Lettres municipales au Père Noël

Entre le Dimanche 23 Mars et le Dimanche 30 Mars, les français auront voté pour 36.681 lettres au Père Noël, une par commune.  Comme on le dit un peu vulgairement : « ça me troue le cul ». Je n’en reviens pas.

Si un tout petit peu de raison existait en ce bas monde politique, où chacun s’accorde à penser que les élections municipales ne sont pas des élections politiques mais des élections pragmatiques, il se passerait ceci :

– Chaque candidat présenterait un programme chiffré de ses propositions.

– Il engagerait sa responsabilité sur ces chiffres.

– A la fin de son mandat il serait, lui personnellement ou son parti, responsable des éventuels dérapages de ses propositions.

– Dans le cas d’un dépassement de son budget prévisionnel, outre l’engagement de sa responsabilité, il deviendrait inéligible.

– Si en cours de route un cas de force majeure devait l’amener à modifier ses prévisions, il devrait en faire part à sa population et obtenir par vote son accord.

Que des choses finalement simples, qui correspondent à l’idée d’une gestion saine de nos collectivités.

Il faut bien comprendre que la ruine d’un corps social peut arriver par la tête, mais aussi, plus souvent, par la multitude des ruines de ses membres. Les collectivités locales sont lourdement endettées, nul signe ne se fait jour d’une prise de conscience à ce sujet.

Dans toute la France, les professions de foi des candidats ont encore multiplié les promesses les plus démagogiques, sans pudeur, sans retenue… et les français acceptent cela… et ils vont voter.

Il doit bien y avoir une explication à tant de connerie.

Je me lance.

Que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public, les décisions sont gérées structurellement de la même manière. Cela se fait à travers un organisme de décision, assisté d’un organisme d’exécution. Il peut arriver, pour les très petites structures, qu’une seule personne remplisse ces deux fonctions.

Cela se traduit, pour l’Etat ou pour les collectivités territoriales, par des élus qui assument la partie décisionnelle et par une administration qui est en charge de l’exécution. L’attelage peut fonctionner.

La particularité, qui n’est pas spécifique au secteur public, est que la qualité de l’exécution est inévitablement liée à la qualité de la décision.

Un décideur énergique va vouloir et obtenir un organe d’exécution de qualité, et inversement. Les obligés du système, ceux pour qui il est créé, vont trouver tout cela parfaitement normal. Par exemple De Gaulle et l’ENA.

Mais, imaginons que le décideur trépasse et que son successeur ne soit pas à la hauteur du pouvoir qui lui est confié. Ce successeur va se couler dans l’apparence du pouvoir, en jouir, sans pour autant posséder les qualités lui permettant de l’exercer réellement.  Je pense à Giscard et à tous ceux qui sont arrivés après.

Soudain, l’outil d’exécution, ici l’administration française, va se sentir plus puissant, plus compétent que le donneur d’ordre, que le décideur. Problème.

L’administration va alors capter le pouvoir décisionnel. C’est ce qui s’est passé avec l’ENA.

C’est ce qui se passe dans bien des communes avec les administrations municipales lorsqu’un maire de qualité est remplacé par une nouille (par exemple à La Rochelle, Crépeau remplacé par Bono).

Or, structurellement, l’outil d’exécution n’est pas programmé pour être un outil de décision. Pour de multiples raisons, dont une principale : il n’est pas responsable, et nul ne peut décider sans assumer la responsabilité de ses décisions. Sans quoi, toutes les dérives sont possibles.

C’est ainsi que, globalement ou ponctuellement, dans ce pays, les organes d’exécution, que l’on nomme l’administration, ont, un peu partout, pris le pouvoir à la place des décideurs. Ceux-ci ayant en réalité disparu, laissant en place de simples images de décideur, sans aucune réalité. L’apparence n’a pas changé, mais la consistance de l’outil décisionnel s’est évaporée.

Les obligés du système, nous, perçoivent les dysfonctionnements, sans en comprendre la cause, qui leur est dissimulée. C’est là que les choses se corsent. Les obligés, les sujets que nous sommes cherchons à rétablir un organisme décisionnel, à travers des errements électifs pathétiques.

Mais, ce n’est pas possible. Quand l’outil exécutif, l’administration, a pris le pas sur l’organe décisionnel, il n’y a pas de marche arrière, sauf à dégotter un « grand homme ». Il en est toujours des « grands hommes », mais leur particularité est qu’ils ne se révèlent que dans les grands drames.

Donc, avant de trouver le « grand homme » qui terrassera l’administration actuelle dévoyée, qui la remplacera par une autre de qualité à son service, rétablissant ainsi un pouvoir décisionnel efficace, nous devrons passer par la case drame. Hélas.

Bien cordialement. H. Dumas

RAPPEL :  MOBILISONS NOUS.  SIGNEZ LA PETITION.  (colonne à droite)

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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