Les dépenses d’un riche

Dans le Figaro Magazine de la semaine dernière, il était possible de lire l’interview de M. Brémond.

A la question : « Votre fondation c’est pour quoi faire ? »

M. Brémond répond : « Un château, un yacht, ce n’est pas pour moi. Ces signes d’autosatisfaction ne m’intéressent pas. Je mets des ressources au service de l’environnement sur des projets de long terme comme l’assainissement et l’eau dans les pays émergents ».

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, Monsieur Brémond c’est « Pierre et Vacances ». Ce truc entièrement porté par des lois sur mesure, pondues par les amis de M. Brémond, qui lui ont permis de faire croire à de naïfs gogos qu’ils plaçaient leur argent alors qu’ils en faisaient cadeau à M. Brémond. Nos naïfs donnent de l’argent à M. Brémond, qui commence par les enfler sur le coût de l’appartement qu’il leur vend, puis qui se maintient dans les lieux au prétexte de baux commerciaux et gère ainsi, pour son plus grand bénéfice, les appartements qu’il détient en otage.

Bon, peu importe. Monsieur Brémond, qui n’est pas « auto-satisfait » dit-il, ne cache pas le fait qu’il est riche au point de financer une fondation.

Et là, d’un seul coup, il nous assène que ses dépenses de riche sont bien plus humanistes que celles de ses copains.

M. Brémond nous prend pour des cons. Ou, peut-être, s’abuse-t-il lui-même.

Précisions

Nous ne sommes absolument pas anti-riches, au contraire. Personnellement la richesse non seulement ne me choque pas, mais je la crois indispensable à la bonne marche de l’économie dont, in fine, tout le monde profite.

A partir du moment où la richesse ne me gêne pas, la façon dont l’argent des riches est dépensé m’importe peu. Je dirais que l’essentiel est qu’ils le dépensent pour faire marcher la machine. Evidemment, je préfère quand ils l’investissent dans une nouvelle forme de production. Mais, acceptons l’idée qu’ils ne puissent pas systématiquement reproduire des circonstances du type de leur richesse initiale, dont l’origine est la plupart du temps liée au hasard. C’est d’ailleurs un fait qu’ils oublient généralement assez vite. Mais bon, là encore, peu importe.

Ce qui est sûr, c’est que lorsque M. Brémond dépense ses sous dans l’assainissement et l’eau, il procure du travail aux gens qui sont actifs dans ces métiers, tant mieux pour eux. Mais, tant pis pour ceux qui fabriquent des Yachts et qui les entretiennent. Je veux dire que nous faire croire qu’une dépense, notamment la sienne, serait de bien meilleure qualité humaine que celle de ses copains, ce n’est pas sérieux.

Vous noterez au passage que sa modestie en prend un sacré coup. Le voilà soudain, sur une pleine page du figaro Magazine, largement aussi« auto-satisfait » que ses copains.

L’investissement de Monsieur Brémond, à travers sa fondation, n’est pas un don, un acte de charité, sans quoi évidemment il n’en parlerait pas. Donner suppose la discrétion, pour ne pas humilier celui qui reçoit, le rendre débiteur.

Il s’agit donc d’un signe extérieur de richesse dont il est fier, dont il attend un retour. Tout cela peut parfaitement se comprendre. Mais, il n’est pas excessif de lui demander de maîtriser son attitude « m’as-tu vu » quant à la dépense« morale », alors qu’il n’y a ici aucune morale.

Oui, nous sommes d’accord

Lorsque le riche dépense son argent, s’il l’a gagné honnêtement, la boucle économique est assurée de bien meilleur façon que lorsque l’Etat le lui ponctionne pour le dépenser en toute perte, dans des guerres ou des démagogies toutes plus nocives les unes que les autres.

Non, nous ne sommes pas d’accord

Quand M. Brémond met son argent au service de l’eau et de l’assainissement, je suppose qu’il réfléchit avant d’agir, qu’il le fait de façon rentable pour lui et pour ceux qu’il finance. Il en attend un retour de notoriété, sa réponse ne laisse aucun doute à ce sujet.

Quand son copain machin achète un château ou un yacht, il le fait aussi de façon réfléchie, il donne du travail à des spécialistes qui n’ont pas à rougir de leur spécialité, il attend un retour de notoriété lui aussi.

Il n’y a pas de différence entre les deux dépenses.

C’est en cela que l’attitude de M. Brémond est critiquable. De quel droit jette-t-il l’opprobre sur ses compagnons de richesse ? Ne voit-il pas qu’en agissant ainsi il ne fait que creuser la tombe de sa future exécution ?  Croit-il vraiment, face à la haine des riches, pouvoir s’en tirer en dénonçant ses pairs ? Ne serait-il pas plus raisonnable de défendre tout simplement la richesse ?

Car enfin, le problème se situe bien à ce niveau : la richesse sert-elle finalement tout le monde, même si elle n’est détenue que par quelques-uns ? Ou, au contraire, doit-elle être éradiquée, sa présence étant le seul obstacle à une plus grande richesse pour tous ?

On ne peut pas dire que la réponse hypocrite et perverse de M. Brémond éclaire le sujet. Si les riches eux-mêmes ont honte de leur richesse et de leurs dépenses de riches, le doute a le droit de s’installer. C’est dommage. En ce qui me concerne, je crois à l’efficacité moteur des riches, pour, au final, le bénéfice de tous.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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