Les élections passent, les problèmes perdurent.

La défaite aux élections municipales est souvent attribuée à l’échec du pouvoir sur le chômage. En février 2014, la métropole comptait 3 347 700 chômeurs dans la catégorie A. Si l’on prend le chômage toutes catégories confondues et que l’on tient compte des gens qui ont renoncé à s’inscrire à Pôle emploi on peut atteindre les 8,5 millions d’individus !

Un nouveau gouvernement a été nommé. Il reste toutefois  prisonnier des annonces du Président.

Pour commencer il y a les 50 milliards d’économies en cinq ans. Somme dérisoire quand on se penche sur la réalité de la situation. On lit sur www.planetoscope.com : « La France s’endette de 5 500 € de plus chaque seconde en 2013 (4640 € mi 2013), soit 475 millions d’euros PAR JOUR, et près de 174 milliards par an. La dette publique de la France atteint 1788 milliards €, soit 89,1% du PIB et l’équivalent de 26 300 € pour 65 350 000 habitants au 1er janvier 2012. » L’objectif est de limiter le déficit du budget de l’État à 3% du PIB. Mais 3% de déficit c’est 60 milliards de dettes de plus chaque année. La France ne s’en sortira jamais. En 2013 le déficit a été de 4,3% et la France, déjà sous surveillance,  va mendier un sursis à Bruxelles !

Puis il y a le célèbre « pacte de responsabilité » qui repose sur une baisse de charge de 30 milliards et les « compensations ». Les charges financent la protection sociale et reposent sur la spoliation légale. Si l’État spolie moins les entreprises il lui faudra spolier quelqu’un d’autre. D’où l’importance des fameuses « compensations », créations d’emplois décrétées qui sont censées accroître l’assiette des cotisations et apporter de nouvelles recettes. La France est un pays étrange puisque moins spolier légalement quelqu’un c’est lui faire un « cadeau fiscal » ce qui exige des « compensations ».

Pour avoir refusé les politiques de libre choix les politiciens se retrouvent sans marge de manœuvre. La conséquence de cet aveuglement est que cela fait des années que le chômage monte, des années que régulièrement  les médias en font leur gros titres et que les politiciens « s’emparent du problème ».  Ces derniers ne se remettent jamais en cause. Cela fait des décennies que les mesures prises en France sont non seulement inefficaces mais aggravent la situation.

Or les solutions sont connues.

La voie de la liberté économique a fait partout ses preuves quand elle a été appliquée. Que ce soit par des gouvernements de droite ou de gauche n’a pas d’importance. Les réformes de liberté et responsabilité qui ont fait décoller l’Allemagne ont été mises en œuvre par Gerhard Schröder classé à gauche.  En Nouvelle-Zélande c’est Maurice Mc Tigue, étiqueté centre droit, qui réformait le pays dans le même sens. L’Estonie a été remise sur pieds par Mart Laar, Docteur en Histoire, qui disait que le seul livre d’économie qu’il avait lu était le très libéral « Free to choose » de Milton Friedman. Leur point commun est le retour plus ou moins marqué à la liberté économique. Ce retour est une nécessité absolue.

Pour mettre en place la liberté économique il faut rendre aux Français la liberté de choisir leur vie et d’en assumer la responsabilité. Il faut diminuer simultanément la dépense publique et les prélèvements obligatoires. La seule solution pour baisser les dépenses publiques est de privatiser. Il est nécessaire de commencer  par réétudier point par point ce qui doit être accompli par le privé et ce que les individus peuvent déléguer à la collectivité. On aboutit à une série de mesures que l’on peut synthétiser ainsi :

Rendre la fiscalité simple, faible, sans niches, strictement proportionnelle aux revenus.  Laisser aux Français la libre disposition de la quasi-totalité de leurs revenus, pour un salarié c’est le salaire complet. Permette aux Français de choisir librement leur prestataire de service en cas de maladie et d’en changer. Laisser les Français préparer leur retraite. Supprimer les multiples aides et assistances au profit d’une seule aide à la personne destinée à ceux qui sont dans le besoin. Elle pourra prendre la forme de bons scolaires pour rendre aux parents la liberté de choisir l’éducation donnée à leurs enfants et de chèque santé pour que les plus démunis aient la liberté de choisir leurs prestataires santé. Privilégier le contrat à la loi avec la non-intervention de l’État dans la vie des entreprises et la non -intervention de l’État dans les relations propriétaires locataires. Simplifier les autorisations de construire en les faisant reposer sur le Droit de Propriété avec comme corolaire la nécessité pour celui qui construit d’en assumer les frais et de ne pas nuire au voisinage. Concentrer l’État sur ses fonctions régaliennes pour qu’il soit enfin efficace. Les élus auront un mandat précis et limité. La sécurité intérieure et extérieure sera assurée, la Justice rendue, avec des moyens suffisants. Mettre fin à la spoliation légale : la Loi garantit les droits individuels naturels : Liberté, Propriété, Personnalité.

Le pouvoir d’intervention des politiques dans la vie des personnes se trouvera considérablement réduit. Moins de pouvoir cela signifie moins de centres de pouvoir et la disparition du mille-feuilles administratif, donc du cumul des mandats. La proportionnelle  les incitera à s’entendre. L’État a une propension irrépressible à s’étendre sans fin.  Il essaiera de reprendre le terrain perdu. Les personnes doivent disposer des moyens de protéger leur vie privée. On ajoutera la démocratie directe et le référendum d’initiative populaire.

Il y a peu de chances pour qu’en France, un politicien, parmi ceux qui sont au pouvoir ou qui y aspirent, mette en œuvre un tel programme. Ils préfèrent supplier l’Europe de leur accorder un sursis plutôt que d’accepter l’idée que les difficultés de la France sont liées à leurs politiques et qu’ils doivent en changer.

A un moment où à un autre ils se fracasseront sur le mur de la réalité. D’ici là malheureusement ils auront fait d’autres dégâts dont les Français paieront le prix.

 

Patrick de Casanove

Président du Cercle Frédéric Bastiat

Patrick De Casanove

A propos Patrick De Casanove

Né en 1959, marié, père de 4 enfants, le docteur Patrick de Casanove, diplômé en 1985, exerce comme généraliste dans la ville d'Ondres. Il en a été le Maire de 1995 à 2001 Il écrit des articles pour le journal suisse "Le Temps" et pour diverses organisations libérales. Il est président du Cercle Frédéric Bastiat. Il est l’auteur de Sécu comment faire mieux. Livre facile à lire qui va bien au-delà de la Sécu. Après un bref rappel historique sur la création de la Sécu et ses problèmes récurrents il rappelle qu’elle est la clé de voûte et l’alibi du système de spoliation légale que constitue l’État providence. Il démontre que c’est l’État providence qui en détruisant la responsabilité individuelle est responsable de la situation dramatique de notre pays. Il prouve que dans la vie en société le libre choix est supérieur à la contrainte. C’est vrai dans le domaine économique comme dans celui de la protection sociale, en particulier de la santé et de l’assistance à autrui. Pour sortir la France de la crise économique et de confiance qu’elle traverse il propose des solutions nouvelles inspirées de la pensée de Frédéric Bastiat. Solutions qui tiennent en peu de mots : mettre fin à la spoliation légale. Sécu comment faire mieux Editions Tatamis http://www.tatamis.fr/virtuelle.php/id/111213 ou http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=s%C3%A9cu%20comment%20faire%20mieux

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Une réflexion au sujet de « Les élections passent, les problèmes perdurent. »

  1. Bjr,
    Une solution?
    Rendre tout politocard responsable de tout gachis financier et les contraindre à rembourser sur leurs propres deniers…comme tout citoyen.
    Dixit Fabius, Sarkozy, Bachelot, Borloo etc etc
    @+

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