L’immobilier est hors marché

Cela est incontestable, l’immobilier est hors marché.

De façon directe par les droits exorbitants que l’Etat s’est octroyé sur le foncier et le bâti.

Au motif d’une organisation rationnelle de l’espace, l’Etat s’est accordé des droits sur l’usage des sols. Ces droits étaient initialement incitatifs, ils sont aujourd’hui directifs et obligatoires, ils aboutissent à un démembrement de la propriété foncière.

Le sol reste la propriété de celui qui le possède, mais ce qu’il est possible d’y réaliser, donc sa valorisation, est la propriété de l’Etat. Cela est accepté par tous, fisc, magistrats et propriétaires compris. La valorisation d’un foncier prend plus en compte ce démembrement que la réalité objective du dit foncier.

Concernant le bâti existant, les droits de préemption s’étendent constamment et les lois qui contraignent ce bâti s’affirment et s’épanouissent à chaque législature.

De façon indirecte par la fiscalité

Ici on retrouve la psychose névrotique de Bercy : les usagers sont des fraudeurs.

La taxe sur les transactions immobilières n’y échappe pas. Le principe de base est que les transactions cachent systématiquement une dissimulation, dont le but serait évidemment de rendre moins lourdes les taxes prélevées par l’Etat.

Bercy croit dur comme fer à cette connerie.

La traduction en langage faux-cul « Bercyen » est la suivante : « Il est possible que le prix indiqué dans votre transaction soit le prix réel. Mais, nous pensons qu’il n’est pas celui du marché, que nous définissons par rapport aux transactions passées pour un produit équivalant. C’est pourquoi, sans mettre en doute votre sincérité, et parce que l’Etat n’a pas de raison de voir ses taxes baisser soudainement, nous établissons cette taxe, calculée sur le montant de votre vente, non sur le montant que vous avez déclaré lors votre transaction mais sur le montant que nous évaluons ».

La messe est dite. Pour Bercy, pas besoin de preuves visant à faire la démonstration d’une tricherie de votre part. Non, l’Etat prétend n’en avoir rien à foutre que vous fraudiez ou que vous soyez obligé de vendre au prix du marché, vous êtes taxé au prix « Bercyen », point.

Les conséquences sont terribles. Le marché baisse, pour vous peut-être, mais pas pour Bercy. Si vous vendez votre bien à la baisse, vous serez taxé au prix maximum de l’ancienne hausse pour les droits d’enregistrement, mais aussi pour le bénéfice si vous êtes un professionnel ou pour la plus value si elle s’applique à votre transaction.

Les lois du marché ne s’appliquent pas à l’immobilier. Les prix sont dictés par Bercy. C’est la conclusion qui s’impose.

Qu’advient-il d’un marché bloqué de tous côtés par l’Etat ?

Au niveau du foncier

Les demandeurs se faufilent vers des endroits encore relativement libres. C’est donc la fuite vers les petites communes périphériques, moins regardantes. Donc c’est le mitage à outrance.

Un peu ce qui s’est produit pour l’urbanisme commercial lorsque les commerçants au pouvoir dans les grandes villes ont bloqué les permis de construire des hypermarchés, qui se sont tous retrouvés en banlieue, vidant les centres villes et paralysant les axes de circulation.

Le résultat global est un frein terrible à l’économie de la construction, qui en meurt. Je ne m’étends pas dans ce billet sur les contraintes que l’Etat impose, en termes d’architecture, de mélanges incompatibles ou de fantasmes ruineux, sur le foncier qu’il libère au compte gouttes.

Au niveau du bâti

Pas de vente possible à la baisse, égale pas de vente du tout. Ainsi, tétanisés à l’idée de se voir taxer sans aucune défense possible, d’être insidieusement traités de fraudeurs, les vendeurs et leurs conseils s’efforcent de retarder les ventes, en espérant trouver un prix de vente qui échappera à la folie du fisc.

Pour le moment

Dans l’époque de richesse et de liberté que nous venons de traverser, l’immobilier parait pouvoir attendre. De la même façon que l’étranglement du tissu routier, la paralysie lente mais irréversible de l’outil de santé, de l’outil industriel, ne touchent pas immédiatement tous les français et ainsi ne sont pas immédiatement anxiogènes, les conséquences de l’étatisation de l’immobilier, la disparition de son marché, ne créent pas de panique.

Ceux qui sont touchés souffrent seuls, bien obligés de subir. Pire, il en est même une petit minorité qui profite providentiellement des dictats de l’Etat.

Mais à terme

Il y aura d’abord un désintérêt pour l’immobilier (c’est en cours), puis un effondrement brutal. C’est la pénurie pour tous qui s’imposera. Un marché noir s’installera. L’immobilier deviendra un luxe, alors qu’il était, il y a peu, accessible au plus grand nombre. Le pire est que tout cela sera issu, en partie, de la prétention de le rendre accessible à tous, y compris à ceux pour qui cela est objectivement impossible.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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