MACRON LE PRÉSIDENT DU DÉSORDRE

C’était inévitable.

Le 4 Juin 2017 j’écrivais sur ce blog « De Gaulle, Macron, la guerre civile ».

Nous y sommes aujourd’hui. Le quiproquo entretenu par Macron avec les français pendant la campagne des élections présidentielles, en leur laissant croire qu’il était à l’écoute des problèmes de chacun et capable de les résoudre, ne pouvait que mal finir tant ces problèmes sont inconciliables.

Mais, souhaitant uniquement être élu, il ne pouvait pas afficher une prise de parti franche, il n’aurait pas été élu. Il a préféré laisser croire à chacun qu’une fois élu il agirait pour eux.

C’est ainsi que certains ont cru qu’il pillerait définitivement le capital au profit des abonnés aux mamelles de l’Etat, d’autres au contraire qu’il contrôlerait ces derniers et privilégierait les apporteurs de richesses. Il n’a fait et ne pouvait faire ni l’un ni l’autre.

La tension a augmenté entre ces deux tendances.

C’est le clash.

Les gilets jaunes sont le bras armé de ceux qui ont la certitude que ce sont eux qui travaillent à outrance et prennent les risques pour finalement être tondus au profit d’assistés ou de dilettantes payés à ne pas faire grand-chose, le tout hypocritement déguisé en protection de l’environnement.

Peut-on leur donner tort ?

Peut-on les critiquer de refuser l’impôt dévastateur, qui les ruine, les use et finalement les tue ?

Rappelons-nous 1789, révolution enclenchée pour des motifs fiscaux, amplifiée par un Etat ayant complètement perdu de vue sa mission, sa relativité, se prenant au sérieux, incapable de modérer ses exigences et de comprendre sa dépendance aux hommes qui l’ont généré pour les servir.

A cette époque, le fond de l’affaire était lié à l’église qui permettait la mise en coupe réglée de la population en imposant un dogme de soumission par la religion, la croyance aveugle, de moins en moins crédible au fil du temps.

Le carnage fut général.

En Août 1795, la convention essaie de mettre de l’ordre après six ans de guerre civile et d’assassinats qui ont fait suite aux rêves de liberté des hommes de ce temps-là.

Sa mise en place le 22/08/1795 est précédée d’une Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen. On en parle peu, pas assez Jacobin sans doute, mais cette déclaration inclut la devise suivante « liberté, égalité et propriété ».

Il faut noter que ce n’est que le 14 Juillet 1880, après des usages épisodiques précédemment, que la célèbre trilogie « liberté, égalité, fraternité » est adoptée par la république française.

« Fraternité » est un joli mot. Sa dimension d’amour pur, familial, est à relativiser. La plus grande partie des crimes, viols et escroqueries se font en famille, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les statistiques. La famille c’est très beau comme concept, mais hélas souvent terrible comme réalité.

Le socialisme naît vers 1820, le communisme vers 1840, en 1880 le mot « fraternité » désigne déjà l’égalitarisme porté par ces deux croyances. Il remplace donc le mot pragmatique et rationnel « propriété », cela change tout. Le concret laisse sa place au profit de l’abstrait.

L’égalitarisme ne va pas cesser depuis lors de tisser sa toile et d’étouffer la « liberté », tout en inversant irrémédiablement la signification initiale du mot « égalité ».

Nous en sommes là. Les dégâts sont si profonds que notre société n’est plus viable, elle s’écroule donc puisque non réformée et peut-être non réformable.

Le bal funeste est ouvert par les gilets jaunes.

Il n’est pas douteux que c’est la pression fiscale qui les anime, que c’est Bercy le grand fautif. Même si, parmi eux, nombreux sont ceux qui vivent de l’Etat, comme la majorité du pays. Cette situation ne peut que mener à la faillite et il se trouve que symboliquement le prix du fuel est justement la marque de cette faillite.

L’affaire est lancée, elle ne s’arrêtera pas.

Les gilets jaunes ont leurs martyrs, un mort et des centaines de blessés, leurs ennemis se mettent en ordre de marche, le conflit s’installe. Rien ne l’arrêtera. Certains diront que c’est le « printemps de la France ».

Il est peu probable que la violence s’estompe, au contraire.

Pour que la violence s’arrête, il faudrait que les gilets jaunes prennent une posture purement intellectuelle, qu’ils prennent du recul tout en restant incisifs.

Par exemple, qu’ils reprennent l’action que j’avais engagée il y a plusieurs années, mais où je suis resté désespérément seul.

J’allais, tous les deuxième Jeudi du mois à Bercy, et là je ne manifestais pas, je me recueillais sur les lieux de la disparition de mon argent, de mon travail, de ma propriété. Je responsabilisais et culpabilisais Bercy sans violence.

Si, chaque fois, j’avais été plusieurs milliers, alors que j’étais seul, tout aurait changé, car tout peu changer sans violence, mais…. c’est un état d’esprit. Je ne le sens pas ici.

Quoiqu’il en soit, Macron ne peut pas reprendre la main, parce qu’il est en faillite et qu’il le cache, alors qu’il le sait pertinemment.

Tout le monde a hâte d’en découdre, les pilleurs et les pillés étroitement mêlés mais qui vont devoir choisir leur camp.

Ce sera l’horreur, hélas il n’est pas d’autre voie, la démocratie ne permet pas d’autre solution, puisque pour agir il faut être élu et que personne n’a la majorité nécessaire.

Joyeux Noël. Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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8 réflexions au sujet de « MACRON LE PRÉSIDENT DU DÉSORDRE »

  1. On est loin d’avoir tiré toutes les conséquences de cette situation.
    Chirac parlait de fracture sociale : on y est !
    On a deux France : les bobos parisiens écolos qui vivent très bien et le petit peuple de province qui voit ses frais contraints s’envoler et se profiler des problèmes insolubles liés à l’évolution complètement délirante de la législation.

    Le pouvoir n’a eu de cesse, à propos des gilets jaunes, d’adopter une double attitude répandue par la presse subventionnée :

    – dénigrer,
    – minimiser,

    histoire de réduire ces évènements à peu de choses ….

    Le pouvoir est en plein déni ….
    Macron a été élu sur une ambiguité et il est en train de sortir de cette ambiguité à son détriment.

    C’était inévitable et je l’avais annoncé dans mon article du 17 juillet 2017 : l’échec prévisible du macronisme ….

    Ces gens là sont tellement prévisibles qu’il n’est pas dur de prévoir l’avenir.

    Ce pays est foutu !

    1. Oui c’est bien cela : «Gilets jaunes» : l’exécutif cherche une réponse.

      Les élus macronistes se taisent; ils savent qu’une grande partie de leurs électeurs plus encore que pour les autres partis sont en colère.

      Ne pas les fâcher plus encore, c’est le premier point. Les référendums sont trop faciles à contourner.

      Prétexter que les revendications sont trop diverses et que l’exécutif cherche avec eux une solution fiscale qui les réunisse tous. On proposera une solution de démocratie directe.

      Comme c’est la dette de l’Etat qui est au premier plan, proposer, pour mars 2019, des cahiers de doléances rédigés par les chefs de famille et leurs épouses : plaintes et solutions sans aucune consigne venue des partis associations et syndicats.

      Faire lire ces cahiers personnels de plusieurs pages et les faire synthétiser par le meilleur des rédacteurs du canton puis de la circonscription sans intervention des élus et tout à fait en dehors des partis et des syndicats.

      Les synthèses faites, les derniers rédacteurs seront convoqués pour des ÉTATS-GÉNÉRAUX à Versailles en mai 2019.

        1. Ah oui Pandémonium c’est bien cela !

          Le « Pandémonium » est apparu en 1667, sous la plume du pamphlétaire anglais John Milton dans son livre « Le Paradis perdu ».

          Il voulait parler de l’enfer, nous nous parlons de l’enfer fiscal, comme si nous pouvions retrouver le paradis fiscal.

          Le Pandémonium, est la capitale de l’Enfer. Il est découpé en plusieurs parties.

          Au centre, à gauche et en même temps à droite, le Palais de Satan, ici l’Elysée. Son propriétaire pendant cinq ans baigne sans se brûler dans des flammes infernales et il abrite les pires maux.

          C’est l’édifice le plus imposant de l’enfer.

          Devant, un autre compartiment clos : ici BERCY. Il est inaccessible même au ministre des finances JEAN ARTHUIS, par exemple il l’a écrit. Alors HENRY seul encore moins !

          C’est là que Satan convoque les démons de l’Enfer: les hauts fonctionnaires dont les juges administratifs.

          Tout autour de cet endroit, des rives de lave et des démons inférieurs les petits fonctionnaires gardent, par leurs syndicats et leurs tribunaux administratifs l’entrée de cet endroit central à l’abri de quelconque problème.

  2. « La réponse à la grogne des citoyens passera par la valorisation de solutions basées sur l’innovation et non par le traditionnel ‘nouvelles taxes’ et arrosages de subventions fiscales. Le temps long doit primer sur les solutions de court terme »
    Dans un monde où il faut penser global et agir local le comportement est plus important que les objectifs. La France a tous les atouts pour être un pays d’excellence démocratique et économique. Alors pourquoi ne l’est-elle pas ?
    Bercy est le 1er responsable des taxes, impôts et de la situation économique !

    La décision des taxes vient de Bercy , c’est évident tant leur pouvoir est puissant , digne de la mafia. Bercy a tellement de pouvoir qu’il ne réfléchit plus. Il n’y a pas de contre pouvoir politique . Pour Bercy donc réfléchir n’est pas nécessaire , c’est pour cela que Bercy peu agir hâtivement et prend de mauvaises décisions .
    Il faudrait avoir une vision globale à intégrer . La France est le pays où il y a le plus de taxes au monde , les prélèvements dépassent en 2018 les 1000 milliards d’€ par an et la dette française est de + de 2100 milliard d’€ qui augmente chaque année. En 1970 la situation était moins taxé et très peu de déficit voir pas du tout.

    Les Politiques continuent à dépenser sans compter , ils ne veulent pas réduire non seulement les privilèges mais les déficits. Trop de gabegie pas la peine de vous les rappeler..

    La France est un pandémonium , ce n’est pas un euphémisme et Certains sont si pauvres qu’ils ne possèdent que de l’argent.
    La France a besoin « de contre-pouvoir politique » que nous n’arrivons pas, nous citoyens dotés de réflexions, et bon sens à créer ; c’est hélas navrant et très grave pour ce Pays.

    « PEUT ON ENCORE SAUVER LA France RAPIDEMENT  » Je pense que NON !
    L’affrontement est inévitable entre les citoyens du secteur privé et Bercy car on ne peut pas discuter avec Bercy .

    1. Bonsoir Richard .
      Je me permets de mettre ton commentaire en entête de mon partage de cet article sur facebook où l’on est ami.
      C’est tellement juste ce que tu dis et dois être lu par beaucoup.
      On pourrait tous être si heureux dans ce beau pays qu’est la France ….mais il faudrait pour cela que l’esprit de communauté revienne pour guérir bien des maux . Amitié. Hélène

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