L’ETAT EST AMORAL (Privatisation de Bercy : suite)

 

Les retours, à la suite de mon dernier billet sur la nécessaire privatisation de Bercy, me permettent de comprendre que je ne me suis pas suffisamment expliqué dans ma démarche. Je n’imaginais pas convaincre en un seul billet, mais je pensais ouvrir le débat, or ce n’est pas le cas. C’est pourquoi je crois devoir rapidement essayer d’être plus clair.

L’Etat est amoral, plus généralement les groupes ne peuvent prétendre à la morale. Celle-ci, par essence, ne peut qu’être individuelle. HAYEK le démontre, avec une grande lucidité, lorsqu’il dit: « Le principe selon lequel la fin justifie les moyens est considéré dans l’éthique individualiste comme la négation de toute morale » et qu’il met ce constat en parallèle avec le fait que de façon exactement inverse le groupe considère que la poursuite  de son intérêt collectif, réel ou affiché, justifie les moyens, quels qu’ils soient. C’est ainsi que se comprennent la raison d’Etat, le secret d’Etat.

Si cette approche intellectuelle ne vous paraissait pas suffisante je vous recommande l’ouvrage de MAX GALLO, « L’âme de la France ». Vous pourrez lire ceci: « Les lois antisémites, la rafle des 16 et 17 Juillet 1942, ne peuvent pas être imputées à la nation. La France n’a pas à faire repentance. Ce sont les individus – Pétain, Laval, Darnand, Bousquet – qui doivent répondre de leurs actes criminels, et non la France…..Les vilenies, les lâchetés et les trahisons sont rapportées à des individus, non à la nation ». Il s’agit ici d’un constat d’historien.

Si vous n’êtes toujours pas convaincu, regardez aujourd’hui autour de vous, les dérives des dictatures religieuses ou militaires sont-elles comptabilisées aux groupes, aux Etats? Non, elles sont réputées être le fait de quelques individus malfaisants. Or, rien n’est moins vrai. En réalité, le groupe se donne des règles, un but, un intérêt collectif, volontairement ou accidentellement, ensuite ces règles produisent un enchainement de faits qui échappent aux individus et donc fatalement à la morale. Le groupe est amoral. Chez nous, la preuve en est rapportée par le fait que l’Etat Français ne peut pas être poursuivi devant la justice qui traite des fautes morales: les tribunaux pénaux,

Il n’y a pas d’économie possible sans morale. Les échanges d’argent ne peuvent pas se passer de morale. Dans le cas contraire ils deviennent immédiatement  des vols ou des pillages. La fiscalité, fille de l’économie, ne saurait se passer de morale. Elle ne peut donc pas raisonnablement être laissée entre les mains de l’Etat.

Mais de plus, si le prélèvement fiscal juste nécessite la morale, il a aussi besoin de considération. Il n’y a pas de considération pour les « assujettis », il n’y a de considération que pour les « clients ». Un fonctionnaire des impôts n’hésitera pas à vous dire, devant une injustice caractérisée: « Je suis payé pour appliquer la loi, par pour me demander si elle est juste ». Vous trouverez très peu de commerçants qui vous répondrons à un défaut de qualité de votre achat: « Je ne suis pas là pour que votre achat vous satisfasse, je suis là pour toucher ma commission ». Assujetti ou client ce ne sont pas les mêmes rapports.

Pour résumer ma pensée. La dérive des finances de l’Etat découle du manque de morale dont elles sont l’objet, de l’amoralité générale de l’Etat et du manque de considération pour le contribuable. L’ensemble de ces contraintes est issu de l’organisation mise en place et non de la personnalité des participants. Seule une modification de cette organisation peut permettre un autre résultat, c’est-à-dire une maîtrise voir une baisse de l’impôt et de la dépense publique.Ma réponse à cette nécessité est la privatisation de Bercy. C’est sur ce sujet que j’aimerais ouvrir le débat. Cordialement. Henri DUMAS.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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