L’impôt progressif sur le revenu : un serial killer

Il y a 66 millions de français pour 36 millions de foyers fiscaux, soit un ratio de 54%. Sur ces 36 millions de foyers fiscaux 20 millions paient l’impôt sur le revenu, soit un ratio de 55%. Il y a 8 millions de pauvres, soit 4,3 millions de foyers fiscaux pauvres.

Si sur les 16 millions de foyers fiscaux qui ne paient pas l’impôt sur le revenu nous retirons les 4,3 millions de foyers fiscaux pauvres, il reste 11,7 millions de foyers fiscaux, qui ne sont pas pauvres, qui ne paient pas l’impôt sur le revenu.

L’impôt progressif sur le revenu tire sa légitimité de sa prétention à la redistribution, il prendrait aux riches pour donner aux pauvres.

Qui sont ces 11,7 millions de foyers fiscaux non imposés sans être pauvres (environ 21 millions de français) qui ne participent pas à l’aide aux plus défavorisés ? Qui ne donnent rien aux pauvres, qui sont dispensés de redistribution.

Il est probable que certains d’entre eux aimeraient gagner plus, mais une grande partie se trouve très bien ainsi. Ils bénéficient de toutes les aides accordées aux non imposables, ils bricolent probablement un peu de-ci de-là, mais ils refusent de gagner officiellement plus. La plupart du temps, le gain qu’ils obtiendraient serait annihilé par l’impôt qu’il génèrerait.

Ils sont quand même 21 millions, soit un tiers des français.

Voilà ce qu’en dit Robert Nozick, assimilant à des travaux forcés la contribution forcée à la redistribution:

 » Pourquoi l’homme qui préfère voir un film (et qui doit gagner l’argent pour se payer le billet d’entrée) devrait-il être ouvert à l’appel requis pour aider les nécessiteux, alors que la personne qui préfère regarder le coucher du soleil (et donc n’a aucun besoin de gagner de l’argent supplémentaire) ne l’est pas ? En vérité, n’est-il pas surprenant que les gens qui font la redistribution choisissent de laisser de côté l’homme dont les loisirs peuvent être atteints avec tant de facilité, sans faire d’heures supplémentaires, alors qu’ils ajoutent encore un poids supplémentaire au malheureux qui doit travailler pour ses plaisirs? Si l’on devait s’attendre à quelque chose, on se serait plutôt attendu à l’inverse. »

Ce questionnement s’applique évidemment au différentiel entre celui qui investit pour entreprendre, qui doit gagner de l’argent à cet effet, et celui qui ne souhaite pas entreprendre et n’a de ce fait nul besoin d’argent pour investir. L’un est taxé, l’autre non.

On touche du doigt la stupidité, l’injustice et le frein violent pour l’économie de l’impôt progressif sur le revenu.

Mais il y a pire. Lorsqu’un tiers d’une collectivité (ici, 21 millions de français) bénéficie d’un avantage indu, d’un privilège lui permettant d’échapper à ce que cette collectivité considère comme une obligation morale : la redistribution, cela ne peut qu’engendrer un sentiment de culpabilité pour le tiers ainsi avantagé.

Nous voilà donc, grâce à la progressivité de l’impôt sur le revenu, avec 21 millions de français culpabilisés, consciemment ou inconsciemment.

Cela va entrainer deux conséquences majeures :

– Ceux-ci vont tenter de s’assimiler aux pauvres pour justifier leur exclusion de la redistribution, générant ainsi une ambiance de paupérisation artificielle, indécente à l’échelle mondiale.

– Puis, ils vont dévaloriser, critiquer, vilipender ceux qui sont taxés au titre la redistribution, allant jusqu’à les accuser de malhonnêteté généralisée par le seul fait qu’ils gagnent de l’argent. Ainsi justifient-ils le fait qu’eux, les non imposables, ne touchant pas à cet argent moralement sale, ne participent pas à la redistribution. Pour faire simple, l’idée répandue par ces 21 millions de français est que l’argent redistribué à été préalablement gagné malhonnêtement, que le prélever puis le répartir n’est donc pas une charge injuste (du type travaux forcés) mis arbitrairement sur le dos des plus actifs, mais un acte de justice et de récupération d’argent dépravé au service du bien commun.

On comprend aisément les ravages qu’une telle pensée  sur l’économie, dont le moteur essentiel est le respect dû aux gains et à la propriété de ces gains.

La catastrophe qui attend notre pays a donc pour origine principale l’impôt progressif sur le revenu, un dogme socialiste s’il en est. La solidarité nationale n’a pas à être remise en question, par contre son financement doit être repensé.

L’impôt direct sur le revenu, non progressif, faible (10 à 15%) mais applicable à tous, devrait s’imposer. Ce n’est qu’ainsi que la solidarité pourra s’exprimer, que les dépenses seront contenues parce que payées par tous, que les sommes nécessaires aux investissements travail ou plaisir qui font tourner l’économie pourront revivre.

Nous en sommes probablement loin.

Rappel:

Jeudi 14 Novembre à 18H, n’hésitez pas à venir témoigner devant Bercy. Je rappelle qu’il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’une simple présence, l’expression d’une conscience, sous le signe de la marguerite blanche.

J’en profite vous faire part du fait que Mélanchon ne manque pas d’air, un opportunisme de ce niveau là, malheur à celui qui se laisse prendre.

Son appel à manifester vers Bercy est indécent, pour deux raisons :

– La violence à Bercy doit être laissée aux seuls décideurs et exécutants de Bercy, il n’y a pas lieu à en rajouter. Seule la non-violence a un sens en ce lieu.

– Mélanchon vient réclamer plus d’impôts, plus de contrôles, plus de victimes. Sait-il seulement ce qu’est être une victime du fisc ? Il vient demander au bourreau plus de tortures, c’est à vomir.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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