NOTORIÉTÉ, CRISE ECONOMIQUE ET VANITÉ

Le monde occidental traverse une crise économique globale. Tous les observateurs s’accordent sur ce point. L’organisation du monde occidental est démocratique, d’où la possibilité de se demander si ce n’est pas la démocratie qui est en crise.

Comment la démocratie, terreau de la liberté individuelle, elle-même fondatrice de l’économie libérale qui a propulsé le monde occidental au sommet de l’acte économique, a-t-elle pu devenir le fossoyeur de cette économie libérale ? Je vous propose un essai d’explication en deux temps, qui s’affranchit de toute hypothèse mondialement « complotiste » ou « cupide » qui  serait volontaire et déterminée.

La notoriété  

Pour une entreprise ou un produit la notoriété est le pourcentage de reconnaissance par le public. Il s’agit d’un retour quantifiable à partir d’une exposition à la vue de tous. D’innombrables spécialistes travaillent au service des entreprises pour améliorer leur notoriété, ils dépensent à ce sujet des sommes folles. La notoriété est une vraie valeur ajoutée économique pour l’entreprise ou son produit.

Pour l’individu, la notoriété a des effets qui vont largement au-delà de la valeur économique. Ici nous sommes dans le domaine de l’émotion, et à ce sujet la notoriété est un multiplicateur hors du commun.

Celui qui bénéficie de la notoriété se voit reconnu partout, traité différemment des autres, écouté, les détails de la vie lui sont facilités. Il peut confondre ce simple retour d’image avec un retour d’affect, avec l’amour dont tous sont demandeurs.

De la même façon que les entreprises sont prêtes à engager des efforts gigantesques pour accroitre leur notoriété, les individus sont prêts à d’immenses sacrifices pour la leur. Au point d’actes les plus fous pour accéder à cette notoriété ou en modifier l’aspect lorsqu’elle tourne mal. Dans sa chanson, malheureusement homophobe, « Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées… » Brassens en démonte bien le mécanisme. Rares sont ceux qui, comme lui, perçoivent la vanité de la notoriété. Le piège est mortel.

D’autant plus mortel qu’aujourd’hui, du fait de la multiplication des moyens de communication, la notoriété est à la portée du plus grand nombre.

Les élus

Objectivement, l’image véhiculée actuellement par les élus ne correspond pas à la réalité. Ceux qui les fréquentent savent qu’ils sont absorbés par leur fonction 24h/24h, qu’ils sont l’objet d’agressions constantes visibles ou hypocritement dissimulées derrière une servilité d’apparence, que leur pouvoir est nul car transféré de facto à l’administration ou à la banque. Les élus ne s’appartiennent pas, avec l’élection leur vie personnelle disparaît. Leur sincérité initiale si elle existe, ce qui est souvent le cas, vole en éclat à l’usage. Cependant, la place est enivrante, la simple apparence du pouvoir leur procure la notoriété.

Cette notoriété est si valorisante qu’ils sont prêts à tout pour elle. Seuls ceux qui auraient volontairement refusé la notoriété après l’avoir connu pourraient leur jeter la pierre, personnellement je n’en connais pas.

Evidemment, les élus confondent notoriété et amour, ils sont insatiables. Comme ces parents simples qui pensent pouvoir acheter l’amour de leurs enfants en les inondant de cadeaux, les élus cherchent à fixer cette notoriété, cet amour pensent-ils, à l’aide de cadeaux.

C’est là que nous entrons dans le drame économique.

Le piège de la notoriété est si puissant, tout y concourt, que les élus vont perdre toute raison. On attend d’eux la sagesse, la clairvoyance, l’autorité dont ils se parent avant l’élection dans l’anonymat lié à leur statut de postulant. Puis ils sont élus. Et, nous nous retrouvons avec sur les bras des Pères Noël, complètement inconséquents, qui distribuent à l’envie des sommes que nous ne possédons pas, avec pour seul but  de conserver cette notoriété qui les enivre, qu’ils confondent avec un retour d’amour. De gardien du troupeau, ils se transforment en reine difforme de la ruche.

Mon hypothèse est donc que le mirage de la notoriété est en réalité la drogue qui chavire nos élus et les rend dépendants. Sur son hôtel, ils sacrifient notre économie qui disparait en cadeaux modestes ou somptueux, mais dans tous les cas largement au-dessus de nos moyens.

Hélas, cette déviance s’inscrit dans une dynamique sans frein, les différents intervenants y trouvant des intérêts immédiats tels les banquiers, entrepreneurs ou, tout simplement, les bénéficiaires des cadeaux.

Trois siècles avant JC, l’auteur des ecclésiastes dénonçant la vanité pouvait-il imaginer que son expression la plus  représentative : la notoriété, soudain largement accessible, engendrerait la folie et jetterait dans la misère une grande partie de l’humanité, rendant ses prophéties particulièrement réalistes.

Cordialement. H. Dumas.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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