LES GRANDS PATRONS, suite….

Je ne cherche pas à avoir raison à tout prix, mais je n’aime pas échouer dans l’idée d’amener la discussion à la hauteur où je la souhaitais. Car, arrivé à ce stade, s’il m’est fait la démonstration que je suis dans l’erreur, j’espère avoir l’objectivité nécessaire pour l’accepter.

C’est pourquoi, dans ce billet, je vais essayer d’affiner mon idée (à contre courant) sur l’erreur que représente la diminution des salaires des grands patrons.

Qu’est ce qu’un grand patron ?

Pour moi, le grand patron, comme n’importe quel chef de groupe, n’a que peu, voir pas du tout, d’influence sur l’intelligence et la vie du groupe qu’il représente. Il est la reine de la ruche (ou d’Angleterre). Voir à ce sujet mon billet « La démocratie n’existe pas ».

Le livre « Steve Jobs » apporte toute confirmation à ce sujet  On y voit ce personnage, emblématique des grands patrons volontaristes, viré par le groupe humain « Apple » qui a lui-même créé, obligé pour atteindre ses objectifs personnels d’intervenir, sans rémunération, en tant que consultant extérieur de ce groupe humain « Apple ».

En résumé, peu importe le grand patron, il ne sert pas à grand-chose.

Son intelligence, s’il en est pourvu, lui est surtout utile pour se faire nommer à la tête d’une entreprise qui marche, plutôt  que d’une qui ne marche pas. Quelque soit leur patron, la SNCF perdra de l’argent et l’EDF en gagnera, cela repose sur la sensibilité,  l’intelligence, la réalité économique et sociologique de ces deux groupes, dictées par  des milliers de paramètres, qui en font ce qu’ils sont.

Alors me direz-vous, s’ils ne servent à rien, qu’ai-je à défendre leurs exorbitantes rémunérations ?

Toutes les semaines, des millions de gens jouent au loto. Ils ne peuvent pas ignorer que, ce faisant, ils donnent directement 80% de leur mise à l’Etat, qu’il s’agit donc pour eux du versement d’un impôt volontaire. Par ailleurs, la chance étant aveugle, les gagnants du gros lot sont rarement les plus nécessiteux.

La  raison, la justice, demanderaient de supprimer ces gros lots aveugles. Pour autant, les mêmes raisons vont dans le sens du maintient de l’impôt volontaire versé avec la mise.

La solution est simple, il suffit de déposer dans les rues des urnes spécialisées où, chaque semaine, tous iront mettre 80% de ce qu’ils misaient au loto. Gageons que, le gros lot supprimé, ils seront peu nombreux à s’exécuter.

Le salaire et le statut du grand patron, c’est le gros lot. Je n’en défends ni l’équivalence en travail, ni la justice, mais il est le moteur des rêves de ceux qui, eux, bossent comme des fous pour l’atteindre et font ainsi marcher la machine.

Il est la part de rêve dont nous avons tous besoin et qui doit exister, au moins en apparence, pour que l’on puisse y croire. La justice n’a pas sa place ici. Seules l’envie saine ou la jalousie morbide sont invitées.

La haine:

La tempête économique que traverse notre société n’a qu’une origine : notre consommation individuelle ou collective dépasse nos revenus. Or, nul n’envisage de réduire sa consommation.

Je rajouterai que l’homme, comme tout organisme vivant, ne peut pas échapper aux règles universelles de l’économie, que par ailleurs le progrès, spécialité humaine, nécessite une économie en perpétuelle croissance (voir à ce sujet les très bons billets de Vincent Bénard.)

L’arbitrage qui devra être fait entre le pouvoir de consommation et la reprise économique engendre un conflit violent.

Toujours dans mon billet « la démocratie n’existe pas » je me demandais comment et quand, dans notre intelligence collective, la phase « haine » verrait le jour.

La question sous-jacente et essentielle reste éternellement la suivante : qui doit détenir le capital ? Le secteur privé ou le pouvoir politique.

L’histoire démontre que lorsque le capital est détenu par la puissance publique, quelle que soit la forme de l’Etat, royauté, dictature laïque ou démocratie, le peuple en souffre.

La raison apparait très clairement, ici aussi, dans le livre « Steve Jobs » où l’on comprend que les « junkies » qui ont inventé le net, sur lequel nous nous exprimons, n’auraient jamais pu lever des fonds publics. La souplesse et  la dynamique offertent par le capital privé sont incomparables. Les autres systèmes sont mortifères.

Dans les différents commentaires, parus à la suite de mon billet sur les revenus des grands patrons, il y avait des liens pour des sites de propagande. Sur ces sites la forme prise par la haine était parfaitement visible. Dans un galimatias aussi pauvre que pervers, des prédicateurs s’expriment.

Leur philosophie est la suivante:

La consommation est inutile.

Ceux qui consomment trop ne sont pas responsables, ils sont abusés  par leur manque de lucidité.

Les responsables sont ceux qui leur offrent des biens de consommation.

Dans ces conditions, il est inutile de rembourser les dettes.

Il suffit de se débarrasser de ceux à qui on les doit.

Ceux-ci sont définis comme « capitalistes » ou encore « bourgeois ».

En réalité il s’agit de la vieille recette du pillage, du transfert du capital par la force.Nous nous rapprochons de l’utilisation de la violence.

Les prédicateurs évitent de citer le prochain détenteur du capital, voir de nier la nécessité d’un capital, pourtant outil de base de l’économie. Mais, tout laisse supposer que, pour eux, c’est probablement le pouvoir politique.

Celui-là même qui a tué des centaines de millions de gens au cours des siècles passés, du fait des dérives autorisées par la possession conjointe, en une seule main, du pouvoir politique et du capital.

C’est ce monopole qui a été brisé par la Révolution française. Hélas, en confiant, à juste titre, le capital aux individus, elle n’a pas pris la mesure, alors imprévisible, des  progrès stupéfiants que cela allait induire, générant dans le même temps une folie de consommation. Folie qui a créé la dette à  laquelle nous avons à faire face. C’est elle et elle seule, n’en déplaise aux prédicateurs, que nous devons gérer.

J’espère avoir été plus clair.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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