Mayotte ou le trou noir de l’immigration

Mayotte est l’archétype du problème insoluble créé par les politiciens et dont les conséquences étaient pourtant, dès l’origine, parfaitement prévisibles !

Cette île de l’océan Indien (dans le canal du Mozambique) fait partie de l’archipel des Comores ; avec la grande Comore, Anjouan et Mohéli.

Jusqu’à leur accession à l’indépendance, en 1974, ces îles étaient sous protectorat français au même titre que Madagascar. L’archipel des Comores était un résidu de l’empire colonial français devenu un territoire d’outre mer en 1946 puis une collectivité territoriale dépendant de la région Réunion. (Voir ici article Wikipedia).

Or, il est une vérité que vous n’entendrez ni à la télévision ni à la radio mais qui m’a été clairement exprimée à l’époque par des étudiants comoriens quand j’étais moi-même étudiant : c’est que les autorités françaises, au nom de l’auto détermination reconnue par la France pour les autres mais pas pour ses propres territoires (car la France est une et indivisible), ont plus ou moins manipulé la population (avec des promesses d’argent) et interprété les textes afin que Mayotte reste française ; ce qui portait déjà en soi le germe des difficultés actuelles.

Le but n’était évidemment pas l’intérêt de la population mahoraise mais obéissait essentiellement à des considérations stratégiques (zone économique avec la pèche mais aussi militaire car la France voulait y implanter une base navale). Le but à l’époque était comme toujours de conserver une île et donc un territoire dans la zone géographique.

Mayotte est alors devenue une communauté territoriale d’outre mer alors qu’à l’époque la population de Mayotte (musulmane à 98%) ne parlait pratiquement pas le français et était essentiellement dans la situation d’une colonie !

Les Comores ne reconnaissent d’ailleurs pas la situation qui leur a été imposée (le référendum a été effectué île par île) et réclament depuis toujours le retour de Mayotte. Ni l’union africaine ni l’ONU ne reconnaissent d’ailleurs le rattachement de Mayotte à la France.

Seulement, la situation s’est fortement dégradée aux Comores avec plusieurs coups d’état (dont le dernier de Bob Denard remonte à 1995) et des régimes autoritaires (islamiques ou non). Ne bénéficiant plus de « l’aide » de la France, la population comorienne s’est considérablement appauvrie alors que, d’un autre côté, l’arrivée massive d’argent à Mayotte a créé un appel d’air vis-à-vis des comoriens alors que les distances entre les îles restent faibles et les frontières extrêmement poreuses …

Dans les années 95 a commencé le phénomène des kwassa kwassas ces barques qui permettent d’effectuer la traversée d’Anjouan à Mayotte (40NM soit 70 km) en 8 à 10 h. En 2014, 597 kwassa kwassas ont été interceptés par les autorités françaises avec à leur bord 12 879 personnes et 610 passeurs.

On a affaire à un véritable déferlement et les comoriens sont devenus des migrants économiques fuyant la misère pour venir bénéficier des avantages liés à la situation de Mayotte.

Ces traversées, effectuées dans des conditions plutôt précaires voire hasardeuses (il faut trouver des moteurs et de l’essence), ont évidemment entraîné des drames de la mer (on estime le nombre de disparus en mer à 12.000) car l’océan indien est dangereux.

Or, il faut être conscient du fait que Mayotte vit essentiellement de l’argent de la métropole comme pratiquement tous les départements et territoires d’outre mer.

Avec un chômage endémique très élevé (26%), une forte natalité pour l’essentiel due aux immigrants, une surpopulation (682 h/km2) provoquant des pénuries d’eau et des atteintes à l’environnement (dépôts d’ordures et défauts d’assainissement), le petit paradis est en train de se transformer progressivement en enfer !

Aujourd’hui, 40 à 50% de la pop n’est pas mahoraise, et les comoriens exploitent la législation française en organisant la naissance de leurs enfants sur le territoire de Mayotte ; avec le but évident d’en faire des français au bout de 5 ans de résidence, les parents devenant alors inexpulsables.

Les autorités françaises n’ont évidemment pas su anticiper ni prévoir les difficultés de ce petit territoire et, en 2011, lorsque Sarkozy et les siens ont départementalisé Mayotte dans un calcul électoraliste (espoir de votes), ils l’ont fait sans aucune considération des coûts futurs et pourtant prévisibles qui allaient en découler !

Nous sommes désormais en présence d’une véritable bombe démographique totalement incontrôlable avec une population qui arrive ensuite à la Réunion voisine  (ainsi que j’ai pu le constater lors de mon dernier voyage en décembre 2015) puis passe enfin en France ; et il faut savoir que ce phénomène migratoire ne concerne pas que les comoriens mais aussi des malgaches (la distance est de 175 NM soit 320 km).

Les autorités locales sont désormais complètement débordées avec une délinquance galopante, une surpopulation, des clandestins vivant dans des conditions misérables et se livrant à des vols et de nombreux trafics pour survivre ; le tout rendant l’atmosphère particulièrement lourde.

Ce faisant, tous les propos rassurants et toutes les déclarations politiciennes actuelles apparaissent totalement vains et n’ont pour but que de masquer la réalité d’une situation que plus rien ne peut désormais résoudre.

Mayotte est devenue un puits sans fond financé par la métropole ; surtout qu’avec la départementalisation les mahorais ont désormais les mêmes droits que les français en matière d’aides sociales (RSA …) et que les comoriens ont évidemment vite compris les « avantages » qu’ils pourraient tirer de la situation.

On assiste au même phénomène qu’en physique où le trou noir aspire la matière.

Mayotte, en tant qu’îlot de prospérité relative (même si c’est le département français le plus pauvre) au milieu d’un océan de pauvreté aspire les migrants de toute la région et croire que l’on va stopper le phénomène est une hérésie et une négation de la réalité historique : les migrations font partie des gènes de l’espèce humaine c’est même sa principale caractéristique, avec sa faculté de s’agréger en groupes (familles, tribus, villages, peuples, pays), et le phénomène va s’aggraver car on n’en est qu’au début !

Sur ce dossier les responsables politiques ont commis deux erreurs :

– faire en sorte que Mayotte reste française alors qu’elle était surtout et avant tout comorienne, et qu’elle ne présentait aucun véritable intérêt sur la zone,

– transformer le territoire en département ce qui a eu pour effet d’augmenter l’immigration clandestine.

Aujourd’hui, il est trop tard pour revenir en arrière car les mahorais, qui pouvaient être sceptiques lors que leur rattachement à la France, sont aujourd’hui convaincus qu’il faut absolument rester français pour ne pas retourner à la misère et l’idée saugrenue de faire de la maternité de Mayotte un territoire extraterritorial ne permettant pas l’acquisition de la nationalité française relève de l’utopie pour ne pas dire de la bêtise pure et simple !

Aujourd’hui, la ministre en charge du dossier fait des promesses de moyens sous forme de bateaux pour traquer les migrants en mer, de policiers et gendarmes pour traquer les délinquants et d’investissements locaux à définir pour un montant d’1.5 md € alors que nous n’en n’avons pas les moyens.

La solution au problème qui se pose aux politiciens est bien connue et c’est toujours la même : On va verser des tombereaux d’argent pour d’une part essayer de calmer une population mahoraise poussée à bout et d’autre part payer les comoriens pour qu’ils restent chez eux (on appellera ça « aide au développement ») !

Toutes les conditions sont réunies pour un véritable désastre et Mayotte est désormais un symbole de la bêtise et des combines politiciennes !

Vous saurez néanmoins qui remercier pour ce joli cadeau !

Bien cordialement à tous !

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Né en 1958, titulaire d’un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis un ancien avocat fiscaliste et partage ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, intransigeant sur les libertés individuelles, j’ai un ennemi : l’étatisme rampant qui détruit le tissus économique et social.

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4 réflexions au sujet de « Mayotte ou le trou noir de l’immigration »

  1. Excellente présentation des questions comoriennes. Mais pas de proposition de sortie de crise, le statut de la maternité n’étant bien entendu qu’une stupidité.

    Or on n’a pas demandé l’avis des Français pour savoir s’ils étaient d’accord ou pas au moment de la départementalisation de MAYOTTE.

    En outre la revendication Constitutionnelle des grandes comores de se reconstituer à quatre ne peut être passée sous silence. L’ONU les défend.

    De nos jours, les « Affaires étrangères » estiment que le statut de département français offert à Mayotte est irréversible, qu’on ne peut pas revenir en arrière.

    Peut-on se moquer plus cyniquement des français d’Algérie ? Est-ce que le statut des trois départements français d’Algérie (Oran-Constantine-Alger) a été jugé irréversible pour 3 millions de pieds-noirs ? On sait ce qu’il en fut.

    Nous aurons la même chose mais avec seulement 50.000 mahorais, pas plus si nous prenions la décision d’un référendum métropolitain pour sortir MAYOTTE de la départementalisation !

    A mon avis, on pourrait louer (comme les USA l’on fait à GUANTÁNAMO à CUBA), à MAYOTTE un petit espace (par exemple la Zone aéroportuaire) afin d’apporter aux COMORES reconstituées mais pauvres un petit pactole suffisant mais bien moins onéreux et à nous un espace maritime.

    Cela mettrait un terme au courant migratoire. Tout en sachant que, comme dans le cas de l’abandon de l’Algérie, les citoyens mahorais pourraient choisir entre rester mahorais mais alors sur place ou vivre en France en abandonnant domicile et particularismes religieux inacceptables : polygamie, charia, etc.

    Qu’en pensez-vous ?

    1. Je savais que ce sujet vous interpellerait …

      Concernant l’Algérie : il y a eu un référendum en 1961 et l’indépendance a été votée.

      Les pieds noirs pouvaient rester en Algérie mais ils se seraient fait massacrer par les fellagas du FLN ainsi que les fellagas de la 25ème heure qui auraient eu à coeur de se blanchir au regard du nouveau pouvoir !

      Il fallait pouvoir bénéficier de protections pour pouvoir y rester (mais j’en connais qui y sont restés !).

      On a connu les résistants de la 25ème heure en 1944, plus excités que les vrais !

      Ici, les mahorais ne veulent absolument pas de l’indépendance (pour les raisons exposées dans mon article).

      La situation est insoluble.

      Pour l’instant la criminalité reste relativement faible mais il n’est pas exclu qu’elle explose !

      Des émeutes et des violences sont probablement à prévoir.

      Le seul élément modérateur qui a joué jusqu’ici c’est que les mahorais sont aussi des comoriens et qu’ils se reconnaissent dans les immigrants. Ils ont même parfois des liens familiaux.

      Mais nul ne peut prévoir le moment où tout ça va exploser !

      La responsabilité des politiciens français (Giscard, Chirac et Sarkozy) est totale !

  2. c’est comme la Sncf..
    ou chez les corses
    ou en Guyane avec kourououcou qui ne fait + rien avec les chinois, indien et bientôt tesla ….
    rien de stratégique a Mariotte donc un décret présidentiel. on lâche l’affaire ils deviennent ce qu’ils veulent mais + Français .

    « c’est comme en bourse il faut savoir couper la main qui donne avant d’y engloutir le bras dans la confiture  » mais pour cela il faut avoir de l’esprit et des couilles …

    mais je vous rassure , personne , ni l’état Français n’y fera rien .
    l’emblème n’est t’il pas un coq qui braille fièrement les pieds dans la merde

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