  la génèrent et sont les véritables coupables, la solution pourrait être là.

Aujourd’hui, au moins en France, la croyance qui emporte tout, nous détruit, est basée sur la haine du capital, ni plus ni moins.

Outrepassant la loi de Godwin, je vais aller dans les pas du dernier Goncourt « L’ordre du jour » de M. Éric Vuillard. Voilà un homme qui écrit fort bien, qui est d’une grande intelligence, d’une immense culture, mais qui est un croyant, un vrai.

Il croit que la dernière guerre qui a ravagé le monde est le fait des vingt quatre grands capitalistes allemands de l’époque. Pour étayer sa thèse il part d’une réunion imposée par Hitler où ceux-ci durent participer au financement du parti nazi. En fait, pour lui, ces vingt quatre capitalistes symbolisent « le capital honni ».

Puis, il sous-tend que c’est donc ce capital qui est le suppôt du nazisme et donc des ravages en découlant, évidemment du génocide juif, mais ce dernier point il ne l’exprime pas clairement dans toute son horreur.

Il en veut pour preuve la pérennité du capital, de ces 24 capitalistes entre autre, après la défaite allemande et jusqu’à aujourd’hui.

Ce faisant il occulte deux choses:

            – Que le capital — mais je l’ai si souvent dit — est la base de l’organisation sociale, du progrès. Evidemment en économie, mais aussi en toute activité humaine, culturelle, scientifique, philosophique etc… car il est le simple fait d’accumuler et de transmettre, la base donc de notre humanité.

            – Que le capital est naturellement soumis, tout particulièrement aux croyances qu’il ne peut affronter sous peine de disparaitre. Imaginez la difficulté de développer un capital culturel en Corée du Nord, autre que celui qui est autorisé par la croyance communiste en cours.

Sans en dévoiler l’auteur —  je ne souhaite en aucun cas lui nuire —  je vous rapporte un extrait du mail que je viens de recevoir d’une major du bâtiment :  » affronter les élus ne fait pas partie de notre ADN ».

Affronter les élus, le plus souvent pourvoyeurs de croyances, ne fait en effet pas partie de l’ADN des entreprises qui, elles, ne peuvent épouser aucune croyance. Elles seraient immédiatement détruites. L’entreprise ne doit sa survie qu’à son intelligence, elle fuit la croyance qui la tuerait.

Les vrais initiateurs des croyances et leurs victimes

Ce sont évidemment les politiques et donc les hommes de l’Etat qui usent et abusent de la croyance. C’est leur substrat, leur point d’appui. Les masses ne les suivent qu’à travers la croyance, comme l’a démontré le professeur Harari.

M. Vuillard en fait aussi la démonstration lorsqu’il décrit de belle façon l’accueil des Allemands par le peuple autrichien, et la propagande pacifiste des autres états en cause.

Les croyances viennent du peuple et lui sont destinées, elles sont le défaut majeur de celui-ci, elles tuent.

Elles tuent d’abord les boucs-émissaires, puis tout le monde.

Les juifs ont été les boucs-émissaires d’une des dernières grandes croyances nocives : le nazisme. Ils n’ont pas été les premiers. Hélas, ils ne sont déjà pas, et depuis longtemps, les derniers.

Aujourd’hui, en France, ce sont les « fraudeurs fiscaux » — plus exactement les détenteurs de capitaux qui ne peuvent être que des fraudeurs fiscaux — qui sont présumés coupables et donnés à la vindicte populaire des croyants par les initiateurs de croyances que sont les avides de pouvoir, les politiques et leurs affidés leurs relais de propagande.

La vie est un enfer pour les « fraudeurs fiscaux » isolés et torturés par le peuple lobotomisé.

Le capital est l’objet de la haine des croyants. Ils croient, pauvres niais, que l’éradication du capital leur apportera l’égalité. Alors que le résultat ne sera que la misère pour tous, la soumission à d’autres qui auront su le créer, l’épargner et le protéger.

Jusqu’au moment où la faillite emportera tout, où la croyance actuelle sera discréditée, ceux qui se dressent contre elle souffriront, ils seront tués. Pendant que ceux qui y adhèrent seront, in fine, eux aussi les dupes de l’opération.

Puis, viendra peut-être un instant de paix, immédiatement suivi d’une nouvelle croyance manigancée par toujours les mêmes hommes du pouvoir politique.

Ainsi tout recommencera. La connerie ce n’est pas comme la couche d’ozone, c’est inépuisable.

Bien cordialement.

PS : je dédis ce billet à ce lecteur qui, m’appelant ce matin longuement, m’a donné l’impression d’être utile.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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4 réflexions au sujet de « Les croyances tuent, mais exclusivement les meilleurs d’entre les hommes. »

  1. Bonjour M. Dumas,
    J’ai lu avec un vif intérêt votre analyse et la trouve très intéressante. Disons que je suis d’accord avec votre dépmonstration jusqu’à votre conclusion qui me pose question. Lorsque vous y évoquez le « capital », il me semble qu’il y a une confusion entre celui-ci et le « capitalisme » qui est certe une notion basée sur la même racine, mais qui signifie tout à fait autre chose. Toute entreprise a besoin d’un capital, son outil de travail, qui a conduit à créer la Bourse pour permettre, notamment, aux grandes entreprises du XIXème siècle de convertir une partie de leur capital en action pour leur permettre de se moderniser ou pour maintenir en état opérationnel leur outil de production.
    Le capitalisme, c’est la volonté délibérée d’accumuler du capital, non pour le transmettre ou faire évoluer l’entreprise, mais pour enrichir le propriétaire, les cadres supérieurs et surtout les actionnaires. Le jeu spéculatif est venu fausser le but initial de la Bourse et des actions pour se transformer en monopoly à but spéculatif. C’est la recherche de performance en produits financiers et plus en produits industriels. C’est ce « capitalisme » qui est voué à tous les diables par la croyance populaire.
    Ce qui ne remet pas en cause l’objectif légitime du capital pour faire tourner l’économie.
    Qu’en pensez-vous ?
    Bien à vous

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire.
      Mon point de vue
      Le capital est une composante essentielle de la vie, du progrès, il résulte de l’accumulation et de la transmission.
      Il joue son rôle quelque soit le détenteur, sous réserve que celui-ci le protège, puis le transmette.
      Peu importe par exemple pour le capital culturel que telle peinture, tel écrit, telle pensée, soit dans une collection privée ou publique, l’essentiel est qu’ils soient conservés et transmis.
      Il en est de même pour le capital scientifique.
      Tout pareil pour le capital économique.
      Lorsque Daech veut éradiquer une organisation sociétale au profit de la sienne, il détruit ses symboles, son capital symbolique.
      Celui qui détruit les livres — cela arrive souvent — pour imposer sa culture génère le plus souvent une régression, notamment si la culture qu’il cherche à imposer est basique (voir Mao et son petit livre rouge ou Hitler et son Mein Kampf)
      L’émiettement du capital économique entraînant sa disparition tue l’économie, tout simplement.
      En conclusion : le capital est universel.
      Rien de tout cela pour le capitalisme qui n’est que le nom donné à un type d’organisation de société, qui plus est interprété de mille façons.
      Pas plus de rapport entre le capital et le capitalisme qu’entre la mort et les pompes funèbres, ou Dieu et les religions.
      L’un est universel, l’autre n’est que l’écume du bordel humain avec toutes ses perversions incluses.
      Donc, concernant le capital économique, il est indispensable qu’il soit entre les mains de ceux qui le protégeront, le feront fructifier et le transmettront.
      Disons qu’il n’y a pas lieu d’établir une règle, au fil du temps l’Etat peut être le meilleur garant — ce n’est pas le cas en ce moment — ou bien des particuliers ayant fait la preuve de leurs capacités.
      La discussion est ouverte, elle m’intéresse, mais aujourd’hui elle n’est pas possible, trop de croyances la perturbent gravement.
      Cordialement.

  2. Le bouc émissaire sont les « fraudeurs fiscaux » et cela permet au fisc de taxer ceux qui écoutent inlassablement cette litanie . Mais Un rappel historique intéressant le Traité des devoirs de Cicéron Il y a + de 2000 ans= Tous ceux qui seront à la tête de l’Etat doivent se souvenir des deux préceptes de Platon: veiller aux intérêts des citoyens en y rapportant tous leurs actes et en oubliant les leurs propres; avoir souci du corps entier de l’Etat en ne favorisant pas une partie aux dépens du reste. ….Ceux qui s’occupent d’une partie des citoyens en négligeant les autres introduisent dans la cité un mal qui doit la perdre, la sédition et la discorde; il arrive que les uns se dévouent pour le peuple; d’autres n’ont de zèle que pour les grands; bien peu songent à tous; de là sont nés à Athènes de grands conflits, et, dans notre république, non seulement des séditions mais des guerres civiles désastreuses.
    « Date et lieu de naissance de Ciceron : Auteur latin et homme d’État romain né le 3 janvier 106 av. J.-C. à Arpinum en Italie, Cicéron fut assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. à Gaète, ville située en Italie. Il meurt à l’âge de 62 ans, sa tête et ses mains furent exposées à la vue du pleuple sur ordre de Marc-Antoine. »

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