MICHEL SAPIN ET LES AUTRES, COMBIEN CA NOUS COÛTE?

Michel Sapin : combien ça coûte ?

FIGAROVOX/ANALYSE – Alors qu’Emmanuel Macron fustige le statut des fonctionnaires, Eric Verhaeghe a évalué à 19 millions d’euros ce qu’a coûté au contribuable la carrière du haut fonctionnaire et homme politique Michel Sapin.

 


Eric Verhaeghe a été président de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) entre 2004 et 2009. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Jacob-Duvernet:Jusqu’ici tout va bien, Au cœur du MEDEF: chronique d’une fin annoncée, et Faut-il quitter la France?. Retrouvez ses chroniques sur son site.


Alors que Michel Sapin a annoncé son intention de postuler auprès de son ami François Hollande pour une fin de carrière confortable au Conseil Constitutionnel, une question se pose: combien la carrière de Michel Sapin a-t-elle coûté au contribuable? Pour la commodité de l’exercice, on reprendra les chiffres actualisés au tarif de 2015.

Le coût d’un normalien

Les faits d’armes de Michel Sapin commencent à l’Ecole normale supérieure où il entre en 1974, et dont il sort en 1978 pour intégrer l’ENA. Ces 4 années de scolarité donnent lieu à une rémunération (hors budget de l’Ecole qu’il faudrait ajouter à ces chiffres…) de 1 300 euros par mois nets. En quatre ans, il faut compter une rémunération nette de 62 000 euros, auxquels on ajoute une cotisation de près de 10% pour la maladie (soit 6 200 euros) et une cotisation retraite qu’on fixera à 50% en fourchette basse (les cotisations sont fluctuantes dans le public), soit 31 000 euros.

Le coût des études à Normale Sup (hors subventions à la scolarité) s’élève donc à 100 000 euros pour 4 ans, uniquement en rémunérations.

Le coût d’un énarque

Dans la foulée de Normale Sup, Michel Sapin est entré à l’ENA où il appartenait à la fameuse promotion Voltaire. Le coût de la scolarité d’un énarque est évalué aujourd’hui à 168 000 euros. En 1981, quand Michel Sapin sort de l’ENA, il a donc déjà coûté 268 000 euros au contribuable.

Le coût d’un député

De 1981 à 1991, Michel Sapin enchaîne les postes de député. Il exerce à l’Assemblée nationale diverses fonctions comme celle de vice-président ou de président de commission.

Un député coûte (c’est le produit du budget de l’Assemblée par le nombre de députés) environ 980.000 euros par an. La carrière de Michel Sapin à l’Assemblée aura donc 9 800 000 euros au contribuable. Entre 1975 et 1991, la dépense du contribuable pour Michel Sapin s’élève donc à 10 068 000 euros.

Parallèlement, Michel Sapin est conseiller régional du Centre de 1981 à 1986, soit 60 mois à 2 300 euros bruts, pour une addition finale de 138 000 euros.

De 1989 à 1994, il est conseiller municipal à Nanterre, soit une rémunération de 2 700 euros bruts annuels pendant 5 ans: 13 500 euros s’ajoutent désormais à la somme totale, soit 10 219 500 euros.

Le coût d’un ministre

Du 15 mai 1991 au 29 mars 1993, Michel Sapin occupe des fonctions ministérielles, d’abord comme ministre délégué à la justice, puis comme ministre de l’économie et des finances. Ces 22 mois et demi coûtent en moyenne 9.900 euros par mois (hors frais de réception etc.).

En 1993, Michel Sapin n’est pas réélu. Nous lui appliquons arbitrairement la règle qui veut qu’un ministre sortant perçoive son salaire ministériel pendant 6 mois de «préavis». Soit 28 mois et demi payés coûtant 9.900 euros au contribuable: 282.000 euros.

L’addition s’élève maintenant à 10.453.500 euros.

Le coût d’un président de conseil régional

En 1992 (quelques mois avant de quitter ses fonctions ministérielles), Michel Sapin devient président du conseil régional du Centre. Il occupe ce mandat jusqu’en 2000, soit 96 mois à 5.500 euros par mois. Le total des rémunérations qu’il a perçues à cette occasion s’élève à 528.000 euros.

L’addition totale s’élève désormais à 10.981.500 euros.

Le coût du maire d’Argenton-sur-Creuse

En 1995, Michel Sapin devient maire d’Argenton-sur-Creuse, fonction qu’il occupera par intermittence jusqu’en 2012. Durant cette période de dix-sept ans, il alternera entre les fonctions de maire (13 ans) et de premier adjoint (4 ans). Le maire d’Argenton coûte officiellement 25.000 euros par an, alors qu’un adjoint coûte 10.000 euros. Michel Sapin percevra donc 325.000 euros en tant que maire, et 40.000 euros comme premier adjoint.

L’addition s’élève désormais à 11.346.500 euros.

Michel Sapin est en outre adjoint au maire depuis mai 2012, soit un rajout de 35.000 euros environ.

Peu ou prou, l’ardoise s’élève désormais à 11.380.000 euros.

Le coût du conseiller général de l’Indre

De 1998 à 2004, Michel Sapin cumule ses différents mandats avec celui de conseiller général de l’Indre. Cette période de 72 mois donne lieu à une rémunération mensuelle de 1.500, soit 108.000 euros.

Nous passons 11.488.000 euros!

Le coût d’un membre du Conseil de la politique monétaire

Durant deux ans, Michel Sapin exerce cette fonction officiellement payée à la moyenne de la rémunération la plus basse et de la rémunération la plus élevée attachées au grade de conseiller d’Etat. Par commodité (aucun chiffre clair n’existant sur le sujet), on placera cette rémunération à 4.000 euros par mois, soit une somme globale de 96.000 euros perçue en 2 ans.

L’addition s’élève maintenant à 11.584.000 euros.

Le coût de son passage au gouvernement Jospin

Michel Sapin fait, entre mars 2000 et mai 2002, un nouveau passage ministériel. Ces 26 mois, auxquels nous ajoutons les 6 mois de «préavis» réglementaires, soit 30 mois, coûtent 297.000 euros.

L’ardoise est à 11.881.000 euros.

Le retour à la présidence de la région

De 2004 à 2007, Michel Sapin reprend la présidence du conseil régional du Centre. Ces 3 années à 5.500 euros coûtent 198.000 euros en rémunération. Soit, une addition qui s’élève désormais à 12.079.000 euros.

La députation de 2007 à 2012

Michel Sapin retrouve un mandat de député en 2007. Cette législature de 5 ans coûte à nouveau au contribuable la bagatelle (tous compris) de 4.900.000 euros.

Le coût actualisé de Michel Sapin s’élève désormais à 16.979.000 euros.

A nouveau ministre depuis 2012

Depuis mai 2012, Michel Sapin occupe un fauteuil ministériel à 9.900 euros par mois (hors dépenses somptuaires). Il est très probable qu’il occupe ce fauteuil jusqu’en décembre 2015, avec le préavis de 6 mois qui va bien. Le total à payer serait donc de 47 mois à 9.900 euros. Soit un total de 465.000 euros.

L’addition monte à 17.444.000 euros.

Coût d’un conseiller constitutionnel

Le coût moyen d’un conseiller constitutionnel est de 15.000 euros (frais de fonctionnement compris). Dans l’hypothèse où Michel Sapin n’occuperait plus que ce mandat à compter de mars 2016, s’ouvrirait pour lui une phase de 9 ans, soit 108 mois dont le coût individuel pour le contribuable serait de 15.000 euros.

Soit, un total pour 9 ans de 1.620.000 euros.

La carrière actualisée de Michel Sapin aura coûté, à la fin de son mandat, 19.064.000 euros.

Cette carrière totale sera de 45 ans. Le coût moyen annuel de sa carrière pour le contribuable sera de 424.000 euros, soit 35.000 euros par mois, hors frais de fonctionnement afférents aux postes de ministres ou de conseiller territorial.

En outre, ces sommes s’entendent hors du coût de sa retraite, bien entend

La jolie réponse de Michel Sapin:

 

 

Monsieur Sapin nous aura, m’aura, coûté la bagatelle de 19 millions d’euros.
Si vous portez  sur cette somme un jugement positif, vous êtes un vrai démocrate.
Si celui-ci est négatif,  vous faîtes dans le populisme, avec tout ce que ce nom a de péjoratif.
Le problème n’est pas ce brave homme, qui respire la santé, la joie de vivre  et les bons restaurants (que vous et moi nous lui offrons), mais ces milliers de clones sortis des mêmes écoles et qui nous coûtent plus ou moins la même somme rondelette.
Mis bout à bout cela nous est facturé une vrai fortune.
Calculez vous-même : 19 millions d’euros multiplié par X milliers !

Je me moque que les patrons du CAC40 soient payés des millions, cela respecte la loi du marché et ne me coûte rien !
Que le patron d’une PME roule en Aston Martin ou Ferrari et dîne tous les soirs chez Lasserre ou à la Tour d’Argent, je suis content pour lui.
Je ne le jalouse surtout pas, car je sais que lui, comme les autres patrons des PME ont travaillé plus que dur pour arriver à pouvoir s’offrir tout cela.
Ils sont, en règle générale, partis de rien. Sans aucun parachute !
Ils ont monté leur affaire à la force du poignet, ont tenu bon malgré les difficultés financières qu’ils ont tous rencontré.
Ils ont fait des heures à n’en plus finir. Ils ont passé d’innombrables nuits sans sommeil à se demander s’ils pourraient honorer leurs échéances…
Beaucoup n’ont pas réussi et ont finis ruiné.
C’est la loi des affaires et nous l’avions tous accepté sans restriction.

Ceux qui réussissent,  non seulement, eux, créent des richesses, créent  des  emplois et dépensent leur argent. Tout le monde en profite. Ils font tourner l’économie.
Eux non plus ne nous coûtent rien.
Ils rapportent un max à l’Etat, TVA, charges patronales, taxes diverses et variées, impôts sociétés et personnels et j’en oublie.
Je ne parle pas des contrôles fiscaux qui s’apparentent à du racket ou du pillage lorsque votre inspecteur vérificateur n’a pas atteint son C.A., ce qui arrive plus souvent que l’on croit (voir les articles de Francis Le Poizat sur notre blog ou la vidéo « contribuables sensibles s’abstenir »).
Devant cette tonte généralisée, ayant pour cible privilégiée, les entrepreneurs, l’heure est, grâce à nos clones, à la fuite pour ceux qui le peuvent.

Ces entrepreneurs,  au lieu de coûter, rapportent à  tous les français.
Peut-on en dire autant de notre oligarchie gouvernementale (toutes tendances confondues) ?
De cette oligarchie politicienne hyper professionnelle, exonérée en grande partie d’impôts, qui se vote des parachutes dorés tous azimuts, qui se propulse dans des comités « machin truc bidule », qui se fabrique des passerelles pour passer d’une soupe de caviar à une autre…

Tout cela me, nous, coûte horriblement cher pour un résultat tellement nul.
Dans le privé, ces gens-là ne finiraient même pas leur période d’essai !
Ce qui est démago, c’est de vouloir nous faire croire que Bercy pique  aux « riches » pour donner, sous prétexte d’égalité aux « sans dents ».
Une infime partie leur arrive, le reste se perd on ne sait où.

Ce n’est certainement pas perdu pour tout le monde…

Emmanuel Bolling

Bolling Emmanuel

A propos Bolling Emmanuel

Emmanuel Bolling a été condamné le 12 janvier 2016 par jugement contradictoire à l'égard d'Anne Béot, inspectrice des impôts de Paris 18eme et partie civile. Emmanuel Bolling a été relaxé du chef de diffamation publique. Il a été reconnu coupable du chef d'injure publique envers fonctionnaire publique pour son article du 15 décembre 2014 sur le site témoignagefiscal.com intitulé "certain de leur impunité, rien n'arrête les agents du fisc". Il a été condamné à verser à Madame Anne Beot 500€. Emmanuel Bolling était un des créateurs et des dirigeants de la Discothèque LA LOCOMOTIVE à Paris. Ouverte fin 1986, décédée asphyxiée par le fisc fin 2009(RIP). Elle subira en huit ans trois contrôles fiscaux. 1992, 1996, 2000. E.Bolling contestera le deuxième (1996). Cette contestation justifiée entraînera immédiatement de la part de Bercy une série sans fin de saisies diverses étranglant son entreprise pour finir par la ruiner. Relaxée de l’accusation de « dissimulation de recettes » par le tribunal correctionnel de Paris en 2002, le fisc n’en continuera pas moins à poursuivre LA LOCOMOTIVE et ses dirigeants de son acharnement, pour les mêmes motifs, comme si de rien n'était... En 2014, après 18 ans de procédure, de procès et d’appels (gagnés ou perdus) dont la liste serait des plus ennuyeuse, E.Bolling et ses associés, ruinés, se battent toujours pour que l’on reconnaisse ce redressement pour ce qu’il est : un abus fiscal caractérisé. Il a initié deux nouvelles procédures devant le T.A.

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3 réflexions au sujet de « MICHEL SAPIN ET LES AUTRES, COMBIEN CA NOUS COÛTE? »

    1. j’ai reçu ce commentaire d’une abonnée:

      C’est un faux en circulation depuis Juin 2010 !!!

      je lui ai répondu:

      Oui, vous avez certainement raison, mais c’est tellement vrai pour nous qui savons… et tellement rigolo!
      De temps en temps un peu de parodie ne fait pas de mal.

      Voici mon chapeau rectifié:
      Notre ami ARMENANTE, auteur de notre blog, m’envoie, en commentaire à mon article « Michel Sapin et les autres, combien ça nous coûte? », cette vidéo.
      Elle est tellement drôle, juste et surtout réaliste, même si elle est certainement « fausse » (comme me l’a écrit un abonné) que je ne peux m’empêcher de vous en faire profiter.
      Pour moi, je la prends comme une parodie humoristique.
      Encore merci ARMENANTE.
      Un pur moment de détente…

      Cordialement.
      Emmanuel

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