Les flics ripoux, la loi et la terreur.

J’ai commencé un blog parce que le directeur des Services Fiscaux de l’Hérault avait déclaré dans le journal Midi Libre : « Nous avons à traquer des voyous, nous employons les mêmes méthodes qu’eux ».

La bêtise d’une telle affirmation m’avait persuadé qu’aucune discussion n’était possible face à des gens de ce type, que seul restait « le témoignage » pour les générations futures. Je suis toujours dans cet état d’esprit.

Je crois à la phrase symbolique des séries américaines : « Vous pouvez garder le silence, tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous ».

C’est-à-dire que je ne crois pas à la politique de l’aveu, quelque soit le moyen pour l’obtenir. Je crois à la politique de la preuve irréfutable, obtenue loyalement, dont la charge incombe à l’enquêteur.

Dans le premier cas, toutes les perversions sont possibles, jusqu’à la torture. Les pressions qui président, en règle générale, à l’obtention de l’aveu, laissent des traces indélébiles, impardonnables, sur celui qui, inquiété sans être coupable, subira ces pressions cherchant à le faire avouer. Elles seront inversement proportionnelles à son innocence. C’est-à-dire que la loi va, du fait de cette logique de l’aveu, se transformer inexorablement en terreur, en force aveugle.

Cela vaut pour la police, pour les magistrats, pour tous ceux qui ont la charge de faire appliquer la loi, y compris donc pour les agents du fisc.

Il est vrai que certains, amateurs de résultats rapides, peuvent accepter l’inacceptable au motif que les résultats étant là, il sera toujours temps, plus tard, de réfléchir à la stricte éthique du pouvoir, donc de la force.

Ceux là se trompent lourdement. D’abord parce qu’il n’est pas possible, du fait de son inertie, de conduire la morale d’un pays comme un hors-bord de cinq mètres, mais plutôt comme un pétrolier géant. Ensuite parce que les erreurs de ce type déstructurent la société et que leurs conséquences sont incalculables.

Sarkozy était ainsi, désireux de rapidement solutionner les problèmes de sécurité, il couvrait toutes les bavures. Son impatience maladive du résultat l’amenait à être semblable en tout. Il était capable, au nom de l’efficacité, d’accepter les flics ripoux, mais aussi les banquiers, les affairistes, les moralistes, les juges ripoux, etc… Il pensait sans doute, car je ne le crois pas malhonnête, mettre de l’ordre après, après les résultats.

Il a été viré et c’est tant mieux. Cette attitude, cette impatience, même si elles peuvent se comprendre, menaient droit au mur.

Après le départ de Sarkozy ma désespérance a été totale. Son caractère était rédhibitoire, mais, d’un autre côté, le socialisme est objectivement un suicide économique. Alors, où trouver une lueur d’espoir ?

Cette lueur d’espoir se trouve dans la mise à pied de 30 flics ripoux à Marseille.

Valls, face à une cité dévorée par la violence, n’a pas cherché le résultat à n’importe quel prix. Il a, très justement, compris qu’une partie de cette violence était un effet retour secondaire lié à la voyoucratie de sa propre police, que cette police pervertie générait une réaction de violence. Que cette réaction soit issue de délinquants ne change rien au fait qu’elle s’ajoute à la violence déjà en place et conduit vers des sommets qui ne peuvent qu’installer la terreur et un état de guerre civile.

Valls a été parfait. Je constate qu’il semble soutenu inconditionnellement par Hollande et Ayrault.

C’est ici que se place, bizarrement, ma lueur d’espoir.

Je me dis que des hommes qui ont compris que l’arbitre doit être « Nikel », que la force ne vaut que si elle est employée avec toute l’éthique voulue, ces hommes peuvent beaucoup.

Car, rien ne les empêche d’appliquer cette courageuse méthode en tout.

Rien ne les empêche de sanctionner de la même manière tous les fonctionnaires véreux abusant de leurs pouvoirs, mais aussi tous les banquiers, commerçants ou affairistes, mais encore tous les avocats, médecins, ou autres professions libérales ripoux.

Rien ne les empêche d’agir ainsi avec tous les membres de notre société corrompue.

Mais, me direz-vous, ce sera un carnage. Valls va se retrouver seul, c’est l’épuration que vos souhaitez, qui jugera, qui sanctionnera ?

Non, il ne s’agit pas d’épuration, il s’agit, simplement et partout, de faire appliquer la loi française qui n’est pas si mal faite. Il s’agit d’éviter qu’une grande partie de la population, chacun pour de bonnes raisons, se dispense de la loi, l’interprétant au rythme de ses croyances politiques ou professionnelles, au point que ce pays est entre les mains de réseaux, dont celui de Bercy n’est pas des moindres.

Alors Monsieur Valls, vous m’avez épaté avec 30 ripoux, saurez-vous me séduire en réintroduisant partout la loi et l’équité, en manipulant la force du pouvoir avec éthique, puis, pourquoi pas, en la limitant à ses réelles prérogatives.

Un sacré chantier, de ceux pour lesquels il ne se trouve pas plus d’un homme par siècle.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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