Les otages de la violence fiscale

La violence et la compassion sont les deux mamelles de la communication politique, les deux fonds de commerce de notre presse zélée.

Je ne suis pas un spécialiste de la violence, j’ai du mal à la conceptualiser.

Je dirais que je perçois trois types de violence :

            – La violence pour prendre les biens, le corps ou la pensée d’un autre;

            – La violence pour imposer ses biens, son corps ou sa pensée à un autre.

            – La violence gratuite, pour le plaisir.

Les trois s’entremêlent la plupart du temps. Je déteste la violence, qui pourtant nous entoure. Je considère qu’elle est le point de rupture du raisonnement. En cela j’adhère à la thèse de Clausewitz.

J’ajouterai que la violence fiscale me sidère.

Je ne suis pas non plus un spécialiste de la compassion collective, j’ai du mal à y voir autre chose que de l’hypocrisie. Cependant, je suis sûr de deux choses : la compassion collective est éphémère et inégalement distribuée.

J’en arrive à la source de mes réflexions, un article du Figaro, que je n’ai pas pu lire parce qu’il est payant, qui s’intitule : « Sortis des griffes des terroristes, d’anciens otages racontent leur vie d’après »

La partie lisible de cet article laisse entendre que les ex-otages sont terriblement choqués, certains se terrent chez eux par peur de revivre leur drame, d’autres au contraire se racontent pour l’exorciser, tous ont du mal à réintégrer la société. Evidemment il n’est question que de ceux qui ont survécu, les morts ne parlent pas.

Cet article n’est qu’une infime goutte d’eau dans la masse des articles qui s’épanchent et compatissent sur les dégâts de la violence : violence dans les écoles, faite aux femmes, aux homosexuels, aux minorités sexuelles de tout poil, aux paysans collectivistes, aux flics, aux émigrés, aux cheminots, aux clochards, aux obèses, aux gourmands, aux malades évidemment, aux handicapés c’est la moindre des choses, à tous les déglingués de la vie, la liste est inépuisable, nous en faisons tous partie à un moment ou à un autre de notre vie. Nous y aurons tous droit un jour.

Donc, la compassion, à juste titre, oint de sa sainte pensée toutes les victimes réelles ou fantasmées que nous sommes, sauf une catégorie : « les fraudeurs fiscaux », je veux dire les soupçonnés de fraude fiscale, c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas dans la légitime misère d’une société égalitaire.

Sur ce sujet, toute la presse et toute la population sont d’accord, pas de compassion, au contraire, plus de violence, une violence maximale.

Comme, dans ces conditions, nul journal ne prend la peine d’interroger les « fraudeurs fiscaux » quant à la violence qu’ils affrontent, et puisque je suis répertorié comme tel, je vais auto-témoigner en contrepoint du Figaro.

Témoignage de la violence fiscale par un otage de Bercy, non rescapé.

Il faut d’abord savoir que le fisc ne prend pas en otage des personnes mais des foyers fiscaux, c’est-à-dire des familles entières, c’est un point important. On est plus près de Daech que des amateurs individuels preneurs d’otages ici ou là.

Donc, vous êtes en tain de faire vos courses,  d’aller chez vos enfants pour les fêtes de Noël, en vacances à Ibiza ou à Marvejols, peu importe, pendant ce temps arrive chez vous une lettre recommandée de Bercy.

Ça y est, votre famille est prise en otage.

Les pressions, interrogatoires et tortures diverses vont commencer. Cela peut durer quelques mois, comme vingt ans.

Tout va dépendre de votre résistance, de votre courage, de votre sens de la justice et de l’honneur, autant de choses qui vont exciter au plus haut point le preneur d’otage qui a débarqué chez vous.

Une chose est sure, le preneur d’otage va s’organiser pour ne pas laisser de trace, pour que vous ne soyez à aucun moment lucide, pour que ce ne soit pas lui qui vous tue.

Pour la lucidité, il va vous laisser croire jusqu’au bout que justice pourrait vous être rendue, ce qui est évidemment totalement faux.

Pour la mise à mort, il n’exécutera jamais ses exigences, se contentant de paralyser votre vie et de provoquer votre faillite à l’occasion de laquelle sa place de privilégié parmi les privilégiés lui permettra de se servir.

Pour les traces, le preneur d’otage fera en sorte que personne ne sache pourquoi et comment il est venu, que personne ne puisse savoir ou comprendre ce qu’il vous reproche. Pour cela il effacera les traces des explications qu’il a dû vous donner à un moment où vous ne pouviez pas les comprendre.

Quand tout sera fini, votre famille, si tout c’est bien passé, sera ruinée pour plusieurs générations. Mais, ce n’est pas le pire.

Le pire c’est que vous ne pourrez plus jamais voir la vie comme vous la voyiez avant. Votre famille restera sidérée et choquée pour toujours.

Les objectifs qui vous poussaient à travailler, maison, voiture, beaux objets, vacances, vont vous paraitre suspects. Lorsque vous en apercevrez un vous serez apeuré, inquiet pour son possesseur, voire soupçonneux.

Plus votre vie sera petite, plus elle vous paraitra normale. Vous qui rêviez d’espace et de conquêtes, vous serez heureux comme un fou d’arriver à payer le gaz de votre appartement.

Un éclair au chocolat le Dimanche vous paraitra une folie. Les restaurants, un monde inaccessible réservé à ceux qui disposent de tickets restaurants, tickets que vous n’avez jamais eu et que vous n’aurez jamais. Vous n’êtes pas du bon côté de la société, vous êtes un banni. Voire pire : un libéral.

Mais qu’est ce qui vous a pris de vous croire libre, de penser apporter aux autres vos compétences, de prendre des risques. En réalité, vous êtes bien le con, le bon à rien, que les professeurs avaient détecté au lycée.

Maintenant, c’est trop tard pour vous et pour votre famille. Il fallait réfléchir avant, vous êtes des « fraudeurs fiscaux ».

Adieu le travail à vie, la planque tranquille où l’on est augmenté de 100€ par an à l’ancienneté, où le ministre vient vous taper sur l’épaule dans sa voiture à gyrophare.

Normalement, vous devriez être envoyé dans un camp de travail forcé, c’est ce que pense la majorité de la population et de la presse. Ne comprenez-vous pas que c’est à cause de vous que les autres ne peuvent pas s’empiffrer autant qu’ils le souhaiteraient.

N’imaginez pas un instant que vous allez changer les choses, vous finiriez espionné du matin au soir, répertorié dans des dossiers secrets, prêt à être immédiatement embastillé en cas de trouble, fiché SB++++, vous et toute votre famille.

Alors Daech….. des amateurs.

Bercy, ça ce sont des preneurs d’otage opérationnels.

Otage c’est dur, 50.000 français l’expérimentent tous les ans. Ils en sortent détruits, ramenés au rang de zombies sociaux, esclaves de Bercy à vie.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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3 réflexions au sujet de « Les otages de la violence fiscale »

  1. Si tout est fait pour que les gens soient propriétaires de leur logement à des taux bonifiés (par l’état) et très très avantageux c’est pour une excellente raison : rien de plus facile que de laisser entendre au « fraudeur » que sa maison pour laquelle il s’est sacrifié tant d’années . . . (bougie, commissaire priseur, avocats retords, enchères truquées, juges félons, combines . . .)
    et le « honteux fraudeur » s’exécute malgré tout en sachant qu’il est innocent de ce dont il est accusé.

  2. Pour ma part j’ai décidé d’appliquer la loi du Talion contre ce fascisme rampant, comme mes parents des résistants l’ont fait en 1944 contre ces administrations fascistes qui ont abusé du pouvoir . Je serais très fier, le moment arrive pour bientôt ..

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