L’INJUSTICE

Pas plutôt débarqués sur la planète, l’injustice nous assaille. Qu’elle soit limitée ou totale, momentanée ou définitive, elle nous entreprend. Jusqu’à notre mort, elle ne nous quittera plus. Certains pensent qu’elle est inéluctable, d’autres au contraire sont convaincus qu’ils sont en mesure d’abord de la confondre, puis de la juguler.

Les premiers me démoralisent, les seconds me terrorisent.

De leurs attitudes naissent deux types d’injustice, l’injustice naturelle et l’injustice artificielle.

L’injustice naturelle

D’aucuns pensent que c’est Dieu qui l’organise, en ce qui me concerne je la crois plutôt liée au hasard. Une chose est sûre, elle frappe aveuglément. Comme anesthésiées, les victimes ont tendance à l’accepter.

Pour ceux qui observent, c’est la compassion ou le déni liés au constat qu’aujourd’hui c’est l’autre que l’injustice touche plutôt que soi-même mais que demain ce pourrait bien être l’inverse.

Cette probabilité de survenance, indéniable, relativise l’injustice naturelle pour celui qui la vit et pour celui qui la voit. Pour les deux elle est sinon acceptable du moins obligatoirement supportable.

L’acceptation étant la seule solution, le problème est donc strictement personnel. Il met en jeu toutes sortes de sentiments, de mécanismes liés à la vie, la plus part du temps impénétrables, mais relativement efficaces.

Elle a ses pleureuses qui l’accompagnent. Depuis la nuit des temps, l’homme confronté à l’injustice fait avec. Elle est partie intégrante de la vie, de la condition humaine.

Face à elle se dressent deux acteurs pour qui je n’ai guère de sympathie. D’un côté les« Zorro », de l’autre les profiteurs. Très actifs, croyant ou prétendant éradiquer l’injustice ou encore espérant en profiter, ils vont dans tous les cas la transformer. Ainsi va naître l’injustice artificielle.

L’injustice artificielle

Le terrain d’action de ces opérateurs, altruistes ou profiteurs, est évidemment illimité tant l’injustice est universelle. Déjà, cela devrait les interpeller et les amener à douter. Force est de constater que non seulement ce n’est pas le cas, mais ils puisent dans cette immensité une sorte d’énergie, elle, inépuisable.

Ce croyant ou se prétendant artilleurs de la justice, ils bombardent jour et nuit, inlassablement, l’injustice. Ils n’obtiennent en échange que ce qu’obtient tout bombardement, un champ de ruine.

C’est alors que l’injustice naturelle, qui est toujours là sous les gravats, se trouve renforcée de l’injustice artificielle.

Celle-ci, ce n’est ni Dieu ni le hasard qui la provoque mais bien les hommes.

Cela lui confère deux particularités :

– Elle n’est plus cyclique. La victime ne peut espérer être épargnée demain. Celui qui subit l’injustice artificielle qui émane des hommes ne doit pas s’attendre à voir son destin modifié par le hasard.

– De ce fait, elle génère soit la guerre soit la soumission. Deux états qui ne sont pas enviables et dont il est préférable de se passer, mais qui sont les seules possibilités face à l’injustice artificielle déchainée par les hommes.

La sagesse

Ce serait, pour le moins, un peu de retenue pour les opérateurs, sincères ou calculateurs, souhaitant intervenir face à l’injustice naturelle.

Le minimum serait qu’ils prennent en compte, avant d’intervenir, les risques de « sur-injustice »qu’ils font courir aux autres.

Comment se peut-il qu’après des siècles de carnages et d’injustices inhérents à tous ces stratèges de l’éradication de l’injustice, ceux-ci puissent encore avoir du crédit, fomenter des utopies qui répandent de façon exponentielle cette injustice qu’ils ont la prétention de neutraliser ?

Il faut que la souffrance engendrée par l’injustice naturelle soit terrible pour que les hommes, à l’idée d’en être débarrassé, acceptent ainsi de supporter son accroissement.

 

Le vrai drame est le suivant :

Plus l’injustice naturelle tend à diminuer, plus son seuil d’acceptation se réduit, plus l’homme devient facilement accessible aux utopies d’éradication qui engendrent l’injustice artificielle.

C’est ce qui explique que les progrès de la démocratie, d’un meilleur partage des richesses, de l’amélioration de la santé, etc… génèrent, dans le même temps, une foultitude de naïfs ou d’escrocs qui prétendent se battre contre l’injustice naturelle. Or, alors que celle-ci est en partie affaiblie, ils donnent naissance à une injustice artificielle dévastatrice.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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