LA LOCOMOTIVE,LA PLUS GRANDE DISCOTHÈQUE DE PARIS ou la fin des années rock (extrait du livre)

1er Extrait (page 5 à 8) de mon livre:

Fred et Kelly avait l’habitude de bosser ensemble. Ils se respectaient et s’aimaient bien. Ils étaient toujours contents de se retrouver. Il n’y avait aucune concurrence malsaine entre eux, style guerre des prix. Tout le monde à cette époque bossait plus ou moins au black.
En 1981, nous décidons de nous associer et nous fondons Rosebud Sécurité.
Etant féru d’Histoire, et pour nous démarquer des autres boites de sécu, je décidais de créer un écusson, style blason, avec une devise.
Cet écusson serait cousu sur les blazers et les blousons.
J’avais pondu une formule super choc : « ne jamais reculer ».  Je voulais la faire traduire en latin pour donner un petit côté sympa et légèrement classieux. Mon latin laissant à désirer, j’allais trouver le curé de  l’église de la Madeleine, où dans ma prime jeunesse j’avais été enfant de chœur.  Aucun curé ou abbé ne m’avait jamais tripoté.
« Nunquam movere » me dit-il en souriant.
Bruno Ripeaux , un de nos chefs d’équipe, beau gosse, connaissant un graphiste, se chargea du blason suivant mes directives: Un aigle en armure mais souriant et avec  l’œil narquois. Bref la force tranquille…
Notre petite société en quelques années devint une des plus importantes  de Paris dans notre spécialité : les concerts, les manifestations privées et publiques.
Venant de l’extérieur, j’avais un regard neuf sur le « monde de la sécurité ».
Avant de monter notre société, j’avais joué au simili gros bras pendant plusieurs mois, chez Fred et Kelly,  à tous les postes. J’en avais donc analysé les défauts et trouvé leurs solutions.
Dans cette époque-là, les années 70/80, nous étions en plein dans le rock n’roll. La mentalité et le look des videurs étaient à l’aspect négligé (voire franchement crasseux) big dur des rues avec des bombers, de préférence noirs. Des bourrins poilus et grossiers en majorité.
Quand vous alliez à un concert, bien souvent, vous étiez obligés de passer devant plusieurs costauds, style bikers, chevelus, souvent ventrus, genre buveurs de bière et balafrés. Si vous étiez accompagné d’une fille sexy, bonjour les belles vannes bien grasses, style Kronenbourg !  Certaines équipes, pour arrondir leurs payes, pratiquaient le « petit train ». Cela veut dire qu’ils avaient leur caisse d’entrées perso. Une de ces équipes leader avait  même été carrément surnommée le TGV, c’est tout dire.
J’avais donc décidé de changer carrément cette image de « marque » désastreuse. Nous, nous proposions des jeunes, au look « étudiant », sachant parler  ou discuter avant de se battre.
La bagarre, pour nous, était l’ultime recours (ce qui n’était pas le cas pour nos concurrents). En plus nous leur demandions d’être soit de vrais balaises (non bedonnants) soit de pratiquer un sport de combat à un bon niveau, sans être pour autant des nains. La taille et la carrure ont toujours eu une grande importance, elle évitait bien souvent des affrontements.
Nous avions aussi remarqué que pour aller sur le lieu d’une bagarre pendant un concert, les agents de sécu, que leurs bombers ne différenciaient guère du public, devaient  parfois se battre avec celui-ci avant d’atteindre les belligérants pour les séparer. Ce qui les retardait. Sans parler des coups donnés et reçus sur le parcours. C’était totalement aberrant. Personne apparemment ne s’en préoccupait. Il est vrai que nos bikers aimaient bien la castagne.
A cette époque-là, les gens n’avaient pas encore pris l’habitude de déposer plainte contre le moindre courant d’air.
Nous, nous sentions que les temps étaient en train de changer et que c’était vraiment contre-productif que de rester dans ce moule.
Nous avons donc décidé d’habiller nos sécurités d’un gilet sans manche, dit de chasse, rouge en cuir de chez Chevignon.
La marque Chevignon qui démarrait se montra enchantée de l’idée. Il nous les fit à un prix raisonnable et fabriqua même une poche intérieure spéciale  « nunchaku ».
Ce gilet de chasse remplissait toutes les futures conditions d’un vrai succès, pratique et marketing.
Pratique car rouge flamboyant, donc visuel. Le public savait qui portait cette tenue et s’écartait sur son passage. Il réalisait aussi le miracle de la multiplication des pains : c’est le principe de l’uniforme. 25 hommes en gilet rouge en paraissaient 50. Et l’aspect faisait hyper propre, cela nous démarquait vraiment de la concurrence.
Tout le monde était heureux. Nos petits gars, de porter du Chevignon (marque à la mode à cette époque). Chevignon, cela lui faisait de la pub pendant les concerts, il visait cette clientèle-là, et les producteurs d’avoir une sécu enfin au look cool et clean.
A ce moment-là notre clientèle était assez restreinte et le Palace était un des seuls à organiser des gros concerts chez lui ou à l’extérieur avec nous.
Le Zénith et le POPB (Bercy) n’existaient pas encore.
Le petit train était interdit chez nous. Nous étions et sommes toujours restés très vigilants à ce sujet. Cela s’est vite su, qu’en plus d’être efficaces et polis nous étions honnêtes.
Je me souviens d’un concert de Grace Jones au Palace. Il était super blindé. Plus une place à vendre. Nous avons refusé je ne sais combien de billets de 500frcs pour fermer les yeux.
A cette époque cela faisait des sous !
Cette nouvelle image de la sécurité, complètement différente, nous gagna les tout nouveaux producteurs. Rien que des petits. Des qui démarraient et qui étaient vierge de toute équipe. C’étaient les futurs grands de demain. Les gros producteurs qui étaient place avaient leur sécurité propre et ne voulaient ou ne pouvaient en changer.
C’étaient des producteurs qui travaillaient à « l’ancienne » et dont les   chefs de sécu savaient dans quels placards il y avait les cadavres.
Difficile dans ces conditions de changer de sécu, donc de méthodes.
Comme un chien ressemble à son maître, le chef de sécu ressemble à son producteur et les agents de sécu à leur chef. Cette logique s’adresse aussi bien aux discothèques que pour toute manifestation événementielle. C’était aussi simple que ça. Tout se tenait.
En même temps que nous naissait une nouvelle race d’organisateurs de concerts et d’événements. Ceux-ci cherchaient dans leur sécurité de la fiabilité, de l’honnêteté, un bon look et surtout ne voulait pas de « va-t’en guerre » adeptes de la bagarre gratuite. Nous étions les seuls à cette époque à remplir ces conditions au niveau des concerts.
Notre société, que nous avions nommé ROSEBUD SECURITE, démarra lentement et grossit au même rythme que grossissaient nos clients.
En quelques années nous nous étions hissés sur le podium des plus importantes  sécu de Paris pour les concerts et les événements.
Nos producteurs étaient, eux aussi, montés sur le podium et recevaient les plus gros groupes : Cure, Dire Straits, Simple Minds, Diana Ross, Peter Gabriel, Tina Turner etc…La liste est trop longue et il me faudrait plusieurs pages si je voulais tous les citer.

A suivre..

La locomotive… la fin des années rock. Le livre d’Emmanuel Bolling

Bolling Emmanuel

A propos Bolling Emmanuel

Emmanuel Bolling a été condamné le 12 janvier 2016 par jugement contradictoire à l'égard d'Anne Béot, inspectrice des impôts de Paris 18eme et partie civile. Emmanuel Bolling a été relaxé du chef de diffamation publique. Il a été reconnu coupable du chef d'injure publique envers fonctionnaire publique pour son article du 15 décembre 2014 sur le site témoignagefiscal.com intitulé "certain de leur impunité, rien n'arrête les agents du fisc". Il a été condamné à verser à Madame Anne Beot 500€. Emmanuel Bolling était un des créateurs et des dirigeants de la Discothèque LA LOCOMOTIVE à Paris. Ouverte fin 1986, décédée asphyxiée par le fisc fin 2009(RIP). Elle subira en huit ans trois contrôles fiscaux. 1992, 1996, 2000. E.Bolling contestera le deuxième (1996). Cette contestation justifiée entraînera immédiatement de la part de Bercy une série sans fin de saisies diverses étranglant son entreprise pour finir par la ruiner. Relaxée de l’accusation de « dissimulation de recettes » par le tribunal correctionnel de Paris en 2002, le fisc n’en continuera pas moins à poursuivre LA LOCOMOTIVE et ses dirigeants de son acharnement, pour les mêmes motifs, comme si de rien n'était... En 2014, après 18 ans de procédure, de procès et d’appels (gagnés ou perdus) dont la liste serait des plus ennuyeuse, E.Bolling et ses associés, ruinés, se battent toujours pour que l’on reconnaisse ce redressement pour ce qu’il est : un abus fiscal caractérisé. Il a initié deux nouvelles procédures devant le T.A.

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